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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 19:15

sadou_2.jpgLa bataille que l’opposition guinéenne est entrain de livrer pour avoir des élections législatives transparentes et crédibles est pleine d’enjeux et reste décisive pour l’avenir de la démocratie dans ce pays qui n’a connu que des dictatures depuis son indépendance en 1958.

 

Alors que l’élection présidentielle de 2010 avait été âprement disputée et que son issue avait littéralement coupé le pays en deux, les prochaines élections législatives se révèlent aujourd’hui encore plus importantes, surtout après que chacun ait pu apprécier la direction dans laquelle le pays est entrain de s’acheminer.

 

Alors qu’elles devaient être organisées six mois après la présidentielle, les législatives ont été sans cesse repoussées a cause d’une crise de confiance très sérieuse entre les différents acteurs politiques, née surtout de la volonté du pouvoir de changer les règles du jeu.

 

En effet, le pouvoir a décidé, sans concertation aucune, que le fichier électoral qui a servi a l’élection du président n’était plus fiable et qu’il fallait procéder a un nouveau recensement. Pour ce faire, il a engagé une société locale Sabari Technologie dominée par des sympathisants du parti au pouvoir et une société sud-africaine Waymark Infotech décriée dans toute l’afrique australe pour ses pratiques de corruption et de fraude. Et tout cela sans le moindre appel d’offres.

 

Après cela, le nouveau pouvoir guinéen a décidé qu’il fallait mieux remplacer certains élus locaux par des délégations spéciales, plus favorables a sa cause.

 

Puis il s’est attelé à transférer les compétences de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI)  au Ministère de l’Administration du Territoire, qui selon le code électoral ne doit jouer qu’un rôle de soutien. Et un président connu pour son militantisme dans le parti présidentiel a été installé pour maintenir le contrôle sur cette institution censée être indépendante.

 

Voila en résumé d’où est partie la crise qui paralyse la Guinée aujourd’hui. Malgré tout ce qu’on raconte dans les médias, les journaux, les radios ou sur Internet, il faut avoir le courage et l’honnêteté intellectuelle de reconnaitre au-delà de tout esprit partisan, que c’est le gouvernement guinéen qui est responsable de cette crise et la situation d’impasse dans laquelle nous vivons. Soutenir le contraire, c’est simplement faire preuve de mauvaise foi.

                                                                                                       elections transparentes 

Sinon comment veut-on que l’opposition reste indifférente à toute ces manœuvres du pouvoir visant à préparer une fraude électorale qui replongerait le pays dans un système totalitaire ou toutes les institutions du pays sont soumises au diktat du président de la république. Il ne faut pas se voiler la face, cela n’est plus possible car il y a eu trop de morts, de blessés et victimes pour que le peuple de Guinée bénéficie de ses droits chèrement acquis. Il faut se rendre à l’évidence, on ne peut plus revenir sur les acquis démocratiques conquis de haute lutte.

 

C’est ce qui a fait donc que l’opposition n’avait plus d’autres choix que de faire gronder la rue. Surtout qu’il n’y a aucun cadre de dialogue, le pouvoir se contentant de prendre des décisions unilatérales. Heureusement qu’il existe encore une opposition capable d’assumer ce rôle de contrepouvoir, les autres institutions étant devenues de simples caisses de résonance ; sinon la Guinée serait rapidement tombée sous la coupe d’une nouvelle dictature.

 

Sans les dénonciations courageuses de l’Opposition, le pouvoir aurait déjà confectionné une liste électorale sur mesure qui lui permettrait de gagner toutes les élections à venir, que ce soit aux législatives, aux communales ou a la présidentielle. Est-ce d’une telle Guinée dont nous rêvons ?

 

Au moment ou le pouvoir est entrain de placer les militants du parti présidentiel dans toutes les sphères de l’administration en licenciant de manière abusive et illégale les cadres compétents issus des autres ethnies du pays, imaginez un peu ce que serait la Guinée si l’Assemblée Nationale tombait sous leur coupe a la suite d’élections frauduleuses et truquées. Sans nul doute, ils changeront la constitution, mettant en péril même nos libertés fondamentales chèrement acquises. Les dépenses publiques ne seront pas contrôlées car les députés seront réduits à de simples rôles de faire valoir. Les contrats nébuleux sur nos richesses minières seront entérinés et ratifiés sans le moindre examen, compromettant ainsi l’avenir de toute la jeunesse guinéenne. Des lois seront promulguées pour renforcer leur mainmise totale sur le pays. Est-ce d’une telle Guinée dont nous rêvons ?

 

C’est pourquoi il faut rendre un vibrant hommage à Cellou Dalein Diallo et à tous les leaders politiques de l’ADP, du Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et du CDR pour le combat qu’ils mènent dans la défense des intérêts de tout le peuple de Guinée. Ils sont entrain de se battre sur le terrain dans l’insécurité la plus totale avec tous les risques que cela comporte. Les violations de la loi et les dérapages de toutes sortes qu’ils dénoncent aident les populations à comprendre la situation dans laquelle elles vivent et ce que l’avenir leur réserve. Le combat qu’ils sont entrain de mener, ce n’est pas seulement pour eux-mêmes mais c’est pour tout le peuple de Guinée.

 

Il faut donc les supporter et les encourager à redoubler d’ardeur pour que le droit et la vérité triomphent dans notre pays. C’est un combat noble qui mérite d’être mené jusqu’au bout car plus jamais nous ne devons accepter une autre dictature en Guinée.

Jeunes manifestants

 

Mais ce combat, c’est avant tout celui de la jeunesse. J’ai quitté Conakry le lendemain de la marche du 18 Février 2013. J’ai vu des milliers de jeunes descendre dans la rue sur un simple appel des leaders de l’opposition, sans qu’on ne leur donne le moindre sou ou qu’on leur promette le moindre avantage matériel. J’ai vu des jeunes très motivés, engagés et surtout déterminés. Je les ai regardés droit dans les yeux et j’ai pu lire dans leurs regards qu’ils n’avaient peur de rien. Ils avaient tous entre 18 et 23 ans dans leur grande majorité et j’ai compris que beaucoup d’entre eux étaient prêts a aller jusqu’au bout, au sacrifice ultime.

 

A ce moment là, j’ai compris que le pouvoir se trompe lourdement en pensant que son problème c’est avec les leaders de l’opposition. Il faut qu’ils se rendent à l’évidence, leur grand problème c’est avec cette jeunesse désœuvrée, démunie, abandonnée à elle-même, et sans espoir d’un lendemain meilleur. C’est une jeunesse qui n’a rien à perdre et qui est prête à se battre pour réclamer une meilleure gouvernance, une justice indépendante, des élections propres et transparentes et des emplois rémunérateurs. Le nouveau pouvoir de Conakry ne réalise-t-il pas que ces jeunes sont dans la rue depuis 2006 pour réclamer ces droits ? Quiconque pense qu’il peut s’installer au pouvoir et user de subterfuges pour occulter ces questions aura de sérieuses difficultés avec cette jeunesse. Les acteurs peuvent changer mais tant qu’on n’a pas adressé ces questions, les problèmes demeureront. Cette jeunesse n’est plus disposée à accepter une autre dictature en Guinée.

 

Dans la foule des manifestants, j’ai vu un jeune très propre a l’allure vigoureuse qui s’est adressé a moi en ces termes : « Tonton, vous ne me reconnaissez pas ? », je répondis : « Non, je ne te reconnais pas, je m’excuse ! ». Alors il m’a dit : « C’est Mohamed, Mohamed Camara, vous êtes mon client ; c’est moi qui viens ramasser les ordures a la maison tous les deux jours. »

 

Je n’en revenais pas ! Lui que je voyais toujours sale entrain d’empiler des ordures ménagères dans une charrette dégageant une odeur nauséabonde, je ne pouvais le reconnaitre dans cette tenue si propre, souriant au milieu de tous ces jeunes manifestants. Je lui ai serré longuement la main et lui ai donné une tape dans le dos. J’avais le cœur serré et j’ai compris que Mohamed marchait pour que sa vie change, pour qu’il ait un emploi décent, et pour qu’il vive dans un pays de droit qui donne l’égalité des chances a tous ses citoyens.

 

L’attitude de la communauté internationale

 

Dans le bras de fer qui oppose le pouvoir a l’opposition, la communauté internationale las d’attendre, veut fermer les yeux sur les errements des autorités de Conakry, pour contraindre l’opposition à accepter des élections organisées dans n’importe quelles conditions. A leurs yeux, mieux vaut des mauvaises élections que pas d’élections du tout. Ce qui ne devrait pas être du tout la façon d’opérer de nos partenaires étrangers. Au lieu de voir ou se situe les responsabilités, le droit et la raison, et au lieu de pousser le gouvernement à accéder aux revendications légitimes de l’opposition, ils préfèrent augmenter la pression sur ceux qu’ils considèrent comme les plus faibles car les autres détenant le pouvoir. Une mauvaise élection en Guinée ne résoudra aucun problème et au contraire ne fera qu’attiser les tensions. Il ne s’agit pas seulement de mettre à son actif qu’on a aidé à organiser des élections en Guinée ; cela ne sert à rien si le pays n’est pas stabilisé et les préoccupations des populations ne sont pas prises en compte. C’est ce que les représentants des institutions internationales et ceux des missions diplomatiques doivent comprendre. C’est le résultat qui compte et non pas le fait d’organiser une élection à n’importe quel prix.

 

Aujourd’hui la communauté internationale doit comprendre que les guinéens ne sont plus disposés à accepter des élections frauduleuses, la mal gouvernance, l’injustice dans toutes ses formes, l’insécurité et la corruption. Depuis 2006, la jeunesse guinéenne est entrain de descendre dans la rue pour exprimer ce ras-le-bol. Ce n’est pas une élection mal ficelée, mal organisée et émaillée de fraudes qui pourra arranger cela. Que la communauté internationale le comprenne bien.

 

Il est donc évident que les guinéens doivent compter sur eux-mêmes pour faire de leur pays un état de droit. Ni la communauté internationale, ni aucun autre état ne viendra le faire à leur place. C’est pourquoi la mobilisation doit rester permanente jusqu'à la satisfaction totale de toutes les revendications. Et tant que les leaders resteront à l’écoute des populations qu’ils défendent, rien ne pourra venir à bout de ce mouvement.

 

Quand on veut vivre libre et heureux, on ne marchande pas ses droits !

 

Diallo Thierno Sadou

Washington, USA

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 18:01

alpha_06.JPGL’attaque contre la résidence du président guinéen Alpha Condé ravive les tensions communautaires, dans un pays pris en otage par son armée et gangrené par la corruption.

 

La Guinée retient son souffle après l’attentat manqué survenu au domicile d’Alpha Condé mardi 19 juillet 2011. Cette attaque à l’arme lourde, qui visait à éliminer le chef de l’Etat guinéen —premier président de l’histoire tourmentée de ce pays à être élu à l’issue d’un scrutin démocratique—, fait craindre le retour des vieux démons.

 

La vague d’arrestations opérée chez des militaires proches du capitaine Moussa Dadis Camara, ancien chef de la junte du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) qui avait pris le pouvoir à la mort du général Lansana Conté en décembre 2008, et du général Sékouba Konaté, ancien président de la Transition, montre que la Guinée n’en a pas encore tout à fait fini avec les bruits de bottes.

 

Et que l’armée guinéenne, véritable «Etat dans l’Etat» depuis le coup d’Etat du général Lansana Conté en 1984, réputée pour son indiscipline et sa brutalité, longtemps choyée, n’entend pas être écartée du jeu politique.

 

Avant l’attaque du domicile présidentiel, la tension était déjà perceptible dans certaines casernes, avec l’arrestation du colonel Moussa Keita, un «dur», très proche de Dadis Camara et ancien secrétaire permanent du CNDD. Or, ce sont deux autres anciens membres redoutés de l’ex-junte, le sulfureux commandant Claude Pivi alias «Coplan» et le colonel Moussa Thiegboro Camara, devenus proches d’Alpha Condé, qui mènent les opérations de «ratissage» contre leurs frères d’armes.

 

D’où la crainte, chez de nombreux observateurs, d’une chasse aux sorcières au sein d’une armée fortement gangrenée par les divisions entre Malinkés, Soussous et Peuls, les trois principales composantes ethniques du pays.

 

Même s’il est encore très tôt pour se prononcer sur les motivations des assaillants du domicile d’Alpha Condé, il n’en reste pas moins que l’audit commandité par ce dernier sur les marchés publics de l’institution militaire, d’un montant de 1,5 milliard d’euros, n’a pas plu à certains hiérarques de cette «armée mexicaine».

 

En effet, le rapport de la Cour des comptes de Conakry a révélé des surfacturations qui ont permis à plusieurs gradés de se servir royalement. La réforme de l’armée guinéenne, une des priorités du nouveau président, qui va se traduire par une baisse notable de ses effectifs et le redéploiement de plusieurs unités à l’intérieur du pays, n’est pas du goût de tout le monde.

«Mortal Kombat» entre Apha Condé et Cellou Dalein Diallo

Même s’il a condamné fermement l’attaque contre Condé depuis Dakar où il se trouve, Cellou Dalein Diallo reste dans le collimateur du pouvoir. Le domicile du leader de l’Union des forces démocratiques de la Guinée (UFDG, principal parti d’opposition) a été perquisitionné par des militaires à la recherche de suspects.

 

Entre Alpha Condé et son rival malheureux de la dernière présidentielle, les comptes ne sont toujours pas soldés. Diallo, bien qu’il ait reconnu la victoire de Condé, n’a pas été invité lors de son investiture. Ses partisans ne s’expliquent toujours pas comment leur champion, arrivé largement en tête du premier tour avec 43%, s’est vu souffler la victoire par Condé, qui a fait un bond spectaculaire de 18 à 52% au second tour, après une campagne agressive contre le «péril peul».

«Les Peuls ont le cordon de la bourse et le pouvoir économique… Mais pour la quiétude sociale, ils n’ont qu’à se contenter de ça et laisser les autres ethnies se partager le reste.

S’ils ont le pouvoir économique et que les autres ethnies se partagent le pouvoir politique, il y aura la stabilité dans ce pays. Dans le cas contraire, la paix ne tiendra pas plus de deux jours».

Ces propos tenus récemment par Facinet Touré, médiateur de la République et partisan du président Condé, n’ont fait que raviver les tensions ethniques dans une nation à l’équilibre précaire.

 

Ils traduisent ce que pourrait être l’issue du «mortal kombat» engagé entre Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo, dans un pays considéré comme un «scandale géologique» à cause de ses richesses naturelles, mais qui reste l’un des plus pauvres de la planète car miné par la corruption et la mal-gouvernance.

 

Barka Ba

 

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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 11:29

kyle 08Le ministre de la Défense et chef de notre Etat, le Pr. Alpha Condé, spécialiste en simulation grotesque vient d’esquiver son propre attentat nocturne. Il est sauf. Mais est-il sain ? Je n’en sais rien mais le calme olympique (un record de trouillard n’a rien d’olympien !) qu’il affiche n’a pas de quoi laisser coi.

 

En effet, s’est-il agi d’une tentative de coup d’Etat, d’une volonté d’assassinat ou de la combinaison des deux ? Ou alors d’unemontagne de mensonges à des fins politiciennes ? Car dans cette affaire, tout est gros: les armes utilisées, la résidence bombardée, la durée de la canonnade, les propos fantaisistes, etc.

 

1°) les armes

Les « assaillants » ont utilisé des bazookas et, de l’aveu même du président du RPG, des roquettes RPG7 (quelle coïncidence de sigles !). Je ne sais pas si le nombre roquettes tirées était supérieur à 7. Cet arsenal est-il adapté pour un assassinat individuel ?

 

 2°) la résidence

Les « assaillants » ont frappé un bâtiment alors que son occupant présumé est un SDF (sans domicile fixe). Les tirailleurs ont-ils visé une cible invisible ? On n’assassine pas par hasard.

 

3°) la durée des combats

L’attaque se serait déroulée de 3h10 à 5h. Les « assaillants » auraient-ils synchronisé leurs montres pour le début et la fin programmés de leur mission de destruction de la « pyramide du pharaon Condé »?

 

4°) les propos surprenants d’AC :

 

-         « je ne veux pas de réaction populaire ». Que c’est mignon lorsque la sénilité prêche la sérénité ! Assaillants, assaillis, assoiffés en treillis ou pas, nous sommes tous des frères et associés depuis quelques heures!La Guinée est-elle une « famille » ?

-         « il faut laisser l’armée et les forces de l’ordre faire leur travail ». Des tirailleurs ont tiré mais ce sont des civils qui sont arrêtés pour délit de faciès. En ce moment il vaut mieux ressembler plus à François Fall qu’à Bah Oury, du moins pour la forme du nez.

-         « la Guinée c’est un seul pays ». Pour toutes les communautés ?

-         « les gens arrêtés appartiennent à une certaine communauté ». Ne pense-t-on pas à une communauté certaine ?

-         « …grâce aux prières des imams ». Celles des prêtres et autres pasteurs ne sont-elles pas exhaussées ? Lorsque la constitution guinéenne est bafouée, la laïcité est nécessairement piétinée. AC n’a pas dormi dans sa résidence officielle. Est-ce à dire que découcher peut sauver la vie à un marié ? A chacun de méditer.

-         « je demande à tout le monde de reprendre le travail ». Qui avait arrêté de travailler ?

 

Ce que j’en pense :

 

Je ne crois pas à la thèse du coup d’Etat. D’après AC on ne fait pas de coup d’Etat avec 6 véhicules Pick-Up. Les putschistes auraient tenté de prendre la RTG et suspendre le trafic aéroportuaire.

Je ne crois pas non plus à la thèse de l’attentat. Un assassin vise un individu mais pas un bâtiment surtout lorsqu’il n’est pas composé que d’une seule pièce. Nous ne sommes pas en guerre, du moins pour le moment.

 

Je pense qu’il s’agit d’un coup de l’Etat, c’est-à-dire d’AC car pour lui, l’Etat c’est lui. Les coups de pétard entendus sont annonciateurs d’une première phase d’un nouveau « complot permanent » ourdi par une nouvelle « 5ème colonne ». Si j’ai parlé de tirailleurs « condégalais », c’est pour dire tout simplement que les « assaillants » seraient des partisans d’AC. Le mort de la garde présidentielle ne l’aurait été qu’accidentellement, les acteurs n’ayant pas maîtrisé parfaitement la pièce à jouer.

 

AC est le ministre de la guerre et, à ce titre, contrôle tous les arsenaux du pays. Les armes lourdes ne se mettent pas en poche et les véhicules de militaires sont bien identifiables la nuit, même dans une capitale sans lumière. On nous a parlé de tirs trop nourris. C’est parce qu’ils sont « obèses » que le chef n’a pas été touché ?

 

Ma conclusion :

 

Une présidence mal acquise ne profite pas pour longtemps. AC n’a pas remporté honnêtement les élections mais il a emporté la présidence. Aujourd’hui, tous les Guinéens en souffrent. Le slogan populaire est : « nouveau chef, nouvelle famine ! ».

 

Je souhaite la fin politique du « Président AC » car ses conneries sont trop nombreuses pour en faire le recensement.

 

Appeler au calme ne suffit pas ; il faut assurer le calme, ce que ne fait pas AC. Par ses maladresses apparentes et sa méchanceté profonde, son nid est devenu un brasier. Il ne peut plus dormir tranquillement parce que tout simplement il a mal fait son lit, le matelas n’étant pas fourré de coton mais bourré d’épines de la haine.

 

A force d’inventer de faux complots, AC ne risque-t-il pas d’en rencontrer un vrai ? Ses tirailleurs ne sont peut-être pas plus instruits que lui mais ils ne sont pas aussi bêtes qu’il le pense.

 

« Moussé Klé vous salié très bien même ! »

 

Ibrahima Kylé Diallo


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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 21:38

simandou_250_250.jpgJe n'évoquerai pas les polémiques au sujet des promesses non tenues, à savoir que le PRG s'était engagé à ne discuter avec les multinationales minières, qu'après l'élaboration d'un nouveau Code minier. Beaucoup de sites l'ont dénoncé, je ne vais pas y revenir, même si je dois simplement constater que les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent.

 

Je ne ferais pas davantage de commentaires sur les revirements du gouvernement guinéen, consistant à menacer l'entreprise anglo-australienne Rio Tinto de perdre son titre minier, si elle ne respectait pas ses engagements, avant de se faire rouler dans la farine par cette dernière. Lorsqu'on proclame à tout va que la Guinée is back, encore faut-il être cohérent avec la sémantique. Au vu de ce qui suit, on serait plutôt tenté de dire que la Guinée est encore derrière, parce qu'elle n'a pas obtenu le minimum de ce qu'elle aurait pu. Au lieu de se satisfaire d'une prétendue « magistrale » négociation du PRG, encore faut-il en évaluer les tenants et aboutissants.

 

Rappel des faits et des critiques

 

Un permis d'exploration a été octroyé en 1996 à Rio Tinto, pour un projet d'extraction du minerai de fer de classe mondiale à Simandou, situé dans le sud-est de la Guinée. Ce permis a été transformé en concession minière, ratifiée par l'Assemblée Nationale en 2003.

 

Le 29 Juillet 2010, Rio Tinto et Chalco ont signé un accord en vue de créer une co-entreprise pour le développement et l'exploitation de Simandou. Cet évènement fait suite à des éléments conjoncturels et structurels, qu'il faut garder à l'esprit (voir ci-après).

 

Les dirigeants de ces deux entreprises considèrent d'une part, que ce projet permettra d'équilibrer la structure du marché mondial du minerai de fer (grande concentration capitalistique limitée à certains pays : États-Unis, Canada, Brésil, Royaume-Uni & Australie, Chine, Inde, Japon), et d'autre part, de générer une valeur considérable pour les actionnaires (dont la Guinée est absente). En aucun cas, les intérêts de la Guinée sont pris en compte, ils ne sont même pas évoqués. Les entreprises prévoyaient le début de l'exploitation minière d'ici cinq ans.

 

En vertu de cet accord, la part de Rio Tinto (95%), sera détenue dans la nouvelle co-entreprise, mais Chalco fera l'acquisition d'une participation de 47% dans cette co-entreprise en finançant des travaux de développement continus, à hauteur de 1,35 milliard de $, au cours des deux ou trois prochaines années.

 

Un nouveau contrat de concession est signé entre Rio Tinto, sa filiale guinéenne Simfer SA et le gouvernement guinéen, et annoncé le 22 Avril 2011. Cet accord concerne la concession sur le Sud du Simandou couvrant 369 km², cette superficie correspondant aux blocs 3 et 4.

 

Sous réserve de conditions qui seront évoquées ci-après, Simfer s'est empressée de verser 700 millions de $ au Trésor public guinéen pour entériner cet accord, qui lui est largement favorable.

 

Les critiques de certains spécialistes et l'argumentation du Gouvernement

 

Les principaux termes de l'accord figurent sur certains sites, notamment boubah.com (guineenews.org), qui s'est utilement emparé du dossier, et dont on peut regrouper les remarques et critiques autour de quelques points essentiels.

 

La non transparence du gouvernement guinéen et la non utilisation de spécialistes miniers pour des projets de cette envergure

 

Comme l'ont fait remarquer plusieurs observateurs, il est regrettable que certains détails de l'accord n'aient été dévoilés que par un communiqué de Rio Tinto à la presse, alors que le gouvernement guinéen, aurait du rendre public les détails du contrat, ce qui aurait pu offrir l'occasion à plusieurs spécialistes tant en Guinée qu'à l'étranger, de décortiquer l'accord et d'offrir des conseils précieux gratuits au gouvernement. La transparence est une vertu de la démocratie, et en outre, la Guinée a « réintégré » l'Initiative de Transparence des Industries Extractives (ITIE).

 

L'État devrait éviter la tentation électoraliste des effets d'annonces et agir en toute transparence dans l'intérêt du pays (à moins que ce ne soit pas le cas ?). Pour ce faire, la consultation de toutes les bonnes volontés, voire l'inspiration des expériences des pays voisins en matière de négociation d'accords miniers, étaient recommandées. La Guinée devait solliciter le concours financier des services des Nations Unies (en particulier le PNUD), la Banque africaine de développement (BAD), et la Banque mondiale, pour se payer les services d'experts techniques, juridiques et financiers, afin de faire le contre poids devant les géants comme Rio Tinto, Vale, ou BHP Billiton.

 

Toutefois, ne boudons pas notre plaisir : suite à la série d'articles précités sur guineenews, le gouvernement guinéen, par l'intermédiaire du Conseiller juridique du Ministère des Mines et de la Géologie ayant assisté aux négociations, a utilisé un droit de réponse. C'est suffisamment rare pour être souligné, et je dois reconnaître être agréablement surpris. Pour ne faire la synthèse de ce qui ne fonctionne pas (ce papier en constitue une autre illustration), je me dois de saluer cette heureuse initiative. On peut même espérer, comme le suggère ce cadre, de conseiller les acteurs de ce secteur clé, sur ce qui est bon pour le pays et d'attirer leur attention sur les chausse-trappes.

 

Je ne ferai pas davantage de commentaires désobligeant sur cette initiative, tant sur la forme que sur le fond, me contentant de souligner ma déception, de ne pas voir répondre aux critiques pertinentes évoquées, du fait de l'absence de considérations chiffrées, qui constituent pourtant l'un des aspects les plus importants de ce deal minier.

 

La négociation et la conditionnalité des 700 millions de dollars

 

Le Conseiller indique que le résultat de la transaction est l'aboutissement par les deux parties, de concessions mutuelles. On a peine à voir celles de Rio Tinto, si l'on excepte sa renonciation aux blocs 1 et 2, qu'elle avait juridiquement perdus !!!

 

Pour le gouvernement, il a obtenu :

 

- le rapprochement du délai de mise en exploitation du Simandou Sud (fin 2014 au lieu du 31 Mai 2015, ), mais selon l'avis des spécialistes, il est impératif pour la Guinée de mettre des dates butoirs fermes avec des sanctions réelles (perte de concession en cas de non réalisation du projet par exemple), car les termes employés dans l'accord sont suffisamment vagues pour ne pas être contraignants (aucune sanction précise si ce délai n'est pas respecté !!!) ;

 

- un Transguinéen choisi sans ambigüité (qui décide du tracé d'un chemin de fer en Guinée, le gouvernement ou une entreprise étrangère ?) ;

 

- la participation gratuite de l'État (15%) au projet (quid des redevances et impôts depuis 1996 ?) ;

 

- le paiement d'une importante somme transactionnelle : Rio Tinto a reconnu avoir dépensé 650 millions de $ depuis 1996 en Guinée, mais en faisant payer l'entreprise chinoise Chalco 1,35 milliard de $ pour 45% de Simfer, ils les ont largement récupéré, et l'octroi de 700 millions à l'État guinéen, est un pis-aller, compte-tenu de ce qu'ils ont obtenu en retour.

 

L'accord peut donc se schématiser ainsi : Rio met 700 millions de $ à la disposition de la Guinée, et offre 15% du projet, en échange d'une exemption d'impôts pendant plusieurs années et surtout la confirmation de son contrat de concession sur la partie sud de Simandou, qu'elle s'engage à exploiter au plus tard fin Mai 2015, via un chemin de fer transguinéen qu'elle contrôlera de fait, malgré les 51% annoncés par le gouvernement.

 

Le régime stabilisé restreint la marge de manœuvre des gouvernants futurs

 

Rio Tinto obtient du gouvernement guinéen que cet accord ne sera pas « affecté par d'éventuelles modifications proposées par le gouvernement guinéen suite à la révision actuelle du code minier ou de toute révision à venir».

 

Le régime fiscal stabilisé, très courant dans les années 90 (décidément la nostalgie devient insupportable), exempte la société de tout changement futur du régime fiscal des entreprises. Ainsi, il sera impossible à la Guinée de combattre les contrats léonins ou de récupérer une partie des superprofits qu'une compagnie pourrait réaliser en période de hausse extraordinaire des cours des produits miniers, qui ne manqueront pas de se produire.

 

Avec ce régime stabilisé, les futurs gouvernants du pays n'auront aucune flexibilité de renégociation des termes du contrat, même si l'environnement économique exigeait des modifications pour les adapter aux réalités du temps.

 

Les explications du Conseiller concernant cette partie sont proprement ahurissantes. Il déclare que les Guinéens « nouveaux » (donc lui) connaissent les méfaits de ce régime fiscal, mais c'est ce système qui existe en Guinée jusqu'à présent (il conviendrait donc de continuer à copier ce qui est scandaleux pour les intérêts guinéens, parce que nous avons l'habitude d'être les dindons de la farce ?). Il ajoute que nous nous faisons escroquer de manière tellement scandaleuse dans certains projets, qu'il ne faut pas faire la fine bouche ici (quelle honte !!!), et ce d'autant qu'il conclut son intervention en précisant que : « nous sommes dans une dynamique de changement et que tous devraient s'inscrire dans cette logique et éviter que se reprennent des opérations (scandaleuses) ». Si changement, il y a pourquoi ce changement ne s'est-il pas exprimé autrement ?

 

Enfin, il termine en indiquant que c'est injuste de s'attaquer à un Accord qui n'a fait que reprendre les dispositions des lois du pays, et que nous sommes obligés de respecter nos lois en vigueur. Il oublie que c'est le PRG lui-même qui, pour des raisons politiques (plus d'argent dans les caisses), a bâclé cette négociation, en anticipant la promulgation d'un nouveau Code minier. Or nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes.

 

On espère pourtant le contraire, comme l'indique guineenews, qui rappelle que les gouvernements du Liberia et de Sierra Leone ont été contraints de revoir et de renégocier les clauses de stabilité du régime fiscal stabilisé, afin de soumettre les sociétés au régime fiscal général, de sorte qu'elles ne soient plus exemptes des lois fiscales votées par les gouvernants successifs.

 

Le manque à gagner de la Guinée du aux exonérations fiscales, et à une mauvaise négociation

 

Le gouvernement, dont la vocation est de privilégier le long terme, a t-il résisté à la tentation de sacrifier le projet pour des intérêts électoralistes à court terme ?

 

Selon guineenews, la somme de 700 millions de $ a été octroyée non pas comme un bonus, mais en échange d'un congé fiscal de 8 ans (à partir de la première déclaration de profit) et d'autres exonérations permanentes qui ne se justifient pas économiquement. C'est donc une avance sur les taxes futures du projet, ce qui rend celle-ci largement défavorable à la Guinée.

 

Personne n'est contre les congés fiscaux, même s'ils ne doivent être utilisés que pour attirer les entreprises (Rio Tinto est là depuis 15 ans), mais ils gagneraient à être davantage encadrés, pour que les 8 années octroyées ne dépassent pas 8 ans.

 

En modifiant les données optimistes de guineenews (production de 95 millions de tonnes annuelles à 150$ la tonne), et en les ramenant à des valeurs plus raisonnables, la commercialisation du fer aurait pu rapporter 6 milliards de $ (70 millions de tonnes à 85/90$ la tonne).

 

En appliquant une marge de 15% (au lieu de 35%), et en tenant compte d'une montée du cours du minerai de fer à 100$ la tonne, le profit annuel moyen pourrait avoisiner le milliard de $ sur une production de 70 millions de tonnes. Si ces profits sont taxés au taux normal guinéen de 35%, le trésor public guinéen recevrait en moyenne annuellement au moins 350 millions de $, ce qui représente environ 3 milliards de $ sur la période 8/10 ans. Il s'en prive donc.

 

Le gouvernement guinéen a permis la possibilité de payer des impôts à la date de la première déclaration de profit de la société et non à la date de démarrage de la production. C'est offrir à Rio Tinto, la possibilité de « rouler légalement » la Guinée. L'usage de prix de transferts par exemple, permet de minorer l'écart entre prix d'achat et prix de vente dans le but de rendre un profit négatif ou nul. De même le système des prêts partenaires pourrait être utilisé pour financer le projet (Simfer sollicitant sa maison-mère), système permettant de réduire légalement le montant du bénéfice imposable, voire même de le rendre négatif ou nul pendant toute la durée d'amortissement de la dette, qu'on peut faire utilement coïncider avec la durée de la concession. Autrement dit, si on ne déclare jamais de bénéfice ....

 

Par ailleurs, la production démarrant en 2015, si on ajoute les 8 années d'exonération, cela nous emmène en 2023. Le contrat de concession ayant été signé en 2003 (pour 25 ans ?), il ne resterait que 5 années.

 

Le Conseiller est plus à l'aise sur le plan juridique – même s'il n'a rien démontré – qu'en matière de gestion financière, car les simulations sur les profits éventuels, tout comme les recettes prévisionnelles de l'État, quelle qu'en soit la nature ne sont pas crédibles. Il faut toujours envisager l'absence de revenus, que de fantasmer sur des superprofits, les intérêts des uns et des autres n'étant pas les mêmes. On aimerait donc en savoir plus.

 

La gestion des infrastructures constitue une erreur stratégique

 

Le gouvernement guinéen aurait dû séparer composante infrastructure (10 milliards de $ d'investissements selon lui), de la composante minière (1,5 milliard de $ selon la même source) pour ce qui concerne le financement. Certes juridiquement, ce sont des projets distincts, une société d'infrastructures, dans laquelle l'État possèdera 51%, sera créée. Le Conseiller se contente de dire que l'État sera impliqué dans la gestion et percevra des redevances dès le début de l'exploitation du chemin de fer et du port, mais sans expliquer comment.

 

Les rails et les ports sont d'un intérêt plus important pour la Guinée que le minerai de fer, qui n'est actuellement qu'une ressource vendue à l'état brut, et sans intérêt particulier, autre que son prix de vente dont la Guinée ne détermine d'ailleurs pas le prix (voir ci-après).

 

En revanche, les infrastructures sont nécessaires non seulement pour transporter ces ressources minérales, mais peuvent être également une source de recettes (et donc de profits) pour l'État guinéen. Ce dernier pourrait en effet, non seulement facturer Rio Tinto et d'autres sociétés minières, mais également nos voisins (Mali et Burkina pour ne citer qu'eux, mais qui sait, Libéria, Côte d'Ivoire et Sierra Leone).

 

Or en faisant supporter les infrastructures à un projet, on n'est pas sûr de récupérer des revenus permettant de le financer (voir ci-dessus) et ce d'autant que l'on dépend d'une gestion dirigée par une entreprise étrangère. C'est un état d'esprit que de « se payer sur la bête », en incluant sur le dos du projet, les 10 milliards de capitaux des infrastructures, alors qu'il faudrait trouver des recettes susceptibles de le financer (sans remuer le couteau dans la plaie, c'est une différence de philosophie entre les deux alliances).

 

Le pays gagnerait à fédérer toutes les organisations intéressées au transport de matières premières, et à les encourager à participer à un consortium public-privé, pour le développement d'un réseau d'infrastructures ferroviaires et portuaires, à l'usage du secteur minier de la Guinée et de la sous-région. L'État n'a pas les moyens actuels pour mobiliser les quelques 10 milliards requis pour la construction des infrastructures, mais il peut solliciter des bailleurs de fonds bi- et multilatéraux pour mobiliser sa part de financement (la Banque mondiale et la Chine notamment, mais aussi les pays du Moyen-Orient intéressés à la fourniture de produits pétroliers aux pays enclavés, mais aussi les constructeurs de véhicules Japonais...).

 

Ce projet pourrait d'autant plus s'autofinancer, que compte-tenu de la conjoncture actuelle, les projets miniers ne vont plus rester au stade de projet, mais vont se concrétiser. Il y a donc intérêt à investir dans des réalités à venir. La Guinée doit en outre devenir un centre de logistique important de l'Afrique de l'Ouest, et réaliser d'importantes recettes sur les services de transport (d'où l'incompréhension de confier cette gestion à des entreprises étrangères, telles Bolloré par exemple).

 

L'actionnariat de l'État à 35 % pourrait être une promesse illusoire

 

Le gouvernement se félicite de l'augmentation de la participation de l'État jusqu'à la hauteur de 35%, ce qui est une bonne chose sur le papier. La participation directe pourrait permettre à la Guinée de générer des bénéfices additionnels sous forme de dividendes, de s'impliquer plus activement dans les décisions des entreprises, et de développer une expertise nationale. Toutefois, la participation de l'État a rarement produit les résultats escomptés, à cause de la politisation de la gestion des entreprises étatiques (on confie parfois des postes stratégiques à des incultes, qui se contentent d'encaisser des revenus pour eux-mêmes, sans être d'aucun apport pour le pays) et du manque de vision de nos dirigeants, qui préfèrent former des pseudo-juristes, inutiles au vu du fonctionnement de la justice, voire du non respect de l'état de droit, plutôt que des ingénieurs des mines, agronomes, ou hydroélectriques (nos secteurs prioritaires).

 

Une tendance observée dans des pays voisins est de créer des sociétés holdings pour gérer les prises de participation de l'État, et notamment son portefeuille minier.

 

L'État s'est engagé à payer ses 20% de participation (dont 10% aux coûts historiques ), sans prendre en compte l'exemple de la Mongolie cité par guineenews (l'État avait amené Rio Tinto et ses partenaires à accepter le principe d'un prêt - sous forme d'avance sur les dividendes - pour permettre au gouvernement d'acheter ses actions ; afin de s'assurer de l'existence de dividendes, le gouvernement avait exigé et obtenu des investisseurs qu'il n'aurait pas de responsabilité de remboursement de la dette si la société ne déclarait pas de dividendes). On se demande bien pourquoi, nous ne nous inspirons pas des méthodes qui fonctionnent ailleurs.

 

Quid des finances publiques ?

 

Les bailleurs de fonds et les vrais partenaires au développement s'inquiètent souvent de ces rentrées d'argent facile imprévues, et qui encouragent la mauvaise gouvernance et l'indiscipline budgétaire.

 

D'aucuns ont d'ailleurs dit que la raison de ce forcing pour obtenir des fonds à tout prix, était de ne dépendre de personne (Banque mondiale et FMI notamment) pour conduire une politique dans la lignée des précédentes. Dès lors on peut penser que les recommandations de gestion rigoureuse suggérées par les organismes internationaux (diminution des dépenses de l'État, soutenabilité de la dette, lutte contre la corruption ...), vont rester lettre morte.

 

Pourtant l'allègement de la dette (environ 2,5 milliards de $ seraient annulés), y compris le service de la dette qui diminuerait d'environ 150 millions de $ par an, permettraient aux finances publiques de respirer, et conjugués avec la mise en œuvre des projets, entretiendraient l'espoir de jours meilleurs, et ce d'autant que les financements internationaux redeviendraient possibles.

 

Le marché du fer, ce qu'il faut savoir

 

Depuis 2009, un nouveau système de fixation du prix du fer a été mis en place, plus propice à une hausse plus importante des cours du fer. Avec l'ancien système, les prix du fer étaient négociés de gré à gré entre sidérurgistes et producteurs miniers. Voilà pourquoi il a la préférence des aciéristes (la Chine notamment), qui sont extrêmement réticents à tout rapprochement du prix négocié vers un cours spot.

 

Avec 18% du capital et deux sièges au conseil d'administration, les Chinois ont une minorité de blocage et un pouvoir d'influence bien réel, leur permettant même d'imposer à Rio Tinto, des prix de vente du fer plus « amicaux » pour les « camarades » aciéristes chinois...

 

Le fer est la quatrième matière première la plus consommée au monde après le pétrole, le blé et le riz. Il est l'un des composants essentiels à la fabrication de l'acier, que l'on retrouve partout (95% des métaux annuellement consommés dans le monde).

 

Le plus gros consommateur d'acier est de loin la Chine, suivi par l'Inde. Car ces pays sont en train de faire leur « trente glorieuses », c'est-à-dire la période stratégique de développement.

 

La Chine est le plus gros producteur mondial d'acier. Elle produit près de 45% de la production mondiale (626,7 millions de tonnes en 2010 sur 1,414 milliard) et absorbe pour ce faire la moitié de la production mondiale de minerai de fer à elle toute seule. Sa production de fer nationale a beau augmenter, elle représente une goutte d'eau dans l'océan de ses besoins. Donc la Chine doit importer massivement du minerai de fer, à hauteur de 55% de ses besoins ! Ce qui en fait le premier importateur mondial de fer. On comprend mieux la « chasse aux minières » que font les Chinois sur le sol australien, à coups de rachats, d'OPA et de partenariats .

 

Une chose est certaine, qu'il s'agisse de Rio Tinto, de BHP Billiton ou de l'Afrique, la Chine avance ses pions les uns après les autres, lentement mais sûrement. Elle sait combien les matières premières seront demain stratégiques. Voilà pourquoi elle met tout, absolument tout en œuvre, pour sécuriser ses approvisionnements futurs. Car ce qui s'est passé ces dernières années sur les marchés des matières premières se reproduira en sortie de crise, à n'en pas douter. Les Chinois l'ont bien compris, à leurs dépens d'ailleurs. C'est pourquoi la Chine s'y prépare...

 

Pendant une quinzaine d'années, Rio Tinto, compte-tenu du marché de l'acier, des conditions locales guinéennes (avec quelques billets, on solutionne tous les problèmes) et de ses propres intérêts, n'a pas jugé utile de mettre la mine en exploitation. Aujourd'hui, seuls nos dirigeants semblent l'ignorer, mais le droit d'utilisation (un simple papier) est plus important que le produit physique (la mine). Rio Tinto s'est assuré une part de marché (à une époque, il a même contrôlé jusqu'à 40% des réserves mondiales connues), tout en empêchant ses concurrents de les obtenir. Les intérêts de la Guinée ne sont jamais entrés en ligne de compte.... ce qui ne risque pas de changer dans les 5 ans à venir.

 

Conclusion : ce qu'on pourrait faire de l'argent des mines

 

Le PRG a fini par succomber à Rio Tinto pour brader une partie du Simandou, au prix de 700 millions dollars US après une quinzaine d'années de présence sans aucun réel projet d'exploitation, et sans paiement de taxes ni d'impôts. Pendant ce temps, Rio Tinto, côté en bourse, valorisait son droit minier pour investir en Australie.

 

Rio Tinto a reconnu avoir dépensé 650 millions de $ depuis 1996 en Guinée, mais en faisant payer l'entreprise chinoise Chalco 1,35 milliard de $ pour 45% de Simfer, ils les ont largement récupéré. Concrètement cela signifie, que Rio Tinto n'a rien dépensé depuis 15 ans. En effet, bien qu'ils aient octroyé 700 millions à l'État guinéen, ils en ont de leur côté, récupéré autant, soit plus de la totalité de leur investissement annoncé, tout en gardant un contrat de concession d'exploitation exclusive du minerai de fer, et la majorité de Simfer, aujourd'hui valorisé au minimum à 3 milliards de $.

 

En se débrouillant habilement, cela revient à dire qu'avec ses montages et paiements, elle a obtenu gratuitement une mine exceptionnelle qu'elle va exploiter gratuitement (voir ci-dessus) pour au moins 25 ans. Si certains se glorifient d'avoir obtenu 700 millions de $, je suis loin de partager leur enthousiasme, mais considère au contraire que Rio Tinto a roulé ses différents interlocuteurs dans la farine.

 

Si nous sommes cohérents, puisqu'il semble que la société BSRG ait vendu les blocs 1 et 2 de Simandou à l'entreprise brésilienne Valé pour 2,5 milliards d'€, on peut espérer que la Guinée en récupèrera au moins la moitié, ce qui ne serait qu'un moindre mal, mais avec des conditions autres, que celles sur lesquelles le PRG s'est engagé. Voilà plus de 50 ans que nous possédons une mine de fer, et nous n'en avons rien obtenu de concret, alors qu'un homme d'affaires qui vient de nulle part (ce ne sont pas ses quelques affaires réalisées dans le diamant, qui en font un acteur incontournable) obtient 2,5 milliards de $ avec un simple droit d'exploitation. Il y a de quoi enrager d'avoir des incapables à la tête du pays.

 

En définitive, la création d'un Fonds souverain, permettant le financement et/ou la garantie du financement des infrastructures, voire des projets énergétiques pourrait être mis en place. Il serait dommage (voire scandaleux) de voir fondre ces recettes imprévues dans des dépenses de fonctionnement d'une fonction publique disproportionnée, ou des dépenses opaques qu'on appelle abusivement « de souveraineté ».

 

Gandhi, citoyen guinéen

 

« Dans tout État libre, chaque citoyen est une sentinelle de la liberté qui doit crier, au moindre bruit, à la moindre apparence du danger qui la menace ». (Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, mai 1791)

 

Source: www.Guinee58.com

 


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Published by BanabanaNews - dans Analyse
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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 04:33

Les efforts du gouvernement pour débloquer la situation du secteur minier doivent être salués, sans complexe ! 

En effet, selon nos informations, le nouveau gouvernement fait bien de faire de sa priorité la réalisation des projets d’investissement miniers. Les projets envisagés nécessitent souvent la construction de grandes infrastructures (plus de 70 pour cent des capitaux servent à mettre en place les rails, les installations électriques et portuaires). Donc la Guinée pourrait non seulement tirer profit de l’exploitation de ses ressources mais aussi réaliser des infrastructures pour promouvoir un développement intégré du pays. Le nouvel accord avec Rio Tinto s’inscrit dans cette optique et ouvre une nouvelle ère d’espoir pour les populations. 

Mais un regard plus attentif relève quelques questions : Est-ce que le gouvernement a murement réfléchit pour faire de cet accord le « deal du siècle » pour la Guinée ? A-t-il résisté à la tentation de sacrifier le projet pour des intérêts électoralistes à court terme ? Ci-dessous nous vous livrons une analyse du coût économique pour la Guinée.

L’accord comporte un manque à gagner important... 

Selon certains spécialistes des questions minières que votre quotidien Guinéenews© a interrogés, normalement, les négociations de projets sont initiées pour relever les retombées économiques pour le pays. Souvent, l’objectif est d’amener les sociétés à payer un peu plus qu’elles n’avaient offertes dans le contrat initial. C’est ainsi que plusieurs pays africains imposent un bonus de signature sans contrepartie fiscale lors des négociations ou renégociations. Par exemple, la RDC exige souvent que les sociétés paient des bonus (Highwind a payé 60 millions USD, les Chinois avaient consentis 350 millions USD comme droit d’entrée ; Freeport McMoran a dû augmenter son bonus de 100 millions USD à 250 million USD pour régler le contentieux sur le grand gisement de cuivre Tenke Fungurume). La pratique des bonus dans d’autres pays africains concerne la Mauritanie (100 millions USD versés par Woodside de l’Australie) ; le Niger (300 million USD versés par CNPC) ; le Libéria (45 millions USD versés par China Union et 15 millions versés par Arcelor Mittal). Le trait commun de tous ces bonus, c’est qu’ils ont été traités comme un gain de loterie dans des projets politiques destinés à maintenir le pouvoir en place. Les critères de discipline budgétaire, de transparence et de bonne gouvernance ont été souvent ignorés et il faut craindre que la Guinée n’épouse les mêmes méthodes. 

Par contre, ce qui est marqué dans l’accord avec Rio Tinto, c’est que la somme de 700 millions USD a été octroyée non pas comme un bonus, mais en échange d’un congé fiscal de 8 ans (à partir de la première déclaration de profit) et d’autres exonérations permanentes qui ne se justifient pas économiquement. C’est donc une avance sur les taxes futures du projet (l’usage par Rio Tinto de ce même schéma dans l’accord sur le grand gisement de cuivre d’Oyu Tolgoi en Mongolie fut assez critiqué par la société civile). En Mongolie, l’avance était considérée comme une émission obligataire similaire à la tentative annoncée le mois dernier par le gouvernement guinéen à la différence près que les choses sont plus claires (le taux d’intérêt sur le prêt était estimé par l’investisseur à 10,6 pour cent comparé à 15 pour cent si le gouvernement avait émis des obligations), apprend-on.

Le coût-avantage de l'avance de 700 millions USD est largement défavorable...

Selon analystes du secteur minier, pour évaluer le coût-avantage de cette avance, admettons que Rio Tinto réalise son plan de production de 95 millions de tonnes par an. Au cours actuel d’environ 150 USD la tonne de minerai de fer, la commercialisation du produit de Simandou pourrait rapporter la bagatelle de plus de 14 milliards USD de recettes.

Considérant que l’année dernière, Rio Tinto avait produit 184,6 millions de tonnes de minerai de fer notamment en Australie et au Canada, et avait réalisé des recettes de l’ordre de 24 milliards USD (soit environ 135 USD la tonne) et un bénéfice hors taxe de 10,8 milliards USD (soit une marge bénéficiaire de 35 à 40 pour cent), on peut facilement estimer les profits réalisables sur le nouvel accord. 

En appliquant la marge de 35 pour cent, et en tenant compte de la récupération du capital initial et de la montée continue du cours du minerai de fer à plus de 150 USD la tonne en 2011, Rio pourrait réaliser au bas mot un profit annuel moyen de 2 milliards USD sur la production 95 millions de tonnes. Si ces profits sont taxés au taux normal guinéen de 35 pour cent, le trésor public guinéen recevrait en moyenne au moins 700 millions de dollars chaque année après les trois premières années d'exploitation de la mine (en assumant que les infrastructures seront communes et leurs coûts repartis entre les sociétés utilisatrices). 

Cependant, d’après les termes de l’accord qui vent d’être signé, le gouvernement semble préférer un seul paiement cash de 700 millions USD contre la possibilité future d’avoir jusqu'à 8 à 10 fois cette somme durant le congé fiscal. Evidemment, faut-il se le dire, le gouvernement rétorquera que vu les exigences immédiates, il n’est pas possible de faire mieux. Est-ce que c'est mieux pour le pays de choisir 700 millions aujourd'hui au lieu d'attendre les taxes qui pourraient rapporter près de 10 fois cette somme durant la période d'exonération ? Cette question méritait d’être débattue par les Guinéens, estiment les critiques.

La gestion du développement des infrastructures pourrait être une erreur stratégique 

L'on martèele que la valeur ajoutée des mines se situe dans les infrastructures et le droit de propriété (pas nécessairement le contrôle opérationnel) revêt un intérêt stratégique très important pour l’Etat. Par exemple, la Guinée avait gardé l’OFAB (Office de fabrication de la bauxite) pour faire face à la CBG (compagnie des bauxites de Guinée). Dans le bras de fer qui avait opposé la présidente du Liberia Shirleaf-Johnson à Arcelor Mittal, la compagnie avait dû accepter de céder les droits de propriété à l’Etat. Le président sénégalais Maitre Abdoulaye Wade, de son côté avait annulé son accord avec Kumba Resources sur le développement du projet de fer Miferso (environ 2 milliards USD) et accepté de payer une compensation suite à une décision arbitrale, afin de passer le projet à Arcelor-Mittal qui s’était engagé à réaliser les grandes infrastructures portuaires et ferroviaires. 

Le gouvernement guinéen aurait dû séparer les quelques 10 milliards USD déstinés aux infrastructures et traiter le projet minier proprement dit comme une entité séparée (les coûts du projet minier proprement dit ne dépasseront pas 1,5 milliards USD), fulmine-t-on. La raison, selon les spécialistes, est que les rails et ports ont un intérêt plus vaste que les besoins de Rio Tinto pour ce projet. Vale, BHP-Billiton, et un bon nombre de nouveaux promoteurs de projet de minerai de fer au Libéria, en Côte d’Ivoire et en Sierra Leone pourraient avoir besoin de ces infrastructures. Celles-ci pourraient donc être l’embryon d’un réseau logistique régional qui servirait non seulement Rio Tinto, mais aussi d’autres parties, y compris les sociétés minières et d’autres utilisateurs non miniers. Il n’est donc pas juste que le projet minier de 1,5 milliards USD porte le poids d’infrastructure de près de 10 milliards USD sans refléter les revenus éventuels attendus de ces infrastructures, dit-on. 

Comme dans le cas de la CBG, le gouvernement aurait dû exiger des formules qui séparent la composante infrastructure de la composante minière. Puisque l’Etat n’a pas les moyens de mobiliser les quelques 10 milliards requis pour la construction des infrastructures, le pays gagnerait à fédérer toutes les sociétés minières intéressées au fer et à la bauxite, à évaluer leurs besoins infrastructurels et à les encourager à participer à un consortium public-privé pour le développement d’un réseau d’infrastructures ferroviaires et portuaires à l’usage du secteur minier de la Guinée et de la sous-région. L’Etat (partenaire majoritaire), à son tour, solliciterait les bailleurs de fonds bi- et multilatéraux pour mobiliser sa part de financement. Ce schéma classic permettrait à la Guinée de s’inspirer de l’expérience de la région de Pilbara en Australie pour devenir un centre de logistique important de l’Afrique de l’Ouest et de réaliser des recettes énormes sur les services de transport (par exemple, Rio Tinto fait partie du réseau ferroviaire à Pilbara où la société opère un chemin de fer appartenant à une tierce partie, notent nos spécialistes. 

L’accord expose la Guinée aux effets pervers des congés fiscaux 

Selon l’avis de plusieurs experts en mine, le recours aux congés fiscaux est une méthode très décriée au vu des désavantages qu’elle comporte. A titre d’exemple, le congé fiscal accordé à Rio Tinto donne une exemption de la taxe en Guinée, mais pas nécessairement de la taxe en Australie. En d’autres termes, l’Etat guinéen qui octroie le congé fiscal a accepté de céder sa part de taxe au profit de l’Etat australien. D’autre part, le gouvernement guinéen a mis à l'index la durée du congé sur la date de la première déclaration de profit de la société et non la date de démarrage de la production. En optant pour cette méthode, la Guinée a ouvert la voie à des abus potentiels qui pourraient considérablement allonger la durée du congé fiscal. Les pratiques prédatrices utilisées légalement par les sociétés incluent l’exploitation irrationnelle et l’écumage du gisement durant le congé afin de relaisser la plus grande part de profit durant la période d’exonération fiscale ; l’usage de prix de transferts qui consiste à une manipulation des prix de vente entre associés et coût des intrants, de sorte que le profit imposable reste constamment négatif ou nul. 

De nos jours, argumente-on, les congés fiscaux sont octroyés dans des cas exceptionnels (par exemple aux fins d’encourager des investisseurs à s’engager dans des secteurs ou régions où personne ne veut prendre le risque) pour une période fixe ne dépassant pas 5 ans, à partir de la date de démarrage de la production minière. Certains gouvernements imposent une limite maximale sur le profit exonéré et toute somme au delà de cette limite est taxée. D’autres gouvernements les éliminent purement et simplement. 

Selon nos investigations, en 2006, le gouvernement du Libéria s’était érigé contre le congé fiscal attribué à Arcelor Mittal et avait forcé la renégociation du contrat afin d’annuler purement et simplement le congé fiscal. En Sierra Leone, le président Koroma s’était attiré la foudre des bailleurs de fonds, de la population et de la société civile en octroyant à une société anglaise un taux réduit de 6 pour cent pendant 10 ans (contre le taux normal de 37,5 pour cent) sur l’exploitation du gisement de fer de Marampa. Sous la pression populaire, il a été contraint de renégocier ce contrat. De même, " le gouvernement Cellou Dalein " avait accordé des exonérations à Global Alumina, mais fut obligé par la suite de réviser les arrangements fiscaux.

 

Actionnariat de l’Etat à 35 pour cent pourrait être une promesse illusoire 


Le gouvernement se félicite de l’augmentation de la participation de l’État jusqu’à la hauteur de 35 pour cent, ce qui est une bonne chose. La participation directe pourrait permettre à la Guinée de générer des bénéfices additionnels sous forme de dividende, de s’impliquer plus activement dans les décisions des entreprises, et de développer une expertise nationale. Toutefois, la participation de l’État a rarement produit les résultats escomptés, à cause de la politisation de la gestion des entreprises étatiques. 

A l’exception de Codelco (cuivre) au Chili, de Debswana (diamant) au Botswana, ou de la SNIM (minerai de fer) en Mauritanie, les entreprises minières ont créé plus de problèmes qu’elles n’en ont résolus, nous rapporte-t-on. Que ce soit en Zambie (ZCCM), la RDC (Gecamines), le Togo (SNPT) ou la SBK (Guinée), la notion de l’État-opérateur n’a pas marché. La nouvelle tendance est de faire des prises de participation et de créer des holdings pour gérer le portefeuille minier de l’État. C’est le cas de la SODEMI en Côte d’Ivoire, la SOPAMIN au Niger, la Zimco en Zambie. Cette deuxième formule est plus adaptée au cas de la Guinée. Cependant, il faut noter que vu les conditions, la victoire des 35 pour cent ne pourrait qu’être symbolique, voire idéologique, et sans incidence positive significative pour le pays. La raison est que le gouvernement n’apporte pas sa mise et reste un actionnaire minoritaire dans un projet à très haute intensité capitalistique. 

Selon nos informations, le bénéfice financier attendu de l’actionnariat est la part de dividendes qui revient à l’actionnaire. Pour les 15 pour cent de participation gratuite, l’État guinéen pourrait ne pas bénéficier des dividendes attendus pendant les 15 à 20 prochaines années pour les raisons suivantes :

  • (i) l’inclusion des infrastructures dans la structure financière retarde longuement la réalisation de cash flow positifs et des profits, car il faut rembourser sur le dos du projet au moins 10 milliards de capitaux représentant le coût des infrastructures (le projet minier à lui seul coûterait environ 1 à 1,5 milliard USD) ;
  • (ii) Avec le congé fiscal de 8 ans, la Guinée retarde davantage la date à laquelle Rio Tinto devrait commencer à payer les impôts sur le revenu ;
  • (iii) Vu le risque élevé du pays, Rio Tinto pourrait opter pour une forte utilisation de la dette (commerciale ou sous forme de prêt partenaire appelé « shareholder loan ») comme mode de financement du projet. Dans ce cas le montant des déductions relatives aux paiements d’intérêts sur la dette pourrait réduire sérieusement le montant du bénéfice imposable, et même assurer que ce montant restera négatif ou nul pendant toute la durée d’amortissement de la dette (15 à 20 ans).

Afin de limiter les risques, suggèrent les critiques, le gouvernement devrait imposer une limite au ratio du financement par dette (par exemple 3:1) et exiger que le montant des déductions d’intérêt ne dépasse un certain pourcentage (par exemple 50 pour cent) du bénéfice imposable chaque année. 

En ce qui concerne les 20 pour cent de participation payante, le coût se situerait dans l’ordre de 2 à 3 milliards USD, difficile à mobiliser dans un pays considéré à haut risque. 

En Mongolie, précisent nos sources, le gouvernement avait été beaucoup plus sophistiqué sur la question des 34 pour cent de participation de l’État. Il n’y avait pas de participation gratuite ; l’État avait amené Rio Tinto et ses partenaires d’accepter le principe d’un prêt pour permettre au gouvernement d’acheter ses actions ; le prêt serait sous forme d’avance sur les dividendes ; et pour s’assurer que les dividendes seront payés, le gouvernement a exigé des investisseurs qu’il n’aurait pas de responsabilité de remboursement de la dette si la société ne déclare pas de dividendes. Les négociateurs guinéens semblent avoir opté pour une victoire facile qui fera un effet d’annonce sans se soucier du fond de l’accord, martèle-t-on. 

Le régime stabilisé restreint la marge de manœuvre des gouvernants futurs 

En croire nos experts en mine, l’usage du régime stabilisé était très courant durant les années 90 (Afrique du Sud, Pérou, Philippines, et beaucoup de pays en développement), mais est devenu controversé avec l’évolution de la démocratie dans les pays en voie de développement. Le régime stabilisé gèle les termes fiscaux et exempte la société de tout changement futur du régime fiscal des entreprises. Ainsi, il sera impossible à la Guinée de combattre les contrats léonins ou de capter une partie des superprofits qu’une compagnie pourrait réaliser en période de hausse extraordinaire des cours des produits miniers. 

Au Liberia et en Sierra Leone, nos investigations indiquent que les gouvernements ont été contraints de revoir et de renégocier les clauses de stabilité afin de soumettre les sociétés au régime fiscal général, de sorte qu’elles ne soient plus exemptes des lois fiscales votées par les gouvernants successifs. 

En Mongolie, le gouvernement avait exclu certaines taxes du régime stabilisé et avait refusé d’octroyer à Rio Tinto la prolongation de la durée du régime stabilisé sur les 10 dernières années de la vie de la mine d’Oyu Tolgoi. Avec le régime stabilisé, les futurs gouvernants du pays ne pourraient pas revoir les exonérations permanentes octroyées sur la retenue d’impôt sur le rapatriement des capitaux qui privent la Guinée de plusieurs centaines de millions en impôts additionnels sur les paiements de dividendes, intérêts, et honoraires des contractuels. Les gouvernants futurs ne pourraient imposer des mesures additionnelles tendant à maximiser les retombées du projet telles que : indexation des taxes superficielles à l’inflation ; définition du cadre des investissements sociaux, la formation ; programme de transfert de savoir-faire et de « guineeanisation » progressive des hauts cadres ; modalités de rachat des biens mobiles à leurs valeurs comptables, etc.

En conclusion, estiment les analystes, les grandes annonces de signatures d’accords signifient rarement que les bénéfices immédiats vont suivre. Le secteur minier est complexe et plein d’embuches. Depuis 2008, la population de la RDC attend les bénéfices des 9 milliards USD d’investissement consentis par la Chine dans le cadre d’un « Plan Marshall » qui verrait 6 milliards USD alloués dans les secteurs d’eau, d’électricité, de routes, d’infrastructures de santé. 

Faut-il se souvenir, le « gouvernement Dadis » comptait beaucoup sur les 7 milliards USD promis par CIF (China international fund) pour transformer la Guinée. Ces espérances restent à l’état de rêve non réalisé, à date. D’ailleurs, persistent les analystes miniers, les bailleurs de fonds et les vrais partenaires au développement s’inquiètent de ces rentrées d’argent facile non-programmées qui pourraient encourager la mauvaise gouvernance et l’indiscipline budgétaire. Leur réponse dans des cas pareils (en RDC comme en Mongolie), a été de s’assurer de la soutenabilité de la dette, de mettre un frein sur les dépenses de l’État (ce qui veut dire que même avec cet argent, la Guinée sera toujours obligée de se soumettre au dictat du Fonds monétaire international). 

Le secteur minier pourrait sans nul doute changer le pays, mais la méthode classique de mise en valeur d’un projet minier est incontournable pour un pays comme la Guinée. Le gouvernement guinéen devrait donc s’atteler à aider la Guinée à mieux se positionner pour recevoir les dividendes de la démocratie tout en privilégiant la quiétude sociale et la réconciliation nationale, gages de stabilité politique et économique du pays (et donc de réduction des perceptions de risque). 

L’État devrait éviter la tentation électoraliste des annonces sensationnelles sans lendemain et agir en toute transparence dans l’intérêt du pays et non d’une alliance politique ; consulter toutes les bonnes volontés et au moins s’inspirer des expériences des pays voisins en matière de négociation d’accords miniers, conseille-t-on. 

A l’instar de ses voisins, la Guinée devrait solliciter le concours financier des services des Nations Unies (en particulier le PNUD), la Banque africaine de développement, et la Banque mondiale pour se payer les services d’experts techniques, juridiques et financiers pour faire le contre poids devant les géants comme Rio Tinto, Vale, BHP ou Alcoa-Alcan.

 

 

Source :  Guinéenews ©


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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 22:05

piege_alpha_conde_003.jpgLe 22 avril 2011, après plusieurs mois de tergiversations, le gouvernement guinéen et la multinationale Rio Tinto ont signé un accord qui en essence se résume à ceci: Rio met 700 millions de dollars à la disposition de la Guinée, offre jusqu’à 35 pour cent du projet en échange d’un congé fiscal de plusieurs années et surtout la confirmation de son titre de propriété sur la partie nord du gisement de fer de Simandou qu’elle s’engage à exploiter au plus tard mi 2015 via un chemin de fer transguinéen qu’elle controlera. Cet accord aurait été négocié avec l’aide du milliardaire américano-hongrois, Georges Soros.

 

Enfin une bonne nouvelle penseront les millions de guinéens qui s’inquiétaient que des années après annonces et contre annonces, ce projet risquait de devenir un autre « Konkouré » une expression guinéenne synonyme de projets toujours annoncés mais jamais réalisés. Finalement une date est fixée pour l’exploitation de ce gisement se réjouissent bien des Guinéens qui ont voté pour le président Alpha Condé dont le gouvernement a trouvé un Trésor Public dilapidé et a besoin d’une sérieuse injection de centaines de millions de dollars pour financer les projets de développement et l’infrastructure défaillante dans tout le pays.

 

Pour plusieurs observateurs, il est regrettable que certains détails de l’accord n’aient été dévoilés que par un communiqué de Rio Tinto aux investisseurs, alors que le gouvernement guinéen, aurait du, dans son propre intérêt, rendre public tous les détails du contrat, ce qui aurait pu offrir l’occasion à plusieurs spécialistes tant en Guinée qu’à l’étranger de décortiquer l’accord et d’offrir des conseils précieux gratuits au gouvernement.

 

Depuis plus d’une décennie, Guinéenews© couvre les principaux dossiers miniers en Guinée et a dévoilé à maintes reprises les pièges que certaines multinationales ont cherché à faire passer dans les contrats. Guinéenews© a aussi largement couvert toutes les péripéties de ce feuilleton Simandou - et s’est toujours révélé exact dans ses prévisions.

 

A la demande de plusieurs lecteurs, Guinéenews© a donc analysé l’annonce officielle et livre ici ses premières impressions basées seulement sur le communiqué de presse de Rio Tinto décrivant l’entente et non l’accord lui-même ou ses avenants. Les gouvernements successifs de la Guinée jugent rarement utile de publier les accords dans lesquels ils engagent le pays pour des générations et s’étonnent après de se retrouver dans une mauvaise posture.

 

Une  bouffée d’oxygène à première vue

 

Selon donc les termes publiés, Rio Tinto, à travers sa filiale guinéenne Simfer S.A,, obtient de la Guinée « un accord transactionnel » garantissant son titre minier sur les blocs 3 et 4 du mont Simandou. Cette garantie se fera par décret présidentiel conformément au code minier actuel. Rappelons que le permis d’exploration de Rio sur Simandou a été octroyé en 1996, puis transformé en concession minière ratifiée par l’Assemblée Nationale en 2003. Finalement Rio obtiendra ce décret présidentiel qui « ouvre la voie pour une première expédition de minerai de fer d'ici à la mi-2015 » tel qu’exprimé dans le texte de l’accord. Et c’est là que se trouve la première inquiétude car malheureusement pour certains spécialistes «ouvrir la voie » ne signifie pas grand chose en termes pratiques. 

 

La Guinée offre-t-elle une garantie de propriété à Rio Tinto en échange d’une promesse ?

 

D’après cet accord, Rio doit « ouvrir la voie pour une première expédition de minerai de fer d'ici à la mi-2015 » et faire « tous les efforts raisonnables pour parvenir à une première production d'ici la fin 2014 ».

 

La nuance est de taille! Simfer pour être en règle doit simplement faire « tous les efforts raisonnables » pour commencer l’exploitation de Simandou avant fin 2014 et si cela n’est pas fait, Simfer devra tout de même s’assurer d’avoir « ouvert la voie » avant mi 2015. Il n’y a apparemment donc aucune obligation de résultat.  Si Simfer fait des « efforts raisonnables » et « ouvre la voie » pour l’exploitation et que malgré tout le projet n’abouti pas, Rio aura respecté la lettre de l’accord et la Guinée ne peut pas invoquer cela comme un manquement! Quant à la Guinée, elle doit promulguer le décret de confirmation du titre de propriété de Rio sur les blocs 3 et 4. C’est clair et net!

 

La bonne clause aurait du être « Simfer s’engage à procéder à la première production au plus tard le 30 juin 2015 faute de quoi, la concession de Simandou revient entièrement à la Guinée qui s’engage à rembourser les frais raisonnables déboursés par Rio directement liés au démarrage de la production. »

 

De l’avis des spécialistes, il est impératif pour la Guinée de mettre des dates butoirs fermes avec des conséquences réelles de perte de concession en cas de non réalisation du projet qui a été annoncé il y a plus d’une dizaine d’années.

 

Quant au versement des 700 millions de dollars qui semble être la carotte offerte par Rio, cette somme est assujettie à plusieurs conditions notamment: « (1) la résolution de toutes les questions en suspens et de (2) la finalisation de nouveaux termes de l'accord d'investissement... (3) la promulgation de décrets présidentiels accordant la concession minière ainsi que (4) l'approbation de la proposition de joint-venture Simandou entre Chalco et Rio Tinto. »

 

En language clair, « la résolution de toutes les question en suspens » pourrait faire directement référence aux blocs 1 et 2 qui font toujours l’objet d’un contentieux entre Rio et la Guinée. Cette dernière a octroyé ces blocs à BSRG qui l’a revendu à Vale pour plusieurs milliards de dollars sans que la Guinée ne touche un sou dans cette transaction. Selon le nouvel accord, Rio n’est pas tenue légalement de verser les 700 millions de dollars au Trésor public guinéen s’il n’y a  pas « la résolution de toutes les question en suspens ». Il est à rappeler que Rio a toujours maintenu qu’elle est l’unique propriétaire de tout Simandou et que la partie sud lui a été exproprié illégalement.

 

A la lumière de toutes ces questions et en l’absence de la lecture de l’accord dans son entièreté, un spécialiste interrogé par Guinéenews© pense que le gouvernement d’Alpha Condé doit insister au moins sur le fait que l’exploitation des blocs 3 et 4 soit complètement dissociée de la dispute des blocs 1 et 2. La partie « la résolution de toutes les question en suspens » doit être modifiée par « la résolution de toutes les question en suspens n’incluant pas les blocs 1 et 2 du mont Simandou » pour lever toute équivoque et fermer l’échappatoire que les avocats de Rio ont intelligemment insérés même s’il est écrit que l’accord ne concerne les blocs 3 et 4. Il serait souhaitable, que la définition du terme «questions en suspens» soit clarifiée, la précision est toujours souhaitable dans les contrats.

 

Enfin Rio obtient du gouvernement guinéen que cet accord ne sera pas « affecté par d'éventuelles modifications proposées par le gouvernement guinéen suite à la révision actuelle du code minier ou de toute révision à venir». En d’autres termes les futurs gouvernements guinéens n’auront aucune flexibilité de renégociation des termes si l'environnement économique exige des modifications pour les adapter aux réalités du temps.

 

La somme elle même - 700 millions de dollars - aussi impressive qu'elle soit équivaut entre 23 millions par an (si la durée de vie de la mine est estimée de 30 ans) ou 35 millions de dollars par an (si la durée de vie de la mine est estimée à 20 ans) soulignent certains.

 

Dans la prochaine édition, Guinéenews© reviendra sur l’offre de participation au capital, le transguinéen, et surtout la partie fiscale qui aux dires de certains spécialistes constitue le plus grand piège qui risque de revenir hanter la Guinée dans quelques années.

 

Boubacar Caba Bah

 

Source : Guineenews

 


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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 02:56

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Benn Pepito, ancien résident de la Maison des journalistes, d’origine guinéenne, publie son premier roman « Territoires des mémoires - dans les terreurs de la révolution guinéenne ».

 

Cet ouvrage ne laisse pas de place à l’indifférence. Et pour cause, son auteur, est connu pour avoir été journaliste au sein du  premier organe satirique de la Guinée : « Le Lynx », puis rédacteur en chef de l’hebdomadaire « La Lance » du groupe de Presse Lynx-Lance.

 

Ce roman retrace une période majeure de la Guinée, de 1958 à 1984, il s’agit de ce qui a construit sa force et sa faiblesse : son histoire. Après le «non » historique face à la proposition communautariste des colonies  d’Outre-mer   du General De Gaulle le 28 septembre 1958.

 

Territoires des mémoires, c’est l’histoire vécue par les populations guinéennes, de la Révolution « sékoutouréenne ». Pour certains, il s’agit de montrer les Peuls comme l’éternelle victime, mais cet ouvrage est plus complexe encore. Pour mieux comprendre, quelques rappels s’imposent.

 

La Guinée obtient son indépendance le 2 Octobre 1958. Juste après, face aux intolérances des pays du Nord, le président  Ahmed Sékou Toure (1926-1984) se tourne vers les pays de l’Est. Dès lors, il instaure un régime révolutionnaire à parti unique : le Parti Démocratique de Guinée (PDG). Il s’agit de la branche locale  du Rassemblement Démocratique Africaine (RDA) dont il était le chef suprême. Sous son règne, on compte plus de  50 000 morts. De quoi semer la confusion et la division d’un peuple.

 

"Territoire des mémoires" décrit de façon légendaire  cette atrocité du régime de Sékou Toure dans la Moyenne Guinée dont la majorité est composée de l’ethnie peule. Ce peuple selon le romancier, s’est opposé au régime de Sékou Toure et par conséquent a vécu un sort tragique. C’est cela qui fonde l’indignation de tout peuple épris de paix et de justice sociale.

 

Ce roman a le mérite de s’inscrire dans le combat pour la liberté. Elle interpelle combien de fois ces régimes révolutionnaires pour agir sur le peuple au nom de ce dernier.

 

Le style de l’auteur et les expressions utilisées reflètent un mélange entre la langue française et les langues locales. C’est le cas avec l’usage de mots tels que « Patronnn, viwou la rewolussion, contre réwolissionnaire …». Cela montre combien l’auteur s’est emparé de son sujet, jusqu’au moindre mot pour lui donner une identité propre.

 

Au-delà de ses mérites linguistiques, ce roman dans son contenu chosifie les Peuls. Dans le contexte actuel, difficile de ne pas poser la question de l’intérêt d’alerter les Guinéens sur la nécessité de rester unis.

 

L’auteur décrit donc le mal de la révolution. Tout se passe comme s’il y avait deux ennemis pour la Guinée : celui de l’intérieur, les Peuls et de l’extérieur, la France, Senghor au Sénégal, ou encore Houphouët Boigny en Côte d’Ivoire. Pourtant tous les Guinéens ont été victimes de cette tragédie, pourquoi alors ne les place-t-on pas tous au même niveau ?

 

Le choix des personnages renvoie toujours vers une division ethnique. Des noms comme Momo Jo et Pivi ne sont pas fortuits. Ils sont assez connus des précédents régimes. Momo Jo de la Basse côte, de l’ethnie Soussou et Pivi de la Guinée Forestière. Il leur attribue les sales rôles au besoin cynique de la révolution comme pour dire que les Peuls ont été exécutés par les autres ethnies.

 

Ce roman démontre le rôle des intellectuels dans l’enracinement de l’ethnocentrisme. Il ne crée pas de polémique mais peut apparaître comme la défense d’une ethnie. Dans le contexte actuel, où la réconciliation nationale est une nécessité, ce roman pose question. Les Peuls sont des Guinéens tout comme les Malinkés, les Soussous, Tomas et autres. Ces groupes ont été tous  victimes des cinquante années de dérives orchestrées par sa classe dirigeante.

 

Parce que rien ne justifie la soumission d'un peuple par un autre, il faut toujours distinguer l’indépendance obtenue par un peuple et ce qu’il en fait.

 

La liberté est sacrée.

 

Touré Bangaly

(Maison des journalistes)

 

Une séance de dédicace par l’auteur en personne est organisée le 29 avril de 19h à 21h dans la librairie l’Harmattan, 21 bis rue des Ecoles, dans le 5ème arrondissement de Paris. L’occasion pour l’auteur de débattre de son livre.  

Ben_Pepito_02-copie-1.jpg 

"Je n’écris pas pour plaire, mais pour choquer" dit-il "pour pousser l’autre à penser autrement, pour combattre toute forme d’esprit de clocher, dépasser les clivages ethnico-politiques  et toute forme de déterminisme. C’est un appel à l’unité, car le pardon n’efface pas les fautes, il ne fait pas revenir les morts, voilà pourquoi il ne faut pas oublier : pour ne pas répéter les erreurs du passé. Ce livre à travers l'exemple de la Guinée, éclaire aussi la situation dans d'autres pays".                                 

 

L’œil de l’exilé

 

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 13:37

Repression 01Le pouvoir du président Alpha Condé semble être déterminé à en découdre avec ses adversaires. Acculé par des multiples défis économiques, politiques et sociaux pour faire de la Guinée un Etat normal et fréquentable, il se bute aussi sur son obstination à s’ouvrir aux autres. L’origine de cette inertie a pour racines dans les composantes de la galaxie Arc-en-ciel qui a accouché d’un gouvernement pléthorique et inefficace en actions.

 

De sorte que le vieil opposant et ses partisans crient sur tous les toits au sabotage. Comme ce disque est rayé, il faudra bien trouver des boucs émissaires. Car, depuis un mois tout porte à croire que le Professeur est entrain de perdre un des bastions, la Basse Guinée. Celle-ci récupérée totalement par ses adversaires d’hier (Sidya Touré, Abe Sylla, ) et ses frustrés (Cheik Amadou Camara, Mamadou Sylla, Kassory Fofana, et..) est au four et au moulin pour se trouver un seul leader. Ce dernier une fois couronné, serait un adversaire potentiel pour les prochaines joutes électorales.

 

A cela, il faudra ajouter, l’éloignement (non déclaré) de Lansana Kouyaté, leader PEDN qui ne cache pas son ambition de briguer le perchoir, et être ipso facto le dauphin constitutionnel et pourquoi pas le future chef de fil pour la Haute Guinée.

 

Quant à Jean Marie Doré qui espérait être reconduit à son poste de premier pour se faire récompensé de sa mission bien accomplie qui consistait à ouvrir les portes de Sékhoutoureya à l’ancien pensionnaire de la maison centrale de Conakry, il compte voler la vedette à son ex-poulain, Papa Koly Kourouma, devenu ministre d’Etat de Condé, chargé de l’Energie et de l’Environnement. S’activant pour se faire épauler par une alliance des partis politiques, l’ancien premier ministre de la Transition, nourrit la même ambition que celle de Kouyaté pour l’Assemblée nationale et la région forestière. Une région déjà frustrée par le sort réservé à son fils, Capitaine Dadis Camara, victime d’une grande roublardise avant d’être écarté de la tête du pays.

 

C’est en ces moments que choisit Cellou Dalein Diallo, candidat malheureux au second tour pour mettre fin à son long séjour à l’étranger. Son retour annoncé a réveillé le  courroux du Président Condé qui venait de finir une visite mouvementée en France. Et la machine de la répression a été mise en marche le jour de son retour à Conakry. Bilan provisoire ; un mort, une trentaine de blessés ( certains par balles), 67 arrestations. Ces personnes arrêtées et détenues à la Sûreté urbaine seraient bientôt devant le tribunal. Parmi eux, 40 militaires, en bérets rouges, qui assuraient la garde de Dalein pendant la transition et qui ne sont pas rappelés. Ceux-ci risquent la radiation, au-delà des peines qu’ils pourront purger, si l’on s’en tient aux propos du président de l’UFDG.

 

Comme cette répression a suscité une sorte de compassion jusqu’au tréfonds de l’opinion publique, Alpha Condé brandit une autre arme contre ses adversaires. Celui des audits. Pour liquider politiquement ceux-là. En première loge, Cellou Dalein Diallo qui serait cité dans l’affaire de vente d’Air Guinée. Mais aussi, tous les autres ténors de la classe politique du pays ; Lansana Kouyaté, Mamadou Sylla, Sidya Touré, Cheick Amadou Camara.

 

A la lumière des propos tenus le vendredi dernier lors de sa rencontre avec la presse par le ministre du Contrôle économique et des Audits, Aboubacar Sidiki Koulibaly, on s’attend à des interpellations de grosses pointures dans les jours à venir. Seulement voilà, jusqu’où ira le pouvoir ? C’est toute la question.   

 

Oumar Kateb Yacine

 

Source : Guinée Nouvelle N° 57 du jeudi, 14 avril 2011

 

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 09:19

euro_dollar.jpgEn manque et panne de programmes et d’actions pour faire face à la crise économique et monétaire du pays, le gouvernement d’Alpha Condé a décidé de rendre les cambistes responsables de cette crise et de l’inflation.

 

C’est ainsi que le 9 mars, le premier ministre d’Alpha Condé, Mohamed Saïd Fofana lors d’une réunion avec certains cadres des banques, d’opérateurs économiques et des agents de service de police et de gendarmerie a pris des mesures contre les cambistes en décidant que « tous les agréments délivrés par les pouvoirs publics sont caducs » avant d’ajouter que certains cambistes bénéficient de la complicité de certains banquiers véreux pour afficher des taux exorbitants sur les marchés parallèles.

 

Il convient de noter que le PM met fin sans raison à des agréments qui existaient. Donc les cambistes n’étaient pas du tout en infraction. Ils avaient les autorisations légales pour exercer leur métier d’agent de change.

 

Dès la prise de décision, les agents du colonel Thiegboro Camara se sont lancés à la poursuite des cambistes et même de non cambistes dans les quartiers de Conakry et à travers certaines régions ciblées du pays.

 

Et c’est en toute fierté que Thiegboro Camara, directeur de l’Agence chargé de la lutte contre la drogue, le crime organisé et le terrorisme a commencé à exhiber ses prises de guerres : des cambistes avec des sommes d’agent.

 

Qu’un cambiste qui avait le droit d’exercer son travail avec des autorisations en bonne et due forme ait des sommes d’argent en devises et en monnaie nationale, cela n’a rien d’illégal. Saisir les sommes que possédaient ces cambistes est tout simplement du vol. C’est une rançon qui est organisée pour encore garnir les poches des dirigeants.

 

Thiegboro Camara n’est pas à son premier coup d’essai. Il l’avait déjà fait au temps de Dadis contre les cambistes, les opérateurs économiques et ce qu’il a appelé les trafiquants de drogue qu’il prétend traquer depuis le coup d’état de décembre 2008. Nous avons vu à quoi a abouti son cirque de procès qui a duré deux ans et qui a accouché d’une souris. Pendant les audiences, il était même choquant de voir qu’il ignorait ce qu’est un scellé et les procédures strictes à respecter pour conserver les pièces à conviction. Les vrais trafiquants  et criminels qu’il doit sûrement connaître n’ont jamais été inquiétés. Après tout est il plausible et crédible qu’un responsable de crime contre l’humanité veuille vraiment lutter contre le crime et le terrorisme ?

 

Thiegboro Camara doit aussi savoir que ses mises en scène ne dupent que lui. C’est ainsi qu’il glose d’avoir arrêté des cambistes avec des explosifs. Thiegboro, se souvient-il de ses scenarii passés, notamment l’affaire  Koto ?

 

C’était en juillet 2009, Thiegboro avait prétendu avoir découvert des charges d’explosifs dans deux concessions à Gbessia Port et Faban, dans la commune de Matoto appartenant à Mamadou Siré Bah alias Koto qu’il a présenté comme le baron de la drogue en Guinée. Le script laissait vraiment à désirer car d’après Thiegboro, Koto était très dangereux car  « au-delà de la drogue, il est aussi impliqué dans le trafic illicite d’armes à feu en Guinée. Il est extrêmement dangereux. Il suffit de prendre connaissance de son plan d’action opérationnelle par rapport aux trafics de drogue et des armes en Guinée pour déduire que le pays était au bord d’une invasion extérieure…il  disposait d’un schéma complet des vols et d’atterrissage des avions transportant les cargaisons de drogue et d’armes depuis la Colombie en Amérique latine jusqu’en Guinée ».

 

Cette histoire de Koto on n’en a plus entendu parler depuis le mois d’août 2009 quand Interpol et  l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC) sont venus en Guinée mener leurs investigations pour faire la lumière sur ces fûts toxiques qui avaient soudainement jailli comme par hasard à Conakry. Thiegboro les a alors orienté vers Ousmane Conté qui était déjà en prison et sa société de bio carburant.

 

Il n’est jamais superflu de rappeler que selon un rapport de l’UNODC de 2008 des militaires guinéens étaient mêlés au trafic de drogue en lien avec la Colombie. Thiegboro n’a jamais exploré cette piste.

 

Aujourd’hui il réédite ces mises en scènes mal ficelées où les autorités exhibent des armes dont elles seules savent la provenance pour faire croire à un complot. C’est pathétique dans un pays habitué depuis son indépendance à ces mises en scène. De grâce, basta, ça suffit !

 

Violations des droits et libertés, que fait le CNT ?

 

Interdire aux cambistes dûment agréés d’exercer est une mesure privative de liberté, notamment celle de travailler pour les cambistes.

 

Cette mesure restrictive des libertés est prise sans aucun préavis et sans consultation du CNT. Il faut dire que le Conseil National de Transition pense que son rôle se résume à faire des textes et a oublié son autre mission fondamentale qui est d’exercer un contrôle sur l’action gouvernementale. Depuis la désignation d’Alpha Condé, les libertés des citoyens, des mesures discriminatoires, et les textes adoptés par le CNT sont violés sans aucune réaction de sa part.

 

Le CNT doit relire et comprendre les textes qu’il a adoptés, notamment l’article 72 de la Constitution qui énumère ce qui relève du domaine de la loi. Cet article dit notamment que la loi fixe les garanties des libertés, des droits  fondamentaux, les conditions dans lesquelles ils s’exercent et les limitations qui peuvent y être apportées etc.

 

C’est la loi qui détermine aussi les principes fondamentaux de la libre administration des collectivités locales ; de leurs compétences. Là encore les règles de la décentralisation sont violées sans réaction.

 

 Le CNT ne doit pas non plus perdre de vue qu’avant l’installation de la nouvelle Assemblée nationale, c’est lui aussi qui vote le budget.

 

Il appartient certes au gouvernement de définir une politique économique, mais il ne faut pas non plus oublier que théoriquement la Banque centrale est une institution autonome, donc qui n’est pas inféodée au pouvoir, ce qui n’est ce qu’on voit.

 

Aujourd’hui les droits et libertés sont bafoués sans réaction aucune de sa part ! C’est révoltant ! Il est bien beau de faire des textes, mais à quoi bon si on ne s’assure pas de leur respect ?

 

Hassatou Baldé

 

Source : Guinee58


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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 00:27

duel_des_gangs_03.jpgAvec l’avènement du Pr Alpha Condé à la tête du pays, les Guinéens ont rêvé le changement. Car ils souhaitent dans leur majorité absolue une rupture avec le passé surtout que le vainqueur du premier scrutin démocratique du pays en a fait son slogan de campagne. Un slogan toujours actualisé dans tous les discours officiels. Seulement voilà, entre la parole et l’acte, il y a un écart.

 

Depuis la prise de fonction du nouveau gouvernement, nombre d’actes posés sont loin de marquer une rupture avec le passé. Dans la mesure où tout se passe entre errements dans la prise de décision et volonté manifeste de règlement de compte. Ce qui nous amène à faire un survol sur certains dossiers faisant objet de contentieux avec l’Etat et dont la manière de les gérer démontre qu’il y a l’anguille sous roche.

 

Un cas récent et illustratif est celui de GETMAT SA. Dans un courrier adressé, le 9 février 2010, la Présidence de la République par le biais du directeur général  du Patrimoine Bâti Public a demandé à la Société Getma Guinée de procéder au reversement de la somme de 1.080.000 (un million quatre vingt milles) Euros au compte de l’Etat.

 

L’auteur dudit document se disant agir sur instruction de l’Autorité soutient que ce montant représente les loyers des trois dernières années ( 2008, 2009 et 2010) que Getma Guinée, soutient-il « indûment perçu sur la Société SIMFER, filiale du Groupe Rio Tinto dans le cadre d’un bail commercial daté du 31 décembre 2007 portant sur le terrain sis à Coléyah, commune de Matam d’une superficie de 6.779,12 mètres carrés qu’il entaché d’irrégularités ».

 

Dans la même lancée, il avance que ces « irrégularités s’étendent aussi sur les autres baux portant sur le même domaine notamment le bail à construction accordé par l’Etat guinéen à la Société ASTALDI GUINEE en date du 16 février 1996 et le récent bail à construction non daté accordé » à la société Getma par l’Etat guinéen pour la construction d’une base logistique qui existe déjà. Pour mieux enfoncer le clou, le document conclut que « cet avis de paiement doit être exécuté en huitaine ».

 

Quant à notre Rédaction, elle a cherché à savoir le fond de ce dossier. Et nous avons pu mettre la main sur certains documents affectant ce local à la société Getma Guinée. Il s’avère que le 16 février 1996 l’Etat guinéen, représenté par le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat de l’époque, Lt Cl Jean Traoré avec la Société ASTALDI Guinée a contracté un bail commercial pour une durée de 30 ans sur le terrain formant les parcelles N°11 bis, 12, 13 et 18 bis du lot 16 du plan cadastral de Camayenne Sud, commune de Matam, d’une superficie de 6.779,12 mètres carrés.

 

Le 12 juillet 1996, ASTALDI signe avec GETMA SA un contrat d’une cession du bail à construction  portant sur ce terrain. A partir de cette date, selon ces documents, ce terrain revient à GETMA Guinée. Mais le 14 juillet 2009, l’Etat guinéen représenté par Boubacar Barry, ministre d’Etat à la Présidence chargé de la Construction, de l’Aménagement du territoire et du patrimoine bâti public, agissant en tant que bailleur, transfère à la Société GETMA-SA pour une durée de 30 ans le bail à construction du 16 février 1995 portant sur ces parcelles. Au paravent, ledit contrat reconnait que la Société ASTALDI a cédé ce bail à la Société GETMA-SA.

 

Si aujourd’hui, GETMA se voit réclamer le montant d’un million quatre vingt milles Euros que lui aurait versés l’occupant des lieux qu’est la SIMFER filiale de Rio Tinto,  cela ne devrait pas être source des polémiques dans la mesure où le contrat de bail en cours de validité stipule dans son article 5 que « le preneur a le droit de sous-louer le tout ou partie de chacune des constructions érigées sur le terrain à condition qu’il stipule dans le contrat de sous-location que celui-ci est conclu en vertu des dispositions du présent bail à construction et que la durée de la sous-location soit inférieure ou égale à la durée restante de celui-ci ».

 

Ce dossier comme tant d’autres, liant l’Etat guinéen et les investisseurs privés (nationaux et étrangers) sont du moins géré d’une façon qui ressemble simplement à des règlements de compte. Le cas de la ferme de l’opérateur économique, Alseny Barry sise à Dubréka en fait foi. Ce dernier paie les frais d’avoir été un proche du Général Lansana Conté à qui s’opposait l’actuel président de la République et surtout son prétendu soutien à Cellou Dalein Diallo, candidat malheureux de l’UFDG au second tour de la présidentielle qui prend aujourd’hui le levier de l’opposition au régime.

 

Tout comme, le cas de l’hôtel Camayenne que le premier ministre de la Transition Jean Marie Doré avait passé à Michel Charter, patron de Riviera hôtel que l’Etat reprend. Alors que les travaux de rénovation avaient entamés.  L’arrêt sans motif convaincant du chantier de l’Hôtel de l’Unité que gérait Guicopres de Kerfala KP Camara est un autre exemple illustratif.

 

Ces faits inquiétant prouvent que des cadres et autres personnes à des intentions inavouées agissent dans l’ombre et règlent des comptes. Quitte à passer le trafic d’influence en agissant au nom du chef de l’Etat, surtout quand ce dernier n’est pas bien imprégné sur le fond du dossier. Pour légitimer leur mauvaise décision dont eux seuls peuvent en tirer bénéfice, ils n’hésitent pas à manipuler la presse pour se donner une certaine crédibilité.

 

Ces pratiques, héritées de l’ancien système induisent le chef de l’Etat en erreur et créent un climat malsain dans le milieu des affaires. Au moment où la Guinée renoue avec le régime constitutionnel, des tels agissements découragent les investisseurs. Ceux qui sont sur le terrain ne sont plus rassurés. Ils pourraient quitter le pays pour des horizons plus favorables aux affaires. Tandis que ceux qui cherchent à venir, pourront se décourager et aller ailleurs. Dans ces conditions, la Guinée enregistre une double perte. D’où la nécessité pour les nouvelles autorités de ne pas se laisser manipuler par des cadres attirés par le gain facile.

 

Alpha Bah

 

LJ partenaire de BBN


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