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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 12:28

alpha.jpgMborré ! Goby Condé, le chauffard de la voiture à quatre roues de Sékoutoureya, n’est vraiment pas un chef d’Etat respectable et respectueux. Il ne se dépêtrera jamais de sa vêture d’opposant rugueux, arrogant, ignorant et mal élevé. C’est un Gobykhamé pur et dur. Un resquilleur, un ingrat doté d’un esprit de clocher, un flambard dissolu qu’on accuse à raison de mener en cachette une vie contre nature.

 

Hé ! Toi, là ! Ne te renfrogne pas. Ne grimace pas. Calfeutré dans ton strapontin à tondre un œuf dans les dédales du régime de ton alter ego. Ne te risque surtout pas à vouloir rompre des lances avec nous pour défendre l’indéfendable.

 

Tu as vu de tes propres oreilles et entendu de tes propres yeux les gaffes de Gobykhamé à Paris. C’est incroyablement vrai : il a catégoriquement interdit l’accès de sa conférence de presse à Paris aux journalistes africains. Il a exigé à tailler une bavette exclusivement avec des journaleux occidentaux. Aux journalistes nègres : allez, ouste, dehors ! Un confrère, dans l’émission de Francis Lalloko de Africa n°1, choqué par ce frasque de Gobykhamé, soutient qu’on ne peut « aimer l’argent de l’Afrique » et ne pas aimer les africains. Il embraye que nos politicards cessent d’être démocrates dès qu’ils montent aux trônes. L’exemple du président Abdoulaye Wade en surplus est aussitôt balancé au micro.

 

Dans cet esprit de mépris et de méfiance à l’égard des journalistes nègres, Goby Condé a préparé un entretien à portes closes avec des journalistes occidentaux de RFI qui ne l’embêtent pas avec de mauvaises questions.  Ils lui ouvrent le boulevard et il s’enferre à prouver qu’il est imprégné de tout et tout dans le monde. Il n’a pas les diplômes d’un Abdoulaye Wade et ne parle pas éloquemment comme un Sékou Touré mais somme toute, il est « un prési international ». 

Hey, Mborré ! Ce n’est pas une question de rancune ou d’énervement contre Goby Condé. On se garde bien de lui chercher la petite bête. D’ailleurs avec lui, la réalité nous borne. Avec lui, les faits parlent éloquemment. Il a vraiment la mémoire courte. Est-ce qu’il se souvient seulement du combat titanesque que les journalistes guinéens de la presse privée et africains ont abattu pour le défendre dans son inoubliable procès que l’Etat guinéen avait bel et bien eu raison de lui intenter ?

 

Avec les bénédictions de Dougoudougou Compaoré du Burkina Fasso, Gobykhamé avait fait massacrer des Guinéennes et des Guinéens par ses miliciens armés et soutenus par le tyran du Fasso. Que de familles entières exterminées en région Forestière par les rebelles au compte de Goby Condé ! Franchement en quoi Hussein Habré est-il plus cynique et criminel que ce dernier ? Ils sont kif-kif.

 

L’obsession de Gobykhamé aussi était de s’emparer du trône par tous les moyens antidémocratiques. Pour y arriver, il a attisé la discorde et la haine ethnique avec des propos bâtards qui ont incité des malinkés à pourchasser des peuls vivant à Kouroussa, à Siguiri et à Kankan. Nous avons tous été témoins de cette chasse au faciès en Haute Guinée.

 

« Connais-tu cette dame, journaliste à la télévision nationale, dont la maman vivait à Kankan depuis plus d’un quart de siècle ? Figure-toi que sa maman y a été chassée pendant les évènements électoraux et elle vit maintenant à Labé », nous confie cette ponte du nouveau régime. Qui nous déclare sans ambages : « Les élections présidentielles du deuxième tour n’ont pas du tout et pas du tout été transparentes en Haute Guinée… » C’est  indiscutable. Vous savez ! Comme le dit Patrick de Saint-Exupery : « Les meilleurs tours s’usent. On a beau multiplié les écrans de fumée, la réalité finit par percer. » Sûr, sûr.

 

En effet depuis son resquillage à la présidentielle guinéenne, Goby Condé collationne les indices sur son hold-up électoral réussi avec la connivence de Sékouba Konaté du CNDD et de Siaka Toumani Sangaré de la CENI. Ce n’est pas fortuit si Goby est allé faire ribote, à l’occasion de son tout premier anniversaire en tant que roitelet du bled, chez Amadou Toumani Touré à Bamako. « J’ai décidé de venir au Mali pour fêter mon anniversaire pour montrer que le Mali est mon pays. »

 

A Wouyya ! Il ment effrontément. Farfouillez dans les comptes bancaires de Siaka Toumani Sangaré, vous comprendrez alors toute la portée politique de ce propos. Goby est redevable au Mali de Siaka Toumani Sangaré. Ce n’est pas compliqué à piger. C’est pourquoi ATT joue l’imbécile en pompant conséquemment son hôte : « Le président vient à point nommé car on avait besoin de sang neuf. »

 

Certains au Mali sont vraiment bizarres. Si ce n’est pas un Salif Keïta qui déifie le sanguinaire Sékou Touré ou glorifie le pharaon du CNDD qu’est Moussa Dadis Camara pour récolter des brassées d’or et de diamant, c’est un ATT qui joue maintenant au « gnarrimakha » ou laveur de chat de Goby qui se prend à vouloir péter plus haut que son cul dans les conflits qui gangrènent la Côte d’Ivoire et la Libye. Rien de rien ne s’est passé de tout ce qu’il a préconisé lors de sa visite à Bamako pour la Libye du dictateur Kadhafi.

 

Hé ! C’est du sang contaminé d’ethnocentrisme, d’incompétence, de nullité, de mégalomanie, de narcissisme, de cynisme froid que Goby Condé apporte à ses pairs africains dont la plupart ne sont d’ailleurs pas démocrates dans l’âme. C’est pourquoi il ne peut qu’être à l’aise auprès d’un Dougoudougou Compaoré ou d’un Robert Gabriel Mugabe du Zimbabwe. Comme ces tyrans, Goby rabroue ses ministres et rejette leurs idées. Il ne les écoute pas. Il n’écoute que son âme damnée et Bernard Kouchner, l’homme d’affaire français qui a fait ses preuves de roublard et de sangsue au Gabon et en Birmanie à s’enrichir illicitement même s’il faut marcher sur les cadavres des populaces. A part lui et celui-ci, Goby considère tous les autres comme du caca et refuse toujours de se dépêtrer des ministres criminels Hâman Claude Goliath Pivi et Thiégboro Camara qui flanquent la trouille à leurs collègues à chacune de leurs apparitions en conseils des ministres et leur rappelle de façon atroce les massacres et les viols commis au stade du 28 septembre de Cona-crimes. Paraît que Hâman Claude Goliath Pivi et Thiégboro représentent un gros caillou dans leurs souliers rutilant de cirage. Goby ne veut pas se débarrasser d’eux. Parce qu’il ne fait pas trop confiance à l’armée guinéenne.

 

De toutes les façons, les bidasses Aboubacar Toumba Diakité, Thiégboro, Sékouba Konaté, en fait le pharaon du CNDD et sa bande de tueurs, doivent répondre de leurs crimes devant le Tribunal Pénal International.

 

Ecoute, Goby ! Cesse de raconter des imbécilités sur une prétendue réconciliation nationale pour masquer l’impunité des crimes commis que tu défends à tort. Tu sais ! Ces pauvres femmes violées au stade du 28 septembre sont traumatisées à jamais. Elles s’effarouchent et paniquent dès qu’elles voient des bérets rouges.

 

Par ailleurs sache que la réconciliation entre les Guinéens n’implique pas ipso facto l’absolution, le gommage des crimes perpétrés sciemment par des connards sans foi ni loi. Arrête de paraphraser insidieusement le criminel Augusto Pinochet Ugarte du Chili qui en janvier 1993 cancanait cette énormité : « La réconciliation signifie effacer tout ce qui s’est passé. » Tu vois ! Ne fais pas l’imbécile comme Pinochet.

 

Tu sais aussi ! Ce qui est arrivé à Dadis flingué en pleine journée peut frapper n’importe qui au pouvoir. Parce que la Guinée n’a pas une armée républicaine et professionnelle mais plutôt « des hommes en armes ». Bon ! Fais comme tu l’entends ou comme te le conseille Bernard Kouchner.


De notre côté, nous ne baissons pas les bras. Le combat continue.

 

Justement : cher compatriotes, n’oubliez surtout de prendre part à la signature du roman de votre écrivailler : « Territoire des mémoires ! » publié le 11 janvier 2011 chez L’Harmattan. Tous les vétérans, poulains et jeunes loups du net guinéen sont conviés à la cérémonie qui aura lieu dans la rue des écoles au 21 bis 75005 Paris. Métro Maubert-Mutualité sur la ligne 10. Sortie Maubert-Mutualité. Vous remontez une petite élevation d’une centaine de mètres environ et vous tombez dans ladite rue. C’est de 19 h à 21h. Soyez là à l’heure. On va potiner.

 

Benn Pepito   

      

 

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 21:00

Le camarade AC, « frauduleusement élu » vient d’effectuer, après un forcing pour se faire inviter,  sa première visite officielle en France. Un flop sur le plan médiatique car le moment était mal choisi : l’emploi de temps de Mr Sarkozy (présidence du G20, crise libyenne, élections cantonales en cours, présidentielle à venir, débats sur la laïcité, etc.) qu’il veut tant saluer étant trop chargé. Par ailleurs, Rfi étant en grève avait bousculé ses programmes habituels. Même la chaîne de TV France2 n’a pas parlé de l’arrivée de Condé, non pas par boycott mais par insignifiance de l’évènement !

 

Quelques jours auparavant, le camarade était à Bamako chez ATT pour y partager, entre autres, un gâteau (de sorgho ?) d’anniversaire (les bougies devraient être plus chères que la pâtisserie !). Il n’a toujours pas visité la Guinée profonde pour remercier ses électeurs. Pas trop grave car ses « vrais électeurs » sont à la CENI, donc à Conakry.

 

Mais revenons à l’étape parisienne d’AC que tout chef d’Etat africain, élu ou nommé, estime obligatoire comme examen de passage destiné à son opinion nationale. Pour cet examen, je ne connais pas les notes obtenues à l’écrit pour AC mais son oral est raté. Si notre « roi » n’était que nu, nous l’aurions habillé même dans une friperie mais il est nul et personne ne peut lui donner des cours particuliers. AC n’est pas perfectible; on n’améliore pas ce qui est pas nul, on crée autre chose !

 

Pour sa visite, une grotesque « mamaya » était prévue. J’ai même appris que l’infatigable ambassadrice Makalé avait préparé 3 000 pagnes à distribuer (sur de douteux critères) pour les festivités, de quoi habiller une ville moyenne ! N’aurait-elle pas pensé à la météo parisienne plus supportable pour des « manteuses » (dans le sens de porteuse de manteau à qui il peut arriver d’être menteuse) que pour des « robeuses » ou des « pagneuses » ? Une pantalonnade aux conséquences dramatiques pour une carrière diplomatique décidément « mal calée » !

 

Je ne reviens pas sur la réception d’AC par le patronat français. Le camarade, incapable de capter son auditoire a été déstabilisé et n’a pas su vendre (attention, dans le bon sens du terme !) notre pays aux investisseurs. Ceux-ci l’achèteront bien sûr, mais à quel prix ?

 

Plus inquiétant, est la rencontre organisée entre le camarade AC et ses compatriotes ! J’invite tous à en regarder les images. Certains étaient refoulés pour des raisons ethniques, prouvant ainsi qu’AC n’est pas le Président des Guinéens mais de certains Guinéens. Un tri sélectif au parfum d’Apartheid ! Si tu as le faciès peulh, c’est que tu as soutenu Cellou et que tu n’as pas le droit d’approcher Condé car tu lui veux nécessairement du mal ! Eh, ALA ! Eh, KELA ! (Oh DIEU, Oh  Prophète !). Vouloir approcher quelqu’un ne signifie nullement qu’on l’admire ; c’est quelquefois par curiosité et pour l’écouter.

 

En revanche, j’ai bien écouté AC sur Rfi ce 27 mars 2011. Paroles, paroles, ….comme le disait une célèbre chanteuse ! C’était d’une platitude déconcertante aussi bien sur la forme que dans le fond. Il parle plus de l’OUA que de l’Union Africaine (un juriste qui aurait enseigné à la Sorbonne se devrait d’être plus puriste au niveau de son vocabulaire). Dans son discours, il y a trop de « je », ce qui cache mal son jeu révélé par son lapsus « …moi, en tant qu’Etat … ». Tout est-il légal si AC le veut ?

 

Sur les crises libyenne et ivoirienne, AC a préféré grimper vite pour s’abriter derrière l’Union africaine (où le président Ping pond des vœux piteux sans effet) que de se mouiller. Aurait-il peur de rappeler simplement une position collégiale ? Un gouvernement d’union en Côte d’Ivoire, mais comment ? Ce qui a beaucoup choqué c’est son emploi du mot « bâtard », inadmissible même dans le cadre d’une citation. En matière d’investissements en Guinée, AC qui n’est pas à une contradiction près affirme que notre pays ne sera pas une chasse gardée de qui que ce soit mais qu’il appuiera la France à laquelle il est attaché ! Tel est le nuage AC qui est toujours là même s’il change de forme.

 

En ce moment, bon nombre de nos compatriotes s’apprêtent à publier le bilan des « 100 jours de Prési  Condé » ! Je laisse le soin au Guinéen de base d’apprécier l’action d’AC dont les 6 axes prioritaires, que je rappellerai toujours, sont les suivants :

 

« - unité nationale dans le respect de la démocratie et des libertés fondamentales ;

- autosuffisance alimentaire

- école et santé pour tous, avec prise en charge des enfants et des femmes enceintes

- développement basé sur l’agriculture et la transformation du secteur informel productif

- programme de réformes structurelles en partenariat avec tous les secteurs d’activité

- encourager l’investissement étranger. »

 

Je pense personnellement qu’AC a déjà échoué tout simplement parce qu’il est incapable de diriger un pays. Incapacité intellectuelle (sa misère est hallucinante) et incapacité politique (il divise les Guinéens).

 

Sur le premier point, je me demande vraiment sans polémique ce qu’AC a fait comme études en France. Du droit ou de la poterie ? Je ne sais pas ce qu’il peut faire avec ses doigts mais en matière de droit, ce n’est pas une lumière.

 

Sur le second point, pourquoi tant de haine à l’égard des Peulhs ? Pour lui, les « Peulhs de Guinée » ne sont que des « Peulhs en Guinée » ! AC a tout fait pour dresser les Soussous contre les Peulhs mais il a échoué et je le répèterai encore ! Quel courage que de s’attaquer à des civils non armés tout en ménageant les militaires qui se croient tout permis ! AC risque cependant d’être désagréablement surpris. Avec son arrivée au pouvoir, le nouveau slogan à Conakry est : « nouveau chef, nouvelle famine ! ». Certaines femmes disent, non sans humour, qu’il faut descendre immédiatement le bébé qu’on vient de porter au dos dès qu’il y urine avant qu’il ne satisfasse un autre besoin plus délicat à gérer.

 

Même au niveau de son alliance politicienne, AC n’arrive pas à maintenir l’unité. Le RPG  d’un côté et ses « aliénés » de l’autre se bouffent le nez (quand on voit le nez de Fall, il y vraiment de quoi bouffer !). Le gouvernement mis en place par AC est trop ethnocentriste et n’ayons pas peur d’appeler une chose par son nom. Il est évident que les ministres non malinkés sont doublés de malinkés pour les surveiller. Un cadenas « sékoutourien » rouillé dont seul AC détient la combinaison (ou plutôt la combine !). Dans ces circonstances je suis surpris du silence monacal de Papa Koly Kourouma et de Bah Ousmane. Qu’empêche ce dernier d’utiliser ne serait-ce que 0,5% de sa dignité pour démissionner ?

 

Il y a trop de déçus dans le camp AC dont beaucoup souhaitent le remplacement mais seulement par un les leurs. Ils le préfèrent encore à tout Peulh et beaucoup de gesticulations ne sont que du cinéma ! Pourtant, en tant que communauté, les Peulhs ne posent pas de problèmes en Guinée, leur pays dont ils sont des citoyens que certains traitent entièrement à part. Ils y rencontrent des problèmes dont AC, allergique à leur présence dans la sphère politique. Qu’il le veuille ou non, AC est obligé de compter avec les Peulhs. Pourquoi ? La réponse est simplement arithmétique : C’est parce qu’on ne peut pas les compter qu’il faut compter sur eux !

 

Si AC est coincé au niveau national, rien ne semble s’arranger pour lui au niveau international. Kadhafi, le panafricaniste spécialiste de la chasse aux les négro-africains, va bientôt finir. Ce qui le préoccupe maintenant, c’est plus sa survie physique et celle financière de sa famille que le devenir d’un vassal africain. Compaoré a perdu de sa superbe au Burkina et ses concitoyens n’ont plus peur de l’affronter. Ouattarapolitiquement affaibli serait, enfin, sur le point de s’installer à la Présidence mais le départ de Gbagbo ne signifie pas la disparition de ses partisans. La Côte d’Ivoire, coupée en deux, ne sera pas facile à pacifier !

 

Pauvre Condé qui avait promis un bon changement ; ne serait-il pas temps de dire : « Bon sang,  je mens ! ?

  

AC a fait une visite en France où des ordonnances lui ont été prescrites. A quand sa contre visite?

 

Je vous salue !

 

Ibrahima Kylé Diallo

pour www.kylediallo.info partenaire de www.BanabanaNews.org

 

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 21:28

pick pocketLe vieux molosse ne se débarrasse jamais de sa déhontée façon de s’asseoir, écrivait le célèbre écrivain ivoirien, le regretté Amadou Kourouma dans son roman ‘’Le soleil des indépendances.’’


En Guinée, cette vérité des temps, reprise par l’écrivain s’applique malheureusement mais parfaitement au contexte économique, sociopolitique mais surtout administratif de notre pays qui, pourtant, depuis le 21 décembre 2010, date de l’investiture du nouveau président de la République, amorce une nouvelle ère, celle du changement. 

Ce ‘’changement’’ qui constituait le slogan de campagne de l’actuel chef d’État et qui continue à être le leitmotiv de sa politique générale quinquennale, est aujourd’hui mis à rude épreuve de par le comportement et l’agissement quelque peu immoraux et illégaux de certains guinéens qui sérieusement ont maille à partir avec la normalité. 

Cette attitude à la fois regrettable que méprisable peut être constaté tant au sein de la population que dans l’administration. Pire, la gangrène du phénomène fait ravage jusque dans des services pourtant supposés être les béquilles de l’État et des citoyens en cas de constat d’un tel fait. 






C’est le cas pour des agents de police qui sont chargés de contrôler et vérifier, dans les règles de l’art, les passagers et bagages sortant et entrant sur le territoire guinéen à partir de l’aéroport. 

En effet, force est d’observer de nos jours que certaines ‘’brebis galeuses’’ parmi les agents de police guinéenne, malgré ce vent de changement soufflant sur le pays, au lendemain de l’élection du nouveau président qui rappelle à chaque occasion la nécessité d’une rupture tant dans la gouvernance que dans les mentalités des guinéens, continuent à outrepasser leur prérogative. 

En se livrant à des actes vicieux, ignominieux, abjects et d’une bassesse avilissante portant dangereusement atteinte à l’honneur de la Guinée et de sa police aux yeux des personnes qui en ont été victimes ou qui en ont été témoins. 

Ces pratiques d’une autre ère consistent pour certains agents de police à arnaquer des étrangers ou à voler des devises dans leurs portefeuilles lors des derniers contrôles qui s’effectuent le plus souvent à la veille du départ des vols sur l’aéroport international de Conakry-Gbessia. 

Le week-end dernier, un investisseur étranger blanc, de retour pour son pays, en a fait l’amère expérience avec les agents de police. Mais qui n’a cependant pas manqué de faire à Guinéenews© le récit de ce qui lui est arrivé au dernier moment de son départ de la Guinée. Voilà l’intégralité du récit de cet investisseur qui a requis l’anonymat. Un témoignage qui du reste ternit l’image des services de police mais de toute la Guinée qui a, aujourd’hui, besoin de ces investisseurs étrangers pour rapidement relancer son économie. 

« On disait qu’il y a des pirateries maritimes dans les eaux guinéennes, mais je vous dis qu’il existe aussi un autre type de piraterie à l’aéroport de Conakry (juste après le dernier poste de contrôle et de vérification des sacs à main et le corps par Xray) certains pirates avec des tenues de policiers. 

L’un des trois policiers m’a demandé si j’ai des devises avec moi ou non. Respectueux comme toujours de la police, j’ai dit oui. Les deux policiers (un avec la chemise blanche et l’autre avec la chemise bleue) m’ont conduit dans la cabine avec le rideau orange (plan de lieu ci-joint) et leur ai montré toutes les devises que j’avais apportées avec moi pour la durée de mon séjour à Conakry. Ensuite, ils ont commencé à voir toutes mes poches. 

En vérifiant mon portefeuille, l’un entre eux (policier avec la chemise bleue) voulait prendre un billet de 500 euro. Je l’en ai empêché. Il a hésité un instant. Finalement, il n’a pris qu’un billet de 100 (cent) euros à la place de 500 euros…. Après, il m’a rendu mon portefeuille. 

Vu le manque de temps (moins de 20 minutes de l’heure de vol), j’ai évité de contester leur action qu’on pourrait considérée comme un vol, une ‘’piraterie’’. Vraiment, c’est dommage !

Mais après l’histoire de Riviera Royal l’hôtel !!! Je suis vraiment désolé pour cette situation à l’aéroport de Conakry. C’est un cas de vol, de la pure ‘’piraterie’’. Ce qui est inadmissible. 

Pauvres, les étrangers qui viennent en Guinée pour faire quelque chose pour le bien de son peuple et qui au dernier moment, deviennent victimes par le comportement de certains policiers de l’aéroport. Vu le manque de temps avec des risques pour eux de perdre leur vol, les visiteurs ne disent rien et quittent le pays avec un mauvais souvenir. 

100 euros n’est pas grand-chose mais, l’action et le résultat de ce type de piraterie ne saurait être que négatif pour l’image, les intérêts et le développement de Guinée. 

J’espère que le Pr. Alpha Condé, le gouvernement actuel et le ministère de tutelle prendront une décision pour punir ce type de piraterie cassant l’image du pays à l’étranger. Surtout qu’après la dernière élection présidentielle, la plupart des étrangers qui viennent en Guinée sont des investisseurs ou financiers internationaux. 

Je termine, en dépit de tout, par souhaiter un bon avenir pour le développement durable de Guinée, ce pays respectable. »

 

Source : Guineenews

 

*Le titre est de notre rédaction


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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 20:32

listeDans son discours de « politique générale » vendredi dernier au Conseil national de transition, le Premier ministre Mohamed Saïd Fofana a donné officiellement les motifs de la résiliation du contrat de GETMA International avec l'Etat guinéen. Suite a cette première déclaration d'un membre du gouvernement d’Alpha Condé sur cette affaire, Richard Talbot, Président de NCT Necotrans a écrit une lettre ouverte adressée à M. Fofana. Nous vous livrons l'intégralité de ladite lettre :

 
Lettre ouverte de Richard Talbot, Président de NCT Necotrans, au Premier ministre du gouvernement de la République de Guinée

Monsieur le Premier Ministre
Conakry
République de Guinée

Paris, le 22 mars 2011

Objet : Résiliation unilatérale de la convention de concession du 22/09/08

Monsieur le Premier Ministre,

J’ai pris connaissance avec stupeur de votre déclaration de politique générale du 18 mars courant.

A travers cette intervention, le gouvernement de la République de Guinée s’est officiellement exprimé pour la première fois sur les motifs allégués de la résiliation brutale du contrat de concession signé avec Getma International le 22 septembre 2008. Il a également communiqué sur la signature avec le groupe Bolloré, d’un contrat de gré à gré englobant la même concession.

Jusqu’à présent en effet, les seules explications et les seules informations dont nous disposions émanaient du nouveau concessionnaire que s’est choisi votre gouvernement, à notre détriment.

Permettez moi donc d’exprimer ici, Monsieur le Premier Ministre, toute ma surprise, mon étonnement et ma réprobation de voir que des décisions aussi graves ont pu être prises sur la base d’éléments complètement erronés.

Au moment où M. Alpha Condé, le nouveau Président de la République de Guinée vient en visite officielle en France et prévoit d’y rencontrer les entreprises susceptibles d’investir dans son pays, de telles décisions ne sont pas de nature à rassurer les milieux d’affaires français ;  je veux revenir dans le cadre des procédures judiciaires sur les points évoqués.

 

L’existence de « manquements » de Getma International à ses obligations :

Ces prétendus « manquements » simplement évoqués dans le décret du 8/03/11 relatif à la résiliation, s’ils existent, ils n’ont jamais été portés à notre connaissance.

Or la Convention de concession du 22/09/08 est très précise en la matière et prévoit notamment en son chapitre 4, toutes les dispositions relatives au règlement des litiges ou différends.

Mieux, par courrier du 25 janvier 2011, le Directeur National de la Marine Marchande adressait encore au concessionnaire des félicitations de la part du Ministre délégué aux Transports !

Lorsque j’ai compris, à travers de documents qui nous sont parvenus que dès le 08/02/11, le Directeur Général du Port et son Directeur technique entendaient proposer à leur conseil d’administration la « résiliation pure et simple » du contrat de concession de Getma International et ce sur la base de documents truffés d’erreurs et d’inexactitudes, j’ai fait préparer un dossier intitulé « Port de Conakry : la vérité et les preuves » qui réfute point par point, preuves à l’appui, tous les éléments avancés par nos détracteurs.

La large diffusion de ce document auprès des autorités et des membres du conseil d’administration du Port, et auquel aucun démenti n’a été apporté, a obligé nos détracteurs à trouver un autre mode opératoire.

L’exonération d’impôts dont bénéficie Getma International :

Contrairement à ce que vous avez déclaré devant la nation, Getma International n’est pas et n’a jamais été exonéré de tout impôt.

La convention de concession du 22/09/08 prévoit la simple application, au bénéfice de Getma International, des dispositions de la loi BOT, en son article 9.6 notamment. Les exonérations prévues y sont limitées à la durée des programmes d’investissements ferme et complémentaire, soit 3 ans et 5 ans. Une stricte application des dispositions de la loi aurait permis à Getma International de bénéficier des exonérations prévues sur toute la durée d’amortissement de ses investissements.

Ce n’est pas ce qui a été retenu et vous ne trouverez nulle part dans ce texte une exonération portant sur 25 ans.

Les références produites par Getma International :

L’offre de Getma International a fait l’objet d’un examen poussé par la commission technique chargée de l’analyse des offres.

Les références produites par chaque concurrent ont été examinées, leur véracité attestée et notre offre a été retenue comme la plus performante.

Getma International a depuis administré la preuve de sa capacité à gérer et à développer le terminal en faisant passer la production de 90.000 EVP en 2009 à 120.000EVP en 2010, à la satisfaction des armateurs dont les courriers de félicitations sont tenus à votre disposition.

Enfin Getma International a tenu son engagement de faire venir de nouveaux armements au Port de Conakry. C’est ainsi que son partenaire MSC a ouvert de nouvelles lignes pour desservir ce port dans lequel il représente déjà 17 pour cent de parts de marché dans un trafic en forte croissance.

Ce n’est que depuis le 1er juin 2009 nous avons commencé à exploiter le Terminal et nous avons mis en service les grues mobiles que nous avions acquises et acheminées dès le mois d’avril 2009, pour un montant d’investissement de près de 8 millions €, à un moment où personne n’osait plus investir en Guinée à cause de la situation politique.

Les conditions pour engager le programme d’investissement ferme n’ont été réunies qu’à partir du 23/03/10 après la remise par le Port du terrain de la Gare ferroviaire par lequel devait démarrer ce programme.

Malgré toutes ces difficultés, ces embûches et ces retards du fait du Concédant, j’ai maintenu le cap et scrupuleusement respecté mes engagements. Tout cela m’a conduit, avec la confiance que je plaçais en l’avenir de votre pays, à y investir plus de 30 millions € entre le 22/09/08 et le 08/03/11.

Pour conclure cet exposé qui était malheureusement nécessaire à l’établissement de la vérité, je voudrais vous dire le sentiment que j’éprouve d’avoir subi une profonde injustice qui cause un préjudice considérable à mon entreprise et à mes collaborateurs.

J’entends donc utiliser tous les moyens de droit et tous les moyens de communication afin d’obtenir la réparation complète de ce préjudice comme cela est d’ailleurs prévu par la convention de concession et le rétablissement de mes droits.

Je vous prie d’agréer, M. le Premier Ministre, l’expression de ma considération respectueuse.

R. Talbot
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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 12:02

En presque trois mois d’intervalle, nous venons d’assister coup sur coup à l’épilogue de deux transitions militaires, survenues après des coups d’état et conduisant à une élection présidentielle. D’abord en Guinée, ensuite au Niger.

 

Ce qui nous intéresse dans cet article, c’est de voir les conditions ayant conduit à ces changements brutaux ou forme de dévolution du pouvoir ; le déroulement de cette transition, les conditions ayant prévalu avant et entre les deux tours de l’élection présidentielle ainsi que la position des autorités de la transition vis-à-vis du jeu démocratique qu’à constitué le choix du Président. 

 

Le coup d’état en Guinée intervint le 23 décembre 2008, après un blocage politique de plusieurs années, avec le président Lansana Conté très malade et ne contrôlant plus rien, donc ne dirigeant plus de fait le pays. La preuve, le conseil des Ministres ne se réunissait plus depuis des mois. Il y avait une absence totale de dialogue politique.

 

Dans un régime normal et en respectant les dispositions de la constitution de 1992, la vacance du pouvoir aurait du être déclarée par le Président de la Cour suprême, sur saisine de celui de l’Assemblée nationale dont le mandat était arrivé à échéance un an auparavant. Sur ces entrefaits, le Président meurt.

 

Les militaires, avec à leur tête le Capitaine Moussa Dadis Camara prennent sans effusion de sang le pouvoir laissé vacant.

 

Après le massacre du 28 septembre 2009 au stade du même nom, ayant entrainé plus de 150 morts et des centaines de blessés, et qui faisait suite à la volonté affichée de M.D. Camara de ne plus respecter son engagement de départ disant vouloir rendre le pouvoir aux civils et ainsi de confisquer le pouvoir, le Capitaine subit une tentative d’assassinat, le 3 décembre 2010, de la part de son aide de camp Aboubacar Toumba Diakité. La transition connaitra une deuxième phase avec à sa tête le Général Sékouba Konaté qui en devient le président par intérim.

 

Les accords de Ouagadougou seront signés le 15 janvier 2010 et préconiseront l’élection présidentielle dans les six mois avec interdiction à tous les membres civils et militaires de la transition de s’y présenter. Le délai pour le premier tour fut tenu pour le 27 juin 2010, alors que le deuxième tour n’eût lieu que quatre mois plus tard, après de multiples reports et soubresauts ponctués de drames humains  et qui ont fragilisé le tissu social.

 

Au Niger, après deux mandats successifs et dix ans d’exercice du pouvoir avec un bilan économique satisfaisant, le Président Mamadou Tandja entreprit la modification de la constitution pour faire sauter le verrou de la limitation de mandat à deux. Ce, malgré l’opposition de l’assemblée nationale, de la cour constitutionnelle, d’une frange des membres de son propre parti, le Mnsd Nasara, de la CDEAO, de l’UA, de la communauté internationale, etc. au prétexte qu’il n’avait pas fini son œuvre.

Il réussira à modifier la dite constitution, en prolongeant son deuxième mandat de trois ans et en s’offrant la possibilité de se présenter ad vitam aeternam aux élections à venir.

 

Des militaires, avec à leur tête le Général Salou Djibo firent un coup d’Etat le 18 février 2010 et le déposèrent, en faisant la promesse d’organiser des élections dans un délai d’un an, avec la mise en place d’une nouvelle constitution et l’impossibilité pour tous les membres de la transition de s’y présenter.

 

Ils ont en six mois organisé plus de six consultations électorales allant des communales à la présidentielle en passant par les législatives. Entre temps, la constitution a été adoptée par référendum à la différence de la Guinée où elle a été adoptée par décret présidentiel.

 

En Guinée les militaires étaient au pouvoir depuis le 3 avril 1984, soit vingt six ans, alors qu’au Niger, le pouvoir, après un court intermède militaire, est revenu aux civils.

 

Dans le premier cas, celui de la Guinée, les militaires ont été contraints et forcés de rendre le pouvoir aux hommes politiques, après une mobilisation des forces vives de la Nation alors qu’au Niger les mêmes acteurs étaient déjà intervenus dix ans auparavant, en 1999. Ils avaient par la suite organisé des élections, après une courte transition, et rendu le pouvoir aux civils. A chaque fois qu’ils sont intervenus c’était en faveur de la légalité constitutionnelle.

 

Nous voici donc dans une transition militaire avec des arrières pensées de part et  d’autre.

 

En Guinée, l’on a l’impression que le président par intérim est la seule personne à vouloir tirer l’attelage vers la fin de la transition le plus rapidement possible. D’où la fixation de la date du premier tour de la présidentielle pour le 27 juin 2010. Et de menacer plus d’une fois de rendre le tablier si les politiques ne se mettaient pas d’accord pour aller aux consultations.

 

Entre les deux tours, le président par intérim était le plus souvent aux abonnés absents au lieu de taper du poing sur la table pour pousser les acteurs à s’entendre et aller aux urnes. Ainsi il s’écoula quatre longs mois entre les deux tours, au lieu des deux semaines telles que prévues par la constitution. De reports en reports, ponctués de conflits autour de l’organe censé superviser et organiser des élections transparentes et démocratiques.

 

En fait, la Céni n’a jamais vraiment joué le rôle impartial qu’on attendait d’elle. Elle semblait recevoir des ordres venus d’ailleurs et obéir à des choix faits par d’autres, tapis dans l’ombre. Elle avait apparemment fait son choix entre les deux protagonistes. Toutes les réclamations de l’une des parties étaient prises en compte, alors que les réserves de l’autre camp ne l’étaient jamais. Sauf une seule fois, pour un report d’une semaine de la date du deuxième tour, après les folles rumeurs d’empoisonnement des militants de l’Alliance Arc en ciel, au Palais du Peuple à Conakry, suivies de la chasse aux militants de l’Alliance Cellou Dalein à Siguiri et Kouroussa. Aucune des revendications du camp du perdant n’a été examinée ni par la ceni, ni par la Cour Suprême.

 

Après la proclamation des résultats du second tour, le candidat Cellou Dalein Diallo déclaré perdant, fit une déclaration courageuse et se plia à la décision de la cour suprême, malgré les rancœurs qu’il éprouvait. Pour maintenir la paix sociale dira t-il !

 

Au Niger par contre, ce fut une campagne policée comme seuls les nigériens en ont le secret. Les alliances se sont nouées après le premier tour et nous avons eu deux blocs regroupés autour d’une part Mr Mahamadou Issoufou, opposant de longue date qui se présentait pour la quatrième fois à ce scrutin, et d’autre part de Mr Seyni Oumarou, ancien premier ministre.

 

Le premier nommé est finalement arrivé en tête avec 57,95% des voix exprimées contre 42,05% pour son challenger.

 

Ce dernier a reconnu sa défaite, félicité son adversaire, et dit qu’il ne déposerait aucun recours devant la cour constitutionnelle. Il lui a même souhaité bon vent dans l’intérêt du Niger. Il a aussi dit qu’il souhaitait jouer le rôle d’une opposition constructive. Car dit-il c’est cela aussi la démocratie.

 

Une chose frappante encore, la région d’origine du candidat élu Mahamadou Issoufou, qui est Haoussa, a voté en majorité pour son adversaire Seyni Oumarou et en région djerma, fief de ce dernier, c’est le président élu qui arrive en tête. Comme quoi les populations, quand elles sont bien informées, font leur choix sur d’autres critères que l’appartenance ethnique.

 

J’avoue que c’est la deuxième fois, après le Ghana, que je voie un tel spectacle en Afrique Sub Saharienne où nous sommes plutôt habitués à des contestations de tous ordres de la part des perdants (Côte d’Ivoire) et aux victoires par k.o. dès le 1er tour du sortant qui organise  l’élection (Togo, Gabon, Ouganda, Centrafrique, Bénin ?).

 

Ce qu’il vient de se passer au Niger s’appelle une élection présidentielle «civilisée», apaisée et qui devrait se renouveler partout sur le continent, pour qu’une élection présidentielle en Afrique ne soit pas obligatoirement synonyme de déchirements, de conflits ethniques.

 

Comme vous pouvez le constater, la transition en Guinée n’a pas été à la hauteur de ce qu’on pouvait en attendre. Pire, elle a été bâclée de mon point de vue, volontairement ou non. L’on a même frisé l’effritement définitif du tissu social avec la polarisation du débat politique autour de tout, sauf les programmes des deux candidats.

 

Par contre la transition au Niger a été féconde de promesses d’une vie démocratique future pour les pays Africains. Elle a montré que nous pouvons être vertueux et sortir de l’afro pessimisme ambiant.

 

Aboubacar Fofana


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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 07:02

Depuis son indépendance, la République de Guinée a sans doute connu différentes sortes de systèmes de gouvernement, ses dirigeants ont eu plusieurs méthodes de gestion du pays. Ceux-ci se sont maintenus par la popularité, parfois (surtout au début de leur arrivée aux affaires), par la force quand la popularité s'en est allée, dans l'un des derniers cas, par la maladie quand la force a lâché. Haranguer les foules a fait partie de cette panoplie de méthodes et ceci avait pour objectif de maintenir le peuple en reste pour pouvoir gouverner.

 

Mais ce qui peut être appelé aujourd'hui en Guinée la troisième République, s'il c’en est une, cette dernière est basée essentiellement sur des méthodes policières du temps des cryptocommunistes où le dirigeant doit avoir un « délit », vrai ou faux, à reprocher à des acteurs de la vie nationale. Le premier Président démocratiquement élu, le Professeur Alpha CONDE a lâché la meute pour fouiner dans ce qu'il considère comme détritus de gestions passées. Adversaires déclarés ou partenaires y compris ceux qui sont le plus proche et qui l'ont soutenu, nul n'échappe à cette paranoïa du nouveau maître de Conakry.

 

Après moult humiliations qu'il a fait subir à son pauvre Ministre d'Etat, Secrétaire Général à la Présidence, Monsieur François Lonceny Fall, l'ancien Président de la FEANF a entrepris des fouilles sur Sidya TOURE, Cellou Dalein Diallo à propos ou contre qui il croit trouver de vraies raisons pour les éliminer de la course au leadership. Ses proches sont convaincus de trouver le pot au rose.

 

Mais le cas le plus étonnant, c'est sa fébrilité à trouver nécessairement du côté de Monsieur Lansana Kouyaté, « quelque chose », comme pour tuer la vraie vérité , hélas prouvée pour « l’assisté », de toutes les assistances psychologiques, physiques, matérielles, et financières que celui-ci lui aura dispensées au sein de l'alliance Arc-en-ciel durant le second tour de l'élection présidentielle. On a tendance à croire que le Professeur Alpha Condé en veut toujours à ceux qui l'aide franchement et loyalement.

 

Après toutes ses tentatives infructueuses sur des sujets dont on a longtemps parlé, et à propos desquels il n'y eu aucune preuve pour confondre le Président du Parti de l'Espoir pour le Développement National, l'actuel chef de l'Etat guinéen, le Professeur Condé, vient de demander avec insistance à ses collaborateurs, de prouver vaille que vaille que les 150 bus opportunément importés de la façon la plus transparente, n'étaient que de vieux autocars destinés à la casse . Il faut rappeler que ces bus ont été acquis grâce à un crédit global de près de 250 millions de dollars américains donnés à la CEDEAO par l'Inde. Son Excellence Lansana Kouyaté a été Secrétaire Exécutif de la CEDEAO. C'est lui qui a restructuré le fonds de la Communauté Economique Des Etats de l'Afrique de l'Ouest -CEDEAO- en banque d'investissement. Grâce à ses actions connues et reconnues, il a pu tailler pour la Guinée, son pays natal qu'il aime tant, la part du lion. De façon très patriotique, son Ministre des Transports, Monsieur Boubacar Sow, a mené des opérations jusqu'au bout après s'être rendu en personne jusqu'en Inde, pour voir l'usine où ont été fabriqués les bus.

 

Pour rappel, le service de maintenance et d'envoi de toutes les pièces de rechange et de pneumatiques de la société Leyland (où sont fabriqués nos 150 bus) a envoyé un expert à Conakry après que Lansana Kouyate avait quitté le gouvernement. Et comme il est de coutume en Guinée, le Monsieur a trainé près de quatre mois dans le pays, sans être reçu par les autorités compétentes. De guerre lasse, il est reparti en Inde.

 

La "morale" de tout ceci, c'est de devoir assister aux mêmes délations, aux mêmes combines policières, aux mêmes rumeurs et aux mêmes faux et usage de faux comme méthode de gouvernement, qu'on croyait d’autres temps

 

Que des Guinéens aient enfin le courage de dire non pour que le Bon Dieu puisse les aider !

 

Ibrahima Sory Cissé


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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 09:16

Ce 15 mars 2011, le populaire ex-ministre des mines Ahmed Kanté est nommé conseiller à la présidence de la République avec rang de ministre. Un Ministre-conseiller !

Alpha Condé qui veut remplir son train de soutien a fait occuper tous les postes de cabinet ministériels possibles en double. Il n’a plus rien à offrir mais de plus en plus discrédité et l’inexpérience indexée par la presse, le faux professeur Alpha Condé procède à présent à des inventions de postes au sommet de l’Etat pour faire des alliés ou associer des hommes appréciés de la majorité des Guinéens qui acceptent de le rejoindre, faute d’autres employeurs que l’Etat en Guinée.

Alpha Condé: sa haine et son esprit enfantin dépassent l’imaginable !

Depuis que Alpha Condé est devenu président de la république, il manifeste son mépris pour Rabiyatou Diallo, présidente de l’Assemblée Nationale provisoire (CNT), au point de ne pas vouloir respecter même cette institution. Lui qui aime donner des instructions n’a jamais voulu se référer à la Constitution élaborée par le CNT ou à cette institution. Mme Condé qu’il a choisie en violation de la constitution au Conseil National de Communication (CNC), aura même l’audace d’informer les journalistes guinéens que elle, c’est l’ancienne Loi fondamentale sous Conté qu’elle va faire appliquer. 
Pour que le gouvernement de Said Fofana accepte un programme pour présenter son discours de politique générale au CNT, il a fallu que Hadja Rabiyatou Diallo vienne en personne en discuter avec lui, n’ayant pas réagi à ses courriers officiels dans ce sens, selon notre informateur à la Primature. Ce qui ne se devait pas. Pire, nous apprenons que depuis son arrivée au pouvoir, Alpha Condé a donné des instructions de ne pas accorder de l’importance à Rabiyatou et à son institution. C’est ainsi que lors des rassemblements officiels, elle vient en quatrième position dans les rangs et il est ordonné de lui accorder qu’un billet en classe économique quand elle voyage. Lors de son dernier séjour au Mali, c’est le parlement malien qui a constaté que la deuxième personnalité de l’Etat guinéen voyage en seconde classe qui a converti son billet pour qu’elle reprenne l’avion en première classe comme les députés maliens.

Nous nous demandons aujourd’hui pourquoi donc Rabiyatou garde-t-elle le silence face à cet ethnos malade qui veut détruire notre pays ? Tellement raciste qu’il ne veut pas respecter une institution guinéenne parce qu’une peule qu’il n’a pas nommée est à sa tête ! Alpha déteste tellement Rabiyatou qu’il n’hésitera pas de la faire assassiner, ne pouvant pas la démettre de ses fonctions. Il faut faire attention ! Il avait tenté de faire assassiner Conté à Enco 5 non ? Lire la partie Alpha Condé (RPG) de cet article !

Ses violations répétées de la Constitution, son comportement dans l’affaire GETMA/Bolloré (Lire), ses menaces et campagnes de haine contre la communauté peule accusée d’être à l’origine de la cherté de la vie dans le seul but de pousser les populations de la Basse Côte à s’attaquer aux Peuls comme il l’a réussi en Haute Guinée dans son fief avant le second tour (Lire 1 et 2), son manque de civisme et d’éducation (comme Siradio le disait, Alpha Condé est très mal éduqué et n’a personne qui peut lui dire "Arrête !" en Guinée), sont des signes que la Guinée est en danger si Alpha Condé doit rester à sa tête jusqu’à la fin de cette année.

Contrairement au théâtre qu’il anime en Guinée, Alpha Condé a une haine viscérale contre les Soussous qui l’ont fait grimper des murs et boire des eaux de toilette de la prison à Conakry. Rappelons-nous qu’il avait organisé une rébellion contre le régime soussou (ce qu’il reconnaîtra lors de la campagne électorale au premier tour: lire). Alpha, qui a ordonné l’exécution de Sama Panival Bangoura, avait toujours qualifié Conté et les Soussous de fascistes dans ses interventions ou conférences. Comment expliquer donc que cet homme tienne des discours en soussou et prétend vouloir combattre les Peuls pour rendre service aux Soussou affamés ?

La réponse est simple: les fascistes malinkés qui veulent se garantir au pouvoir pour toujours cherchent à faire d’une pierre deux coups: pousser la Basse Côté redoutée militairement et la Moyenne Guinée redoutée politiquement à s’anéantir en se détruisant humainement, économiquement et militairement en Guinée. Ce sera la fin de toute possibilité d’évolution et d’alternance politique en Guinée. Ils pourront, s’ils le veulent, rebaptiser notre pays « République de Kouroukan Fouga », pays imaginaire malinké dans lequel le mensonge et le fétichisme sont ders vertus vénérées et sacrées.

Il faut que nos parents prennent conscience des manœuvres d’Alpha Condé et de ses fidèles. En 1985, ils ont échoué de s’emparer la Guinée par la force parce que les Peuls étaient avec les Soussous. Ce mardi 15 mars 2011, nous avons accès à un enregistrement qui révèle que ce sont des officiers malinkés qui ont informé Alpha Condé en fin 2008 que Lansana Conté était en agonie irréversible cette fois-ci et qu’il doit venir récupérer la situation. Alpha serait descendu en Guinée avec le communiqué de prise du pouvoir par la junte militaire autour de Sékouba Konaté qui devrait diriger une courte transition pour transmettre le pouvoir au RPG. L’équation a été troublée par le soutien de la troupe et des forestiers à Dadis Camara. C’est pourquoi le nom du président a finalement tardé à être connu. Consulté, Alpha qui n’avait plus de choix finit par accepter que Dadis et Sékouba conduisent la transition en affirmant que ce n’était finalement mal que le pouvoir leur soit remis par quelqu’un d’une autre ethnie. Dadis finit par se montrer non contrôlable et ambitieux. Le plan B sera alors mis en application pour revenir à la formule initiale: transition par le malinké Sékouba Konaté.

Remarquons une chose : depuis le temps de Dadis, tous les discours sont contre les Peuls mais les arrestations arbitraires visent les hommes de troupe soussous. C’est ainsi que le groupe des Amiral Dafé restent portés disparu alors qu’on ne leur reproche de rien officiellement.

Alpha Condé est serpent que l’on ne doit pas laisser grandir quelques mois chez nous. Sinon, son venin risque d’empoisonner toute la Guinée.

 

Source : Guineepresse.info

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 03:18

ssavane2.jpgLa sélection indue de M. Alpha Condé pour le second tour du scrutin présidentiel dernier, puis son « élection » discutable à la tête de notre  pays, suivie de la reconnaissance, à mon avis précipitée de sa « victoire » par ses concurrents naïfs et  dociles, a pu être interprétée à l'extérieur comme un signe de sagesse et de maturité politique, et par lui-même comme la certitude qu'il, peut disposer de notre pays comme il l'entend. Et que les enfants de ce pays sont des « idiots » qu'il convient de rabaisser. Effectivement, il s'y emploie avec un certain succès.

 

L'intitulé délibérément alarmiste de cet exposé, gagnerait à être  argumenté avant  même les propos  qui vont suivre. Pourquoi ?

 

 Parce que, mettre un individu,  quel qu'il soit à la tête d'un pays, n'est pas  un acte anodin. Il l'est encore moins lorsque cet individu  n'a que  très peu d'attache, et de surcroit  lointaine avec  le pays à la tête duquel il a été militairement  placé du seul fait de son appartenance  à la même ethnie que le « général » chargé  de conduire une fausse transition. Or rétrospectivement, l'imposture politique apparait dans sa nudité : la transition n'a été au fond,  qu'un délai jugé indispensable pour aménager  la procédure de nomination militarisée de celui que des Réseaux  de cooptation extérieurs à notre pays, comme certaines notabilités de l'O.I.F. (Organisation Internationale de la Francophonie)  avaient décidé de nommer Président de la République, contre notre volonté, contre toute vraisemblance électorale sortie des urnes. Ils y sont parvenus.

 

  Le nouveau président, presque importé, a plus d'attache au Burkina et en France qu'en Guinée. Sa fréquentation du pays s'est toujours limitée à quelques rares périodes électorales dont la durée n'excédait guère une quinzaine de jours.  Sitôt l'élection  perdue  face à Lansana Conté, il retournait immédiatement d'où il était venu, c'est-à-dire en France ou au Burkina. Il n'y a pas de malveillance à faire ce constat. J'ai moi-même une ascendance sénégalaise, je l'ai souvent répété. Je vis en France depuis presque quarante ans. Ce pays m'a permis de m'y  épanouir personnellement, et au plan universitaire et professionnel. Mais tout cela n'autorise personne à se substituer au peuple de Guinée, pour me nommer par exemple président de la république, à l'issue d'une  compétition électorale préalablement aménagée pour moi.

 

 Récemment, à Kindia (ville située à 140 km à l'ouest de Conakry), ses supporters RPGistes, de plus en plus « PDGisés », étaient invités de façon implicite, à lyncher les commerçants (en général Peul), tous assimilés à des tortues qui n'avanceraient que le feu au cul. Le président et ses militants se chargeront peut-être d'allumer ce feu. Car à leurs yeux, les Peuls commerçants, proclamés  saboteurs, désignés à la vindicte populaire, seraient Responsables de toutes les incapacités du président « élu ». La famille de Sékou Touré (femme et enfants) est invitée à présider toutes les séances de lynchage public, pour le moment verbal. Le discours présidentiel violent contre une partie de notre population deviendra peut-être une réalité concrète.

 

Nos compatriotes commencent donc à réaliser que le président « élu » par Sékouba Konaté, était certes incapable, mais pas à ce point. En tout cas, on est très loin de l'idée de réconciliation nationale. Le sinistre PDG du temps de Sékou Touré paraît presque modéré à côté des sorties incendiaires inopportunes anti commerçants Peuls du nouveau président. Certes, un commerçant, même Peul, n'est pas un saint. Quel commerçant de quel pays peut prétendre à la sainteté ? Faut-il pour autant les ériger tous en ennemis de leurs propres frères, sœurs, mères, bref de leur propre pays comme le fait le nouveau président ? Un commerçant n'est pas un humanitaire. C'est un entrepreneur. A ce titre, il vise légitimement à réaliser des profits. En quoi cela est-il condamnable ?

 

Depuis, le président semble avoir entamé, par l'intermédiaire de réseaux locaux et de voisinage  africains, un processus visant à anéantir politiquement, et peut-être physiquement, certaines notabilités politiques susceptibles de ne pas partager sa « vision » dont on ne perçoit guère la moindre  armature. Au demeurant, il a un projet personnel : celui d'imposer à notre pays son régime politique, c'est-à-dire une autocratie ethnisée, maquillée de discours faussement souverainiste. Or pour imposer un régime politique à un peuple qui n'en veut pas, il faut beaucoup de violence sous diverses formes. Ce qui permet de rester durablement au pouvoir.

 

Les incessants décrets de révocation, l'exaltation de la haine anti-Peul  comme récemment à Kindia, les stratagèmes visant à ruiner quelques commerçants, tous Peuls, et les manœuvres dilatoires destinées à rendre compliquée ou impossible, l'organisation d'élection législative libre et transparente qui pourrait doter notre pays d'une vraie assemblée nationale, avec de vrais députés de grande qualités intellectuelle et politique, sont à mon avis des signes précurseurs auxquels je souhaite que nos compatriotes soient attentifs pendant qu'il est encore temps. Les pluies de décrets présidentiels qui se substituent aux règles fondamentales communes, annoncent des lendemains peu réjouissants.

 

Il n'est pas fréquent en Afrique  Noire,  qu'à l'issue  d'une compétition électorale, un concurrent   triché avec une arrogance désinvolte gratuite, renonce à contester vigoureusement le scrutin, parce qu'il souhaite préserver  la paix civile dans son pays.  Le principal concurrent  de M. Alpha Condé l'a  fait à l'issue du premier tour de la présidentielle. Sa démarche est à saluer. Je le dis d'autant plus aisément que j'y étais personnellement opposé. Cependant, si  cette maturité politique a peut-être provisoirement évité au pays les conséquences désastreuses des turpitudes électorales et financières de « général » Sékouba Konaté, elle a dans le même temps, exposé au grand jour son abandon par ses propres enfants.

 

Le désastre  provisoirement  évité, mais pas définitivement écarté est inéluctable, tant que les Guinéens n'auront pas récupéré  la terre de leurs ancêtres.

 

Notre pays est abandonné dans des mains étrangères noires africaines dont M. Alpha Condé n'est que la partie visible. Est-il besoin de rappeler, comment un général cumulard malien, peu honnête, sorti d'ont ne sait où, a été mystérieusement nommé président de notre CENI contre tous les textes légaux de notre pays, afin qu'il désigne M. Alpha Condé président. J'ai été le seul à m'y opposer. Aujourd'hui, je demeure encore meurtri par l'immaturité politique des candidats d'alors.

 

A dire vrai, pour notre nouveau président, la Guinée n'est qu'une opportunité qu'il s'est offerte pour couronner  sa vie politique finissante. Au demeurant, aucune « Démocratie » ne peut légitimer l'abandon de son pays dans une main étrangère.

 

Mamadou Billo Sy Savane

Mon contact : mamadoulinsan@wanadoo.fr

 

Prochainement : L'inévitable désastre

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 10:59

faya.jpgComme on s’y attendait, l’élection du Pr. Alpha Condé comme président de la République de Guinée, a transformé la Présidence en laboratoire de rumeurs. Depuis son investiture, on en compte beaucoup déjà : les dissensions au sein du cabinet du président, les humeurs --déceptions et menaces de démissions au sein de l’arc-en-ciel, la saisie des gargarisons d’armes, la tenue de réunion secrète à Dakar par certains guinéens pour saboter le programme inexistant du président Alpha Condé et de son gouvernement, etc.

 

Qu’on ne s’y trompe pas. Il n’en est rien. C’est juste une action habituelle de diversion qui vise, d’une part, à détourner l’attention des populations sur les difficultés du président et de son gouvernement de faire preuve d’une simple compréhension des problèmes auxquels est confronté le pays et le comment les résoudre et, d’autre part, à tromper ses adversaires politiques. Autrement dit, l’idéologie d’Alliance naturelle est en pleine marche. C’est juste une question de stratégie.

 

Deux faits non moins importants permettent de savoir que l’arc-en-ciel est bel et bien en marche et en bonne posture : 1) l’interview accordée au media électronique Kibarou par le candidat malheureux du premier tour, M. Abraham Bourré ; 2) la publication de la lettre adressée au controversé Médiateur de la République par un groupe de réflexion sur l’avenir politique de la Basse Côte. En effet, dans l’interview accordée à Kibarou par M. Bourré, il apparait clairement que la naissance de la nouvelle alliance UDG n’est pas une rupture d’avec l’Alliance Naturelle. Elle en est même un renforcement de l’Alliance car, pour M. Bourre,

 

« … c’est une continuité. Nous continuons, le travail qu’on a commencé. On ne peut faire ce travail qu’à la base. On n’a pensé donc qu’il fallait se reculer, travailler sur le terrain. Ensuite, une fois à l’assemblée, nous formerons certainement une mouvance qui supportera les projets du président de la République. » (cf. Kibarou, interview de M. Abraham Bourre)

 

Sur la lettre, son adresse au controversé Médiateur de la République, grand concepteur et réalisateur de l’idéologie d’Alliance Naturelle, montre clairement la marche programmée de l’arc-en-ciel qui, inversement, correspond à la descente en enfer de la « nation guinéenne ». En effet, dans cette lettre le médiateur de la république est invité à convoquer une réunion de tous les cadres et personnalités ciblées par une commission (laquelle ?) mise en place (par qui ?) à cet effet. Quatre décisions ont même été suggérées à M. le médiateur :

 

« 1) designer une autorité morale pour la Basse Côte ainsi que ses collaborateurs que tous les fils de la Basse Côte seront obligés de reconnaitre et de respecter sous peine de sanction ;

 

2) fédérer tous les partis politiques (lesquels ??) en un seul avec une nouvelle appellation et un nouveau nom sans considération doctrinale et philosophique ;

 

3) à partir des critères « très objectifs », désigner le Président du nouveau parti ainsi que les titulaires des autres postes à pourvoir avec obligation d’intégration dans la Direction exécutive du parti de tous les autres leaders politiques (lesquels ??) et leurs principaux collaborateurs issus de la Basse Côte ; et 4) fixer des dates pour une sortie d’ensemble (nouveaux dirigeants sociopolitiques et hauts cadres) en vue de présenter aux populations des préfectures et sous-préfectures ceux qui portent désormais le destin de la Basse Côte. »

 

Comme on le voit, c’est l’Alliance Naturelle en pleine marche, quoique la lettre soulève quelques questions chez les lecteurs non ressortissants de la Basse Côte. Une d’elle est de savoir si les partis dont réfère la lettre sont ceux dirigés par les ressortissants de la Basse Côte. Auquel cas, elle montre un certain mépris à l’égard des ressortissants d’autres régions qui appartiennent à ces partis.

 

Une autre question est de savoir si les auteurs et commanditaires de la lettre veulent insinuer que les guinéens d’autres régions qui ont décidé, par alliance fondée sur les principes et les valeurs, de suivre un leader de la Basse Côte, sont bêtes de n’avoir pas suivi leurs « frères et sœurs » comme le prône la philosophie désormais officielle d’Alliance Naturelle ? Souhaitons que la lettre ne soit l’œuvre qu’une minorité qui ne représente pas la volonté de nos compatriotes de la Basse Côte.

 

Ces deux faits montrent clairement que les partis d’opposition doivent faire très attention en vue d’éviter d’avoir en leur sein les supposés déçus de l’arc-en-ciel qui ne seraient véritablement qu’en mission commandée pour empêcher toute initiative efficace de l’opposition face à la dictature naissante.

 

Les leaders des partis d’opposition qui se connaissent, je l’espère, doivent reprendre l’initiative et travailler à maintenir l’unité en leur sein pour s’opposer efficacement et intelligemment aux dérives dictatoriales qui sont maintenant très perceptibles. La survie de la démocratie naissante et le maintien de l’espoir du peuple de voir émerger un Etat de droit en Guinée en dépendent.

 

Faya L Millimouno

Washington, D.C.

 

LJ partenaire de BBN


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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 01:00

artistes-chroniqueur-002Certains internautes trouvent prématurés de tirer des conclusions hâtives sur l'expérience liée à l'élection d'un PRG élu de façon relativement libre et transparente. Pourtant il ne s'agit pas de conclusions engageant l'avenir éventuellement, mais de constats sur des pratiques réelles, chacun étant libre de les interpréter à sa façon, le droit ne permettant pas en revanche, une interprétation trop laxiste.

 

De toutes façons, la Radio télévision guinéenne (RTG) que d'aucuns ont déjà rebaptisé Télé RPG, fait le nécessaire pour délivrer la bonne parole, alors quelques critiques fondées, que seuls certains ont la capacité de lire, ne devrait pas perturber outre mesure, ceux qui n'acceptent pas les critiques.

 

Distinguer l'homme et la fonction

 

Pourtant derrière un discours de façade, s'installent des modes de fonctionnement, où il est essentiel de ne pas faire ce que l'on dit et ne ne pas dire ce que l'on fait, même si cela est très difficile en Guinée. Cette tromperie permanente finira par susciter des réactions dans la population.

 

On peut ne pas aimer le style d'Alpha Condé, encore moins sa démagogie. Mais le rejet viscéral dont il fait l'objet (et je veux bien admettre en être) dispense trop souvent de le critiquer sur le fond. Apprenons à distinguer la personne et la fonction, y compris chez des internautes qui ne font pas la différence entre les diverses critiques.

 

Alpha Condé a été élu PRG dans des conditions que tout le monde connaît, mais qui ont été acceptées. Il est donc légitimement élu. Une critique par trop systématique (sur sa personne) ne peut que desservir une opposition qui aspire un jour à gouverner. Mais ce n'est pas non plus, parce que quelques écervelés ne savent pas faire la différence, entre les critiques liées à la fonction de PRG et sa personne, qu'il faut défendre l'indéfendable.

 

Nul ne soutiendra qu'Alpha Condé à titre personnel, est dépourvu de talents, même si ce sont ceux du politicien habile à déstabiliser l'adversaire. Même s'il est relativement réactif, voire dynamique, cette somme d'intuitions ne fait pas une politique. Toutefois, il est difficile de critiquer son projet dont l'absence est criarde.

 

Après avoir lutté pendant 40 ans pour obtenir son Graal, tout le monde reste étonné qu'il n'ait pas mis en application ses recettes, qu'il a pourtant eu le temps de mettre au point. Au lieu de cela, il continue à se comporter comme un opposant, au sens d'être contre une partie (de la population), comme si cette attitude pouvait constituer une politique.

 

A ce rythme là, la population --y compris ses soutiens récents qui savent que la roue tourne - va se lasser plus vite que prévu, ce ne sont pas les quelques millions promis par la Banque mondiale pour Juin, et dont bizarrement Alpha Condé fait coïncider la fin des difficultés qui permettront de redresser la barre. On ne fait pas une politique en mendiant.

 

Je voudrais profiter de quelques évènements qui se sont déroulés en ce début d'année pour faire quelques commentaires (les jours meilleurs sont à venir parait-il, il sera temps alors de s'enthousiasmer). De toutes les façons, il y a suffisamment de thuriféraires (à la RTG par exemple) pour m'ajouter à la liste. Je voudrais pouvoir m'enthousiasmer, mais même si certaines intentions sont bonnes, la fin ne justifie pas les moyens utilisés.

 

Un Garde des sceaux qui brasse de l'air : est-ce le signe de l'incompétence ?

 

La moindre des choses pour un juriste, serait de rappeler à son patron et à son collègue militaire, les principes juridiques liés à l'expropriation ; je ne fais pas de procès d'intention aux motifs éventuellement électoralistes des expulsions programmées au 5 mai, même si l'idée à défaut d'être réelle, n'en est pas moins convaincante.

 

En revanche, là encore (voir mon papier sur ce sujet), l'autorité administrative use de pouvoirs qu'elle ne possède pas et en toute opacité. Organiser par ailleurs des états généraux sur la justice c'est bien, mais les Guinéens ne se paient plus de mots et veulent des actes concrets, la moindre des choses serait donc de vérifier que les actes récents (et non ceux futurs) respectent au moins le droit.

 

Nous avons vu précédemment, qu'il n'en était rien. La ligne jaune a été franchie avec la révocation illégale des conseils communaux, sans réaction du Ministère de la justice. Les révocations individuelles ne font pas davantage tousser un Ministère, qui préfère lui aussi se payer de mots.

 

A quoi sert de louer les qualités d'un Christian Sow, s'il ne les met pas en évidence ?

 

Louncény Camara blanchi en appel

 

Sur le résultat final, il n'y a rien de choquant. J'avais signalé dans plusieurs papiers, le détournement de procédure pour condamner Ben Sékou Sylla et el Hadj Boubacar Diallo, et j'avais signalé également que le cas s'appliquait à Louncény Camara : le problème du flagrant délit inexistant s'appliquait à tous les cas.

 

En revanche, cette relaxe comporte deux conséquences négatives. Pourquoi l'appel de Ben Sékou Sylla n'a t-il pas été pris en compte chronologiquement, alors que son affaire a eu lieu bien avant. D'aucuns diront qu'il est mort et que son affaire n'a plus lieu d'être. C'est oublier un peu vite, que dans cette affaire figurait également el Hadj Boubacar Diallo, dont les dossiers étaient joints.

 

Enfin la personnalité de Louncény Camara n'est pas adaptée. Je l'ai dit dès sa nomination à la présidence de la Céni, dont tout le monde se rappelle les conditions, entre les deux tours de l'élection présidentielle. Le respect des procédures n'est pas son fort, alors que c'est pourtant la finalité de la CENI que de les faire respecter.

 

En l'absence de l'ex président malien Sangaré, il assure la présidence de la Céni par intérim, ce qui lui permet dès à présent de « préparer » les législatives. Même s'il était remplacé --ce que je crois-- à la veille des élections, pour satisfaire au besoin de démocratie, le mal serait fait. Sa présence constitue donc un camouflet pour la démocratie, puisque le président de la République qui procède à des nominations de manière ciblée et zélée, n'a pas jugé utile de le faire à la Céni. C'est donc qu'il considère qu'il n'y a pas d'urgence ou de péril en la demeure. Qui s'en étonne ?

 

L'implication excessive de l'État, repoussoir des investisseurs ?

 

Le gouvernement veut se substituer aux commerçants dans la vente de riz (et pourquoi pas de pétrole, en vue d'y limiter les augmentations de prix par exemple ?). L'implication de plus en plus grande de l'État dans des secteurs économiques sans qu'on les connaisse à l'avance, pose problème. Il est difficile d'investir dans un secteur où l'État est soit un concurrent (forcément déloyal puisqu'il ne respecte pas les contrats qu'il a signés), soit un partenaire imposé (ou ses représentants se confondent avec l'État lui-même).

 

Que doivent penser nos agriculteurs, dont le gouvernement prône l'autosuffisance alimentaire (il organise même une rencontre sur la sécurité alimentaire pour l'affirmer haut et fort), mais qui, en guise d'illustration, subventionne le riz importé ?

 

Que vont penser les investisseurs (qu'ils soient Guinéens ne change rien à l'affaire) de voir leurs installations brûler à 15 jours d'intervalles, sans que cela n'émeuve les autorités. On prône l'autosuffisance alimentaire, mais on brûle les champs de ceux qui s'y essayent.

 

On pourrait élargir en se demandant également ce que vont penser les investisseurs internationaux de :

 

la remise en cause unilatérale de contrats pourtant signés ?

 

la restriction à la liberté d'aller et de venir pour des raisons opaques ? On peut ne pas être d'accord avec la manière dont KPC et Guido Santullo ont fait des affaires par exemple, mais le fait de résoudre les problèmes sans passer par la justice est-il un moyen de soutirer de l'argent à ces hommes d'affaires par la contrainte, ou est-ce un moyen de ne pas mettre sur la place publique les nombreuses complicités locales ayant permis à ces deux individus (voire d'autres) d'être ce qu'ils sont aujourd'hui ?

 

la nationalisation (sans autre forme de procès ?) des usines Soguiplast, Soguirep et Sanoya (décision dont le Conseil des ministres du 24 février dernier rend compte). Elles avaient apparemment été privatisées, mais on n'en saura pas plus, ni sur les repreneurs ?

 

Beaucoup de politique et peu d'économie, c'est pourtant l'inverse qu'il faudrait

 

Personne n'a accusé le PRG d'être responsable de l'inflation actuelle, mais les commerçants, boucs émissaires, ne sont pas davantage concernés par l'augmentation des prix.... des feuilles de patate, du piment... et autres produits locaux par exemple.

 

Par ailleurs, il faut être un bien piètre économiste, pour voir les commerçants responsables du marasme économique en Guinée. A court terme, ce sont eux qui paient les taxes en douane --l'État a besoin d'argent--, et si ces taxes ne rentrent pas, c'est le Ministère des Finances  (à travers la douane) qui en est responsable.

 

Par ailleurs, il y a deux raisons essentielles pour lesquelles les commerçants n'investissent pas le secteur industriel. La première est d'ordre culturel, tout le monde sait acheter un produit 10 pour le revendre 20.

 

En revanche, parler de compte d'exploitation, de retour sur investissement, d'amortissement, de ratios divers n'est pas à la portée de nos hommes d'affaires. Il est également facile de mobiliser ses avoirs (la Bcrg en sait quelque chose) et de partir à l'étranger. Et puis, lorsque vous investissez localement --par exemple avec un bail emphytéotique de 70 ans--, et que l'État, du jour au lendemain vous demande de déguerpir, cela n'encourage personne à investir sur place. Lorsque nos gouvernants auront compris qu'il peut y avoir des élites en dehors d'eux, et qui peuvent réussir sans que cela ne minimise qui que ce soit, alors la Guinée pourra avancer.

 

Les mesures visant à stigmatiser les commerçants sont donc démagogiques (en vue des élections ?), mais non pérennes pour le budget de l'État (un nouveau fonds de roulement à financer), alors que le gouvernement annonce que les caisses de l'État sont vides. Si le but à terme est de produire localement, pourquoi ne pas subventionner celle-ci, et non continuer à entretenir les producteurs étrangers, via l'importation. Il faut savoir ce que l'on veut : certes les prix des produits importés (riz, oignons, farine) et subventionnés sont plus intéressants que le prix des produits locaux.

 

La solution de facilité des commerçants consistant à vendre à la population au prix le plus économique, trouve ici sa raison d'être. Mais en se substituant aux commerçants, l'État ne fera pas autrement. Si l'État veut inverser ce processus, non seulement il vaut mieux se désengager de l'importation de riz (ne serait-ce qu'à titre symbolique), mais il faut investir dans l'agriculture en rendant les produits locaux plus attractifs (soit en les subventionnant, soit en taxant davantage le riz importé). A terme, si les commerçants trouvent un intérêt supérieur à distribuer le produit local, que d'importer le riz, le transfert se fera mécaniquement.

 

La seule difficulté est d'expliquer aux Conakrykas que le prix du riz doit être plus élevé, pour que nos parents dans les campagnes, puissent subvenir à leurs besoins via leur activité agricole. Cela se fait rarement en Afrique, car les politiques craignent davantage les populations des villes que les ruraux. C'est pourtant un cercle vicieux à résoudre, sous peine de tourner en rond indéfiniment.

 

La seule façon d'y parvenir consiste donc à faire de la pédagogie, pour expliquer simplement certains mécanismes économiques, qu'il n'est pas utile de modéliser. Si les gens ne savent pas lire, ils savent en revanche compter.

 

En outre, cela suppose d'avoir une société apaisée : lutter contre les commerçants, plutôt que de s'en faire des alliés, est un mauvais calcul à moyen terme. A court terme, il permet peut-être (parce que les Guinéens sont lucides, il ne faut pas les mésestimer) de stigmatiser une catégorie socioprofessionnelle, voire une communauté, mais à moyen et long terme, cela ne permet pas d'avancer.

 

Tout le monde connaît les règles pour avancer, mais personne n'a le courage de les mettre en œuvre. Certains cherchent à les imposer, ce qui peut donner l'illusion d'avancer, si on se limite aux données macro-économiques (ceux de la Tunisie étaient bons pour l'essentiel), alors que la société africaine est une société consensuelle qui mérite la concertation : comme le disait le sociologue Michel Crozier, on ne change pas la société par décret.

 

Lorsque le carburant va mécaniquement augmenter, va-t-on encore accuser les commerçants de sabotage ? Le Fmi --sans doute est-il plus crédible que les internautes-- a expliqué que les commerçants n'étaient pour rien dans l'inflation actuelle, contrairement aux dérapages financiers de la transition.

 

Des décisions illisibles

 

Il existe pourtant des priorités (pouvoir d'achat, eau et électricité) sur lesquelles se concentrer parce que tout le monde (sauf le président de la République et le gouvernement ?) est d'accord. Cela suppose donc de hiérarchiser les actions à mener, de laisser de côté certaines autres, non jugées prioritaires (même si elles sont importantes) pour ne pas saupoudrer les rares moyens et ne pas aboutir. Je ne peux me réjouir de voir le manque d'expérience du PRG (on le savait) et sa volonté de tout contrôler, d'agir partout, de mettre plusieurs fers au feu, en s'attirant forcément de nombreuses inimitiés (y compris dans son propre camp), et au final de susciter éventuellement des vocations militaires pour un retour au pouvoir.

 

Certes le président de la République vient de nommer 8 nouveaux préfets, que je ne connais pas, mais dont je me réjouis, parce que la démilitarisation de l'État est une idée que je défends à cent pour cent. J'ai dit que je préférais le plus mauvais des civils au meilleur des militaires. C'est une boutade bien sûr, mais je ne conçois pas de discuter avec quelqu'un, sachant qu'il pointe son arme sur ma tempe. Même les investisseurs internationaux ne sont jamais à l'aise, lorsqu'il faut négocier avec des hommes en uniforme (il y en a qui l'ignorent ou qui font semblant).

 

Je constate quand même que le gouverneur de Conakry, qui avait giflé un huissier, et qui en plus, n'a même pas le courage de ses actes et de ses opinions, est toujours en place, et cela constitue une faute. Car le maintenir est un acte volontaire, or les Guinéens pragmatiques font davantage confiance aux actes perpétrés, qu'aux effets d'annonces.

 

Symboliquement néanmoins, le président de la République aurait pu attendre la journée de la femme, pour en promouvoir au moins 3 sur les 8 préfets. On attend une féminisation accrue des postes, car les femmes sont plus pragmatiques et moins belliqueuses, et on imagine aisément que s'ils elles dirigeaient, les viols seraient immédiatement poursuivis pénalement et sévèrement sanctionnés.

 

D'autres décisions individuelles nous paraissent loufoques ou dangereuses. Ainsi l'ex gouverneur de la BCRG aurait été malhonnête (mais l'actuel également, puisqu'il l'a lui même reconnu), et c'est la raison de sa révocation –illégale, je l'ai déjà dit. De même le général Toto, dont on disait qu'il était respectueux du droit, joue au Cow-boy pour satisfaire des intérêts personnels ...

 

Le directeur de la radio nationale, après près de deux semaines de suspension pour « faute lourde » par le Directeur général de la RTG, a été rétabli dans ses fonctions, selon des sources de la maison...

 

Le président de la République a décrété qu'un Colonel serait nommé Médecin personnel du chef de l'État. A quand la nomination par décret du cuisinier, du chauffeur, voire du planton ?

 

Même si on peut comprendre que tout pouvoir récent cherche à se consolider, on rappelle que l'élection d'un PRG a d'autres finalités, qui ne sont malheureusement pas la priorité du gouvernement actuel. On entend beaucoup de choses (comme d'habitude), mais on ne voit rien venir. En revanche, ce qu'on aimerait entendre fait défaut.

 

Pas de programme socio-économique à l'horizon

 

En effet, on attendait la déclaration de politique générale (ce que le gouvernement fera dans les 5 ans, mais surtout dans les mois à venir et selon quel échéancier), et elle n'a toujours pas été faite, ce qui exaspèrent d'autant plus les Guinéens que le PRG s'était envolé pour 4 pays, comme si l'urgence était là-bas, alors que les nombreux problèmes, à défaut d'être résolus (il est clair qu'ils ne peuvent pas l'être en un jour) n'ont même pas reçus le début d'un commencement d'exécution.

 

Le président de la République considère t-il que les problèmes africains sont primordiaux comparés aux nôtres. Honnêtement, il n'y avait pas urgence à voyager, à moins que certains de nos amis (Libye, Angola) aient proposé de faire « la soudure » à condition d'un déplacement officiel.

 

Le PRG navigue à vue en déclarant que d'ici 3 à 5 mois, ça ira mieux. Le problème est qu'aucune mesure concrète n'a été prise pour enrayer la spirale inflationniste par exemple (on ne combat pas la fièvre en cassant le thermomètre), pour ne parler que de cela, cependant que des financements de la Banque Mondiale devraient être décaissés à cette époque.

 

Est-ce à dire que ce sont les financements internationaux qui constituent la solution pour sortir la Guinée de son marasme ? L'argent n'est qu'un moyen (à rembourser d'ailleurs) pas une finalité, surtout s'il est « octroyé » de l'extérieur.

 

Le candidat Alpha Condé avait déclaré qu'il remettrait en cause les contrats miniers, il a changé d'avis, puisqu'il déclare qu'il faut d'abord définir une nouvelle politique minière (je croyais qu'il avait un programme !) avant d'agir. Il prend moins de gants avec nos ressortissants, alors que de nombreuses expulsions ne vont rien rapporter d'autre à l'État dans l'immédiat, que des rancœurs et des frustrations. Encore une fois, je ne partage pas l'idée qu'il ne faut rien faire en ce domaine, mais je suis sûr que s'il existe des gens malhonnêtes, il y en a aussi d'autres qui ont acquis de bonne foi leur terrain.

 

Le président de la République, un justicier ?

 

Certains internautes (de mauvaise foi ?) me demandent s'il faut laisser faire des commerçants voleurs. D'abord celui qui accuse doit prouver, le PRG a beau présider le Conseil Supérieur de la Magistrature, il n'en est pas juge pour autant.

 

La récupération des créances de l'État est tout à fait normale. Ce qui l'est moins, c'est la publicité attachée à ce genre d'affaires et la mise en pâture de noms sans aucune explication, les intéressés qui ne sont pas tous des escrocs (sinon c'est à désespérer) apprécieront. Il y a en effet des différences entre les dettes, d'ailleurs la dette intérieure (ce que l'État doit), dépassait les 600 millions d'euros à la mi 2010. Il n'y a aucune publicité pour cet aspect.

 

Un séminaire pour savoir quoi faire ?

 

Il est proprement surprenant que des Ministres se soient rencontrés fin Janvier pendant 3 jours pour savoir ce qu'ils vont faire, et accessoirement ce qu'ils vont dire à la population, pour tenter d'élaborer un plan d'action d'urgence de la situation guinéenne. Si on ajoute qu'ils avaient besoin des partenaires bi et multilatéraux pour faire ce travail, le ridicule ne tue point. On a tout dit !!! Qu'en est-il de ce plan d'urgence (on croit rêver !!!), plus d'un mois après ?

 

Une bonne décision... à condition qu'elle soit suivie d'effet

 

Il faut néanmoins terminer sur une bonne note : le PRG a décidé (reste à savoir s'il fera ce qu'il dit, puisqu'il lui arrive de changer d'avis) que tous les minerais passeront par le port de Conakry. C'est une excellente initiative si cela signifie que l'évacuation par le Liberia reste en stand-by. Elle serait encore meilleure, si on trouvait une autre destination, pour désengorger Conakry.

 

Gandhi, citoyen guinéen


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Published by BanabanaNews - dans Libre opinion
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