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Alpha Condé a promis mardi "une ère nouvelle" pour la Guinée dévastée par 50 ans de dictatures et de
pauvreté, après avoir prêté serment comme premier président démocratiquement élu du pays, au cours d'une grande cérémonie à laquelle participaient 13 chefs d'Etat africains.
"J'affirme haut et fort que la pauvreté et le sous-développement en République de Guinée ne sont pas une fatalité", a déclaré Alpha Condé, dans un pays doté d'immenses richesses minières
convoitées par les multinationales. La salle des fêtes du Palais du peuple était trop petite pour accueillir les invités et l'esplanade avait été envahie par un immense foule de militants
manifestant leurs joie.
L'ancien opposant, d'ethnie malinké, a par ailleurs affirmé, un mois après des violences politico -ethniques qui avaient fait au moins sept morts: "Le changement que nous prônons n’est pas
dirigé contre un parti politique, encore moins contre une ethnie, encore moins contre une catégorie sociale ou socio-professionnelle".
Durant sa campagne, lui-même s'en était pris parfois à ce qu'il appelait "la mafia" des commerçants "peuls". Son adversaire malheureux, Cellou Dalein Diallo, d'ethnie peule,
n'assistait pas à cette investiture. Il avait auparavant fait savoir qu'il ne voulait "pas travailler" avec Alpha Condé dans un éventuel gouvernement d'union, en l'accusant d'avoir
favorisé des violences entre les deux tours.
A 72 ans, M. Condé s'apprête à gouverner pour la première fois, après s'être opposé à toutes les dictatures depuis l'indépendance du pays en 1958. Condamné à mort sous le régime d'Ahmed Sékou
Touré (1958-1984), il avait ensuite été emprisonné pendant deux ans sous le règne du général Lansana Conté (1984-2008). C'est justement devant le magistrat qui l'avait fait condamner en 2000 à
cinq ans de réclusion --l'actuel président de la Cour suprême Mamadou Sylla-- qu'Alpha Condé a prêté serment.
Les présidents des Etats voisins avaient fait le déplacement, tels le Bissau-Guinéen Malam Bacai Sanha, le Sénégalais Abdoulaye Wade, la Libérienne Ellen Johnson Sirleaf, le Malien Amadou Toumani
Touré et le Sierra-Léonais Ernest Koroma.
Etaient également présents le Burkinabè Blaise Compaoré, ancien médiateur dans la crise guinéenne, le Gambien Yahya Jammeh, le Sud-africain Jacob Zuma, le Congolais Denis Sassou Nguesso, le
Cap-Verdien Pedro Pires, le Togolais Faure Gnassingbé, le Béninois Boni Yayi, ainsi que le chef de la junte au pouvoir au Niger, le général Salou Djibo.
AngolaPress