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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 05:05

Sur la place de la République, à Lille, ils ont lu le manifeste de la Journée sans immigrés, puis ils ont dit  ce qu'ils pensaient de "l'instrumentalisation de l'immigration" par les politiques français. Mamadou Barry, doctorant en économie à Lille 1, président de l'Association pour la mise en valeur des initiatives de la diaspora (Adiv), explique : "Vous rentrez d'une journée de boulot, vous allumez votre télé, et vous découvrez que vous faites partie de ceux qui détruisent le pays."

 

Pourquoi avez-vous voulu participer à cette Journée sans immigrés, qui veut démontrer l'importance de la place des étrangers dans l'économie française ?

 

C'est un devoir, une obligation pour notre association qui veut valoriser une vision positive de l'immigration, face à certains discours d'hommes politiques, qui ont tendance à rendre les immigrés coupables de tous les maux.

 

Quels discours ?

 

A tous ceux qui veulent faire croire que les déficits sociaux de la France sont dûs à l'immigration : ce n'est pas responsable. Une étude menée par Xavier Chojnicki, de l'université de Lille 2, menée en 2009 à la demande du ministère des affaires sociales, montre que l'immigration apporte un solde positif de 12,4 milliards à l'Etat français. C'est la différence entre les prestations sociales dont bénéficient les immigrés et ce qu'ils apportent en termes de taxes et d'impôts. Ce solde est positif. Cela permet de légitimer ce que nous soupçonnions depuis longtemps : les immigrés travaillent, les immigrés consomment.

 

Vous parlez également d'incohérence de ces discours politiques...

 

La date du 1er mars n'a pas été choisie par hasard pour cette Journée sans immigrés. C'est l'anniversaire du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, entré en application le 1er mars 2005. Il affirme une philosophie de l'immigration choisie, une vision utilitariste : on choisit des migrants qui vont apporter leur savoir à la construction du pays. On ne peut pas dire dans le même temps que les immigrés détruisent la France, on n'est pas cohérent dans l'argumentation. Il y a vraiment une question d'instrumentalisation : nous ne nions pas que dans notre quotidien, il y ait des problèmes liés à l'immigration, mais ces problèmes sont solubles. Quand vous avez des responsables politiques qui pointent les violences dans les banlieues, la place de l'Islam en France, les Roms pendant l'été, vous vous rendez compte qu'ils cherchent la médiatisation des problèmes plutôt que les régler.

 

Vous êtes arrivé de Guinée-Conakry en 2004 avec un visa étudiant. Avez-vous senti au fil des années un changement de climat en France ?

 

Je souffre de l'amalgame qui range tous les immigrés dans la catégorie de ceux qui ne travaillent pas, qui agressent les gens, qui profitent des minima sociaux. C'est un impact psychologique surtout, cela vous rend amer, suspicieux envers vos voisins, vous vous demandez ce qu'ils pensent. Vous rentrez chez vous après une journée de travail, vous allumez la télé, et vous découvrez que vous faites partie de ceux qui détruisent le pays. Vous ne vous sentez pas forcément à l'aise dans cette société. Il faut que les problèmes que pose l'immigration soient traités en toute responsabilité, sans stigmatiser une partie de la population. En respectant l'éthique républicaine.

 

Recueilli par Stéphanie Maurice

 

Source : http://www.libelille.fr/


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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 20:08

Mamadou Barry, le président de l’Association pour la valorisation des initiatives de la diaspora (Avid), a organisé la 2e journée sans immigrés, hier à Lille. Une façon de souligner leur importance dans la vie locale.

 


Mamadou Barry préside l'AVID depuis un peu plus d'un an.

Mamadou Barry préside l'AVID depuis un peu plus d'un an. 

Photo : JD/Metro 

Lorsqu’il est arrivé en France en 2004 en provenance de sa Guinée natale, Mamadou Barry a vite été rattrapé par sa situation d’immigré. “Je venais pour faire des études, j’étais accueilli de manière officielle, explique-t-il. Mais passées les différences culturelles qui existent entre la France et l’Afrique, je me suis rendu compte qu’il y a pas mal de malentendus au sujet des gens qui arrivent en France.”

Etudiant à l’université Lille- I, où il est aujourd’hui chercheur en économie, Mamadou, 29 ans, reconnaît de ne pas avoir de problèmes particuliers dans son quotidien. Son combat est plus général, il cherche à valoriser l’image des immigrés. “La société française ne rejette personne, mais à force d’entendre que les immigrés sont violents ou voleurs, les gens finissent par le croire. Quand on entend sans cesse qu’on est de mauvaises personnes, c’est difficile à vivre psychologiquement.”

Pour casser ce cliché, Mamadou Barry œuvre à une meilleure représentation des immigrés. A Lille, l’Avid assure ainsi la promotion de toutes les actions qui mettent en valeur les populations immigrées. “Si on ne donne pas une meilleure image de nous-mêmes, personne ne le fera, souligne-t-il. C’est un combat médiatique que nous avons à mener. Il faut faire du lobbying et ça commence au niveau local.” En organisant des journées comme celle d’hier, qui, même si elle a peu mobilisé, a permis de faire passer un message : “Quelqu’un qui travaille et qui consomme est utile à sa ville, peu importe d’où il vient”, conclut Mamadou. 

Source : http://www.metrofrance.com/


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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 23:14

immigration_ceuta.jpgPorteurs des espoirs de leurs familles, beaucoup de jeunes immigrés africains préfèrent affronter seuls leurs problèmes en Europe. Un mensonge en entraînant un autre, ils ne parlent pas à leurs proches de leurs regrets d’être partis et de l’impasse dans laquelle ils se trouvent. Ceux qui osent dire la vérité se sentent soulagés. 

Nostalgique, C.H regarde défiler les photos de sa famille sur son ordinateur portable. Il le sait  bien, cela  réveille en lui de mauvais souvenirs, mais il ne peut pas s’en empêcher. Il se rappelle de sa dernière journée en RD Congo. Il avait alors visité tous ses proches pour leur dire adieu. Tous étaient contents de lui et pleins d’espoir, convaincus que leur enfant allait vivre dans un pays sécurisé, gagner beaucoup d’argent et aider la famille à sortir de la pauvreté.

En réalité, C.H commençait en France une vie d’isolement et d’incertitude, loin des siens. "Depuis mon départ il y a sept ans, je n’ai jamais été heureux. Je ne savais pas que je venais ici pour faire partie de ces sans-papiers que j’écoutais souvent à la radio", confie ce jeune d’une trentaine d’année, visiblement triste. "Mes amis en Europe  avaient promis de m’aider à étudier et à trouver un bon boulot. Mais, quand je suis arrivé, ils m’ont dit que je devais remettre mon passeport et demander l’asile, si je voulais rester, car mon visa allait bientôt  expirer. ".

"Après, tu auras tout ce que tu désires et surtout de l’argent", me promettaient-ils encore. Un faux espoir, un de plus. Sa demande d’asile est rejetée et C.H. devient lui aussi un sans-papiers. Actuellement, il ne peut ni travailler, ni continuer ses études sur le sol français. Son rêve de devenir ingénieur s’est éteint. Il passe toute la journée à ne rien faire, la peur au ventre. A tout moment il risque en effet d’être expulsé en RD Congo.

"Mentir à la famille ne profite jamais"

En France, en Hollande, en Belgique et en Angleterre, C.H. connaît des dizaines de clandestins. Comme bon nombre d’entre eux, il cache la vérité à sa famille. "Mon papa risque de se suicider s’il apprend que je vis de l’aide sociale. Lui-même est pauvre et donc incapable de m’assister financièrement. Pourquoi mes parents devraient-ils s’inquiéter pour moi ? Je préfère leur dire que j’étudie bien et que je cherche du travail. Je leur raconte que c’est difficile d’en trouver avec la crise économique, mais que j’espère pouvoir envoyer un peu d’euros dans les prochaines années", explique C.H., qui regrette amèrement d’avoir déjà perdu sept ans de sa vie en Europe. Avec ses amis proches qui veulent à leur tour venir, il est un peu plus bavard : "Je ne peux pas leur dire toute la vérité, mais je leur conseille d’y penser à deux fois, car la vie ici n’est pas aussi bonne qu’on le pense quand on est en Afrique. " 

Nombreux sont les jeunes migrants qui se retrouvent en quelque sorte prisonniers de leurs promesses et de leurs mensonges. A. M. est de ceux-là : "Cela fait trois ans que je rassure ma copine qu’elle va me rejoindre… Mais, comment l’amener ici,  alors  que je  ne peux même pas lui envoyer quelques sous ? Je ne sais pas comment me tirer de cette situation. Certains préfèrent couper la communication, mais pour moi ce n’est pas la bonne option. " En Belgique depuis trois ans, sans  espoir de trouver ni boulot ni d’être intégré à l’université, ce jeune homme de 28 ans envisage de révéler la vérité à sa copine et de lui demander de l’aider à informer sa  famille. Mais, rien ne dit que cette dernière compatira à ses malheurs… "Chaque fois qu’on se téléphone, elle me demande comment vont les études. Je réponds que ça roule bien. Je lui ai tellement menti… Je lui  ai même dit qu’elle devrait chercher un passeport dans les plus brefs délais, ce qu’elle a vite fait… J’ai peur qu’elle ne me pardonne pas", craint-il.

Les immigrés d’Europe qui ont le courage de dire dès le départ la vérité à leurs familles sont soulagés moralement et quelquefois même aussi financièrement. "Je savais dès le départ que mentir à la famille ne profite jamais. J’ai donc osé demander à  mon  frère de m’envoyer de l’argent. Autrement, je n’aurais pas pu m’en sortir. Cela m’a  aidé jusqu'à ce que je trouve du travail", se félicite une Rwandaise, en Belgique depuis trois ans. Elle conclut, comme un conseil aux autres : "Il n’y a aucune raison de mentir à tes parents, à tes frères et sœurs. Si tu souffres, ils sont prêts à souffrir avec toi ! ".

 

Jean Fichery Dukulizimana


Source : Syfia 

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 16:27

alphaconde2Le président Alpha Condé et l'ex-médiateur, Dr Sékou Goureissy Condé se sont rencontrés le samedi 15 janvier au siège de la Coordination Manding, sis à Gbessia. Selon les informations qui nous ont été rapportées, les sages de la Haute Guinée ont voulu "réunir leurs fils afin de laver le linge sale en famille". Car le limogeage dont Sékou Goureissy Condé a été victime continue à alimenter les débats. Surtout quand le décret du président de la République sanctionnant cette décision, viole la Constitution.

 

Goureissy Condé a été le premier à répondre présent devant ce conseil manding. Il a eu deux heures d'horloge pour expliquer les faits. D'abord en revenant sur les circonstances dans lesquelles le président de la Transition l'avait choisi comme médiateur. C'était au moment de la tension socio-politique caractérisant la période entre les deux tours de la présidentielle.

 

Selon lui, comme la nécessité s'imposait, Général Konaté, avait jugé opportun de le nommer Médiateur de la République à l'instar des autres pays. Car, il y avait à la fois le besoin et le vide à combler. Précision: c'est la présente constitution qui créée ce poste de Médiateur. Après avoir consulté et obtenu l'accord de deux candidats, et celui de la présidente du Conseil national de la transition, Sékouba Konaté a nommé Goureissy Condé à ce poste alors qu'il assurait celui du secrétaire général de l'institution législative. Il soutient dans ses expliques, que Rabiatou Serah Diallo présidente du CNT ne voulait pas son départ à cause du rôle pivot qu'il jouait au sein de cette institution.

 

Arrivé au bout de ses explications, le Président Alpha Condé débarque sur les lieux. A son tour de prendre la parole. D'abord, il précise n'avoir aucun grief contre "son frère Condé". Mais, il a pris une décision matérialisant son engagement électoral. Il indique pour avoir le soutien total de la Basse Côte, il avait promis beaucoup de postes à cette région suivant les exigences des ressortissants de celle-ci ayant adhéré à l'Alliance arc-en-ciel. Ainsi, la Coordination de la Basse Guinée avait demandé, en cas de victoire d'Alpha Condé au second tour le poste de médiateur de la République pour Général Faciné Touré, la primature, le ministère du commerce, notamment.

 goureissy_conde_01.jpg

Alpha Condé rapporte aussi que son allié Ibrahima Kassory Fofana, leader du GPT et ancien ministre de l'Economie et des Finances, s'opposait au limogeage de Goureissy Condé qui est son ami. Mais le Président lui a dit: "Tu ne peux pas me demander de tenir mes promesses électorales et m'empêcher de nommer un autre médiateur".

 

Somme toute, Alpha Condé dit n'avoir rien contre Goureissy Condé. Celui-si s'est dit soulagé de savoir que le chef de l'Etat le porte dans son cœur. Le différend semble résolu. Reste à lui trouver un autre point de chute. Peut-être.

 

Oumar Kateb Yacine

pour www.lejour.info partenaire de www.BanabanaNews.org

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 22:20

En Guinée, les responsables religieux et traditionnels, les groupes de jeunes et les citoyens se démènent pour endiguer les troubles ethniques après des affrontements qui ont opposé les deux principaux groupes, les Malinké et les Peul - les adversaires du second tour de l'élection présidentielle à venir.

 La semaine dernière, les candidats du second tour, Alpha Condé, un Malinké, et Cellou Dalein Diallo, un Peul, devaient participer ensemble à une tournée d'apaisement dans le pays, mais les partisans de Condé lui ont dit de ne pas s'y rendre, et ont réclamé des réponses concernant l'empoisonnement qui aurait été perpétré par des membres du parti rival et dont certains de ses partisans auraient été victimes.

 Les tensions étaient déjà vives et l'empoisonnement supposé a entraîné des affrontements la semaine du 18 octobre, selon un habitant de la ville de Siguiri, au nord du pays, un bastion de Condé. « Les gens d'ici ont dit trop c'est trop », a-t-il dit à IRIN.

 Depuis l'indépendance de 1958, des présidents issus des ethnies Malinké et Soussou se sont succédé à la tête du pays, avant qu'un dirigeant militaire originaire de la région des Forêts ne prenne le pouvoir pendant un an. De nombreux Peul, le groupe ethnique majoritaire, affirment que « notre [leur] tour est venu ».

 Les violences les plus récentes ont vu des jeunes Malinké mettre à sac des magasins appartenant à des Peul dans plusieurs villes, selon des témoins, notamment des habitants de l'ethnie Malinké originaires de Siguiri. Dans certains cas, les gens ont attaqué des habitants de l'ethnie Peul avec des matraques et des barres de fer, selon un homme qui dit avoir assisté à ce genre d'attaques dans la ville de Kissidougou, dans le sud-est du pays. Des centaines de Peul ont d'ors et déjà déserté leur maison et leur commerce dans plusieurs villes.

 Des jeunes de Siguiri ont dit à IRIN qu'ils ne voulaient pas se battre avec les Peul - ils veulent simplement que le gouvernement fasse la lumière sur les attaques qui auraient été perpétrées par les partisans de M. Diallo et qu'il condamne les auteurs des méfaits.

 De nombreuses personnes déplacées ont fui vers la région de Fouta Djallon, où les Peul sont majoritaires. Leur arrivée a menacé de déclencher des combats lorsque les Peul de la ville centrale de Mamou ont voulu se venger après avoir vu des blessés parmi les personnes déplacées.

 Un message d'apaisement

 Les responsables religieux de Labé, la principale ville de la région de Fouta, ont rapidement envoyé une lettre aux leaders traditionnels de Kankan, Kissidougou, Siguiri et d'autres villes pour leur demander de prévenir les conflits ethniques.

« Nous leur avons demandé de ne pas attaquer les Peul de leur ville et nous leur avons dit qu'ici à Labé, les Peul n'attaqueraient pas les Malinké », a indiqué à IRIN El Hadj Badrou Bah, l'imam de la principale mosquée de Labé. « Nous sommes tous Guinéens ; nous sommes des fils et des frères - c'est le message que nous leur avons envoyé ».

 Il a indiqué que les Peul qui vivent dans les zones touchées par les conflits ont également envoyé des délégations à Labé pour inciter les Peul à ne pas attaquer les Malinké, par peur des représailles dans les villes du sud-est et du nord, où les commerçants Peul vivent et travaillent depuis des générations.

 M. Bah a dit que les habitants de Labé qui sont originaires de la ville collectaient de l'argent pour fournir de la nourriture aux personnes déplacées, en majorité des enfants.
 Les Guinéens de plusieurs grandes villes ont indiqué que la situation était plus calme depuis le 31 octobre et qu'ils espéraient que la stabilité allait perdurer, mais que la peur de voir de nouveaux conflits se déclencher et s'aggraver persistait.

« C'est un problème extrêmement difficile à gérer, car il est devenu strictement racial », a dit Alpha Oumar Baldé, qui a fui Kissidougou - où il a un magasin - et a rejoint sa femme et ses enfants à Labé.

« S'il vous plaît, dites à la communauté internationale de veiller à ca. La situation est critique. Tout le monde s'attend à la guerre civile ».

 M. Baldé a retrouvé sa famille à Labé, mais il a laissé son gagne-pain derrière lui. Interrogé sur ce qu'il allait faire désormais pour faire vivre sa famille, il a répondu : « Seul Dieu peut nous venir en aide maintenant. La situation est au point mort. Il y a des familles [déplacées] qui ne savent pas comment elles vont faire pour trouver suffisamment de nourriture ».

 Il a dit que les Guinéens déplacés se demandent comment ils vont faire pour participer au second tour de l'élection présidentielle, prévu le 7 novembre prochain.

 Après le premier tour de l'élection le 27 juin, les Guinéens ont eu l'espoir raisonnable de voir leur pays enfin trouver une certaine stabilité et d'assister au retour du pouvoir civil, mais les violences ont depuis lors entaché le processus politique. Plus de 1 000 personnes ont été blessées, trois femmes ont été violées et au moins 17 personnes ont trouvé la mort lors des troubles depuis le début de la campagne pour le premier tour de l'élection, selon le comité de crise sanitaire dirigé par l'Organisation mondiale de la santé et le ministère de la Santé publique.

 « Nous avançons d'un pas, puis nous reculons de cinq », a dit Thierno Baldé, responsable d'une association de jeunes, qui depuis le premier tour de l'élection a voyagé dans le pays pour débattre des moyens d'éviter les conflits avec les jeunes.

 Le fait que tous les jeunes ne veuillent pas se battre lui donne de l'espoir. Un vendeur de Mamou qui a préféré garder l'anonymat a dit : « Mes amis et moi ne voulions pas nous venger des Malinké, donc on ne l'a pas fait ».

 

IRIN

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 14:23

Des chasseurs traditionnels, tous originaires de la Haute Guinée, appelés dans la langue du territoir donzo ont voulu se rendre hier à Kaloum pour dit-on rencontrer le Président de la transition, Général Sékouba Konaté. Ils étaient une cinquantaine, tous vêtus de leurs habits traditionnels ornés de fétiches.

 


Mais, ils n'atteindront pas la presqu'île abritant le centre des affaires adiministratives de la capitale guinéenne. Des policiers appuyés par des militaires, berets rouges leur ont simplement barré la route. Et, ils ont campé au Pont 8 Novembre marquant la limite entre le centre-ville et les banlieues. Des heures durant, ils faisaint des démonstrations "magiques" . Vers la soirée, ils rebrousseront chemin.

 

Pourquoi, ils voulaient rencontrer le Président? Qui a donné l'ordre de leur barrer la route. Mysthère!

 

Seulement, on sait que la semaine dernière un autre groupe de chasseurs traditionnels avait été reçu en audience par le Président de la République par intérim. L'évènement a été même diffusé par la télévision.

 

Puis quelques jours plus tard, un autre communiqué d'autres chasseurs traditionnels dénonce cette démarche qualifiée de démagogique et d'un moyen d'escroquerie auprès de la Haute autorité afin de se faire de l'argent. Le chef de la délégation reçue par Général Sékouba, nommé Souleymane Traoré est qualifié de traitre. Ses collègues affirment qu'il n'est plus de leur association et l'accusent d'avoir mobilisé des bandits dans les quartiers et de se faire accompagner chez le Président.

 

Vrai ou faux, ces donzos reçus au Palais présidentiel ont été vus entrain de parader dans les rues de la capitale, bien escortés par la garde présidentielle.

 

LR

pour www.lejour.info partenaire de www.ondes-guinee.info

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 10:12

Dans la matinée du mercredi 27 Octobre, des militaires de la garde présidentielle ont immolé dans l'enceinte du Palais présidentiel trois taureaux: deux rouges et un tout noir. Si tôt égorgés et dépecés, leur viande a été partagée entre les occupants des lieux, tous en treillis qui alignaient des rabbana.

 


L'après midi du même jour a été le théâtre d'un long conclave entre les acteurs de la Transition guinéenne sous la houlette du Général Sékouba Konaté, président de la République par intérim.

 

Il s'agissait de trouver une date concensuelle pour la tenue du second tour de la présidentielle. Le soir, on apprend par la radio télévision nationale que le 7 novembre convient aux deux candidats. Ceux-ci ont accepté de faire la paix, après une poignée de main et un sourire devant les chefs religieux, les présidents des institutions républiques. Ils ont même pris l'engagement de faire ensemble une tournée de sensibilisation dans les villes de Mamou, Kissidougou et Siguiri, dès le vendredi 29 octobre en compagnie des Chefs religieux.

 

Malheureusement, cette visite a été annulée le vendredi matin. Pour cause: le leader du RPG, Alpha Condé a été empêché par ses militants de quitter de faire ce voyage qu'ils qualifient "de complot" pour éliminer "leur prési". Si ce sacrifice était destiné à implorer Dieu d'obtenir un accord entre les candidats au second tour, il serait bien de reprendre l'offrande pour espérer un autre accord plus sincère.

 

LR

pour www.lejour.info partenaire de www.ondes-guinee.info

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 10:31

 

A l’université de Sonfonia, à Conakry, il y a des cours de droit, de sciences et aussi des «masters sexuellement transmissibles». Seule issue pour les jeunes Guinéens : se faire une place dans la longue chaîne de la corruption.

 

A l’université publique de Sonfonia, située à la sortie de Conakry, on fait du droit, des sciences politiques, de l’économie, mais aussi l’apprentissage de la corruption.

 

En quatrième année de comptabilité, les étudiants sont 600, répartis en deux groupes, dans de longues salles rectangulaires qui font office d’amphithéâtres. « A cinq par table, on est serrés, il n’y a pas d’électricité et pas de stage de fin d’année », se plaint Fatoumata, 23 ans. Elle explique que les MST, les « sexuellement transmissibles », voient des étudiantes céder aux avances des professeurs pour avoir leur diplôme.

 

« Faire rire », « cadeauter », « donner sa part »… Autant de termes pour désigner une seule et même pratique : le pot-de-vin ou l’avantage en nature, qui existent à tous les niveaux en Guinée pour décrocher sa bourse, son diplôme, un emploi, ou même une simple consultation chez le médecin.

 

Certains étudiants doivent renoncer à une partie de leur bourse s’ils veulent l’obtenir de fonctionnaires qui prélèvent leur part au passage. « Voilà deux mois que je n’ai pas reçu mon pécule, 95 000 francs guinéens par mois [13,90 euros, ndlr], alors que le transport me coûte 10 000 francs par jour [1,46 euro] », affirme Fatoumata.

 

Elle ne se fait aucune illusion sur son avenir. « S’il n’y a pas de travail, je ferai du commerce ou j’essaierai d’aller en France pour finir mes études. » Comment s’en sort-elle ? « On se débrouille, on fait des affaires. Je vends des chaussures, des habits, des bijoux. »

 

Aliou, étudiant en droit, finance aussi ses études par le biais de combines. « Par exemple, on me parle d’une voiture à vendre et je connais des personnes intéressées, alors je négocie le marché et je prends ma part. »

 

Pas question pour Fatoumata de devenir l’une de ces « bandits-Guinée », des filles prêtes à tout pour vivre aux crochets du plus offrant. Elles ne fonctionnent pas comme des prostituées, avec des passes tarifées, mais cherchent un repas gratuit, une paire de chaussures, un petit billet. « Si tu sors avec une bandit-Guinée et que tu ne payes pas, ce n’est pas grave », explique Aliou.

 

« Politicien et homme d’affaires vont de pair »

 

A Conakry, un ministre gagne 300 euros par mois, un instituteur 50 euros, de quoi acheter deux sacs de riz, et l’on a toutes les chances de mourir à l’hôpital si l’on tombe malade. Une seule alternative s’offre aux jeunes : partir ou faire avec le système.

 

Dans la seule ancienne colonie française à avoir dit « non » à De Gaulle, en 1958, et à avoir vécu hors de la zone d’influence de l’ancienne métropole, Dakar et Abidjan représentent de grandes destinations d’émigration. Des colonies de Guinéens y vivent depuis des décennies, ou y font étape, en chemin vers l’Europe.

 

Pour ceux qui veulent rester au pays, il s’agit de trouver sa place, dans la chaîne des mains qui s’échangent des liasses de francs guinéens, les uns pour donner, les autres pour recevoir.

 

La corruption, généralisée, rend les rapports et les procédures très compliqués. Beaucoup la considèrent comme normale. Ibrahim Diallo, 23 ans, en seconde année de science politique à Sonfonia, a parfaitement intégré les contraintes de son environnement.

 

Il explique vouloir être « politicien et homme d’affaires, parce que les deux vont de pair ». Explication : « Pour réussir en affaires ici, il faut avoir la mainmise sur la politique. Et pour évoluer en politique, il faut avoir une certaine puissance financière. »

 

En attendant de pouvoir arroser ses électeurs, il va se lancer dans une plantation de riz et de légumes, non loin de Conakry. Le prix qu’il faut payer pour avoir un poste de préfet ou de gouverneur quand on n’est pas de la famille ou du clan du Président est bien connu (50 et 80 millions de francs guinéens respectivement, soit environ 7 370 et 11 800 euros).

 

Ces pratiques font l’objet de plaisanteries dans les nombreux « maquis » de la capitale, des bars clandestins qui échappent à toute fiscalité. Un jeune se lance : « Je veux être préfet », avait dit l’un de ses cousins à l’ancien président, Lansana Conté. « Tu veux être préfet, très bien, mais est-ce que tu pourras vraiment l’être ? » demande le Président. « Je pourras, je pourras », répond le cousin. « Comment ? Tu veux être préfet alors que tu ne sais même pas conjuguer le verbe pourrir ! »

 

Au tribunal de Conakry, le substitut du procureur, Balaké Fofana, explique qu’il n’y a que rarement des procès pour corruption. « Seulement pour des cas de racket, des extorsions de fonds et la traite des enfants. Non pas que les enfants s’achètent, mais ils sont placés pour travailler comme domestiques dans les maisons. Les intermédiaires prennent l’essentiel du salaire et il ne reste que des miettes pour les petits. »

 

Mamadou Dieng, patron d’une société d’assurances, rappelle que les décisions de justice s’achètent aussi. « Quand un juge reçoit un dossier, il attend de voir qui va venir. Si personne ne vient, il se renseigne, et c’est le plus riche qui est condamné, parce qu’il versera le meilleur pot-de-vin en appel. »

 

Ce chef d’entreprise affirme avoir toutes les peines du monde à recruter, les diplômés préférant des postes de fonctionnaire, qui permettent de recevoir régulièrement des mallettes remplies d’argent liquide pour services rendus.

 

Aissata, 24 ans, rêve de devenir une « grande dame d’affaires » en milieu associatif, « pour aider les femmes et les enfants ». Elle fait partie des Amis du futur, une association de jeunes lancée en 1998, qui organise des concours d’orthographe, des tournées de bibliobus, des formations en informatique, en télémédecine, etc.

 

Son ami Etienne, 24 ans, l’un des responsables de l’association, a intégré le jargon des bailleurs de fonds. « Nous devons aider les populations à la base, dit-il. Les aînés cotisent et ceux qui vivent à l’étranger reviennent pour faire des transferts d’expérience. »

 

Etienne va sans doute faire carrière dans le caritatif, même s’il rêve plutôt agronomie et « exploitation de superficies considérables pour faire de la riziculture et satisfaire les besoins du marché intérieur ». Il reconnaît avoir beaucoup d’ambitions, mais des moyens limités.

 

Avec le changement de situation politique, « un petit espoir est en train de naître », dit-il. Il n’envisage pas de partir, malgré ses contacts avec les donateurs à l’étranger. « Si on quitte ici, qui d’autre va faire ce pays ? Il faut des infrastructures pour les jeunes, des salles de sport, des bibliothèques, des lieux de rencontre… »

 

Un fossé grandissant entre civils et militaires

 

Ahmed, d’origine libanaise, patron d’un cinéma qui tourne à perte, faute de clients, et d’une boîte de nuit curieusement remplie de garçons, hoche la tête : « Mes clients n’ont pas les moyens de payer à boire à leurs copines, alors ils dansent tout seuls toute la nuit. »

 

Plus loin, dans une salle de jeux de Lambanyi, en grande banlieue de Conakry, des jeunes tuent le temps en jouant à des jeux vidéo. Oularé Yéré, 25 ans, a monté son « centre de prestations de services » grâce au financement apporté par un ami qui vit aux Etats-Unis.

 

Il a abandonné les études après deux ans de fac d’économie, préférant l’informatique et un hypothétique avenir de technicien. Il facture 1 000 francs guinéens (0,15 euro) les dix minutes de PlayStation. Ses clients font des matches de foot virtuels, sur fond sonore de groupe électrogène.

 

Oularé passe l’essentiel de ses soirées à discuter politique avec ses amis. « Beaucoup pensent à partir, dit-il, mais je voudrais que la Guinée soit un coin où il fasse bon vivre, où il y ait la paix. »

 

Le massacre du 28 septembre dernier est resté dans tous les esprits. Au moins 156 personnes, surtout des jeunes, ont été tuées au stade de Conakry pour avoir manifesté contre la candidature du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, à une présidentielle qui était censée voir les civils reprendre le pouvoir.

 

« J’avais déjà manifesté en 2007 et il y avait déjà eu des massacres, alors cette fois, je n’y suis pas allé », raconte Oularé. Il regrette les divisions qui minent son pays : querelles ethniques entre Malinkés, Peuls, Soussous et Forestiers, mais aussi le fossé grandissant entre civils et militaires.

 

Majesty, jeune chanteur de reggae, n’a pas le bac, mais un diplôme d’« agent technique de santé communautaire » qui lui permet de travailler à l’intérieur du pays avec des ONG. Il ne cache pas avoir un père militaire et ne se fait pas prier pour reprendre l’un de ses slams : « Mon père est militaire/Ses grades et ses nominations ne nous ont pas fait sortir de la galère/Il est lieutenant-colonel dans l’armée de l’air/Mais il marche encore à pied. »

 

Une pause pour expliquer que son paternel, contrairement à d’autres hommes en kaki, « ne s’est pas mis dans de sales affaires pour être dealer de cocaïne ou faire des coups pour voler les biens du peuple ». Majesty, qui déclare « vivre de culture et de lecture », veut « démocratiser le verbe » et devenir « le premier député rasta de la République de Guinée ».

 

Au collège public de Kipé, dans le centre de Conakry, les élèves sont eux aussi marqués par le massacre du 28 septembre et les troubles qui ont suivi. Des militaires les ont pourchassés à coups de bombes lacrymogènes jusque dans leur établissement, où ils s’entassent à 80 élèves par classe et se relaient entre cours du matin et cours du soir, faute de place.

 

Des collégiens, faciles à repérer avec leur uniforme beige, avaient traité d’« assassins » des bérets rouges de la garde présidentielle à un carrefour de la ville. Flavien Oumar Lolik, 15 ans, enfant unique élevé par sa mère, a été choqué par les événements. Plus tard, il se voit travailler dans «le social» et espère ne pas avoir à « fuir le pays » pour étudier.

 

Sur la plage de Rose, en banlieue de la presqu’île de Conakry, un bar très fréquenté par les étudiants est tenu par un certain « Fiston », le fils de Moussa Dadis Camara. Dès 14 heures, des jeunes se regroupent sur des chaises en plastique dans une petite anse jonchée de détritus.

 

Ils noient leurs inquiétudes dans des boîtes de Gran Vega, un vin espagnol bon marché. « Si la politique va bien, on préfère rester ici, affirme Oumar Diallo, en deuxième année de droit. Mais le problème, c’est qu’avec les diplômes guinéens, on n’aura pas de travail. Ceux qui n’ont que ça en poche finissent dans les bars à dire n’importe quoi. Quand il y a trois embauches à la Banque centrale, il y a 1 000 candidats, mais tout marche par affinités. »

 

Sampil, son ami, renchérit : « Les parents ont économisé tout leur temps de misère pour nous faire étudier, pour qu’on devienne cadres. Mais si on reste ici, on ne fera que souffrir. »

 

Sabine Cessou

 

Source : liberation.fr

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 11:53

 

Elle équilibre l'islam et l'art pour atteindre la virtuosité musicale. Sumayya Ali étonne probablement tout le monde, à part elle-même. Cette chanteuse d'opéra en herbe, noire américaine, a participé au programme de télévision American Idol, fait de la danse zoulou avec le groupe Step Afrika lors d'une tournée au Vietnam et a récemment joué dans la fameuse pièce de théâtre Ragtime. Et elle a accompli tout cela en portant le voile islamique.

 

Sumayya Ali étonne probablement tout le monde, à part elle-même. Cette chanteuse d'opéra en herbe, noire américaine, a participé au programme de télévision American Idol, fait de la danse zoulou avec le groupe Step Afrika lors d'une tournée au Vietnam et a récemment joué dans la fameuse pièce de théâtre Ragtime. Et elle a accompli tout cela en portant le voile islamique.

 

« Je crois que j'aurais pu ne pas porter le voile et ressembler à tout le monde », a dit Mme Ali à America.gov en parlant de son expérience en 2007 à American Idol, l'émission-concours pour de nouveaux chanteurs.

 

Les critiques d'opéra ont dit que Mme Ali avait « une voix merveilleuse qui vous touche le cœur ». Ayant déjà reçu plusieurs prix, cette chanteuse américaine musulmane d'origine africaine doit trouver un équilibre entre sa religion, son talent et ses rêves. Comme tous les Américains croyants, Mme Ali tire sa force de la liberté de religion qui règne aux États-Unis pour bâtir sa vie de la manière dont elle l'entend, et pour se servir de son art pour s'exprimer.

 

Mais la décision de Mme Ali d'adhérer à ses valeurs personnelles semble présenter un paradoxe pour beaucoup de gens dans le monde du spectacle.

 

« Je pense que la chose qui me rend spéciale, certaines personnes voudraient me la retirer », a dit Mme Ali en parlant de sa conviction de respecter ses croyances religieuses sur scène. « Mais ce qu'elles ne savent pas, c'est que c'est cela qui me rend spéciale. »

 

Nés de parents noirs américains musulmans, Sumayya Ali s'est rendu compte très jeune qu'elle avait du talent. À l'âge de neuf ans, une représentation musicale de violonistes à son école l'avait inspirée à demander à ses parents de lui faire donner des leçons. Sa mère et son père, qui ont « tout à voir » avec son succès, lui ont procuré des leçons de violon, ce qui l'a lancée sur le chemin de la musique.

 

Sumayya Ali a connu l'un des moments les plus fondamentaux de sa carrière à l'école secondaire. Après avoir pratiqué le violon pendant des années, y passant plusieurs heures quotidiennement, elle s'était inscrite à l'école Duke Ellington pour les arts à Washington. Alors qu'elle pensait poursuivre une carrière de violoniste, quelque chose s'est passé qui devait changer sa vie : esprit taquin par nature, Sumayya Ali, a imité, par pure plaisanterie, des camarades qui apprenaient le chant à l'école.

 

« Je me moquais des chanteurs parce qu'ils faisaient des sortes de sons bizarres que je n'avais jamais entendus », a expliqué Mme Ali à propos des élèves qui se destinaient à l'opéra.

 

Au lieu de la gronder, le professeur de chant à l'école Duke Ellington, M. Samuel Bonds, est resté stupéfait d'entendre la voix résonnante de Sumayya Ali. Quelques minutes plus tard, il lui faisait faire des vocalises dans le studio. C'était déjà un pas énorme vers sa carrière de cantatrice. Mais c'est après avoir assisté à une représentation de l'opéra Carmen de Georges Bizet, en mars 1995, qu'elle a compris que c'était sa vocation. « J'étais en larmes, j'étais émerveillée. J'ai pensé : ça ne fait aucun doute, voilà ce que je peux faire », a dit Mme Ali. Une chanteuse d'opéra était née.

 

Mais Mme Ali devait découvrir très vite qu'une cantatrice qui souhaite respecter les enseignements de l'islam dans la vie de tous les jours se heurte à certains défis. Pendant qu'elle préparait sa maîtrise de chant au conservatoire de musique de la Nouvelle-Angleterre, un professeur lui a demandé de jouer une scène au cours de laquelle elle devait embrasser un chanteur. Ses valeurs l'empêchant de jouer la scène correctement, elle a rejoint le chœur. Bien que dévastée par cet épisode, elle a fait appel à toute sa force spirituelle pour aller de l'avant.

 

« La plupart des gens auraient simplement dit, "je laisse tomber" et seraient aller faire autre chose, mais quelque chose en moi me disait que j'étais née pour chanter », explique-t-elle.

 

Et elle le fait très bien. Mme Ali a remporté le concours du Conseil national de l'opéra métropolitain pour la région de Boston. Elle a chanté le rôle principal dans l'opéra Susannah de Carlisle Floyd, le rôle de Pamina dans la Flûte enchantée de Mozart, et le rôle de la mère dans Amahl et les visiteurs du soir de Gian Carlo Menotti. Et l'opéra s'accommode bien du désir de Mme Ali de porter le voile. Contrairement aux autres arts du spectacle qui demandent parfois que les femmes soient légèrement vêtues, les chanteuses d'opéra portent souvent des costumes d'époque.

 

« C'est pourquoi j'étais tellement enthousiasmée quand j'ai découvert l'opéra. On porte souvent de grandes robes, longues et bouffantes, et une grande perruque qui vous couvre les cheveux », a souligné Mme Ali.

 

Elle est convaincue qu'en tant que musulmane elle a un lien spirituel avec la musique et c'est ce qui la distingue des autres chanteurs d'opéra. Pour elle, la voix reflète directement l'âme. En se préparant pour une représentation, Mme Ali ne fait pas seulement des exercices de voix. Si la chanson est dans une autre langue, elle la traduit et la récite en poème. Une fois qu'elle est à l'aise avec les paroles, elle commence à pratiquer la musique. « J'analyse beaucoup le texte avant de chanter une seule note », dit-elle.

 

Peaufiner son talent vocal naturel a pris beaucoup d'années de pratique et d'étude. Bien que beaucoup de musiciens talentueux étudient dans des conservatoires de musique, Mme Ali dit qu'elle a choisi une formation générale. Diplômée de l'université Spelman à Atlanta, elle pense que son éducation a contribué à l'image qu'elle se fait d'elle-même. « Je me suis développée à Spelman pour devenir la femme que je suis aujourd'hui », explique-t-elle en parlant de cette université noire américaine de tradition. « Spelman m'a donné les outils pour réexaminer le monde et l'histoire d'un point de vue féminin centré sur l'Afrique. »

 

L'année qu'elle a passée en Italie dans le cadre de ses études a été l'une des plus importantes de son éducation. À Milan, elle a étudié l'italien et a pris des leçons avec des professeurs d'opéra prestigieux, telles Patrizia Zanardi et Giovanna Canetti. Elle poursuit ses études de chant avec l'un des meilleurs professeurs aux États-Unis, Patricia McCaffrey. « Chaque leçon avec Mme McCaffrey est un voyage spirituel merveilleux mais aussi épuisant sur le plan physique. »

 

Extrêmement douée et suivie par les meilleurs professuers, Mme Ali n'en continue pas moins de diversifier sa carrière. Outre l'opéra, elle a récemment marqué un succès avec la pièce de théâtre Ragtime à Broadway, ce qui lui a ouvert d'autres possibilités. En mars, elle jouera aux côtés de l'actrice primée Tyne Daly dans la pièce Master Class au centre Kennedy des arts scéniques de Washington. Et sa carrière artistique ne s'arrêtera pas là. Cet été, elle sera à Los Angeles pour enregistrer un disque compact combinant la musique hip-hop et l'opéra pour le label islamique Remarkable Current. « Je finirai mon CD cet été pour ce label où j'ai trouvé des musulmans progressistes et tournés vers l'avenir comme moi, si Dieu le veut », dit-elle

 

Mme Ali a d'autres objectifs ambitieux à long terme. Elle enseigne déjà la musique, la danse et le step à plus de 1.000 élèves des écoles publiques de Washington mais elle veut concentrer ses passions dans l'avenir sur l'éducation. Influencée toute sa vie par d'excellents professeurs, Mme Ali rêve de fonder une école de musique pour jeunes enfants.

 

« Travailler avec les enfants purifie le cœur et rapproche les gens d'Allah », dit Mme Ali.

 

M. Scott Bortot

 

Source : http://www.america.gov/fr

 

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 18:27


Tandis que, dans le monde entier, gouvernements et collectivités s'activent à venir en aide à la population haïtienne frappée le 12 janvier par un terrible séisme, les musulmans des États-Unis se mobilisent eux aussi en organisant des collectes de contributions et en s'associant à diverses organisations tant confessionnelles que laïques.


Un exemple insigne de cet esprit de coopération face à la pire calamité sans doute de l'histoire d'Haïti est la collaboration interconfessionnelle établie de longue date entre Islamic Relief USA (Secours islamique USA) et l'église mormone.

 

« Nous sommes associés à l'église mormone pour l'envoi de colis d'aide contenant des trousses d'hygiène et des abris provisoires » a déclaré un responsable d'Islamic Relief USA, Naeem Muhammad, à America.gov au sujet des secours prévus pour Haïti. « Nous avons beaucoup travaillé ensemble, notamment en Indonésie lors du tsunami et au Pakistan après le tremblement de terre. » M. Muhammad a dit que son organisation devait envoyer une équipe de spécialistes dans les prochains jours pour faire le bilan des besoins de la population.

 

La précarité d'Haïti n'est certes pas une nouveauté pour la fondation Zakat of America. Son directeur Khalil Demir a indiqué à America.gov qu'elle était déjà associée à la fondation californienne What If ? pour l'administration d'un programme d'alimentation d'enfants de Port-au-Prince. La présidente de What If ?, Margaret Trost, a salué l'appui que lui apportait la fondation Zakat.

 

« La fondation Zakat, a-t-elle dit à America.gov, nous a permis de nourrir ces enfants en grande partie grâce au don qu'elle nous a fait l'an dernier. » Aujourd'hui, les deux associations s'unissent afin d'envoyer des secours d'urgence aux sinistrés d'Haïti. La fondation Zakat s'est donné pour mission d'affréter deux avions-cargos pour Haïti chargés de fournitures d'urgence.

 

La collecte de contributions en faveur des victimes du séisme revêt une importance extrême aux yeux de ces associations musulmanes et d'autres aux États-Unis. Islamic Relief USA a lancé un appel mondial visant à réunir 1 million de dollars tandis que la fondation Zakat a annoncé une aide immédiate de 50.000 dollars.

 

« La réaction des gens à notre demande d'aide a été extraordinaire. Elle est pareille à ce qu'elle aurait été dans des pays musulmans, nous recevons des dons continuellement », a déclaré M. Demir de la fondation Zakat.

 

La Société islamique d'Amérique du Nord (ISNA), pour sa part, a créé un fonds spécial d'aide d'urgence à Haïti. Selon son secrétaire général Safaa Zarzour, « nous avons pris cette initiative parce que nous avons conscience de l'ampleur du désastre et que nous sommes moralement tenus de contribuer à l'atténuation des souffrances en Haïti ».

 

À l'échelle locale, les musulmans des États-Unis font des dons aux sinistrés du séisme à travers l'ISNA et d'autres grandes associations islamo-américaines. Au sein de la communauté musulmane de Chicago, qui compte 400.000 âmes, des collectes de fonds ont été engagées en faveur des victimes, a indiqué Kiran Ansari, directeur par intérim du Conseil des organisations islamiques de la région de Chicago.

                                                                                                                                     

« Nous avons mis sur pied un fonds dont nous redistribuerons les ressources à des associations telles que la fondation Zakat et Islamic Relief USA », a déclaré M. Ansari à America.gov. « Nous avons diffusé un appel à tous les khatibs des mosquées de la région afin qu'ils évoquent la situation en Haïti lors de leur sermon du vendredi. »

 

M. Ansari et d'autres représentants de la communauté islamo-américaine ont clairement affirmé que les secours à Haïti revêtaient un haut degré de priorité : « Il n'est pas nécessaire que la cause soit centrée sur une question musulmane. Les musulmans de Chicago ouvrent leur bourse généreusement à tous leurs voisins », a affirmé M. Ansari.

 

Source : http://www.america.gov/fr

 

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