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Actualités et informations sur la Guinée.

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Au Cameroun, “les journalistes doivent tout gober et ne piger que dalle“

« Verba volent, scripta manent », conçoit-on souvent en latin : « Les paroles s´envolent, les écrits restent ». L´article « Le premier secrétaire de l´ambassade d´Allemagne au Jour » (sic !) signé Cathy Yogo et publié sur le site en ligne du journal camerounais « Le Jour », le 17 juillet 2009, entrera dans l´histoire du journalisme de notre village planétaire comme un cas patent de tentative de graisser la patte à un support journalistique. Ce qui s´est passé dans la salle de rédaction de « Le Jour » le 16 juillet dernier est d´une incongruité inqualifiable.

 

Jésus-Christ déclara un jour que c´est de l´abondance du cœur que la bouche parle. C´est Cathy Yogo, collaboratrice du même support, « Le Jour » (Cameroun), qui, dans une tonalité joyeuse et enthousiaste -- se réjouissant déjà à l´idée de réceptionner bientôt plus de présents juteux de la part de l´ambassade de le République Fédérale d´Allemagne au Cameroun --, vendit la mèche dans un papier bref publié sur le site en ligne de « Le Jour ». Le lecteur de cet article trouvera le « publi-papier » de Cathy Yogo.

 

« Corrompre une personne » veut dire -- d´après le «  Le Robert pour tous » (1994), «  Le Nouveau Petit Robert de la langue française » (2009), « Hachette. Dictionnaire du Français » (1987), « Dictionnaire encyclopédique Hachette » (1994), « Le Lexis. Le dictionnaire érudit de la langue française » (2009) – graisser la patte à cette personne, acheter cette personne, la soudoyer, la circonvenir, la détourner de son devoir, la porter à l´immoralité, engager cette personne par des dons, des promesses ou par la persuasion à agir contre sa conscience, son devoir ; obtenir par de l´argent, des cadeaux, etc., que cette personne agisse malhonnêtement.

 

« Le Jour » s´est-il demandé une seconde d´où venait cet « altruisme » de monsieur Philipp Roessler?  Le journal de Haman Mana a-t-il pensé un instant à reprendre monsieur Philipp Roessler, en l´exhortant à se garder de planifier et de pratiquer de tels actes ? « Le Jour » a-t-il pris la peine d´avertir même les internautes et lecteurs qu´il s´agissait d´un publi-reportage ? Le journal de monsieur Mana s´est-il escrimé à publier le résumé de cette visite sous la rubrique « publicité » ?

 

S´il ne s´agissait pas d´une opération de publicité ou de propagande, pourquoi Cathy Yogo déclare-t-elle que monsieur Roessler laissa des « autocollants », des présents entre autres, et qu´il promit des cadeaux plus juteux à l´avenir? La rédaction de « Le Jour » n´a-t-elle pas plutôt souhaité recevoir plus de présents ? « Le Jour » se leurre-t-il que ces présents seront gratuits ? Les collaborateurs de « Le Jour » ont-ils jamais entendu parler des « lois non-écrites » dans les relations humaines et dans les sociétés? Les « altruistes » attendront bien évidemment un retour d´ascenseur de tous ces médias qui auront perçu des faveurs et autres présents, sinon les bénéficiaires s´attireront la persécution des donateurs. 

 

Le Premier secrétaire a usé ici de ce qu´on appelle en psychologie « Fuß-in-der -Tür-Strategie » (allemand), c´est-à-dire la « Stratégie du pied au-delà du seuil de la porte entrouverte. »

 

En se laissant embringuer dans cette affaire plus que louche, « Le Jour » a fait voler en éclats  sa crédibilité, et a, par cette attitude hallucinante et effarante, corroboré la thèse selon laquelle il est difficile de rencontrer un journaliste consciencieux, probe et professionnel au Cameroun. Il y en a certainement, mais ils sont très peu nombreux. Ceci ne veut aucunement  dire que les journalistes des autres pays sont plus valeureux.

 

On ne se mêle pas de journalisme à la dérobée

 

Je me rappelle toujours ce qu´un de mes professeurs de journalisme à l´Université de Mayence ( Mainz) nous disait à propos de ces journalistes sans valeur nominale – formelle – et réelle que l´on rencontre en Allemagne et ailleurs. Ce sont souvent des gens qui n´ont jamais fait une école de journalisme, qui n´ont jamais étudié les sciences des médias et de la communication, qui ont appris le journalisme sur le tas…Ce n´est pas en vain que les pays de notre village planétaire ont ouvert des écoles, des unités et des départements de journalisme. On ne se mêle pas de journalisme à la dérobée ; on embrasse la carrière de journaliste à l´issue d´une formation solide de plusieurs années ou si l´on a du talent pour la vulgarisation, la perspicacité, beaucoup de connaissances dans plusieurs domaines et de la probité.

 

Qu´on soit sorti d´une école ou qu´on soit en possession d´un talent naturel pour la vulgarisation, on doit toujours être animé d´une disposition pour faire consciencieusement son devoir et pour faire preuve d´honnêteté.

 

Un de mes professeurs de journalisme à Mayence nous citait souvent l´exemple d´une modératrice d´une causerie télévisée. Elle avait été hôtesse de l´air. Par la suite, elle devint présentatrice du journal télévisé d´une chaîne de télévision. Après, on lui confia la modération d´une causerie à la télévision. On lui accorda l´occasion d´interroger, dans une entrevue, le deuxième président Bush. Elle est millionnaire aujourd´hui. Tout ceci fut possible grâce au procédé qu´on appelle « empaquetage » -- en anglais : « packaging » -- en mercatique. Ce ne sont que les experts en journalisme et en sciences des médias et de la communication qui savaient et qui savent qu´elle n´est pas journaliste, et qu´elle ne maîtrisait pas le métier de journaliste. L´imagerie populaire la prend cependant pour une journaliste.

 

Un autre exemple est celui d´une correspondante internationale d´une chaîne de télévision à grande visibilité dans notre village planétaire. Cette baroudeuse est titulaire d´une licence en journalisme. Mais le problème, c´est qu´elle soutint pendant longtemps le point de vue selon lequel une bonne information serait celle qui rapporte de l´argent à la chaîne. En clair, la journaliste devait manipuler les nouvelles si cela rapportait de l´argent à la chaîne qui l´emploie. 

 

Un troisième exemple, parmi d´autres, est celui d´un correspondant de la même chaîne. Ce correspondant fit  études américaines – études anglaises à l´université avec  l´ anglais américain (AA) et probablement l´anglais britannique ( AB) comme langue étrangère. Il n´a jamais étudié ni le journalisme ni les sciences des médias et de la communication ; pourtant, il devint correspondant de cette chaîne tout simplement parce que son père était – et probablement est encore – directeur d´une station régionale de radio et de télévision. Son père avait employé une journaliste qui travailla plus tard pour la chaîne internationale mentionnée ci-dessus. Cette journaliste quitta la chaîne internationale et le fils du directeur de la station régionale fut embauché plus tard bien qu´il n´eût suivi  aucune formation en journalisme ou en sciences des médias et de la communication.

 

J´évoque tout ceci pour prouver qu´on rencontre beaucoup de dilettantes  même dans les médias à plus grande visibilité, et qu´il y a trop d´imposture et de supercherie dans les médias à travers la planète.

 

« Le Jour » et les autres médias au Cameroun peuvent être sûrs que les « bienfaiteurs » allemands ne sont pas nigauds ; ils s´attendront, s´ils ont distribué des carottes et des doigts de banane, que les médias camerounais, dont « Le Jour », leur rendent à l´avenir de précieux services, en manipulant l´opinion publique camerounaise à la guise des donateurs, en étouffant par exemple tout débat sincère et franc sur les exactions commises par l´administration coloniale allemande au Cameroun et ailleurs en Afrique, en prenant systématiquement position pour l´Allemagne, quel que soit l´acte posé par ses ressortissants au Cameroun, en Afrique et à travers le monde, en refusant de diffuser toute information vraie qui pourrait nuire à l´ «image » de l´Allemagne dans notre village planétaire.

 

Il est à noter que l´«  image » diffère bien souvent de la réalité. C´est pour cela que certains s´évertuent souvent à afficher, à présenter ou à exhiber une image qui dissimule la réalité. L´ « image » est souvent le reflet déformé et idéalisé d´une réalité refoulée, donc nécessairement laide. En ce sens, on peut dire qu´elle n´est rien d´autre qu´ une illusion, le produit de la manipulation. Or, c´est justement ce produit issu de la manipulation que certains pays s´entêtent de temps à autres, telles des bourriques, à seriner aux habitants d´autres contrées du village planétaire, et surtout à défendre par tous les moyens.

 

« Le Jour » s´est – il  posé la question de savoir si la coopération dans laquelle on veut embarquer les médias camerounais n´est pas une façon détournée d´embrasser les journalistes camerounais pour mieux les étreindre – j´ai dit contrôler --, et tromper l´opinion publique camerounaise, africaine et internationale.

 

 L´affaire de ces présents n´est pas sans rappeler la corruption scandaleuse qui éclaboussa le « Comité International Olympique » il y a quelques années. Monsieur Nganga, originaire de la République Populaire du Congo (Congo-Brazzaville), fut congédié pour corruption, plus précisément pour avoir reçu des présents.

 

Voilà que des présents sont offerts à tous les médias de tout un pays, par le pays qui a fondé l´organisation non-gouvernementale « Transparency International » ; l´objectif est assurément d´influencer  les médias camerounais, pour qu´ils, à leur tour, sèment et manipulent l´opinion publique nationale, le but étant aussi d´engendrer le révisionnisme dans la lecture de l´histoire commune de l´Allemagne et du Cameroun/Afrique.

 

Certains tiennent à cœur de présenter la période coloniale allemande en Afrique en général et au Cameroun en particulier comme salutaire ; ils veulent faire oublier à la nouvelle génération les massacres perpétrés en Namibie et en Tanzanie, tout comme la pendaison de Rudolf Duala Manga Bell, de Martin Paul Samba à Ebolowa, de l´assassinat de Madola à Kribi, des lamibé de Kalfu et de Mindif et de quelques dignitaires du lamidat de Maroua. 

 

Les médias d´un pays démocratique ou en pleine démocratisation constituent, sans contredit, la clé de voûte et le boute-en-train du « règne du peuple, par le peuple et pour le peuple. ». De plus, les médias sont souvent capables de façonner l´opinion publique, d´où le prurit qu´éprouvent certains responsables, meneurs et personnalités publics et privés de s´aboucher avec les journalistes, pour leur assener des horions d´encensoir, acheter leur indépendance, leur attitude critique, les soudoyer, les racoler en vue de les influencer et de les manipuler. Ce n´est donc pas à tort que d´aucuns ont coutume de soutenir mordicus que nombre de journalistes au Cameroun, en Afrique et dans d´autres contrées de notre village planétaire, sont corrompus.

 

Au Cameroun comme ailleurs, ce ne sont pas seulement les huiles du bercail qui seraient tentées d´acheter la plume complaisante et la conscience professionnelle du journaliste ; certains expatriés trouveraient aussi qu´il n´est pas ardu d´appâter les acteurs du « PMC » -- c´est-à-dire du Paysage Médiatique Camerounais. C´est ce qu´aurait démontré tout récemment Philipp Roessler, Premier secrétaire de l´ambassade de la République Fédérale d´Allemagne au Cameroun. 

 

Dans un article intitulé « Visite : Le premier secrétaire de l´ambassade d´Allemagne au Jour », signé Cathy Yogo et publié le 17 juillet dernier sur le site en ligne du journal « Le Jour », l´auteure relate : « S’exprimant dans un français parfait, Philipp Roessler a annoncé son intention d’intensifier les relations entre la chancellerie et la presse camerounaise en général et envisagé des canaux de collaboration entre votre journal et des médias allemands dont la vénérable « Deutsche Welle. ».

 

Plus loin, elle poursuit, pétrie d´allégresse, se félicitant d´être en train de voir se profiler à l´horizon une certaine « mangeoire » : «  Il a par ailleurs remercié la rédaction du quotidien « Le Jour » pour avoir bien voulu accepter sa présence pendant l’une des phases les plus importantes de la préparation du journal. Mieux encore, le premier secrétaire de l’ambassade de la République fédérale d’Allemagne, chargé de la presse, a offert quelques présents au journal. Des livres et des brochures sur l’Allemagne, des autocollants, etc… Mais le meilleur est à venir a dit Philipp Roessler. Et pour lui donner la réplique, d’une manière qui l’a particulièrement touché, la rédaction, en chœur, lui a dit «Willkomen und danke schön» (sic !).

 

L´autre ne dit-il pas souvent qu´ « une bouche qui mange ne parle pas ? »

 

« Le Jour » pourra-t-il encore se targuer d´être un journal indépendant, de haute volée et incorruptible?

 

Le Trianglais -- c´est-à-dire le ressortissant du Triangle National, le Cameroun – de l´agora a coutume de dire : «  Quatre-vingt-dix-neuf jour pour le larron et un jour pour le  vigile. » Jusqu´ici, votre humble serviteur s´est toujours abstenu -- nonobstant la lecture d´un article rédigé par un journaliste de la presse anglophone au Cameroun sur la corruption de la presse camerounaise ; la principale thèse de cet article était que la plupart des journalistes camerounais se vautraient dans la corruption – de se pencher sur ce travers, faute d´un échantillon adéquat. Maintenant le texte de Cathy Yogo est le prototype d´un texte dans lequel l´auteure avoue l´obscurcissement de la conscience professionnelle au sein de la rédaction de « Le Jour ». Quand monsieur Philipp Roessler promet de repasser avec plus de présents, toute la rédaction dit : « Willkomen und danke schön » (sic !). « Willkommen » veut dire « Bienvenu » ; « Und » signifie « Et » ; « Danke schön » équivaut à « Merci bien ». 

 

 Le journal de Mana a décidé de se jeter corps et âme dans une autre « mangeoire ». Par le fait, il a ruiné toute la base intellectuelle et morale qui lui permettait de fouailler ceux qui, plus par cupidité que par conviction, font des pieds et des mains pour décrocher, sans vergogne et sans détermination de faire leurs preuves, une poste pouvant leur procurer les richesses d´origine douteuse.

 

Le papier pondu par Cathy Yogo montre à quel point certains journalistes ont une conscience professionnelle émoussée, si jamais ils en ont déjà eu une. On est obligé de se poser la question de savoir si l´auteure de l´article n’a jamais assisté à un cours introductif sur la place des médias dans une société démocratique ou en pleine démocratisation. L´homme de la rue a le droit de lui poser la question de savoir si elle a jamais entendu parler de déontologie ou code éthique universel des journalistes. « Le Jour » dispose-t-il un code de conduite interne ?

 

Toute personne qui eut l´aubaine de choisir « TECO » -- Techniques de communication de masse – comme module interdisciplinaire à l´Université de Yaoundé I, au Cameroun, et qui assista attentivement aux cours dispensés par le professeur Valentin Nga Ndongo, qui fit la connaissance de l´analyse de contenu, suivit les cours d´un professeur anglophone -- fustigeant le manque de professionnalisme de certains journalistes du secteur public ; le nom de ce professeur m´échappe – sur la « Communication, les médias et les journalistes, pourrait, sans coup férir et en épluchant le « publi-papier » de Cathy Yogo publié le 17 juillet 2009 sur le site internet de « Le Jour » ( Cameroun), abonder dans le sens de l´ancien ministre de la Communication Pierre Moukoko, tout comme dans celui Dieudonné M. Pigui.

 

L´ancien ministre de la Communication Moukoko était d´avis que la formation, le niveau et le professionnalisme de la plupart des journalistes de la presse privée au Cameroun laissaient à désirer. Dieudonné Pigui recommandait aux journalistes, dans une entrevue, de se recycler inlassablement.

 

En outre, ceux qui nous envoyèrent des cours pendant notre formation de journaliste au CNFDI de Brunoy, en région parisienne, ne nous conseillèrent jamais de vendre notre conscience de journaliste en recherchant ou en acceptant des présents.

 

Dans certains établissements, buvettes, bistrots et brasseries – en anglais : « pubs » --, il est souvent possible de lire la mention : « No gratuities », ce qui veut dire en français « Défense d´offrir des pourboires ». Croyons-nous que c´est en vain que les propriétaires et gérant(e)s de ces établissements désirent prévenir la corruption ? Ils savent que celle-ci avance souvent  sur la pointe des pieds ou à pas feutrés.

 

Les tractations amorcées le 16 juillet dernier à la rédaction de « Le Jour » entre les collaborateurs de cette publication et le Premier secrétaire de l´ambassade d´Allemagne au Cameroun, s´apparentent à un lancement d´une campagne de corruption systématique des médias africains et d´ailleurs.

 

Que fait maintenant l´organisation non-gouvernementale allemande  « Transparency International » pour investiguer sur cette affaire ?

 

«  Le Jour » sait-il que la publicité déguisée – en allemand : « Schleichwerbung » -- est passible de poursuites judiciaires ? Un journaliste allemand fut récemment trouvé coupable de « publicité déguisée », et condamné pour l´avoir pratiquée. Si la publicité déguisée est réprouvée et punie par la Loi, à fortiori -- à combien plus forte raison -- la propagande et la corruption déguisées – « Schleichpropaganda » et « Schleichkorruption » ou « Schleichbestechung » ?

 

 

D´ailleurs, Cathy Yogo vend la mèche, en affirmant euphoriquement que la rédaction de « Le Jour » a reçu des présents. Le diplomate allemand ne s´imaginait certainement pas que sa visite et ses propos seraient rapportés ou divulgués plus tard. Si Cathy Yogo n´avait pas publié cet article, personne sur terre n´aurait eu vent de ces tractations ; personne n´aurait imaginé une seule seconde que la diplomatie allemande aurait échafaudé un plan de mise au pas  de tous les médias camerounais, et probablement de tous les médias de notre village planétaire.

 

Les collaborateurs de « Le Jour » savent-ils que le Congolais Nganga fut taxé de corrompu et fut congédié du « Comité International Olympique » pour avoir palpé – j´ai dit touché des cadeaux -- ? Si déjà une telle personnalité est vouée aux gémonies en raison de quelques présents, a fortiori des journalistes qui doivent et devraient tout mettre en œuvre, pour être au-dessus de tout soupçon de corruptibilité, puisqu´ils sont des « faiseurs d´opinion ».

 

Les subsides des pouvoirs publics à la presse privée sont nécessaires

 

Bien sûr, il y a des journalistes soucieux de garder leur impartialité, leur indépendance et leur attitude critique. Je me souviens encore des propos d´un journaliste camerounais qui, après avoir pris part à un dîner plantureux offert par John Fru Ndi, chef de file et meneur du « Front Social Démocrate », affirma dans un article : «  Les journalistes ont bien mangé, mais sont restés sur leur faim. » Ce journaliste voulait dire que les journalistes s´étaient bien sustentés,  sans toutefois recevoir les informations qu´ils souhaitaient obtenir de monsieur Fru Ndi.

 

Je me rappelle en outre  la réaction d´un journaliste au Cameroun lorsque le gouvernement annonça l´octroi de l´aide aux supports journalistiques de la presse privée ; ce journaliste fit savoir qu´il n´était pas question pour son journal d´accepter cette aide parce qu´elle était très modeste et parce qu´elle n´était pas basée sur une loi accordant aux médias de la presse privée un droit aux subsides des pouvoirs publics.

 

En réalité, ce deuxième journaliste considérait qu´une aide, sans base légale, des pouvoirs publics à la presse privée rendait le journaliste de la presse privée redevable au pouvoir publics, ce qui entravait et entamait son impartialité, son indépendance, son attitude critique et son désir de demeurer professionnel. Ce journaliste avait tout à fait raison.

 

Il est souhaitable que l´Etat accorde des subsides à la presse privée parce qu´elle a la vocation de rendre aussi des services au public, à la démocratie et aux populations ; simplement, cette aide devrait être fondée sur une loi -- assortie de critères et dispositions bien définis --  votée par le parlement, pour que l´aide soit un droit et non une aumône, pour que l´Etat ne soit pas soupçonné  de vouloir corrompre et mettre au pas les médias, et pour que le journaliste ne soit pas tenté de galvauder la profession et de se prostituer, en songeant à retourner l´ascenseur aux gestionnaires ou ordonnateurs desdites subventions ou d´ autres aides.

 

Le journal de Mana sait-il qu´un journaliste français qui venait d´interroger le maréchal-président Mobutu de l´ex-Zaïre, déclina le présent somptueux que celui-ci lui offrit au terme de l´entrevue, tout simplement parce qu´il estimait que le maréchal-président voulait le corrompre ? Monsieur Mobutu lui offrit ce cadeau en lui disant qu´il pouvait le revendre et s´acheter un appartement à Paris. Le journaliste consciencieux et professionnel refusa ce cadeau, en disant : « Non, merci ».

 

Nous connaissons un journaliste qui claqua la porte d´une publication, parce que la directrice de la publication et rédactrice en chef accepta le parrainage et la tutelle d´une haute personnalité, rengainant de fait sa position de gendarme indépendant, libre et impartial des trois pouvoirs et de la société tout entière, position indispensable au bon fonctionnement d´une société qui se veut démocratique ou en route vers la démocratie.

 

L´attitude du Premier secrétaire de l´ambassade de l´Allemagne au Cameroun me rappelle la devise des praticiens des « Relations Publiques » et autres attachés de presse en Allemagne et dans d´autres pays. Quand je suivais un cours en « Relations Publiques » à l´Université populaire de Francfort (Main), le professeur – qui était chargé des Relations Publiques d´une organisation importante dans l´état régional de la Hesse – nous dispensa la formule suivante : « Les journalistes doivent tout gober et ne piger que dalle ».

 

Personnellement, je n´ai jamais pris ce « conseil » au sérieux, d´autant plus que je savais qu´en mercatique, c´est-à-dire dans le « marketing », il est plutôt recommandé de ne jamais truander ni semer le client, car s´il s´en rendait compte, il ne serait plus jamais preneur du produit ou du service offert, et l´organisation aurait failli dans l´une de des missions, à savoir fidéliser le client.

 

De plus, le professeur Michael Kunczik de l´Université Johannes Gutenberg de Mayence (Mainz) a toujours estimé qu´il n y a pas de différence entre « Relations Publiques », « Propagande » et « Mercatique ».

 

Il se dit souvent que les journalistes en Afrique en général et au Cameroun en particulier se laissent aisément soudoyer et conditionner, en acceptant des bidous – je veux dire le « gombo » --  ou des présents. D´ailleurs, la plupart des journalistes à travers la planète subissent ces tentatives de corruption, parce que les corrupteurs savent que les journalistes sont les « faiseurs d´opinion ».

 

C´est la raison pour laquelle le professeur Volker Wolff de l´Université Johannes Gutenberg de Mainz – en français Mayence – nous recommandait de résister à ces appâts. Il nous expliquait souvent que lorsqu´il était rédacteur en chef d´un magazine d´actualités économiques, il lui arrivait souvent d´avoir envie de rouer de coups -- ou d´administrer une bonne bastonnade à -- un de ses collaborateurs qui était passé maître dans l´art de recevoir ou de prendre des stylos ou d´autres objets et présents que d´autres organisations et personnalités offraient. Nous ne désapprouvons pas nécessairement une telle méthode et correction sur ceux et celles qui galvaudent le journalisme.

  

Par ailleurs, il est conseillé dans certaines écoles de journalisme de jeter à la poubelle les communiqués de presse qui recèlent des informations ayant trait aux relations publiques et à la promotion d´autres organisations et personnalités. En fait, le support journalistique dispose d´une section consacrée aux annonces, tout comme des pages réservées à la publicité. Il  y a aussi la possibilité de publier un publi-reportage, tout en avertissant le lecteur, l´auditeur, l´internaute ou le téléspectateur qu´il s´agit bel et bien d´un « publi-reportage ».

 

En soumettant le texte de Cathy Yogo tant à « l´analyse du discours de presse » à empreinte et à coloration Lise Chartier qu´à la « lecture symptomatique », on dégagerait  immanquablement la conclusion selon laquelle les collaborateurs de « Le Jour » manquent cruellement de discernement et font montre d´une corruptibilité effarante.

 

On se rend compte que «  Le Jour » a tellement été ébloui par les présents et les promesses d´être gâté prochainement qu´ils ont oublié ou omis d´avertir les internautes qu´il s´agit d´un « publi-papier ». Or, ils ignorent que la publicité déguisée dans les médias – « Schleichwerbung » en allemand, est passible de poursuites judiciaires en Allemagne.

 

Par ailleurs, l´auteure qualifie la «  Deutsche Welle » -« La Voix de l´Allemagne »- de « vénérable » ; seulement, elle fait grâce aux internautes et lecteurs d´arguments probants susceptibles d´étayer un tel sentiment. On en vient à se demander si elle sait que la « Deutsche Welle » est un instrument du gouvernement allemand  -- comme son nom l´indique, c´est la « Voix de l´Allemagne » --, comme « VOA » est un instrument des pouvoirs publics états-uniens. Quant à la « Voix d´Amérique », nous savons au moins que « VOA » diffusait et probablement diffuse encore un « éditorial reflétant les vues du gouvernement américain », ceci  pour bien signaler qu´il s´agit d´un médium des pouvoirs publics des Etats-Unis d´Amérique. La « Voix de l´Allemagne » le fait-elle ? Nous nous permettons d´en douter.

 

Comment le journal camerounais « Le Jour » pourrait-il encore espérer être considéré comme crédible après avoir décidé de se ruer sur l´esche qui habille l´hameçon. On dirait que les collaborateurs de « Le Jour » étaient au rebond, et qu´ils n´attendaient que cela. Par le fait, ce quotidien n´aura plus aucune base intellectuelle et morale pour dénoncer les travers et les fléaux d´aucune société ou communauté dans notre village planétaire.

 

Le ressort solide des relations publiques : diffuser les actions justes et utiles

 

Ce que nous avons cependant retenu du cours sur la pratique des « Relations publiques » à l´Université populaire de Francfort (Main), est qu´une organisation devrait poser des actes bénéfiques à la communauté, société ou collectivité, et ébruiter ces gestes.

 

Pour prouver que nous avons toujours tâché de promouvoir une coopération franche, sincère et utile entre l´Allemagne et le Cameroun, nous faisons à monsieur Philipp Roessler la proposition suivante, en lui suggérant ce qu´il aurait pu faire ; en réalité, le comportement de la rédaction de « Le Jour » et celui de monsieur Philipp Roessler  n´est pas différent de celui de  dilettantes.

 

En fait, ils n´ont fait preuve ni de professionnalisme ni d´amateurisme en journalisme et en « Relations Publiques ». Intrinsèquement, un amateur n´est pas toujours différent d´un professionnel. Tandis que le professionnel vaque à une activité qu´il pratique comme sa principale occupation, l´amateur s´y adonne accessoirement, le plus souvent à temps partiel, et surtout par plaisir. Il reste qu´il y a des amateurs qui sont plus valeureux que des professionnels. On peut le vérifier dans les sports, et principalement dans le football. Il advient parfois qu´un amateur à qui l´on a mis le pied à l´étrier, parvienne à éclipser en un espace de temps très court ses concurrents -- ceux-là qui étaient devenus professionnels avant lui --  à un poste précis.

 

Voici maintenant ce que monsieur Philipp Roessler aurait pu faire ; il aurait organisé une conférence sur la colonisation au Cameroun, convié des intervenants allemands et camerounais de la jeune génération, pour traiter sans ambages tous les aspects et facettes, y compris tous les actes de violence contre les populations camerounaises. Les intervenants camerounais ne devraient en aucun cas être sélectionnés par la partie allemande, parce que nous savons en relations internationales et en diplomatie que les états trichent souvent. Les intervenants de la partie camerounaise devraient être sélectionnés par nous, pour assurer à toutes les parties prenantes qu´ils ne seront ni corrompus ni  manipulés.   

 

A la fin des travaux, les intervenants recommanderaient à monsieur Philipp Roessler d´encourager le gouvernement de Berlin à emboîter le pas à l´Italie et à la Libye, en réglant financièrement et définitivement le « démêlé colonial », pour clore aussi le chapitre du néocolonialisme qui s´installa après la décolonisation. Depuis l´été 2008 – j´ai dit la saison sèche 2008 – l´Italie et la Libye entretiennent des relations normales. Les jeunes Camerounais soupirent après la normalisation des relations entre leur pays et les anciens colonisateurs – tout comme la Libye l´a fait avec l´Italie. Cette normalisation doit être morale et surtout matérielle, seul gage de sa sincérité.

 

Ceci aurait valu à monsieur Roessler et à l´Allemagne plus d´estime, de sympathie et de compréhension de la part des Camerounais, des Africains et d´autres habitants de notre village planétaire. Mais le geste que le Premier conseiller de l´ambassade de l´Allemagne au Cameroun a posé va plutôt porter atteinte à la réputation de l´Allemagne.

 

Ce n´est donc pas en conditionnant et en incitant un professeur camerounais à faire le panégyrique et le révisionnisme de la colonisation allemande au Cameroun à l´institut Goethe de Yaoundé, Cameroun,  lors d´une séance que le docte donna voici quelques temps, que la jeunesse camerounaise reléguera aux oubliettes l´histoire authentique de la colonisation allemande au Cameroun.

 

 Nous doutons fort que la jeunesse camerounaise puisse se laisser « narcotiser », divertir ou distraire par quelques carottes et doigts de banane. Les Camerounais ont toujours pris au sérieux leur histoire, au point d´aduler -- dans certains cas -- outre mesure les personnalités historiques auxquelles ils vouent une grande admiration, et pour lesquelles ils ont beaucoup d´estime et un certain prestige.

 

C´est la raison pour laquelle les professeurs d´histoire et de géographie des écoles, collèges et des lycées au Cameroun enseignent aux élèves, collégiens et lycéens camerounais la leçon suivante :  Pour vivre décemment au présent, et même envisager un avenir radieux, il faut très souvent revisiter l´histoire, l´étudier, y déceler des faits, des attitudes, des réactions, des comportements et des personnalités exemplaires ; y dénicher des erreurs, des fautes, des dysfonctionnements et autres entraves à l´épanouissement civilisationnel, industriel, technologique et économique d´hier, y remédier pour continuellement poser les jalons d´une prospérité multidimensionnelle de l´individu dans le présent comme pour le futur

 

Mathias Victorien Ntep

Doctorant-chercheur à l´Université Goethe de Francfort (Main)

Allemagne, et à l´Université de Leyde, Pays-Bas.

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