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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 18:11

Après le succès qu’a connu son site Internet radio-kankan.com , Aladji Touré, le PDG du groupe de presse radio-kankan a lancé le 13 septembre 2008, la première radio privée de Guinée qui émet depuis la ville de Kankan, située à plus de 600 kilomètres de la capitale Conakry. Nous l’avons rencontré récemment lors de notre séjour à Kankan.

Pouvez-vous nous parler du groupe de presse radio-kankan dont vous êtes le PDG ?


D’abord, le groupe de presse radio-kankan est un rêve qui est devenu une réalité. Tout a commencé par le site radio-kankan qui était au départ un site essentiellement culturel, car j’ai trouvé sur le terrain mes prédécesseurs, notamment boubah.com et aminata.com qui s’intéressaient plus à la politique qu’à la culture. C’est pourquoi, quand j’ai créé ce site, je me suis directement lancé dans la culture, parce que j’avais remarqué que la musique guinéenne était absente sur Internet. C’est ainsi que j’ai mis en ligne les produits de la musique guinéenne qui étaient auparavant très prisés des internautes. Quelques temps après son lancement, radio-kankan est devenu la première radio Internet du pays. Il faut avouer que ça n’a pas été facile au départ, mais au fil du temps, les internautes se sont habitués à la musique en ligne. Aujourd’hui, on est très connu dans ce domaine. Hormis, le site Internet, le groupe de presse radio-kankan intervient aussi dans l’organisation des concerts en Europe avec les artistes nationaux.


Entant que PDG du groupe de presse Radio-kankan, résidez-vous en Guinée ou en Europe ?


Ecoutez ! Je vis effectivement en Europe, précisément en Allemagne où j’ai ma famille. Tout ce que je connais aujourd’hui en informatique, c’est là-bas que je l’ai appris. Mais depuis cinq ans, je partage ma vie entre la ville de Kankan et l’Allemagne. Autrement dit, je passe quatre mois à Kankan et huit mois en Allemagne. A la longue, quand il y aura de l’électricité à Kankan, je finirai par m’installer définitivement pour que je puisse me connecter à l’Internet au moment voulu.


Comment est venue l’idée de création de la radio Milo FM qui est la première radio privée de l’intérieur du pays ?

Ecoutez ! Après le succès qu’a connu le lancement de la radio Internet que les Guinéens de la diaspora écoutent le plus, je ne me suis dit pourquoi ne pas créer une radio du même nom et qui émet depuis ma ville natale Kankan. On avait des problèmes avec le cahier de charge, parce qu’on voulait appeler cette radio, radio-kankan FM, c’est-à-dire le même nom que le site Internet qui est international aujourd’hui. Mais, ce cahier de charge interdit la création de toute radio qui s’identifierait à une ville, à une ethnie ou à une région. C’est pourquoi, nous avons donné le nom Milo FM, du nom du fleuve Milo qui traverse la ville de Kankan.


Depuis quand la radio Milo FM a commencé à émettre ?


La radio Milo FM a commencé à émettre depuis le 13 septembre 2008. Aujourd’hui, c’est vraiment une fierté pour la population de Kankan et pour moi-même, car, cette radio est la première radio privée de l’intérieur du pays. Les habitants de Kankan l’apprécient beaucoup. Ils disent même en langue malinké « i bara an bô dibirô » ; autrement, « tu nous a fait sortir de l’obscurité ». Je suis très touché par la réaction des populations de Kankan dans ce sens, surtout les sages qui ont fait des bénédictions pour moi et pour cette radio. Malgré toutes ces réjouissances, nous nous fixons pour ambition de travailler, afin d’aller de l’avant. Je vous avoue que la radio Milo FM est très écoutée et appréciée par les auditeurs qui ne cessent de manifester leur satisfaction à nos émissions.


Quels types d’émissions diffusez-vous sur les ondes de votre radio ?


A Milo FM, nous diffusons sur nos ondes plusieurs émissions interactives. Mais, la musique reste la priorité. Nous diffusons également des communiqués qui constituent nos recettes. Il y a aussi des reportages qui viennent parfois avec certains de nos partenaires. Déjà, il y a un partenariat qui nous lie à la préfecture, le gouvernorat et le camp militaire Soundiata Kéita de Kankan. En réalité, tout se passe bien entre notre radio et les autorités administratives et militaires qui nous apprécient beaucoup. Les journalistes de notre radio sont devenus très sollicités dans la ville, parce que dans leurs différentes émissions, ils saluent souvent les auditeurs, en disant parfois leur nom en malinké tout comme en français. A la radio Milo FM, nous sensibilisons également la population en faisant attention à la diffusion des émissions qui ont tendance à troubler l’ordre public et la quiétude sociale. Autrement dit, nous faisons de notre mieux pour éviter que les journalistes dérapent pendant leur temps d’animation. Par ailleurs, notre site Internet (radio-kankan.com) est celui qui a moins de problèmes avec le Conseil national de la communication (CNC). Même les travailleurs de cette institution le disent souvent.


Quels sont les problèmes auxquels la radio Milo FM est confrontée ?


Nous avons effectivement des problèmes ici, surtout avec le personnel dont le nombre est très pléthorique. Car, nous avons un personnel d’une trentaine de journalistes et de techniciens. C’est pourquoi, dans l’avenir nous voudrions essayer de réduire ce nombre. En plus, pour ne pas mettre au chômage tous ces journalistes qui seront remerciés, nous envisageons de créer une autre chose pour eux. Par ailleurs, il y a aussi le problème de formation du personnel, car, la plupart de nos journalistes sont de jeunes DJ qui évoluent dans les différentes boites de nuit de la ville. C’est pourquoi, nous envisageons aussi d’organiser pour tout le personnel, des stages de formation avec des spécialistes venus de Conakry et de l’étranger.


Avez-vous l’intention d’agrandir le champ d’écoute de la radio Milo FM à travers toute la Haute-Guinée ?


Nous avons bien l’intention d’agrandir le champ d’écoute de la radio Milo FM, mais nous sommes contraints de respecter le cahier de charge. L’extension de zone est un rêve pour tous les promoteurs de radios privées du pays. Mais, ces promoteurs sont contraints de se conformer au contenu du cahier de charge qui reste leur boussole. Vu l’engouement que les émissions de Milo FM suscitent chez les auditeurs, les populations de Siguiri aussi veulent nous écouter. Tout en suivant le cahier de charge, nous verrons ce qu’il faudra faire pour satisfaire toutes les populations de la Haute-Guinée et d’autres régions. Dans ce sens, nous avons le soutien de la préfecture et du gouvernorat de Kankan. A Kankan, les habitants n’écoutent que la radio Milo FM, que ce soit à l’hôpital, au marché ou dans les quartiers populeux de la ville.


Comment les habitants de Kankan apprécient vos émissions ?


Pour vous répondre, je vous dirai de vous promener en ville. Vous verrez que les anciens postes radios sont tous réparés grâce à la radio Milo FM. Ces postes de radios qui s’achètent aujourd’hui comme de petits gâteaux, sont même devenus chers au marché. Même les batteries qui s’achetaient moins, sont devenues très précieuses dans les boutiques. Mais avec ce succès de notre station, les grosses victimes dans tout cela, sont des vendeurs de cassettes chez lesquels, les clients se font maintenant rares. Les cassettes ne s’achètent plus parce que dans les cafés, les ‘’grins’’ ou dans les familles, tout le monde reste connecté à la radio Milo FM. Bien que nos journalistes ne soient pas sortis des écoles de journalisme, la population apprécie beaucoup les émissions de notre radio.

Pour preuve, chaque matin, c’est la famille du Sôti Kèmô (doyen de la ville) qui nous apporte le petit déjeuner. En me promenant parfois en ville, nos auditeurs m’arrêtent sur la moto pour m’offrir un jus ou une tasse de thé. C’est beaucoup pour nous. La radio Milo FM ne s’arrête pas seulement à des émissions radiophoniques, nous participons aussi au nettoyage de la ville où nous sensibilisons la population sur les mesures à prendre pour éviter certaines maladies dues au manque d’hygiène. Enfin, nous organisons aussi des concerts qui profitent beaucoup à la radio Milo FM et à la population de la ville de kankan.


Même au niveau des soti-kèmo et les kabila-kounti (chef de grandes familles), nous avons des représentants là-bas qui viennent nous voir s’ils ont des cérémonies pour qu’on diffusent des communiqués concernant leur organisation. Ceux-ci ne payent rien pour les satisfaire, car ce sont nos grands parents. En tant que fils de Kankan, tout le monde me connaît ici. Donc, si les soti-kèmo ou les kabila-kounti viennent ici, on ne prend jamais d’argent avec eux. Nous diffusons gratuitement leurs communiqués. En plus, il y a plein de services qu’on rend à la population avec laquelle nous sommes très souples. Par exemple, les gens viennent nous voir ici pour passer des communiqués sur la perte de leurs enfants ou pour d’autres raisons. Ces populations payent ce qu’elles veulent. Vous constatez qu’à la rentrée, il n’y a même pas de forces de sécurité pour entrer ici. Tout cela prouve que la radio Milo FM est une radio de proximité pour les habitants de la ville de kankan.

Je peux dire que notre politique a vraiment marché aujourd’hui, parce que tout le monde dit : « Milo FM est notre radio ». Aujourd’hui, quand notre radio a un problème, c’est toute la ville de Kankan qui se lève pour la soutenir. Avec ce soutien, on remarque que le courant passe entre notre radio et les habitants. Par exemple, quand un journaliste fait une erreur dans son émission, les auditeurs se déplacent pour venir le voir, afin de lui prodiguer de sages et utiles conseils.

Avec cet intérêt que les auditeurs donnent à notre station, nous ferons toujours des émissions de sensibilisation pour que la population ne se livre plus à casser des édifices publics. La radio Milo FM a redonné de l’espoir à la population de Kankan en général, surtout la jeunesse qui s’intéresse beaucoup à nos émissions.


Vous êtes l’un des ressortissants de Kankan qui s’investissent beaucoup dans le développement socioéconomique de votre préfecture. Alors, quels sont vos projets dans l’avenir ?


Le projet auquel je tenais du prix était la création d’une radio privée à Kankan. Louange à Dieu, la radio est là. Mais, ça ne va pas s’arrêter pas à la radio seulement, parce que nous voudrions avoir une télévision privée pour la région de la Haute Guinée. Malgré toutes ces ambitions, il faut avouer que les moyens nous manquent, car tout vient de moi seul. Mais, je suis très fier de cela, parce qu’il n’y pas quelqu’un qui me met de la pression pour que je puisse changer ma direction. A Milo FM, nous sommes tous des jeunes, puisque tout le monde a moins de 40 ans ici. Dans le futur, nous voudrions avoir une télévision privée tout à fait culturelle, à l’image de MTV pour faire des publicités et donner quelque chose à la musique guinéenne. Vous savez, la ville de Kankan est très culturelle même s’il y a la politique aussi. Mais, la priorité de la jeunesse de Kankan, c’est la culture. En tant que natif du terroir, je savais déjà ce qu’aiment les habitants du Nabaya. C’est pourquoi, à Milo FM, la plupart de nos journalistes sont des jeunes animateurs des différentes boites de nuit de la ville. Donc, ils connaissent la technique et le goût des auditeurs qui aiment essentiellement la musique guinéenne.


Vous avez beaucoup d’ambitions pour le développement socioéconomique de Kankan, mais comme vous le dites, vos moyens sont limités. Alors, quel message avez-vous à lancer aux ressortissants du Nabaya et aux personnes de bonne volonté ?

Je sais que mes moyens sont limités, mais je ne vais pas demander de l’argent à quelqu’un. Je n’ai pas de l’argent en espèce, mais j’ai des amis qui sont derrière moi. J’appelle tout le monde au travail pour qu’on se batte pour participer activement au développement socioéconomique de la ville de kankan. Seulement, je dirai que je n’aime pas de cadeaux empoisonnés. Sinon, j’ai été contacté par-ci et par-là, mais nous avons vu que ces offres ne nous arrangeaient pas. Voilà, pourquoi nous avons décliné toutes ces offres. Aujourd’hui, nous sommes les seuls actionnaires. Mais, si on était en partenariat avec quelqu’un de l’Europe et de l’Amérique, il y aurait eu des problèmes ou il nous aurait imposé des choses qu’on ne voudrait pas.


La première vocation de Milo FM est essentiellement culturelle. Grâce à cette radio, il y a un reaggeaman de Conakry qui a récemment manifesté le désir de venir faire sa dédicace à Kankan. Pour le moment, nous sommes satisfaits de ce que nous offrons à la population de Kankan. Et nous n’entendons pas changer cette allure. Nous souhaitons voir dans le futur des personnes de bonne volonté qui puissent nous aider sans poser de conditions. Je demande aussi aux autres natifs du Nabaya, vivant ailleurs de se tourner vers leur préfecture pour que notre ville devienne un exemple en République de Guinée. Enfin, je remercie beaucoup la jeunesse de Kankan d’avoir eu confiance en moi en m’encourageant à venir investir la première radio privée de Guinée à l’intérieur du pays.


Entretien réalisé par Boua Kouyaté


Source: Le defi

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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 08:50

Naturellement, le ridicule n'a jamais tué en Guinée. S'il a existé des ailleurs où le sentiment d'honneur a poussé des hommes politiques à se donner la mort plutôt que de subir l'épreuve du ridicule de leurs actions publiques à effets incommensurablement négatifs pour leur pays, ce sentiment est loin d'avoir effleuré ceux qui ont prétendu diriger, jusqu'ici, la Guinée.

 

Si ce sentiment d'honneur avait existé dans notre pays, l'encadrement sociopolitique et ses acolytes en aurait, depuis longtemps, été radicalement fauché par la mort. Ceci pour dire que le pays peut aller à vau-l'eau, tout peut continuer à se dégrader, on continuera quand même à entendra les mêmes optimismes, les mêmes déclarations lénifiantes de « bonne foi » sans que les dirigeants songent à en tirer pour eux des conclusions en démissionnant de leurs fonctions pour l'intérêt de la Nation. Ils fermeront les yeux pour ne rien voir; se boucheront les oreilles pour ne rien entendre, et surtout ne ressentiront pas le ridicule qui couvre le pays aux yeux de l'extérieur.

 

Ceux d'aujourd'hui, les membres du CNDD et leur chef ne ressentent même pas qu'en ce début du 21e siècle, un coup d'Etat n'est ni moins ni plus qu'un acte de grand banditisme. A la différence du banditisme ordinaire quelle qu'en soit la taille et dont les membres achètent eux-mêmes leurs « outils de travail »; les fusils et canons dont se servent les acteurs du banditisme-coup d'Etat ont été payés par la collectivité nationale. C'est l'aspect le plus immoral et le plus dégradant humainement pour les auteurs de Coup-d'Etat. C'est en considérant cet aspect que les Guinéens doivent cesser, pour l'honneur de leur pays, de considérer comme « Père de la nation » un auteur de coup d'Etat qui semble loin d'être un libérateur.

 

Le trait dominant qui a été le plus observé chez nos dirigeants a été celui des héros du cinéma populaire comme King Kong ou Terminator qui n'ont agi que par leur force brutale pour soumettre l'environnement. Un environnement constitué de citoyens toujours traité en bétail et dont certains, rompus à courber l'échine, se prêtent volontiers à ce rôle de bétail humain.

 

Les apprentis sorciers qui ont régné, jusqu'ici, sur la Guinée, n'ont jamais pensé qu'une société humaine ne se menait plus comme du bétail, aux 20e et 21e siècles. A chaque fois, on constate que le type de gouvernement qu'ils installent, se termine mal. Le pays s'en sort démoli et les populations déboussolées.

 

J'ai écrit récemment que la culture du mensonge et de l'imposture était toujours au pouvoir en Guinée .En référence à ce rappel, le handicap majeur de Moussa Dadis Camara et du CNDD est leur approche amateuriste de la chose publique qui ne pourra pas leur permettre de relever le pays et encore moins de l'organiser en Etat démocratique. Cela ne s'improvise pas. Dadis et ses compagnons viennent d'en administrer une preuve supplémentaire en recourant à la vieille méthode pédégiste usée du complot extérieur permanent contre la Guinée.

 

Des forces d'invasion seraient massées aux frontières de la Guinée-Bissau, du Sénégal et du Libéria. Le recours à ce stratagème montre d'une part le manque cruel d'imagination au pouvoir et le désarroi actuel dans l'action du CNDD,et d'autre part, une manœuvre d'appel aux Guinéens à se grouper autour de Dadis pour retarder des élections à organiser, (voir articles de Mamadou Billo Sy Savané, et de Ibrahima Kylé Diallo).

 

Sur ce point, j'ai comme ressenti, une espèce de regrets des auteurs du coup d'Etat du 23 décembre 2008, de s'être pressés d'avoir fait la promesse d'une transition rapide. Ils l'ont d'ailleurs fait savoir en affirmant plus d'une fois que ce sont eux, militaires, qui ont risqué leur vie en conquérant le pouvoir. Les regrets d'une remise rapide du pouvoir à des autorités démocratiquement élues sont, on ne peut plus clairs.

 

Le recours aux attaques supposées à nos frontières, devrait montrer à tout Guinéen que nous avons à faire à des militaires pour lesquels redresser l'Etat guinéen est au-dessus de leur savoir-faire.

 

Guinéennes, Guinéens, sortez de vos illusions! Ce ne sont pas les hommes du CNDD qui vous sortiront de la mouise. C'est le pouvoir qui les intéresse. Ne vous laissez pas convaincre par des mots sans signification pour ceux qui les prononcent. Ils peuvent sembler être ce que vous leur devinez comme sentiment de « bonne foi », cela peut du reste paraître inconsciemment de bonne foi pour Dadis. Mais qu'est-ce que la bonne foi sans aucune perspective « concrétisable » au regard de la destinée d'un peuple ? Il faut, Guinéennes et Guinéens, que vous sachez que la seule bonne foi ne peut continuer à servir d'excuse à l'incapacité de ceux qui se sont autoproclamés vos dirigeants et qui n'ont su vous présenter que des gesticulations stériles et des discours creux.

 

L'extrême faiblesse de notre peuple est cette permanente foi en la « bonne foi » des marchands d'illusions qui ont régenté la Guinée de 1958 à aujourd'hui. On ne peut pas envisager un avenir meilleur en pardonnant à partir de leur « bonne foi »  les anciens Présidents et celui d'aujourd'hui du mal dont ils sont les auteurs. Pour ce qui est d'aujourd'hui, il faut aller au-delà de la « bonne foi »  que Dadis et ses compagnons proclament sur les audits et sur les autres grands chantiers. C'est la cohérence de tout ce qui a été concrètement entrepris qu'il faut examiner. Or il semble que la part du vent l'emporte sur le reste.

 

Il faut que Dadis et ses compagnons se rendent compte qu'on ne peut pas continuer à se contenter de promesses faites à partir de bonne foi.

 

Il faut qu'ils cessent de surdimensionner leur capacité à gouverner le pays. Ils ne contribueront qu'à entraver son évolution. Dans un pays, un Président ne peut pas que compter sur ses conseillers, il doit aussi et surtout impulser les principales actions à mener.

 

Il faut surtout qu'au CNDD, on se rende compte qu'un pays ne se gouverne pas seulement, aujourd'hui, avec des armes. La naïveté, par exemple, d'avoir menacé, il y a peu, des magistrats s'ils ne se soumettaient aux caprices du pouvoir, de les remplacer par de jeunes magistrats qu'on aurait envoyés se former ailleurs, montre les limites de Dadis dans la gouvernance du pays. C'est de ne pas savoir que nul n'est confirmé dans une profession tant qu'il n'y a pas exercé des années durant, de jeunes magistrats ne peuvent pas remplacer au pied levé la compétence de magistrats ayant exercé de longues années…

 

Cette menace des magistrats demeure un exemple d'ignorance de ceux qui prétendent gouverner la Guinée. Certes, dans l'Armée guinéenne, un capitaine a pu se proclamer Commandant Suprême des Forces armées guinéennes, mais il reste à savoir la réelle capacité d'une telle armée dans un contexte de confrontation internationale.

 

Seulement en Guinée : titre équivaut à compétence.

 

La mamaya assourdissante qui se mène journellement n'aidera pas à sortir la Guinée de la médiocrité d'autant plus que chaque huile de ce monde à l'air de s'affubler et de se satisfaire de titres ronflants qui n'ont de valeur que sur le sol de Guinée et pour les seuls qui se griment d'Excellences ou d'Honorables.

 

Les griseries que le chef du CNDD et ses compagnons affectionnent tant de s'appeler Président ou Ministres ne feront pas progresser la Guinée mais la plongeront davantage dans un sous-développement total.

 

C'est pour éviter une telle perspective qu'il faut que la préparation d'élections sans magouilles soit énergiquement entreprise.

 

Ansoumane Doré à Dijon, France


Source: www.ondes-guinee.info
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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 08:47

On a dit et écrit beaucoup de choses sur Dadis au fur et à mesure qu’il se découvrait face aux Guinéens : bavard, colérique, imprévisible, impoli, incapable, tribaliste, etc. Le problème n’est plus de savoir s’il veut conserver le pouvoir mais quand, comment et à quel prix ce « nouveau père de la nation » autoproclamé quittera le pouvoir !


La dernière trouvaille de Dadis, après les historiettes d’audits qui n’amusent personne, est cette « invasion extérieure ». C’est grotesque ! La liane est plus grosse que son auteur. Notre compatriote Sy Savané en a parlé dans un style encore plus savoureux. La très vaillante armée guinéenne dont la bravoure consiste en une intimidation permanente de nos populations serait en état d’alerte, non pas à nos frontières mais dans nos centres urbains. Quel mensonge stupide! Il y a une façon intelligente de mentir, en inventant des histoires vraisemblables, bien que fausses. Ce n’est pas le cas avec Dadis.

 

Je ne suis pas spécialiste en polémologie mais je sais dans tout conflit armé, il y a un but. Le Sénégal, la Guinée-Bissau et le Liberia seraient incriminés puisque les envahisseurs partiraient de leurs sols respectifs. Tout cela procède du concept de « complot permanent » ancré dans la culture politique des dirigeants guinéens depuis des décennies. Qui croirait à une invasion « impérialo-sénégalo-bissao-libérienne » contre les paisibles laboureurs exténués de notre pays ? Qui ose croire que le Sénégal puisse attaquer un jour la Guinée ? Aux fins d’obtenir un débouché pour ses excédents arachidiers ? Soyons sérieux avec nos voisins qui nous plaignent mais nous respectent. En Guinée le ridicule qui a déjà tué, tuera encore! Qu’attendent donc nos dirigeants pour saisir le Conseil de Sécurité des Nations Unies ? J’espère que les Etats dont l’honneur est mis en cause ne tarderont pas à réagir diplomatiquement. Ou que leurs citoyens demanderont des éclaircissements à leurs dirigeants.

 

L’armée guinéenne, dans sa forme actuelle, n’est pas qu’inutile ; elle est nuisible ! Elle n’a de national que le nom, puisqu’elle est, paraît-il, infiltrée par des mercenaires originaires d’autres pays. En France, on a la prestigieuse et respectable Légion Etrangère, constituée de volontaires. En Guinée, l’armée a des plaies béantes, de véritables « lésions étrangères » dues à la présence de mercenaires ! Avec ses officiers toujours trop bien nourris pour ce qu’ils sont censés faire mais peu ou pas entraînés, ses troupes mal équipées et les failles dans sa chaîne de commandement, je la verrais mal résister à l’assaut d’un simple bataillon de tirailleurs sénégalais.

 

Heureusement que nos voisins sont pacifiques. D’ailleurs, qui envahirait la Guinée ? Un ovni, peut-être ? Aucune menace ne pèse sur la Guinée. La seule menace sur ce pays provient de son armée ou plutôt de bandes armées à la solde de Dadis et de ses « tontons macoutes » Pivi et Sékouba ! Si certains ont du sang sur les mains, d’autres en ont jusqu’aux coudes (on n’oubliera jamais les évènements sanglants comme ceux de juin 2006, de janvier et de février 2007 et on saura un jour qui a fait quoi). C’est à croire que nos militaires aiment tellement le sang qu’ils ne voient que le rouge de notre drapeau, oubliant qu’il est tricolore.

 

L’insécurité en Guinée est le fait de ses dirigeants, chefs de l’armée dite régulière mais qui ne commet que des irrégularités. Bien entendu, dans tout pays il y a des bandits et des délinquants mais dans le nôtre, l’insécurité est devenue une institution. Dadis et sa bande veulent créer des troubles pour ainsi justifier un maintien d’ordre indispensable à toute élection crédible. Drôle de façon de rallonger sa transition ! Personne n’avalera ce mensonge.

 

Cependant, rien n’est gagné. Tout dépendra de l’attitude de nos populations. Le drame du Guinéens est qu’il est à la fois indiscipliné et soumis. Chaque fois que 2 Guinéens se réunissent, ils se séparent avec 3 opinions bien tranchées ! Autrement, une désobéissance civile, pacifique mais soutenue, pourrait mettre fin rapidement au gouvernement du pays par l’actuelle caste militaire. On ne demande pas aux populations d’affronter des soldats drogués et armés mais de sortir de la logique des blocs institué par le pouvoir (forces vives et forces patriotiques) pour trouver avec l’aide des principaux partis politiques, de ce qui reste des syndicats (Rabiatou Diallo ayant perdu toute crédibilité) et de ce qu’on appelle la société civile, une stratégie simple pour dire massivement NON à ce qui se passe.

 

Contrairement à ce que Dadis laisse croire, la Guinée n’est pas menacée d’éclatement. Il faut toutefois être vigilent car l’unité nationale, bien qu’elle existe, est encore fragile. Il n’y aura pas d’affrontements ethniques en Guinée. Quand Sékou Touré a déclaré la guerre à une communauté, aucun de ses membres n’a été inquiété à Siguiri, à Yomou ou à Dubréka. Lorsque Conté a lancé son stupide « Wo fataara ! », qui a été inquiété à Boké, Koundara ou Lola ? Cependant, cautionner des slogans débiles du genre « Dadis ou la mort » est une incitation au repli régionaliste. Vous imaginez-vous des répliques du genre « Alpha Condé ou la mort » à Camarala (près de Kankan), « Cellou Dalein ou la mort » à Kankalabé, etc. ? Dadis aurait dû marquer sa désapprobation mais il a laissé faire. Pour s’amuser, on pourrait dire « Kouyaté ou la mort » mais à Tripoli et non à Koba ! Quand il s’agit de l’unité nationale, il ne faut plus rire. On ne veut pas de bantoustans en Guinée.

 

Comme Dadis ne veut pas arrêter ses bêtises, il faut l’arrêter par tous les moyens. Il a commencé par sortir de l’argent en vidant ce qu’il y avait dans les caisses de l’Etat, maintenant il n’hésitera plus à verser encore du sang. Tant que cette junte restera au pouvoir, nous n’aurons que du malheur. Il faut la disloquer tout de suite. Je suis tellement désespéré que je me contenterais en ce moment de trop peu comme, par exemple, envoyer Sékouba à Cuba et Pivi en Bolivie. Dadis ne le fera pas mais un caporal messianique pourrait le faire! Pour l’instant, chacun de nous ne respire que d’une narine, attendrons-nous que Dadis nous bouche à jamais le nez avant de s’occuper patriotiquement de notre bouche ?

 

Je vous salue avant d’étouffer !

 

Ibrahima Kylé Diallo

Directeur de www.guineenet.org et de www.kylediallo.com


Source : www.ondes-guinee.info

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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 17:36

Le CNDD doit comprendre que les droits et obligations d’État s’accomplissent par des institutions et des lois émanant de l’expression du peuple souverain.

Pendant cette période où les institutions républicaines sont inexistantes et où les décisions sont prises au nom du peuple et non par les représentants du peuple, entreprendre certaines actions de nature à provoquer l’instabilité sociale serait hasardeux et risqué.

 

Le cadre juridique et institutionnel des “audits”, de la “lutte contre les narcotrafiquants” et autres actions à moyens et long termes n’est pas suffisamment étoffé pour en assurer une solution efficace. Les moyens humains, matériels et financiers ne sont pas à la hauteur des tâches visées.

 

La logique voudrait que le peu de moyens qui existe soit utilisé pour un retour réussi à l’ordre constitutionnel. La tâche est immense; et, il est extrêmement urgent de s’y atteler pour pouvoir mettre rapidement en place le train du développement.

 

Pour aller en guerre il faudrait avoir un solide nerf de la guerre: l’argent. Or la Guinée en manque terriblement; au point d’avoir un mal fou à boucler les fins du mois pour le seul poste des “salaires” des fonctionnaires. Et, ce n’est pas sur la communauté internationale qu’il faudrait compter pour en mobiliser. Car, même pour la guerre contre la pauvreté (alimentation, eau, électricité, santé, etc.), elle n’a pas bougé, par principe: elle ne collabore pas avec les régimes d’exception.

 

Les narcotrafiquants sont puissants et organisés au point de pouvoir défier parfois de grands pays comme les États Unis d’Amérique et l’Union Européenne. Ils ont une grandes puissance de nuire. Prendre les maigres ressources de l’État et se lancer à la poursuite de bandits sans foi ni loi à travers champs n’est pas de nature à aider la Guinée à sortir de l’ornière.

 

Alors pourquoi ne pas organiser le retour rapide à l’ordre constitutionnel et transférer les dossiers aux représentants légaux du peuple qui auront l’appui de la communauté internationale pour trouver une solution viable à ces différents problèmes cruciaux et bien d’autres?

 

Saifoulaye Diallo

Architecte DENA

Source : www.ondes-guinee.info

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