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L’avènement au pouvoir d’un groupe de militaires en Guinée avait amené beaucoup à sautiller de joie. Des
politiciens aux yeux pétillant d’un bonheur enfantin exprimaient leur soutien à la Junte. Surexcités, ils avaient tout de ces gamins à qui on a offert des bonbons en attendant que maman revienne
du marché aux poissons.
La guerre civile tant redoutée n’aura donc pas lieu (du moins pour le moment) puisque ceux qui détiennent les armes et censés la déclencher sont au pouvoir depuis le 23 décembre 2008 après le décès de leur parrain -le général président Lansana Conté.
Le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, dit ne pas vouloir “s’éterniser au pouvoir “. Il en a même fait sa chanson préférée. Il promet aussi d’organiser des élections équitables mais seulement après avoir “ balayé la maison“ que l’armée elle-même avait grossièrement contribuer à salir. C’est peut être vrai, mais pour quand ? Faut-il attendre une décennie pour y arriver ?
Le capitaine Dadis semble être résolu à abuser militairement de la confiance de nos ex-opposants et de la patience de nos syndicalistes qu’il a mis au chaumage politique et syndical du 23 décembre 2008 au 27 février 2009. Ces derniers se sont impatientés au point que Hadja Rabiatou Serah Diallo a haussé un ton syndical avec modestie. Histoire d’éviter une réponse militaire sauvage du genre « janvier-février-2007. »
Ça vaut la peine de rappeler à la junte qu’elle est tout d’abord militaire. Et comme telle, elle devrait se contenter de rester là où elle appartient : les casernes. Pas de compromis à ce sujet puisqu’en 1984, les Guinéens et la communauté internationale avaient mordu à l’hameçon de Lansana Conté et y sont restés accrochés, 24 ans durant, entre promesses de “démocratie“ et “bonne gouvernance“.
Comme son parrain, le capitaine Dadis a non seulement “goûté“ au pouvoir, mais aussi il a réussi à mettre en place une jolie équipe militaro civile qui pourra lui permettre de légitimer et de garder le pouvoir aussi longtemps que possible avant de passer la main à un autre militaire. Si Dadis tente et réussit l’exploit du général Lansana Conté en 1993, il faut bien se demander si la Guinée n’est pas sur le point de devenir un “royaume militaire“ mafieux à succession par parrainage ? Il faut bien le redouter si le capitaine guinéen n'est pas “balayé“ comme le général ivoirien.
Une armée qui a été incapable de nous apporter un minimum de quiétude sociale pendant 50 ans, pourra-t-elle nous mener vers une véritable démocratie ?
Pourquoi Dadis s’entoure t-il d’une batterie de conseillers dont certains sont liés à certains intérêts de la place ? Pourquoi fait-il créer des mouvements de soutien si le CNDD ne s’inscrit pas dans la durée ? En quoi Dadis serait-il différent de Lansana Conté en dehors de la pointure de leurs brodequins ?
Espérons que notre capitaine ne manigance rien pour faire partie de la course. Il faudrait l’en empêcher pour éviter de revivre le scénario des élections de 1993. Si le capitaine réussit à se présenter aux élections, rien ne nous garantie des élections équitables lorsqu’il pourrait, comme son parrain, les dérober et se faire acclamer comme le héro qui nous a évité de justesse “la guerre civile et le bain de sang“ ?
Les forces vives de la nation viennent de proposer la tenue des élections législatives en novembre et la présidentielle en décembre 2009 au sortir d’une réunion mercredi dernier. Mais, la junte semble plus préoccupée par sa “lutte contre la corruption et les narcotrafiquants“ que par le retour à la vie constitutionnelle. Il ne serait donc pas étonnant de voir le CNDD proposer son chronogramme à défaut de l’imposer.
Le CNDD du capitaine Dadis semble être à la recherche du temps et des moyens nécessaires à son occupation de la scène politico militaire à travers les urnes. Ce qui va certainement rassurer ceux qui demandent “le retour à la vie constitutionnelle normale“. et clouant la bouche à tous ceux qui lui avaient apporté un soutien précieux au moment où il en avait tant besoin.
Certains pensent qu’en plus de l’armurerie, Dadis a aussi réclamé les clés du caveau de la Banque centrale (auxquelles il n’a pas droit) pour y puiser ce qui lui servirait à l’achat de conscience aux quatre coins de la Guinée avant de troquer sa tenue militaire contre un boubou et se faire élire président et continuer à protéger les intérêts de son parrain.
La junte doit nous faciliter son retour apaisé dans les casernes avant la fin de décembre 2009. Cela permettra à notre nouveau président de continuera “lutte contre la corruption et les narcotrafiquants“ avec l’aide de l’ensemble des forces armées. Autrement, nous sommes en droit de dire que du CMRN au CNDD nous avons assisté à une arrogance militaire à outrance pendant vingt quatre années. Il faut que ça s’arrête ! Sur terre, il y a malheureusement une fin même aux bonnes choses.
Dadis qui mettait son épouse, ses enfants et sa propre mère dans spectacle inédit de télévision sous forme d’interview, nous tenait en haleine. L’objectif était de convaincre qu’il n’était ni “riche“ ni “corrompu“ et qu’il n’avait “aucune intention de s’éterniser au pouvoir“. C’est raté, puisqu’il rejoint le colonel Lansana Conté qui disait en 1984 : « Nous sommes montés au pouvoir pauvres. Tout ce que vous verrez avec nous, c’est qu’on l’a volé. »
Plus de 20 millions de dollars “empochés“ en moins deux mois ! Le capitaine Dadis vient de le confirmer publiquement. Il devrait être plus riche que l’ensemble des anciens ministres de son parrain Lansana Conté ! Il ne lui reste plus qu’à avouer qu’il avait bel et bien empoché le montant. En tout état de cause, personne n’est à ce jour, traduit en justice pour “tentative de corruption…“
Amdy Salam Diaw
Contact email : amdysalamdiaw@yahoo.fr
Blog : www.amdys.over-blog.com
Posté le 18.03.2009 à 23:57
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Lansana Conté, Parrain posthume du CNDD (par Amdy Salam Diaw)
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