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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 11:31

Ils ont osé, les salauds ! Ils on tiré sur leur peuple avec la même lâcheté et la même barbarie que leur sinistre mentor, Lansana Conté, le monstre qui les a enfantés ! Janvier 2007 ne leur a pas suffi, ils ont osé récidiver, ils ont de nouveau versé le sang des innocents, de nouveau, martyrisé le paisible peuple de Guinée, perdant du même coup et leur coeur de Guinéens et leur visage d’êtres humains!

Qu’on se le dise, l’abominable système qui étouffe notre pays depuis 1958 n’est pas mort avec Sékou Touré ni avec Lansana Conté. Il est toujours là avec ses   poires d’angoisse et ses cangues, ses « cabines techniques » et ses gibets, avec sa férocité de « responsable suprême », sa cupidité de « Générél Fory Coco », son archaïsme de « Pivi-les-gris-gris », sa fière ignorance de « Capitaine Dadis » !  Il est là et il n’a pas changé de nature,  il a simplement changé de visage.  Après Sékou Touré, Lansana  Conté, après Lansana Conté, Dadis Camara … « Le ventre est encore fécond d’où la bête immonde est sortie », disait Brecht à propos de l’Allemagne nazie.  Mon dieu, ô, toi, maître des Univers et du Néant, après Dadis Camara, qui d’autre ? 

 

Serions- nous condamnés à ne connaître que  le mépris et le fouet, la misère et l’injure ? N’aurais- tu pas pour nous un peu de ta divine lumière afin d’éclairer nos esprits à défaut d’éclairer nos rues ? Des nombreux dirigeants que tu crées sur terre, faut- il que nous tombions  toujours sur les plus bêtes, les plus arrogants, les plus aveugles, les plus destructeurs ?

 

 Pauvre Guinée, si loin de Dieu, si près de Dadis Camara, de Sékou Touré,  de Lasana Conté et consorts ! A chaque envol, la chute, à chaque tournant de l’Histoire, le pire ! A croire que c’est de nous que parle l’humoriste algérien Fellag quand il dit : « Arrivés au fond du gouffre, ils ne remontent pas, ils creusent ! »

 

La Guinée et la tyrannie, c’est Sisyphe et son rocher, sauf que Sisyphe, on peut l’imaginer heureux alors que la Guinée… !

 

Chez nous, les dates  les plus prometteuses  finissent dans une  source inépuisable  de cauchemars et de regrets.

 

1958 - Au départ : le beau sourire de Sékou Touré, symbole réjouissant de l’homme noir enfin libre : libéré des chaînes de l’Esclavage, libéré des geôles coloniales, libéré du mépris de l’homme blanc.

 

Au finish : la misère, l’exil, les chasse- neige russes,  les discours abrutissants, les pendaisons publiques, le camp Boiro, le « complot peul », Coco Lala, la bouillie de mangues vertes, les chaussures Labé-Tamba et j’en passe.

 

1984 - Au départ : la fin de la dictature, le rêve de la liberté, de la justice, de la réconciliation, de la fraternité, du retour des exilés, du soulagement économique et social. Lansana Conté et Diarra Traoré allaient  nous débarrasser de l’œuvre catastrophique de Sékou Touré.

 

Au finish : « Wo Fatara », l’assassinat de Diarra Traoré,  la misère, la corruption, les tueries de Janvier 2007, l’Etat narcotrafiquant.

 

2008 - Au départ : la fin du régime Conté, enfin le progrès économique, enfin la démocratie et la transparence !

 

Au finish : Dadis Camara et son maudit CNDD autant dire tous les maux de l’Afrique réunis : la désinvolture, la cruauté, la corruption, la mégalomanie, la délinquance juvénile.

 

A quelque chose, malheur est bon, les tragiques évènements de ce lundi nous éclairent définitivement sur la nature de cet odieux personnage. Nous connaissons maintenant le vrai visage de Dadis Camara. En venant au pouvoir, il avait la silhouette  rassurante de ATT, l’accent messianique de Sankara. Cruelle illusion d’optique ! Les fusillades du Stade du 28 septembre ont fait tomber les masques. Plus aucun déguisement n’est possible ! L’homme qui est à la tête de notre Etat n’est ne sera ni un nouvel ATT ni un nouveau Sankara. Il sera Charles Taylor, au mieux ; Pol- Pot, au pire !

 

Nous savons maintenant qu’il n’est pas le sauveur mais l’autre fraction du gang  qui est venue réclamer son  lot de sang et sa part de gâteau.  Les audits, la  lutte contre le trafic de drogue ? Du bluff !  De la simple diversion !  C’est la vieille ruse du loup qui crie au loup ! Accuser les autres des crimes que l’on commet soi- même est une vieille ficelle  largement usitée par l’Allemagne nazie,  l’Union Soviétique,  le PDG de Sékou Touré et  leurs semblables.

 

Malheureusement, elle fonctionne,  encore, la garce, dans des pays comme le nôtre, complètement abrutis par les coups de boutoir conjugués de la tyrannie et de l’obscurantisme.

 

Mais, ce lundi tracera, nous en sommes sûrs, une grande césure dans notre vie nationale. Les choses ne seront plus comme avant.  Pour nous tous et dès à présent, ces bidasses du CNDD n’ont ni la compétence ni la légitimité pour  légiférer, décréter, mener une enquête ou juger quelqu’un en Guinée. Ces gens sont illégaux de la tête aux pieds. Les Guinéens ne les ont pas élus et ils ne sont pas reconnus par la communauté internationale. Ils ne méritent pas de diriger la Guinée !

 

Les Guinéens doivent refuser de se soumettre à leurs audits ! C’est à eux  de les auditer: qu’ont- ils fait de l’argent de l’Etat depuis leur arrivée au pouvoir ?

 

C’est à eux de les juger !  Les Forces vives doivent dès maintenant  exiger du groupe de contact la mise en place d’une commission d’enquête internationale afin d’identifier et de traduire devant le TPI les responsables de ces odieux assassinats.  Elles doivent dès maintenant rompre tout contact et toute négociation avec la junte criminelle au pouvoir à Conakry du moins tant que cette commission n’aura pas bouclé son enquête. Surtout ne pas refaire les erreurs des syndicalistes qui ont continué de parler avec Conté malgré la tragédie du 27 janvier 2007!

 

Dorénavant, les choses sont claires : d’un côté, le peuple de Guinée  uni comme il ne l’a jamais été, de l’autre, les assassins du CNDD. Entre les deux, le fossé incommensurable du sang de nos martyrs !

 

A ceux qui défendent Dadis et sa clique de criminels, je leur dirai simplement de méditer ce  proverbe soussou : « le serpent que tu as nourri te mordra » Ce qui veut dire, en clair : les tyrans sont comme les dieux, ils ne doivent rien à personne ; ils liquident toujours ceux qui les ont aidés à monter au pouvoir. Boiro est une rude leçon, dommage que personne ne veuille la tirer!

 

Frères, oublions nos querelles et nos malentendus d’hier, inclinons- nous comme un seul homme devant les corps de nos martyrs et promettons à notre peuple éploré de consacrer dorénavant toute notre vie et tout notre temps à l’édification de cette Guinée libre et démocratique, prospère et unie  à laquelle il rêve depuis si longtemps.

 

Tierno Monénembo

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 16:48

Au prochain sommet de l’Union africaine, Mohamed Ould Abdel Aziz pourra trôner, en toute souveraineté, dans le siège de la Mauritanie. Sur son passé de putschiste, on saura faire silence, comme pour nombre de ses nouveaux camarades, qui passent aujourd’hui pour des chefs d’Etat parfaitement respectables, alors qu’ils sont, eux-mêmes, d’anciens putschistes, légitimés par des élections plus ou moins crédibles. Pour ceux-là, les costumes et les boubous ne sont que des tenues de camouflage.


Le général Abdel Aziz est donc désormais « un président démocratiquement élu », comme se plaisent à le souligner ses partisans. Ses adversaires malheureux avouent, eux, que quelque chose leur a échappé et que, trivialement parlant, ils n’y ont vu que du feu. Ils évoquent, pêle-mêle, une fraude technologique, des votes chimiques, de la magie ou encore des ovnis (entendez : des objets votants non identifiés). En clair, s’il y a eu fraude, elle a été faite proprement, sans bavure.


La Cour constitutionnelle s’étant empressée de valider l’élection, les Mauritaniens n’ont plus qu’à s’y faire, même si tout cela leur laisse une impression de mascarade. Et ce n’est pas la démission du président de la Commission électorale qui les ôtera du doute, ce dernier affirmant avoir lui-même des doutes sur la fiabilité du processus.

Voilà donc le général Abdel Aziz parvenu à ses fins ! Son coup d’Etat d’août 2008 a désormais l’onction des urnes. Comme quoi, en Afrique, le crime de coup d’Etat paie, et plutôt bien !


Renversez qui vous voulez ! Prenez le contrôle de l’appareil d’Etat, et surtout des régies financières ! Face aux critiques et aux condamnations, faites le dos rond, le temps de bien verrouiller le système. Après quelques concessions mineures, vous pourrez organiser des élections, que vous gagnerez fatalement, grâce à la « technologie électorale ». Vous serez alors absous du péché originel, et pourrez rejoindre la grande famille de l’Union africaine.


Car si l’Organisation panafricaine avait réellement voulu dissuader les putschs, elle aurait prévu dans ses textes des clauses qui excluent de la course présidentielle tous ceux qui ont trempé dans un coup d’Etat.


Pourquoi donc le président Abdallahi, renversé par le général Abdel Aziz, a-t-il été mis sur la touche, alors que son tombeur, lui, a pu se présenter, avec, en plus, les moyens d’opérer… des miracles ?


Mohamed Ould Abdel Aziz a en tout cas vite appris. Il arrive dans le club des chefs d’Etats africains avec ce qu’il faut bien appeler de sérieuses références en matière électorale. On imagine qu’il sera beaucoup sollicité par certains de ses pairs.

Jean-Baptiste Placca


Source : Rfi.fr

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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 10:37

« Aboyer, solliciter au mal, tout cela est  dans les moyens du diable ;  mais il ne peut  mordre que qui veut être mordu »  Saint Augustin

Louange à Abdoulaye Wade ! Il n’y en avait ce dimanche que pour l’homme « exceptionnel », le « patriarche » sans qui l’Afrique serait perdue. Même Soumaoro Kanté et Samory Touré passent pour des nains, à côté du Descartes de Kébémer. Quand le père de la « Wade-formula » est là, le capitaine dictateur qui règne sur la Guinée, prononce les sentences en direct, envoie ses ennemis potentiels en prison, perd tous ses galons. Moussa Dadis Camara devient un « fils » aux ordres et oublie qu’il y a quelques semaines, il menaçait de bombarder la Casamance et la Guinée Bissau. Alors quelle bêtise aurait commise le fils, si le père n’était pas là !

« Le Père n'a pas  abandonné son fils... voilà, il est là... Quand je suis avec le Président Wade, je ne suis pas Président, je suis un fils », s’est-il repenti, comme un enfant battu. Abdoulaye Wade a même été, le temps d’un dimanche, chef suprême des Armées de Guinée, puisqu’il a « élevé » au rang de commandant le capitaine Thiegokho Camara, le même qui combat les « narcaux » à la frontière. Le ciel de Conakry en était attendri, le Konkouré au bord des larmes. Chaque aveu du capitaine Dadis était accompagné d’une série de massacres de la langue de Molière, entre des « certains en ont zen profité » et des qu’ils « chachent ». Les « narcaux » bien-sûr ! 

Pendant la durée de cet exercice cruel, j’ai souffert pour le peuple de Guinée. 50 années d’entêtement idéologique et de dictature militaire ont eu raison des ambitions de Boubacar Telli Diallo. Sékou Touré et Lansana Conté ont crétinisé les Guinéens, en coupant systématiquement tout ce qui s’élevait en intelligence. Moussa Dadis Camara est en train de les ridiculiser.

Il y a pourtant, dans ce pays au sous-sol si riche, une classe politique et une société civile de qualité. Il y a chez ce peuple qui s’offre si facilement à la moquerie et à la dérision, de brillants fonctionnaires internationaux, des énarques et des polytechniciens dignes de respect. Il y a aussi parmi son élite militaire, des saint-cyriens et des diplômés de West-Point qui auraient donné meilleure réputation à la Guinée. Ils étaient couverts de honte quand leur ancien président Lansana Conté, un ancien du Prytanée militaire, donnait l’image d’un fumeur de Camelia et d’un adepte de la pornographie. Personne ne peut dire comment, après avoir été instruite à cette ignoble dictature, la société civile guinéenne s’est laissé mener par ce capitaine sans éducation. 

Les Guinéens ne dorment plus que d’un œil et se demandent toujours, le soir tombé, de quel Dadis comédie sera faite. Un jour il tance un Directeur général, un autre il envoie à la retraite anticipée un haut fonctionnaire. Tous ceux qui s’assoient autour de sa table de verre pour écouter ce militaire « philosopher » contiennent mal leur rire. C’est un mélange de Samuel Doe et de Lansana Conté qui veut se prendre pour un Sankara. On trouve dans sa phraséologie très pauvre, des termes galvaudés du genre « c’est la politique, c’est le ma- « thia »-vélisme, c’est le « barre peuple ».

Il venait de signifier à un ancien directeur de société qu’il aurait pu l’arrêter pour trafic de drogue. Un entrepreneur russe a été moins chanceux. Pour avoir interrompu « le président du CNDD » au cours d’une audience télévisée, Patchenko a été accusé d’escroquerie internationale et de « mafiosi ». S’en est suivie une série d’engueulades auxquelles l’usineur russe répondait par des « excusez-moi monsieur le président ».

Un grand mur noir veillait sur le justicier de Conakry, AK 47 à la main. Un autre jour, c’est au corps diplomatique qu’il donne des cours de relations internationales, en lui apprenant que la France a perdu « les investissements qui ont été faites » (sic) en Côte-d’Ivoire, parce que « les mentalités n’étaient pas préparées ». « Peau blanche, vous ne pouvez plus vous soustraire de la peau noire », conclut péniblement le « professeur Camara », avant de passer à « Christophe Colomb ». Les images sont encore plus saisissantes. Au bout de chaque salve terminologique, le petit bout d’homme décolle ses pieds comme s’il voulait s’arracher du sol.
 
Tout ceci prête bien à la moquerie. Mais quand vous enlevez à Dadis Camara son côté folklorique, vous avez Abdoulaye Wade en plus jeune. Pensez à l’expulsion musclée de Sophie Malibeaux, aux accusations sans lendemain contre des leaders de l’opposition, aux menaces contre Ousmane Tanor Dieng, au projet Tabanani, aux Tgv. Imaginez en plein sommet du G8, un homme s’élever le plus sérieusement du monde et préconiser que les pays développés adoptent sa propre formule, la « Wade-formula » pour résoudre la crise mondiale, alors que son pays n’arrive pas à payer sa dette intérieure ! Nous aurions crié à la démence. Si Coumba Yala ou Yaya Jammeh l’avaient fait, on se serait moqué. Si dans un de ces pays, le président de la République avait décidé d’enregistrer un ouvrage financé avec les deniers de l’Etat à son nom propre, nous aurions crié au scandale. Si, par-dessus tout, un dirigeant de ces pays avait confisqué des terres de pauvres paysans pour les distribuer aux membres de son gouvernement, nous les aurions incités à la révolte contre « le dictateur ». 

Imaginez dans ces mêmes pays, un chef d’Etat qui se réveille, décrète qu’il n’accorde pas à la presse l’aide votée par l’Assemblée nationale, sous le prétexte qu’elle l’attaque. Nous les aurions appelés, nous autres sénégalais berceau de la démocratie africaine, à la résistance. Que nous serions-nous indignés si le fils d’un de ces présidents gérait des centaines de milliards de francs et se refusait à tout audit indépendant ! C’est ce que nous sommes pourtant devenus, chers compatriotes. La risée du monde entier, sujets aux remarques les plus humiliantes des chefs d’Etat du monde entier.

Si les putschistes viennent sans cachoterie apprendre à l’école de Wade, c’est qu’ils y trouvent réponse à leurs préoccupations. Le consentement unanime qu’ils obtiennent par la menace, Abdoulaye Wade l’obtient par la corruption. Le pouvoir qu’ils conservent par les armes, Abdoulaye Wade se le procure par la fraude électronique. Je me suis demandé, en voyant la configuration du nouveau Conseil économique et social, comment en étant wadophobe, on passait à la wadophilie sans prévenir. 

Il est étonnant de voir à quelle vitesse les plus radicaux succombent à cette maladie incurable. Le président de la République vient de mettre en place son Conseil économique et social, en plaçant à sa tête Ousmane Masseck Ndiaye, l’ancien directeur de l’approvisionnement et des marchés de la Poste, où 17 milliards avaient été détournés. Au lieu de s’en émouvoir et de dénoncer la création de cette institution inutile, les « syndiqués » se battent pour des postes. Chez les avocats, les architectes, les entrepreneurs, les journalistes, on fait du bruit pour servir et crie à la « trahison » quand on n’est pas choisi. La wadophilie se propage comme une épidémie et n’épargne plus personne. Elle s’attrape au contact de l’argent et des promesses. Ceux qui en sont affectés ne tarissent pas d’éloges pour Wade. Son bonheur devient plus important que leur propre bonheur, sa famille plus importante que leur propre famille. Quand ils le quittent le jour, il entre dans leurs rêves la nuit. Il leur fait miroiter des ministères, des directions et des sommes d’argent pour finir leurs vieux jours. De sorte que d’une simple affection cutanée, le wadisme s’attaque maintenant au cerveau.


Souleymane Jules Diop

Source : http://www.seneweb.com

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