Actualités et informations sur la Guinée.
Depuis 50 ans chaque guinéen est une proie potentielle pour l’armée. Les camps militaires ont été des boucheries humaines. La haute hiérarchie militaire s’est illustrée
dans toutes sortes de trafics illicites, parrainés au plus haut niveau de l’Etat.
Sous le règne du Général Lansana Conté, l’armée a eu réputation d’être un énorme gouffre financier insondable et un paradis pour transactions sordides. Il serait pratiquement impossible de faire la lumière ici-bas sur toutes les fausses factures de livraisons de riz, d’armes, de véhicules militaires…
Le 23 décembre 2008, l’armée s’est introduite nuitamment par la petite porte et poser sa culotte (une de plus) sur le pouvoir. La mort de Lansana Conté en a été l’occasion propice pour ce genre de délinquance militaire que certains se plaisent d’appeler “patriotes“ avec complaisance. C’est avec ce même “patriotisme“ que le colonel Lansana Conté, qui était le “Pivi“ de Sékou Touré, avait attendu la mort de ce dernier pour cambrioler le pouvoir en 1984 avec ses complices. Il finit par transformer la Guinée en ce Narco-Etat que nous connaissons aujourd’hui.
Il a fallu plus de deux décennies à Lansana Conté pour banaliser les crimes commis par le régime de Sékou Touré pendant 26 ans afin de mieux les enfouir dans l’oubli et le blanchir. Il en faudra la même période au capitaine Moussa Dadis Camara pour détruire les preuves des crimes par le régime de Lansana Conté en 24 ans. Il avait solennellement pris l’engagement du vivant du président Conté et a fait la confession publique dans la presse.
Nous ne devons pas accorder à Dadis la chance de réaliser le rêve de troisième dictateur en Guinée. Nous devons nous mobiliser pour que les militaires restent à jamais dans les casernes et à nos frontières. Pour briguer la magistrature suprême et légitimer ce qu’ils nous ont cambriolé, les militaires ne doivent plus troquer la tenue contre un boubou sous lequel ils dissimulent la kalachnikov.
Il est tout aussi inadmissible que nos hommes politiques et nos syndicalistes se muent en “Colonels“ ou “Généraux“ accompagnés de leurs militants, kalachnikov en bandoulière, pour prendre le pouvoir illégalement en une nuit. Et c’est exactement ce que font nos “braves“ soldats. Ils ne sont “patriotes“, “démocrates“ et autres blabla qu’après avoir fait un coup d’Etat.
Avec sa “bravoure“ habituelle, c’est elle qui nous a imposé “sans effusion de sang“ le capitaine Moussa Dadis Camara et son CNDD le 23 décembre 2008. C’est à elle aussi de nous débarrasser, “sans effusion de sang“, de ce capitaine déconcertant et encombrant pour la démocratie.
L’armée guinéenne doit rompre une fois pour toute avec ses vieilles habitudes. Nous n’avons pas besoin d’une troisième dictature quelque soit le prétexte. Tous ensemble, dans une pétition, disons “Non !“ à la troisième dictature qui se prépare.
Amdy Salam Diaw