Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

  • : BanabanaNews
  • : Actualités et informations sur la Guinée.
  • Contact

Profil

  • BanabanaNews
  • Je suis allergique aux régimes militaires !

Recherche

Archives

Pages

Catégories

27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 18:20

Kyle-SC1Le Pr Alpha Condé, Président de la République, a décidé, enfin, de visiter l’intérieur du pays. L’extérieur étant fatigué de lui, il était temps ! L’errance a conduit notre vagabond en Guinée Forestière où il avait qualifié les Koniankés, qui venaient de s’affronter aux Guerzés, de menteurs. Le « malobali » (l’éhonté) s’est ensuite rendu en Haute Guinée, son soi-disant fief, où il a été conspué. Après ce déplacement chaotique, il a foulé le sol de Labé, cœur de la Moyenne Guinée. Le PD élu (PD signifiant « président démocratiquement ») a continué sur Pita, Dalaba et Mamou avant de redescendre sur la Basse Guinée. La boucle est ainsi bouclée.

 

L’escapade à Kankan est révélatrice du mal profond que connaît la république de Condé. Huer un Président, c’est, dans une certaine mesure, le tuer. Merci Kankan d’avoir « tué » Alpha Condé bien que ce monstre sévisse toujours.

 

Le séjour à Labé s’est déroulé dans un petit triangle (aéroport, siège du gouverneur de S. Keïta, patriarcat local) sans joie. Difficile de sourire à celui qui vous piétine. Des journalistes ont même été malmenés. Si en tant que Président, AC n’est pas reçu comme un étranger à Labé, il y est tout de même perçu comme un individu étrange. La raison en est simple : il veut étrangler tout Peulh, même inoffensif.

 

Il est d’ailleurs regrettable que le Président Condé n’ait pas emporté dans son cabas un certain Mansour Kaba pour visiter « son Fouta esclavagiste ». Qu’est-ce qu’on aurait aimé voir à la RTG les camps de concentration de l’axe féodal Labé-Pita-Dalaba-Mamou où sont enchaînés et torturés les descendants des captifs malinkés vendus par Samory et les « Maninka-mori » aux Peulhs !

 

Sékou Touré était anti-peulh mais il n’était pas allé aussi loin qu’AC dans sa volonté de démanteler le Fouta. 

 

Après sa rencontre avec AC, voici ce qu’a rapporté son ami, le grand imam de Labé, El Hadj Badrou Bah:

 

« A son arrivée, le président a dit qu’il  veut rencontrer les sages du Fouta pour leur parler ; alors nous avons mobilisé tous les sages de Labé, les sages des cinq préfectures de la Région ainsi que des centres d’érudits.  Le président a dit aux citoyens de Labé qu’il est venu annoncer que : ‘’ce que les gens racontent en disant qu’il est un président ‘’sectaire’’, il ne veut pas entendre ça’’. Il a dit qu’il ne veut pas que cette étiquette lui soit collée. Tout en ajoutant qu’il est le président de tous les Guinéens, il ne se base pas sur l’ethnie pour nommer les cadres, il les nomme en se fondant sur la compétence. Il a aussi rapporté que s’il a marché de l’aéroport jusqu’à la résidence du gouverneur, c’est pour monter qu’il prend toute l’étendue du territoire au même pied d’égalité. Il a aussi réitéré ses formules en disant que la Guinée a quatre roues, et il tient toujours à ça… En réponse, les sages lui ont répondu que le Fouta respecte la volonté de Dieu et que son souhait ardent est qu’il montre d’avantage qu’il est le président de tous Guinéens. Le Fouta n’a pas beaucoup de choses à ajouter sur ce qu’il a dit, sinon qu’une délégation de sages du Fouta s’était rendue à Conakry pour lui prodiguer des conseils. Et donc, qu’il se tourne davantage sur les points que cette délégation lui avait mentionnés. Les sages du Fouta l’exhortaient à prendre tous les Guinéens sur le  même pied d’égalité. En retour, AC a dit qu’il est venu « se confier au Fouta, que le Fouta le rectifie s’il se trompe. »

 

Alpha Condé qui se confie au Fouta, on croit rêver ! Comment peut-il recomposer une nation en décomposant un de ses éléments fondamentaux? En venant au Fouta, il n’effectue pas une visite de courtoisie mais inspecte les lieux. Il est en campagne électorale pour les législatives et la présidentielle de 2015. Il prend la température locale pour mieux mener à bien son projet maléfique de dislocation de cette région aux fins d’asseoir durablement sa dictature.

 

Le Fouta, on ne le dira jamais assez, n’est pas parfait mais il pourrait s’enorgueillir de son passé et être fier de son présent. Il a su, à partir d’éléments humains divers, constituer habilement et très patiemment un groupe de « Haali Pular » qui partage une langue, une religion et des valeurs communes d’entraide et de tolérance. Ce groupe intégrateur (mais non assimilateur) comprend des Diallo, des Kouyaté et des Barry mais aussi des Camara, des Bah, des Souaré, des Condé, des Keita, des Tounkara, des Sow, des Kourouma et des Touré, etc.

 

Le Fouta-Djallon n’est pas un Fouta-Diallo, les « foulasso » (villages « peulhs ») ne sont pas édifiés que pour des Sow. Dans les « dounè » (pluriel de « roundé », village de descendants d’anciens serfs), il n’y a pas que des Kanté !

 

Le Fouta-Djallon est certainement un Fouta-ba (c’est-à-dire un grand Fouta) que le pouvoir veut cloisonner en plusieurs Fouta-nin (micro Fouta).  D’où le projet machiavélique de renforcer l’association ségrégationniste du « Manden-Djallon », financée par AC.

 

Président de la République et du RPG, Alpha Condé est en train de casser le Fouta en le « défoulanisant » (exclusion des Peulhs) et en le « roundalisant » (priorité absolue au « roundé » par rapport au « foulasso ») par un recensement préférentiel, des subventions intéressées et une protection discriminatoire. C’est une expédition anti-peulhe qui se prépare et les futures victimes n’ont pas l’air de s’en rendre compte. Les « donzos » d’Alpha Condé sont déjà au Fouta, déguisés en gardes forestiers.

 

Pendant ce temps, que fait l’opposition ? Rien, absolument rien ! Elle ne parle même pas et son mutisme la rend co-responsable de la mutilation en cours du Fouta. Son souci n’est pas la protection de citoyens menacés dans leur existence mais comment avoir quelques sièges de députés dans la future Assemblée dont on sent déjà le goût de « soumbara » avec l’arrivée certaine en son sein d’une Nantou Chérif. En Guinée, tout étant possible, sauf le meilleur, cette dame pourrait très bien être un jour la Présidente de la République par intérim avant d’être titularisée à ce poste. Tranquillement et tout à fait légalement. Le RPG sait, lui au moins, ce qu’il veut. L’opposition ne sait même pas ce qu’elle peut.

 

Je vous salue.

 

Ibrahima Kylé Diallo

Responsable du site www.guineeweb.net

Repost 0
Published by BanabanaNews - dans Libre opinion
commenter cet article
27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 15:33

lettre1.jpgEn tout cas, c’est qui ressort d’une Lettre ouverte adressée aux magistrats guinéens. Il serait fort possible que les magistrats guinéens refusent de présider la commission de centralisation des votes lors des élections législative prévues pour le 24 septembre prochain. Nous vous invitons à lire l’intégralité de ladite lettre :

 

Mesdames et Messieurs les Magistrats

 

L’Union internationale des Magistrats nous a honorés de la visite, du 13 au 17 Août 2013, d’un délégué, en la personne de Monsieur MOMBLE Messey Michel, Secrétaire Général de l’Union nationale des Magistrats de Côte d’Ivoire. Je rappelle que notre adhésion à l’Union Internationale des Magistrats a été suscitée, appuyée et parrainée par nos confrères de la République sœur de Côte d’Ivoire.

 

Au cours de l’exposé, on ne peut mieux clair et concis, des rappels et recommandations qu’il a livré, il a insisté itérativement sur les rôles et responsabilités des Magistrats plongeant leurs racines dans les notions de primauté de la loi, d’indépendance de la magistrature et d’impartialité du juge.

 

L’indépendance du pouvoir judiciaire, a indiqué le délégué de l’Union Internationale des Magistrats, constitue l’un des principes fondamentaux sur lesquels se fonde ce qu’aujourd’hui on appelle ‘’l’Etat de droit’’. Ce principe cardinal, précise-t-il, est très étroitement rattaché au principe de la séparation des pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire.

 

Il a fait observer que les systèmes des différents pays devraient se soucier d’assurer non seulement l’indépendance de la magistrature envers les autres pouvoirs de l’Etat, mais aussi l’indépendance du magistrat vis-à-vis d’autres sujets de la vie économique et sociale et même à l’intérieur du pouvoir judiciaire. Il s’agit  à ce propos d’indépendance ‘’interne’’.

 

De ce qui précède,  Monsieur MOMBLE nous invite, en premier lieu, à penser l’indépendance du juge vis-à-vis des parties du procès. Tous les codes de procédure du monde prescrivent un devoir d’abstention ou la faculté de récusation, lorsque le juge ne se trouve pas en état de trancher son affaire de façon impartiale.

 

Il nous exhorte, en deuxième lieu, à considérer attentivement la nécessité de sauvegarder l’indépendance du juge à l’intérieur même du corps de la magistrature, afin d’en assurer l’impartialité la plus absolue. Il est évident, signale-t-il, que l’application à la magistrature des règles de la hiérarchie qui gouvernent, par exemple, l’organisation du pouvoir exécutif ou de certaines ses branches (armée, administration générale, finances, police, etc.) compromettrait l’objectivité de la décision judiciaire.

 

Il a donc mis l’accent sur l’exigence, pour nous, d’élaborer et de faire adopter un Code de déontologie, inspiré des principes universels de Bangalore, de notre Constitution et de nos lois en vigueur, en particulier les lois 054 CNT et 055 CNT, relatifs respectivement au Statut des Magistrats et au Conseil Supérieur de la Magistrature. Il a donné un éclairage particulier sur la partition que les Magistrats doivent jouer dans la construction et la consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit.

 

Pour ma part, je voudrais faire remarquer que si au 20ème siècle la question de la démocratie et de l’Etat de droit avait été celle des assemblées parlementaires ; au 21èmesiècle, elle est celle de la Justice. En contemplant le déroulement de la vie des Nations, il apparait partout que la figure du juge s’impose ostensiblement. 

 

Dans l’ordre mondial, cette nouvelle réalité se traduit par la création de juridictions internationales, régionales et sous-régionales, tant en matière de sauvegarde des droits de l’homme, qu’en matière pénale. J’ajoute  qu’au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce la perspective d’une juridiction économique internationale se dessine de plus en plus visiblement. Il en est de même du concept d’un tribunal environnemental international.

 

Dans l’ordre interne, sous la poussée des Juridictions constitutionnelles (Conseil Constitutionnel, Cour Constitutionnelle, Cour Suprême), le juge fait évoluer le droit vers de nouveaux horizons. Il consolide les principes de la primauté et de l’effet direct du droit, en promouvant le droit et le pluralisme comme les exigences de toute société démocratique sur laquelle s’installe l’Etat de droit.

 

A travers la question prioritaire de contrôle de constitutionnalité, les juridictions constitutionnelles interviennent de plus en plus fréquemment dans la détermination des règles de la vie commune.

 

Cette montée en puissance du juge, qui effraie les pouvoirs politiques et défraie la chronique de diverses manières est fondamentalement perçue et présentée comme une mutation dangereuse, faisant passer d’un gouvernement du Peuple par ses élus à un gouvernement de la Société par les juges.

 

Cette conjoncture nouvelle provient de l’intervention déterminante du juge qui donne aux lois leur portée effective quant à la définition du régime des activités politiques, sociales et économiques. Il en résulte un remarquable paradoxe dans la situation constitutionnelle.

 

En effet, les institutions investies de ‘’la légitimité démocratique la plus forte’’ sont confinées à poser ‘’les règles abstraites à faible densité normative’’alors que symétriquement, les institutions possédant la ‘’légitimité la plus faible’’ sont investies du pouvoir de poser ‘’les règles concrètes à forte densité normative’.

 

Saisissant la dimension réelle de cette situation, les pouvoirs Politiques et militaires l’ont d’abord niée, en considérant  le juge comme simple ‘’bouche de la loi’’ et donc en dehors ou en dessous du pouvoir politique, réduit  au gabarit d’une insignifiante autorité d’application, instrument servile des pouvoirs qui sont issus du suffrage universel.

 

La conséquence d’une telle conception des relations de la Justice avec les autres Pouvoirs constitue, sur toute la planète, une des causes de la déliquescence de l’appareil judiciaire car, entre autres effets, il appert que toutes les ressources, financières notamment, ne sont accordées qu’aux ‘’institutions nobles’’, celles qui font la loi et nodaux ‘’institutions pratiques’’ chargée de l’appliquer et l’interpréter.

 

Elle conduit logiquement et cyniquement à l’asservissement de la Justice, en tant qu’autorité d’application, aux Pouvoirs issus du suffrage universel qui sont autorités de conception. Il s’ensuit que la justice demeure circonscrite à rester un des bras armés du pouvoir exécutif.  Toute distance, toute indépendance, toute forme d’autonomie par rapport aux autres Pouvoirs d’Etat, dont elle doit rester vassale et serve, lui sont refusées.

 

Or, il est dans l’essence même des lois qu’elles ne peuvent fixer qu’un cadre général. Celui-ci ne peut suffire à lui seul à déterminer la décision que le juge peut prendre dans une affaire concrète. En effet, il tient de nature que toute loi, pour son application, donne lieu à interprétation. C’est dans cette mission d’interprétation du juge que réside la ‘’dimension politique’’ du pouvoir judiciaire dont les décisions donnent aux lois ‘’leur portée effective’’.

 

Mes chers Consœurs et Confrères

 

Nous avons passé et perdu un immense temps à penser et à croire que l’ignorance par les Pouvoirs civils et militaires, de ce que je viens d’exposer, serait à l’origine de leur réticence à pourvoir la Justice de ressources dont elle a besoin pour fonctionner efficacement. Nous avons considéré qu’il nous appartenait de corriger les dysfonctionnements qui nous paralysent. Or, ce n’est pas notre rôle !

 

Nous sommes allés plus loin, nous avons accepté le sort de l’âne dans la fable de la Fontaine intitulée ‘’les animaux malades de la peste’’, prenant stoïquement sur nous les anathèmes de corruption, d’incompétence et de pourriture qu’on nous inflige à tout vent.

 

Nous avons fait mieux, nous nous sommes combattus entre nous. Dans nos rangs, les uns se sont livrés à des délations sordides contre les autres.

 

Nous avons attaché nos sorts, non à un Statut qui fixe les garanties de déroulement de nos carrières sur la base du mérite, de l’indépendance et de l’impartialité, mais à des postes qu’il faut bassement, parfois  cruellement briguer en violation de notre serment. La distribution de ces postes comme des prébendes nous a vassalisés et a avili nos âmes. Nous devons rompre les fers qui nous entravent, en nous regardant sous la nouvelle lumière des récentes lois et de la Constitution.

 

Qu’avons-nous eu en retour  de notre asservissement? Le brocard et le pied de nez, les humiliations et la goguenardise, les injures et la dérision, le mépris et la haine. Que sommes-nos devenus ? Des laissés pour compte, des jean-foutre.

 

Dans les discours publics et dans les colonnes de presse, que nous réserve-t-on ? Quand ce ne sont pas des critiques méchantes, ce sont des mufleries sadiques arrosées de sardoniques répugnantes, foulant au sol la dignité de pères et mères de familles pourtant dévoués à leur métier !

 

La Justice est pourrie clame-t-on ! Elle est corrompue chante-t-on. Mais, bon Dieu, quel est le corps de métier dans ce pays qui ne compte pas d’hyènes affamées et gloutonnes ?  Qui peut prétendre et oser affirmer le contraire ?

 

Nous, juges détenons des dossiers ! Si nous n’étions pas tenus à l’obligation du secret des délibérations, si notre devoir de réserve ne nous confinait pas au silence, nous aurions entrouvert, pas ouvert, seulement entrouvert certains dossiers, pour laisser exhaler et se répandre dans la cité les effluves nauséabonds, les remugles fétides qu’ils contiennent et, comme le disait l’hyène : s’il pouvait arriver qu’à minuit le soleil apparaisse soudain, on verrait que, comparée à d’autres, sa réputation de prédateur est surfaite.  

 

Il y a des magistrats honnêtes dans ce pays, courageux et déterminés à rester dignes, malgré la disette assassine de leur existence quotidienne, leur fidélité à leur serment et  leur compétence restent sans faille. Pour ces dignes et loyaux serviteurs de la justice et du citoyen, seul prévaut et doit prévaloir la loi. Pour eux, l’indépendance de la magistrature n’est pas leur privilège. Elle traduit leur obligation de servir en toute probité l’intérêt de l’honnête homme. Elle signifie pour eux l’exercice d’un sacerdoce qu’il leur répugne de trahir à quelque prix que ce soit.

 

Mesdames et Messieurs les Magistrats,

 

J’entends souvent l’invitation faite avec condescendance aux magistrats d’être honnêtes et courageux. Moi j’affirme que tout nous est refusé pour l’être. Les conditions de prestation se déroulent dans la précarité de l’espace de travail, marqué par l’inexistence d’infrastructures judiciaires et pénitentiaires, par la vétusté des locaux aux murs lézardés et couverts d’une moisissure asphyxiante, par le manque criard d’équipements de toutes sortes, les traitements vexatoires, l’insuffisance et l’indisponibilité des crédits de fonctionnement, la nullité des perspectives de formation et de spécialisation.

 

Tout cela n’est-il pas le lot des Magistrats ? Malgré ces affres qui prolifèrent et s’élargissent d’année en année, nous sommes restés confiants et résignés à bord de la nef, subissant sans plainte et sans découragement les effets conjugués de la houle et des lames de fond qui la font tanguer.

 

On demande au magistrat, qui croupit dans la misère la plus sordide, abandonné à l’étreinte douloureuse de tous les besoins primaires, de ne pas se laisser corrompre par des fonctionnaires véreux et des hommes d’affaires sulfureux, logés dans des bureaux d’un luxe insolent, roulant dans de somptueuses voitures rutilantes, qui puisent à pleines mains dans les deniers publics ou blanchissent de l’argent. Mais on ne demande pas au Magistrat de résister aux ingérences intempestives dans les affaires judiciaires, parfois accompagnées de violences physiques contre sa personne. On ne lui épargne pas de recevoir des instructions en la présence constante et humiliante du plaideur influent ou protégé.

 

Dans le secret des bureaux, on lui donne des instructions, on lui intime de trancher contrairement à sa conviction et aux faits de la cause. Il va à l’audience, contre sa conscience, il débite la sentence qui lui est dictée. Lorsque la décision est mal accueillie, lorsqu’il y a scandale, le pauvre magistrat essuie dans le silence l’opprobre.

 

L’auteur de l’instruction à l’origine de l’abjection participe allégrement, sans état d’âme au lynchage du pauvre juge. Rentré chez lui, celui-ci doit affronter le regard interrogateur et effaré de sa famille. Quel calvaire !

 

On l’épie partout, on cherche en lui la moindre faiblesse pour fondre sur lui comme l’aigle sur le poussin.  

On veut qu’il soit honnête, mais on ne s’abstient pas de lui enjoindre une conduite et des décisions. Si d’aventure il n’est pas malléable, il est écrasé ou écarté.

 

On le veut responsable, mais ses décisions ne sont pas exécutées.

 

Tout lui est imputé, tout lui est reproché, rien ne lui est pardonné. Pour la moindre peccadille, il est cloué au pilori ou pendu haut et court.

 

Mes frères et sœurs,

 

Puisque l’on admet que la justice est un vrai pouvoir, tel que cela figure dans la constitution, on doit corrélativement admettre que la justice doit être et demeurer un pouvoir responsable, c’est-à-dire qu’elle doit acquérir, conformément à l’article 107 de la Constitution, la place institutionnelle lui permettant d’assurer effectivement, en toute liberté de conscience et d’action, la garantie des droits et libertés des justiciables, établir l’équité dans l’égalité devant la loi et les juridictions.

 

Dans cette perspective, les Pouvoirs doivent voir, sous l’éclairage différent et nouveau qu’apportent les récentes lois sur le Statut des Magistrats et le Conseil Supérieur de la Magistrature, l’indépendance et l’impartialité de la justice. Celles-ci doivent cesser d’apparaître à leurs yeux comme le privilège immérité d’une caste, les magistrats.

 

Les Pouvoirs doivent admettre leur véritable signification, celle de principes dont les citoyens sont les destinataires et les bénéficiaires.

 

 

Il convient de souligner, à grands traits, que l’indépendance de la justice ne peut se concevoir sans une institution gardienne qui en soit le pilier. Le Conseil Supérieur de la Magistrature actuel, prévu à l’article 111 de la Constitution, doit jouer ce rôle majeur.

 

Pour assurer une réelle indépendance de la justice, il faut avant tout garantir au Conseil Supérieur de la Magistrature, chargé d’y veiller, une indépendance elle-même effective, ainsi qu’une réelle autorité. C’est ce qui, à mon humble, doit faire comprendre notre espoir pressé de voir signés, publiés et mis en œuvre les textes d’application de nos deux lois.

 

L’indépendance, je le répète à dessein, est avant tout la garantie, pour les citoyens, que ceux qui les jugent  exercent cette fonction à l’abri de toute pression et sans crainte de déplaire.

 

Il existe une forme d’indépendance que je voudrais mentionner comme une exigence primordiale de la fonction de juger, c’est l’indépendance vis-à-vis de l’ignorance. ‘’D’un magistrat ignorant, avait écrit Jean La Fontaine [dans L’âne portant des reliques],  c’est la robe qu’on salue ».

 

 

Le magistrat n’est digne de revêtir la robe que la loi lui attribue que parce qu’il aune bonne connaissance des matières qu’il devra traiter, car à l’évidence, un magistrat bien formé, doté d’une forte culture, conservant en toute circonstance de lieu et de temps une posture morale faite de hauteur et de noblesse, est un juge véritablement indépendant, outillé pour être juste.

 

Je rappelle, dans ce sens, que les nouvelles lois qui nous gouvernent font de la formation un devoir du magistrat et qualifie l’insuffisance professionnelle de faute sujette à une très sévère sanction.

 

Cette mesure contraignante est d’autant compréhensible que dans une démocratie, la tentation est toujours grande, pour les gouvernants, de vouloir infléchir le cours de la justice, en maîtrisant la carrière de ses magistrats. Nous devons y résister par notre ‘’savoir-être’’, notre ‘’savoir-faire’’ et notre ‘’savoir-vivre’’ !

 

La première et la plus importante des victoires, disait le roi des zoulous USHAKA, est la victoire de l’homme sur lui-même’’. Remportons donc cette victoire. Gagnons-la sur nos inclinations et nos passions, sur nos faiblesses et nos peurs.

 

 

Ce devoir d’ingratitude est un impératif, conforme et inhérent à l’indépendance et à l’impartialité que la Constitution, en ses articles 107 à 112, nous attribue. Il est le pendant de notre probité et de notre loyauté envers le Peuple de Guinée au nom duquel la Justice est rendue. Nous ne devons pas y faillir, quoi qu’il en coûte.

 

La première chose à faire est de nous atteler immédiatement à l’élaboration d’un code d’éthique et de déontologie pour notre corps.

 

Telles sont, Mesdames et MessieursChers Consœurs et Confrères les réflexions que je souhaitais partager avec vous.

 

Je vous remercie

 

Mohamed Aly Thiam

Nous avons le devoir impérieux de réussir ce combat de chacun sur lui-même, en nous souvenant toujours de ce que Robert Badinter a appelé le ‘’devoir d’ingratitude’’ du Magistrat face à l’autorité de nomination.

Nous devons vouloir que cette robe abrita un magistrat respecté, un père de famille honoré, un citoyen révéré par les justiciables, parce que tout à fait libre dans son jugement.

L’Indépendance de la justice et l’impartialité du juge sont, sous cet angle, la consécration du droit de chaque citoyen d’accéder, pour la défense de ses droits, libertés et intérêts, à un tribunal indépendant et impartial, art. 9 et 107 de la Constitution.

Repost 0
Published by BanabanaNews - dans Libre opinion
commenter cet article
27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 09:01

kaba-kl-1Le 30 Juillet 2013, Monsieur Mansour KABA, ancien Ministre de la République, leader du Parti DYAMA annonce sur un site : LA CREATION D’UN MOUVEMENT CITOYEN A BUT UNIQUE : L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE AU FOUTAH DJALLON

 

Il s’agirait, selon ce très respectable homme d’Etat, citation : « Un puissant mouvement citoyen à but unique, à savoir l’abolition de l’esclavage au Foutah Djallon, doit être constitué partout, afin d’obliger les députés de la future Assemblée Nationale à voter une « Loi pour l’abolition de l’esclavage en République de Guinée ».

 

 Les philosophes enseignent que l'histoire des hommes est un long, très long cheminement de la conscience. Il est ponctué d’obstacles innombrables dont les principaux sont : ignorance, superstition, intolérance, injustice, déraison, fanatisme.

 

Monsieur Mansour KABA s’offre, courageusement, si ce n’est témérairement, comme le preux chevalier de la lutte contre cette obscurité de la conscience. De nouveaux travaux d’Hercule en perspective. La lecture de son texte donne l’image d’un homme dont le principal talent serait de démêler la vérité imperceptible aux autres, en attisant la mêlée dans laquelle des hommes politiques en vaine quête d’audience jettent les populations guinéennes, en répandant l’huile sur le feu que des prises de positions politiques et ethniques allument çà et là.

 

Il fait ressurgir, si ce n’est une résurrection, des démons enfouis depuis des lurettes, convaincu qu’il s’attaque opportunément à une tragédie intolérable, exhumée et placée sous ses yeux comme par magie, sous la poussée de la conjoncture délétère actuelle, alimentée par  un fanatisme politique ambiant. Il  entreprend donc l’abolition de l’esclavage et la réhabilitation du supplicié.

 

Monsieur KABA semble ignorer la simple évidence que le temps a évolué en une mutation profonde et irréversible. Les sociétés esclavagiste et féodale ne sont plus et à jamais. Elles ont été éliminées sous le poids écrasant de la prise de conscience humaine forgée par plusieurs siècles d’histoire, pour parler localement, par plusieurs décennies de combats.

 

La raison est simple, si tant est qu’un rappel est nécessaire, elles ont été jugées trop cruelles et obsolètes.

 

Elles ont été vécues et perçues comme un exemple d’indignité humaine à bannir. Ayant contribué à la déshumanisation de l’homme, elles demeurent un fait indéniable de l’histoire universelle, mais vouées aux gémonies.

 

L’esclavage est une réalité de laquelle tout Etat moderne et démocratique, toute République se démarque et combat avec vigueur et  rigueur, parce que la conscience universelle veut que la tâche de l’homme soit de prendre en ses propres mains sa destinée, d’améliorer sa condition, d’assurer, d’embellir sa vie  par la liberté de sa volonté et par l’indépendance de ses choix, grâce à une bonne police  de la société, appelée bonne gouvernance et Etat de droit.

 

Dans ce sens et en raison de la forte compétitivité qui habite chaque homme, la vie en commun ne serait pas possible sans une convention où chacun trouve son compte. Bien que s’exprimant par des lois particulières à chaque pays, la justice, qui garantit cette convention, est  universelle. Elle existe heureusement dans notre pays malgré ses difficultés et les tares de toutes sortes dont elle est affligée.

Il est à retenir que tous les hommes devraient être capables d’en concevoir l’idée et de vouloir en jouir en toute égalité, d’abord parce qu’il est indéniable que tous les hommes sont des êtres dotés de raison, ensuite parce qu’ils sont tous capables de comprendre que ce qui est utile à la société est utile à chacun de ses membres.

 

La vertu, « commerce de bienfaits, leur est dictée à la fois par le sentiment et par l’intérêt ». A cet égard, le rôle de la morale, comme de la religion et du droit, selon Voltaire, est d’enseigner les principes de cette police,  afin que chacun s’accoutume à les respecter.

 

Monsieur Ment Sourd KABA semble dénier cette essence humaine à ‘’ces esclaves’’ du Fouta qui acceptent la fatalité de se laisser chosifier.

 

Monsieur KABA, dans un questionnement, qu’il martèle par quatre ‘’Savez-vous’’, rappelle à tous ceux qui vivent sur le territoire de la République leur cécité et leur surdité de n’avoir pas vu et entendu des esclaves gémissant sous le poids de maîtres impitoyables et arrogants. Il ne conjugue pas le verbe savoir à l’imparfait, il emploie le présent de l’indicatif pour indiquer que le champ de sa certitude coïncide avec celui de la réalité que nul autre que lui ne saurait appréhender, ni même simplement percevoir.

 

En réponse à ses propres interrogations,  Ment Sourd KABA écrit ‘’Oui. Allez au Foutah Djallon, visiter les « Rundè » et les « Foulah-so » pour constater de visu les conditions de vie et de travail de ceux qui ont été soumis à un système d’esclavage inhumain, dégradant et mesquin, depuis la victoire des Peuhl islamisés à la bataille de Talansan en 1730 contre les Peuhl, les Maninka et les Djallonka, alors animistes’’.

 

Des faits importants sont absents du questionnement de Monsieur KABA.

 

1.      Par exemple, il a été depuis des décennies leader de Parti politique, Ministre de la République, pourquoi ce serait seulement maintenant qu’il retrousse les manches pour tirer l’esclavage au Fouta Djallon de l’oubli, qu’il le sort du dessous du voile qui le recouvre pudiquement.

 

2.      Monsieur Ment Sourd ne spécifie pas qui serait esclave et qui serait maitre d’esclaves. Il attribue le fait à une région où il oppose une ethnie à d’autres, faisant de l’une la privilégiée et des autres des personnes assujetties, dépendantes, incapables de relever leur échine, de se mettre debout et de secouer le joug qui les oppresserait. Il leur faut, de l’avis de Monsieur KABA, le secours des autres provenant d’autres régions qui ont la vertu innée et la conscience  de leur humanité et de leur mission libératrice.

 

3.      Il relate et stigmatise des agissements précis, des comportements qui sont inhérents, non pas au seul esclavage, mais ont une relation avec des faits répréhensibles, condamnables. Il mentionne :

 

a.      à la fin de ce saint mois de Ramadan, en ce XXIe siècle, et en République de Guinée, des compatriotes vont aller saluer d’autres compatriotes en se courbant à « quatre pattes » devant ceux-ci, qui sont considérés comme « nobles » ;

 

b.      certains citoyens Guinéens sont obligés, du fait de leur état d’esclaves, de sacrifier des boucs noirs à la place du bélier blanc du Prophète Abraham ;

 

c.      et en République de Guinée, des Erudits en sciences coraniques ne peuvent pas diriger la prière des croyants, du fait de leur état d’esclave ou qui sont confrontés au refus de certains coreligionnaires qui se disent « nobles », de prier derrière un Imam d’origine esclave.

 

Ment Sourd KABA dénonce ainsi ce qu’il appelle ‘’ un système d’esclavage inhumain, dégradant et mesquin’’.  Ce système a sa place ‘’ en République de Guinée’’.

 

Il convient de noter qu’aucun des faits mentionnés plus haut par Monsieur KABA n’est l’apanage de la seule région du Fouta Djallon. Ils sont les séquelles résiduelles de notre histoire et condamnés à se désagréger et à disparaitre inéluctablement.

 

N’est-il pas courant que des couples qui veulent se  marier se heurtent à des oppositions parce que l’un appartiendrait à une caste jugée inférieure ? N’est-il pas constant que des cimetières séparés sont réservés à des familles, que des places et positions sont convenues pour des familles dans toutes les régions de Guinée ?

 

Bien mieux, entre ‘’Roundé’’ et ‘’Foulah So’’, des mariages n’ont-ils pas unis des ‘’Captifs’’ et des ‘’Princes’’ dans de solides liens de parenté. Doit-on ignorer ce facteur d’unité et de concorde ?

 

Monsieur KABA se rend-il compte que la manipulation, à laquelle il prend un plaisir cynique,  aura pour effet de semer dans la mentalité de la jeunesse le venin corrosif du complexe de supériorité d’un côté, et celui d’infériorité de l’autre, creusant ainsi un gouffre entre des citoyens confinés par leur destin commun à coexister dans un espace dont ils sont cohéritiers sempiternellement indivis. ? 

 

La question alors est : sommes-nous en REPUBLIQUE, quand on sait que République et esclavage sont absolument antinomiques?

 

La question est d’autant importante qu’il est impératif de se mettre d’accord sur l’acception de Système et d’Esclavage employés par Monsieur KABA..

 

 ‘’Système’’ pourrait s’entendre philosophiquement d’un ensemble abstrait d’éléments coordonnés par une loi, une doctrine. D’un point de vue politique ou juridique, ‘’système’’ a la signification d’organisation politique, sociale et économique, c’est-à-dire un mode de gouvernement assis sur un ensemble d’institutions, de procédures et de moyens de coercition.

 

Quant à ‘’Esclavage’’ serait-ce l’état, la condition de l’esclave, c’est-à-dire la situation ou le statut d’un individu sur lequel s’exercent les attributs du droit de propriété ou certains d’entre eux ?

 

La réponse affirmative conduirait à inférer qu’un esclave est un individu privé de liberté, soumis à l’autorité systémique d’une personne ou d’un Etat, contraint au travail forcé par un système de coercition, avec la conséquence que cet individu peut être acheté et vendu comme un objet, moins bien traité qu’un animal et peut subir la torture, la violence et tous abus, y compris sexuels.

 

Sous cet éclairage, l’esclavage ne se conçoit-il pas comme l’état d’une personne qui se trouve sous la dépendance absolue d’un maître à qui le pouvoir d’Etat a conféré la possibilité de l’utiliser comme un bien matériel ?

 

L’esclavage est la situation de privation de liberté d’une frange de la société par des hommes, dans le but de les soumettre à un travail forcé, du moins non rémunéré.

 

Juridiquement, l’esclave est une propriété de son maître. Cette propriété est garantie par un système étatique qui oppresse, qui enserre l’individu dans un corset de lois et de méthodes coercitives.

Monsieur KABA doit-on penser que la République de Guinée est dans ce cas de figure, c’est-à-dire admettant un système juridique et socio-économique fondé sur le maintien et l’exploitation de l’homme par l’homme et s’enracinant dans la conjoncture où un groupe d’hommes privilégiés de la fortune et d’un système constitue en sa faveur une classe d’esclaves ?

 

En y réfléchissant en profondeur, sans passion, ni restriction mentale,  Monsieur KABA, la situation que vous dénoncez correspond-elle vraiment à un système pensé, voulu et délibérément maintenu?

 

Si la réponse est affirmative, qui précisément au Fouta est responsable ? S’il y en a, ce serait admettre la preuve de la déliquescence de l’Etat guinéen, de l’indifférence et de la complicité tacite des organes de la puissance publique, laquelle dispose de services d’information et de coercition dont le rôle est justement de prévenir et de réprimer les actes prohibés et incriminés, tel le fait d’esclavage.

 

Rétrospectivement, en partant de la Guinée coloniale, en passant par la période des indépendances, Monsieur KABA veut-il dire que l’abolition de l’esclavage par la France colonisatrice le 27 avril 1848, la Convention internationale de 1926 relative à l’abolition de l’esclavage, la Déclaration Universelle des droits de l’Homme de 1948, la Convention supplémentaire de 1957 de l’ONU relative à l’abolition de l’esclavage,  la loi nº56-619 du 23 Juin 1956, dite loi Gaston Defferre et subséquemment son arrêté d’application signé de Fodéba KEITA, Ministre de l’Intérieur du gouvernement de la loi-cadre, en date du 31 décembre 1957, portant suppression de la chefferie dite traditionnelle et les Constitutions successives de la République, n’ont donc pu venir à bout de l’esclavage comme système ?

Les personnes victimes de ce crime contre l’humanité sont-elles à ce point, en cette ère des technologies de l’information faisant du monde un village planétaire, marginalisées qu’aucun membre de leurs communauté n’est imprégné des mécanismes et règles qui favorisent l’extinction de ce fléau ?

 

En écrivant et en publiant ceci : ‘’Oui.  Allez au Foutah Djallon, visiter les « Rundè » et les « Foulah-so » pour constater de visu les conditions de vie et de travail de ceux qui ont été soumis à un système d’esclavage inhumain, dégradant et mesquin, depuis la victoire des Peuhl islamisés à la bataille de Talansan en 1730 contre les Peuhl, les Maninka et les Djallonka, alors animistes’’,  Monsieur KABA ne confondrait-il pas esclavage et discrimination pour s’engager dans une propagande à caractère subversif, fortement teinté de racisme et de régionalisme.

 

On ne peut, en effet, nier le fait de discrimination pratiqué avec ostentation ou secrètement, pis encore hypocritement. Ce n’est pas exclusif ou spécifique au Fouta et, dans une vaste mesure, à la Guinée.

De deux  choses l’une, ou Monsieur KABA ne sait pas de quoi il parle quand il emploie ‘’système d’esclavage’’ ou bien il a des visées tendancieusement déstabilisatrices, nourries par la haine ethniques qu’il ne cache pas du reste.

 

Or, la Constitution dispose : ‘’Article 4: La loi punit quiconque par un acte de discrimination raciale, ethnique, religieuse, par un acte de propagande régionaliste, ou par tout autre acte, porte atteinte à l'unité nationale, à la sécurité de l'Etat, à l'intégrité du territoire de la République ou au fonctionnement démocratique des Institutions’’.

 

Pour la répression le Code pénal en ses articles 137, 138, 139 punit de peines de prison et d’amende les actes prévus dans la disposition constitutionnelle susvisée, sans parler de l’atteinte à l’unité nationale.

 

De la lettre et de l’esprit de législation pénale guinéenne, il ressort que le régionalisme et le racisme trahissent un état d’esprit consistant en des :

 

§  discours, cris, menaces proférés en public ;

§  écrits ou imprimés vendus ou distribués.

§  Affiches ou placards.

 

Cet acte, accompli soit par écrit, soit dans des lieux publics, soit exposé aux regards du public, peut se traduire par une attitude d’hostilité systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes. Tâche à laquelle se vouent laborieusement Ment Sourd.

 

C’est en application du principe d’égalité juridique  des citoyens  comme l’idéal moral de la nation démocratique  que le législateur guinéen a interdit et incriminé la pratique du racisme et du régionalisme.

 

L’analyse faite plus haut montre que Monsieur KABA, dont la culture aurait dû être aussi vaste que le permet l’usage de l’équerre, du compas et de la règle, outils nécessaires aux tracés d’architecture, n’a rien compris à la structure sociologique de la Guinée. Il ne distingue pas l’essence de la réalité de son apparence.  Il appartient encore à la grande catégorie des personnes dont la connaissance se limite à la croyance que c’est le soleil qui tourne au tour de la terre.

 

En applaudissant d’aventure la thèse esclavagiste de Ment sourd KABA, il ne peut s’agir de concevoir et élaborer une nouvelle loi, mais d’établir les faits, d’y procéder au cas par cas, pour mettre en évidence les pratiques abominables consistant à aliéner la liberté de personnes, à soumettre des citoyens, en abusant de leur vulnérabilité, à des conditions de vie et de travail incompatibles avec la dignité.

 

Une fois les faits établis, puisque par la grâce de Dieu le Code pénal comporte des dispositions répressives relatives à l’esclavage, saisir les tribunaux pour le châtiment des coupables, conformément aux articles 5, 8 et 9 de la Constitution.

 

Voilà Monsieur KABA, au lieu vitupérer contre une ethnie ou une région, de répandre la poudre de la haine ethnique et de la discorde dans le sein de la Nation, l’œuvre utile, citoyenne que recommande l’article 22 de la Constitution qui dispose : ‘’Chaque citoyen a le devoir de se conformer à la Constitution, aux lois et aux règlements’’.

 

 Pour la paix et l’unité nationale, le mieux à faire, Monsieur Ment Sourd KABA est de vous taire ! Motus et bouche cousue, dit-on et fermons la boîte à Pandore.

 

Mohamed Aly Thiam

 

NDLR :  [Mansour Kaba sur la photo}

Repost 0
Published by BanabanaNews - dans Libre opinion
commenter cet article
15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 12:51

kaba-kl-1Dans une pétition putride du 30 juillet 2013, intitulée  "Pour la création d’un mouvement citoyen à but unique: l’abolition de l’esclavage au Foutah Djallon" et publiée par le site ActuConakry.net, un certain Mansour Kaba, chef du micro-parti  « DYAMA » vient de cracher des fumerolles haineuses contre les Peulhs. Le nom de cette association signifie « masse » dans le sens d’une multitude d’individus mais si l’on tient compte de son poids réel, il s’agit plutôt d’un regroupement clanique à effectif réduit mais aux effets très nocifs.

 

Mansour, dont l’ethnocentrisme est particulièrement exacerbé à l’égard des Peulhs et régulièrement constaté envers toute communauté guinéenne non “maninka-mori”, est un récidiviste notoire. Chacun se souvient de sa brève fonction ministérielle au cours de laquelle son souci n’a jamais été d’améliorer l’urbanisme mais de développer le népotisme.

 

Fallait-il répondre au menteur et sournois Mansour ou s’abstenir de lui faire une publicité dont il pourrait se délecter ? Dire qu’il faut l’ignorer au motif qu’il serait insignifiant me semble hasardeux. Il a dit tout haut ce que d’autres individus de sa famille pensent tout bas. Les ethnocentristes minent le tissu social comme un acide corrode les métaux. Se taire est la meilleure façon de les encourager.

 

Certains de nos compatriotes comme Sadio Barry, Sidoux Barry et Lamarana Petty ont, chacun à sa manière, répondu à Mansour en affrontant cet effronté qui, sans être intimidé physiquement, doit être dénoncé publiquement, condamné moralement, isolé politiquement, rejeté socialement et inculpé juridiquement.

 

Malheureusement, ces propos anti-peuls sont tenus quotidiennement en Guinée où le changement conduit par Alpha Condé consiste à considérer comme normal tout ce qui serait anormal dans n’importe quel Etat de droit. Dans notre pays, s’attaquer aux Peulhs est devenu un sport national dont le comité «olympique» est présidé par le boitillant Alpha Condé qui, pour préparer le prochain tournoi législatif, utilise sa recette habituelle : l’ethnocentrisme.

 

Ceux qui pensent que Mansour Kaba serait un malade mental se trompent énormément. Il est faux et tient des propos fous mais il n’est pas fou. Il n’a donc pas besoin d’un psy. Je pense même qu’il est loin d’être bête. Sans être un génie, ce civil  aurait effectué de bonnes études en Allemagne.  Il a certainement de l’instruction, plus qu’Alpha Condé qui, lui aussi, avait poursuivi des études en Europe (mais sans en rattraper aucune ). C’est l’éducation, c’est-à-dire tout ce qui fait qu’un homme en soit un, qui lui manque. Une lacune qu’il ne peut plus combler. Ce serait une erreur de se focaliser sur cet individu alors que le véritable ennemi reste Alpha Condé dont il a été un des premiers à stigmatiser les origines faso-voltaïques. Il n’y a pas plus méchant que ce dernier et son griot Mansour Kaba n’est qu’un haut-parleur.

 

Chaque fois qu’AC est coincé, il sort un joker pour lui attribuer une valeur spécifique et conjoncturelle. Mansour Kaba n’est qu’un « joker ethnique » à usage unique aux mains d’AC dans le cadre de la fièvre législative en cours. Inutile donc de chercher ce qu’a bu ce Mansour Kaba pour vomir autant de haine sur les Peulhs et nuire à l’unité nationale. Il réalise la portée infâme de ce qu’il dit et en espère un résultat politique. Mais lorsqu’un âne brait de façon intempestive, faudrait-il lui donner un coup de pied pour le calmer ou s’adresser à son maître ?

 

Mansour Kaba ayant évoqué un soi-disant esclavage au Fouta-Djallon; parlons-en sereinement et comparons-le au système appliqué dans son Mandé natal.

 

Sous toutes les latitudes, des hommes ont toujours dominé d’une façon ou d’une autre leurs semblables. La servitude a existé dans toutes les sociétés. La formule célèbre de « l’exploitation de l’homme par l’homme » reste encore d’actualité. C’est la domination institutionnalisée qui s’estompe lentement mais sûrement.

 

Le système de dépendance qui fut instauré par des Peulhs au Fouta-Djallon et qui prit fin avec la suppression de la chefferie traditionnelle sur tout le territoire de la Guinée Française en 1957, n’avait rien à voir avec la tyrannie en vigueur dans les contrées voisines.

 

En effet, c’était une forme tempérée de sujétion originale plus proche du servage classique que de l’esclavagisme systémique. Tous les autochtones n’étaient pas asservis et tous les Peulhs n’étaient pas des asservisseurs. Certains ont parlé d’«esclavage domestique», d’autres, d’«esclavage de case», ce qui signifie une absence de rejet et, par conséquent, une proximité certaine.

 

Ce qui motivait les Peulhs dans leurs pérégrinations, c’était la quête de pâturages et non la capture d’esclaves. Avant de posséder des esclaves, et donc les gérer, il faut d’abord se sédentariser. A l’époque, les Peulhs étaient des nomades, plus portés sur l’élevage bovin que sur la culture sur brûlis.

 

Evidemment, ils avaient vite compris l’intérêt économique que représentait la traite des captifs que pratiquaient leurs voisins “Maninka-mori”. Le commerce était simple: les “Maninka-mori” vendaient des Malinkés à des Peulhs mais tandis que les vendeurs considéraient leurs captifs comme de simples produits, les acheteurs les traitaient comme des serviteurs à islamiser et à intégrer dans la société peulhe. Ce point est d’une portée historique.

 

En effet, guidés par leur foi, les Peulhs avaient un objectif ambitieux : répandre l’Islam. Qu’avaient fait les Peulhs des captifs achetés ? Bien sûr, il ne faut pas le nier,  ils en avaient fait une force de travail d’appoint mais surtout de nouveaux musulmans. Pour ce faire, ils avaient simplifié la procédure de conversion à l’Islam, ce qui fut tout à leur honneur. Ainsi, la shahada, profession de foi de l’Islam dont elle constitue le premier des cinq piliers, pouvant se traduire par « Je témoigne qu'il n'y a pas d'autre dieu qu'ALLAH et que Mohammad est son messager. » avait été remplacée  par le lapidaire « Allahou akbar ! ».

 

Bien entendu, ce n’était qu’une étape car il fallait d’autres mesures d’accompagnement pour les nouveaux convertis comme leur alphabétisation et leur initiation à la pratique religieuse (notamment la prière et le licite alimentaire et vestimentaire).

 

C’est dans ce contexte d’échanges, voire d’une certaine promiscuité avant la propagation effective de l’Islam que naquirent des termes aujourd’hui politisés et controversés comme « matchoudo » et « bhalèdjo ».

 

Le Peulh est une langue dont la pratique donne une impression de gracieuse aisance et de liberté. Son vocabulaire, très riche, comporte des mots résultant de contractions linguistiques. Ainsi « djouldho » qui signifie croyant (c’est-à-dire musulman, dans le cas présent) est une contraction du mot « djouloudho » qui veut dire « celui qui a prié ». Concrètement, « djouldho » a pris le sens définitif de « celui qui prie », de « musulman ». Le pluriel est « djoulbhè » (musulmans).

 

De la même manière, « matchoudho » vient d’une altération phonétique de « madjoudho » qui signifie « égaré » c’est-à-dire celui qui n’a pas encore trouvé le bon chemin (celui d’ALLAH). Ce n’était pas à proprement parler le « perdu » car il avait ses repères géographiques et sociaux, ses connaissances et ses croyances. Par la suite, comme le mot « nègre », il est devenu péjoratif en désignant le « serviteur ». Pour l’atténuer, un mot a été trouvé : « houwoowo » (celui qui travaille manuellement pour le compte d’un autre, censé être intellectuel).  D’autres mots existent encore, avec de nombreuses nuances, mais sont, heureusement, tombés en désuétude: « kourkaadou » ou “kordho” ( “horbhè” au pluriel), « kaadho » («haabhè» au pluriel), etc.

 

Maintenant, le mot « bhalèdjo ». Si « bhalè » signifie «noir», le terme « bhalèdjo » a une définition plus sociale que biologique. Il est vrai qu’à l’origine les Peulhs étaient très clairs de peau. Avec le brassage très poussé des populations pendant une longue période (ce qui prouve leur ouverture d’esprit aux autres), ils ont inscrit volontairement des couleurs variées sur leur épiderme originel.

 

Lorsqu’un Peulh qualifie donc une personne de « bhalèdjo », cela ne signifie nullement qu’il se considérerait lui-même comme « ranèdjo », c’est-à-dire « blanc » ! En effet, les Peulhs des temps anciens avaient créé trois termes pour classifier les hommes : le Poullo (le Peulh), le Bhalèdjo (le Noir non Peulh) et le Porto (le Blanc). Ils ne connaissaient rien des Amérindiens ou des Asiatiques ! Les termes sont restés alors qu’un Poullo peut être de peau très foncée et un Bhalèdjo avoir le teint d’un Caucasien !

 

Le Fouta-Djallon a connu un grand brassage de populations qui y ont toujours vécu en parfaite harmonie. Il intègre plus qu’il n’assimile. Le « roundé » n’est pas un ghetto de création peulhe mais un village autochtone avec son chef, le “manga” et sa cour. Il vit dans une interdépendance avec le « marga » ou « foulasso » (village des Peulhs). L’élément fédérateur des « Foutaniens » est, d’une part, la communauté de langue et de religion, et, d’autre part, le partage de valeurs comme la tolérance et la solidarité.

 

L’erreur que font certains analystes consiste à juger une époque à l’aide de critères d’une autre époque. Ainsi lorsqu’on parcourt l’histoire de l’Etat Théocratique du Fouta-Djallon, on se rend compte qu’il était, par son organisation territoriale et sa gouvernance, très en avance sur les royaumes voisins. Par exemple, cet Etat avait, dès le milieu du 19ème siècle, vaincu totalement l’analphabétisme. Avant l’arrivée des Européens, les «Foutaniens » savaient déjà lire et écrire.

 

Est-ce un hasard si, lors des conquêtes de Samory, les habitants de l’actuelle Haute Guinée, craignant leur extinction, avaient confié beaucoup de leurs enfants aux Peulhs du Fouta-Djallon afin d’assurer leur protection et de pourvoir à leur éducation ? Ces enfants avaient bénéficié dans le Fouta Théocratique de ce qui correspondrait aujourd’hui à un droit d’asile et à des bourses d’études. Pour éclairer certains ignorants, on peut interroger ceux qui connaissent la véritable histoire de Siguiri et de Kankan (quartier de Timbo).

 

Ce sont les “Maninka-mori” et Samory qui avaient vendu des captifs malinkés aux Peulhs. Si le servage persistait au Fouta-Djallon, c’est l’esclavage le plus brutal qui sévissait dans le Mandé. Il ne s’agit pas de nuance mais de différence fondamentale. Dans le premier cas, c’est la case, dans le second, c’est la caste ! On peut naître dans une case puis habiter plus tard dans une maison en dur. Mais c’est presque impossible de sortir de sa caste de naissance. On ne s’en débarrasse pas par un simple décret de la Présidence ou du Gouvernement !

 

Si la case du Fouta-Djallon est visible et palpable, la caste du Mandé est pernicieuse avec des codes oraux transmis par une tradition séculaire. Il est vrai que les deux régions n’avaient pas connu l’électricité mais le Fouta  avait réussi à faire fonctionner des “ascenseurs sociaux” car chaque individu pouvait s’y épanouir. Dans le Mandé, en revanche, il n’y avait pas d’ascenseur du tout et aucun escalier n’était prévu. La caste y est toujours aussi rigide que dans l’hindouisme. Les « Maninka-mori », plus féticheurs que bâtisseurs,  sont au sommet de la pyramide sociale et traitent toujours les autres Malinkés qui les qualifient à juste titre de “boyorodjan” (Ceux qui viennent de loin et dont l’origine n’est pas clairement définie) avec un mépris qui ne trouve pas d’équivalent même dans une société des plus féodales. En matière de mariage, par exemple, est-ce facile de rencontrer une Madame Dioubaté (ou Kouyaté, ou Kanté ou Magassouba, etc.) née Kaba (ou Dianè )? Tous frères, oui,  mais beaux-frères seulement dans un seul sens !

 

Si la Haute Guinée actuelle était un Etat à part, un Lansana Kouyaté n’aurait jamais dirigé son gouvernement. Il aurait, tout au plus, géré un ensemble musical à Kouroussa.

 

Nous devrions donc faire attention aux propos que nous tenons. La Guinée est une création coloniale et personne n’a demandé l’avis des habitants de ce territoire lors du tracé de ses frontières. Si nous voulons construire une nation, chacun doit y mettre du sien. Le pouvoir actuel d’Alpha Condé ne va pas dans le sens de l’unité du pays. Il a réussi à diviser profondément la Guinée et à cultiver la haine au sein de ses populations. Par son favoritisme régionaliste, il a fait de la Haute Guinée une véritable hautaine Guinée.

 

Certains propos ne sont pas des opinions mais des délits. La façon dont Mansour Kaba s’est exprimé montre qu’il n’a pas encore tué le vieux cochon qui sommeille en lui. N’aurait-il pas dû rester dans son cocon ? Il faut s’affranchir d’abord de sa propre caste avant de balayer devant la case des autres.

Je vous salue.

 

Ibrahima Kylé Diallo

Responsable du site www.guineeweb.net

 

NDLR: Mansour Kaba sur la photo

Repost 0
Published by BanabanaNews - dans Libre opinion
commenter cet article
5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 21:59

DORE_Ansoumane_3_01.jpgSeront-elles ce qu'en attendent les Guinéens recrus d'épreuves ? J'en doute, mais ce n'est pas un souhait de ma part que ce ne soit pas ce que nos concitoyens attendent que ces élections apportent.

 

Je crois, chacun croit qu'elles vont être annonciatrices d'une ère de nouvelle gouvernance. La meilleure gouvernance que le pays n’ait jamais connue. Et qu'est-ce qui les pousse à une telle croyance ? C'est qu'en général quand le destin s'acharne sur des communautés d'hommes et de femmes, si quelques-uns d'entre eux s'affaissent et se laissent mourir, beaucoup d'autres s'accrochent à ce quelque chose qu'on appelle espoir. Malgré les dures épreuves endurées pendant 55 ans, c'est cet espoir qui a permis aux Guinéens d'enjamber les cinq rudes décades de leur indépendance.

 

J'ai dit qu'un doute subsiste en moi de croire que les élections du 24 septembre 2013 constitueront un hiatus avec les habitudes de gouvernance que nous avons connues jusqu'ici. A commencer par le refus des gouvernants, devenu un réflexe conditionné, d'assumer leurs responsabilités.

 

L’exemple type de ce refus est inscrit dans la phrase devenue une antienne : « Nous sommes tous coupables ». Autrement dit toute la Guinée est coupable, donc responsable de tous les malheurs arrivés à ce pays.

 

Comment le Guinéen lambda, analphabète et préoccupé du vivre quotidien peut-t-il être coupable de ce qui s'organise au sommet de l'Etat guinéen par ceux qui se sont crus capables d'accomplir des tâches pour le bénéfice de tous, dans l'administration, la santé, l'éducation, la protection des citoyens et des libertés publiques, la justice, bref, l'organisation de la société nationale ? Des décisions sur toutes ces questions se prennent quelque part et ce n'est pas au niveau du peuple intégral que ces décisions se prennent.

 

Le premier ministre Saïd Fofana vient de recourir à cette formule de fuite de l'Etat devant ses responsabilités en parlant des atrocités des affrontements (près de la centaine de morts) entre Guerzés et Koniankés intervenus à Koulé-N'Zérékoré-Beyla, quand il dit : « Quand N’Zérékoré brûle, c'est toute la Guinée qui brûle. Et pourtant, nous sommes tous coupables. »

 

Avec des formules éculées de ce genre comme substrats culturels et politiques de gouvernants, ce ne sont pas ces élections législatives qui vont changer quoi que ce soit. Personne n'a, du reste, accusé le gouvernement du premier ministre Fofana d'avoir directement été l'instigateur des massacres susdits. Encore que ce gouvernement soit demeuré dans la ligne de division interethnique des précédents gouvernants au lieu d'avoir entrepris l'organisation des populations à une discipline républicaine de respect mutuel.

 

Les buts recherchés par le pouvoir d'Alpha Condé dans ces élections, ne sont pas une meilleure gouvernance qu'une recherche d'honorabilité extérieure à la Guinée et surtout de donner confiance à des investisseurs étrangers à venir en Guinée. Mes ces élections présentent les perspectives suivantes:

 

a) Soit le RPG-Arc-en-ciel les gagne largement, ce que pensent les tenants de ce groupe politique et beaucoup d'autres dans l'opposition. On avance dans ce cas l'absolue mainmise du pouvoir sur tous les rouages de l'Etat comme c'est le cas depuis janvier 2011: utilisation au seul bénéfice du parti et du pouvoir des agents de l'administration publique, de l’armée, de la police, de la gendarmerie ; l'utilisation des deniers publics pour payer le vote de populations pauvres très endettées (PPTE) ; des promesses d'embauches pour de jeunes chômeurs, etc. Si ce cas de figure se réalise, l'Assemblée monocolore RPG-Arc-en-ciel ne réglera rien puisqu'elle ne constituera que la « voix de son maître ». Et ce sera la continuation des décrets présidentiels sous étiquettes de lois. Mais il y a peu de chances que les tensions sociales s'apaisent.

 

b) Soit l'hypothèse précédente n'est pas la bonne et il y a une légère avance du nombre de députés de l'opposition sur les députés du pouvoir ou à tout le moins une situation d'équilibre du nombre de députés du pouvoir et de l'opposition. Il peut se produire alors une atmosphère de détente sociale souhaitable pour tous. Mais, ô horreur ! Des faucons ne peuvent même pas envisager une telle hypothèse. Ceux-ci demeureront, quoi qu'il arrive, obnubilés par la puissance inattaquable de leur champion. Et ce qui est curieux, c'est de les entendre parler de leur attachement à l'unité nationale. Ce qui revient à dire, « l'unité nationale » ? Oui, mais autour de nous comme pivot.

 

Pauvre Guinée ! On a beau écrire que notre pays est encore à une étape fragile de sa formation en tant que nation et qu'il faut de la part des hommes politiques beaucoup de qualité d'hommes d'Etat pour ménager toutes les composantes nationales; on semble loin d'être entendu. Et les divisions ethniques entretenues en sous-mains, semblent faire croire aux tenants du pouvoir à tout prix que l’élixir de leur longévité politique ne tient qu'à cela.

 

Des faits quotidiens montrent que la haine de certains séides du pouvoir en place contre nos compatriotes peuls est à un tel degré qu'ils focalisent toute cette haine sur la personne d'El hadj Cellou Dalein Diallo, président de l'UFDG. Ils ont fini par faire croire, dans leur aveuglement ethnocentrique, que cet homme est le condensé de tous les maux de Guinée.

 

Ils insistent sur sa durée dans les gouvernements de Lansana Conté pour le charger de tous les péchés. Mais ils sont silencieux sur tous ceux qu’Alpha Condé a recrutés de ces gouvernants passés et qui l'entourent aujourd'hui.

 

Cellou Dalein Diallo a certes fait dix dans les gouvernements de Conté. Mais il n'a jamais été un ministre poids lourd. Il a même été un premier ministre éphémère que l'entourage de Conté s'est empressé d'éjecter. Mais ce n'est pas pour autant que je connais ce qu'il a pu faire dans ces ministères. Cela a dû être du même ordre que d'importants ministres ou conseillers en exercice encore.

 

Le problème de cette époque de pillage économique avait conduit le capitaine Moussa Dadis Camara à initier des audits. Depuis qu'Alpha Condé est président, pourquoi n'a-t-il pas activé cette question des audits ? C'est peut-être qu'une partie importante de son entourage était concernée et risquait de sauter. Donc sortir comme un mouchoir de la poche, à la veille d'élections, cette histoire de biens amassés par Cellou Dalein Diallo au Sénégal, sent le moisi, surtout quand on sent l'insistance de certains à vous pousser à lire des « révélations » là-dessus.

 

 Entendons-nous bien, je ne suis pas en train de me faire l'avocat d'une question sur laquelle je n'ai aucune information. Je suis en train de dire tout simplement que je ne peux pas me faire une idée sur des rumeurs. L'affaire est entre les mains de la justice sénégalaise qui n'est pas aux ordres du pouvoir politique comme chez nous, en Guinée.

 

Attendons le verdict de cette justice sénégalaise républicaine au lieu de succomber à la culture de la rumeur. Celle-ci n'est pas bonne pour l'éclosion d'une démocratie à laquelle devraient tendre les élections qui viennent. Tous ceux et toutes celles qui contribuent à la propagation de rumeurs mensongères pour abattre un leader politique ne contribueront qu'à polluer le contexte de ces élections.

 

 

Ansoumane Doré

Dijon, France

 

 

 

Repost 0
Published by BanabanaNews - dans Libre opinion
commenter cet article
15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 21:02

eclair.jpgQu’est-ce qu’on nous a bassinés avec la formule débilitante  « Président Démocratiquement Elu » ! A force d’insister sur l’adverbe « démocratiquement » la RTG avait elle-même semé, sans le vouloir, un doute sur la transparence de l’élection présidentielle de 2010. Heureusement l’accalmie s’est installée, l’ardeur des partisans d’AC s’étant bien émoussée. Tout le monde a compris qu’il peut tondre n’importe qui en Guinée mais qu’il ne rase jamais gratis. Sacré Condé !

 

Dans un système démocratique, il n’y pas de « CENI ». A l’issue d’élections, le ou les vainqueurs sont déclarés élus et on passe à autre chose. Cameron n’est pas le « PM démocratiquement élu » mais tout simplement le PM du Royaume-Uni. Obama n’est pas le « président démocratiquement élu et réélu » mais tout simplement le Président des Etats-Unis. Sarkozy n’est pas l’ancien « président démocratiquement élu mais non réélu » de la France… La démocratie se constate et se vit au quotidien ; elle a l’oreille sensible et n’a pas besoin qu’on crie fort son nom.

 

Cependant, dans certaines situations, il n’est pas inutile de rappeler la manière dont certains ont accédé à la magistrature suprême. C’est le cas du Président égyptien Morsi qui vient de mordre la poussière.

 

Pour sortir d’une formule toute faite, devenue la marque déposée du RPG, je dirais que le Président Morsi avait été le vainqueur lors d’un scrutin pluraliste et transparent. Personne n’avait contesté sa légitimité. Mais Mohamed Morsi a commis une lourde erreur en décrétant le 22 novembre 2012 que ses décisions seront à l’abri de tout recours en justice, provoquant ainsi la colère des Egyptiens. Le 8 décembre, après de nombreuses manifestations, il recule. Le 24 janvier 2013, les violences reprennent dans tout le pays, faisant des dizaines de morts. Le 1er juillet 2013, l’armée lance un ultimatum de 48 h à Morsi pour lui demander de démissionner ; le 3 juillet, elle prend les commandes et installe un gouvernement provisoire. La situation n’est pas encore stabilisée et l’Egypte risque de basculer dans une forme de « syrialisation ».

 

S’est-il agi réellement d’un coup d’Etat ? Rien ne permet de l’affirmer.  En effet, ce n’est pas une junte militaire qui gouverne l’Egypte, le Général Abdel Fattah Al-Sissi, patron de l’armée, ne voulant pas jouer le premier rôle. Si Morsi a été écarté, ce n’est pas parce qu’il a échoué sur les plans économique et politique mais parce qu’il a voulu accaparer tous les pouvoirs constitutionnels au profit de sa confrérie des « Frères Musulmans ».

 

Ce n’est pas parce qu’on a été élu démocratiquement qu’on a le droit de tout faire pendant son mandat. En démocratie, la constitution précise le rôle de chaque institution. Élaborée par une Assemblée dominée par les islamistes, la nouvelle constitution égyptienne est loin de faire l’unanimité dans le pays. Elle est le reflet d’une vision islamiste du pouvoir qui cherche à islamiser la société.

 

En effet, conformément à l’article 2 de cette constitution, approuvée par une large majorité de la population, l'Islam reste "religion d'État" tandis que les principes « chariatiques » demeurent la principale source de la législation. Ce qui inquiète particulièrement les coptes, qui craignent son imposition, même si le texte indique que les Chrétiens et les Juifs pourront suivre les préceptes de leurs propres religions.

Mais ce n’est pas parce qu’une loi a été approuvée par la majorité de la population qu’elle est nécessairement bonne pour l’ensemble de la population. Une démocratie moderne doit nécessairement défendre aussi les droits des minorités. Le fait de gagner une élection ne donne pas le droit de tout faire.

Mohamed Morsi, élu démocratiquement, a voulu contrôler intégralement la société ! Il avait oublié que l’Egypte était dotée d’une armée républicaine, véritable rempart contre les dérives islamistes.

 

L’islamisme, qu’il ne faut jamais confondre avec l’Islam, est un véritable cancer pour toute démocratie.

Qu’en est-il de la Guinée ?

 

En Guinée aussi il y a eu des élections mais quelles élections ! Le Pr. Alpha Condé a été proclamé Président. Il est le Président. Démocratiquement élu? Lui-même ne l’a jamais cru. D’où ses efforts pour  contrôler intégralement le pays. Il avait utilisé la formule « PDE » comme un prénom.

 

Une formule qui pourrait s’appliquer à plusieurs individus : le « Président Dégoûtamment Elu » (on sait de qui il s’agit), le « Peulh Déclaré Eliminé » (personne n’a besoin de dessin pour comprendre !), le « Parti Durablement Ebranlé », etc. Je laisse le soin à chacun de trouver ce qu’il considère être « Définitivement Ecarté » ou « Décidément Endormi » comme celui que certains surnomment déjà « l’honorable O. Togba  des Travaux Publics» !

 

Des similitudes avec l’Egypte ? Je n’en vois pas !

 

Au Caire, l’armée a tué des manifestants mais on n’y a pas noté, du moins pour l’instant, de viol, de vol et de torture. Elle ne vise aucune communauté en particulier. C’est une armée républicaine (je ne dis pas parfaite) qui veut éviter au pays une guerre civile.

 

A Conakry, c’est une milice ethnique, entretenue par le pouvoir en place, qui tue et torture. Elle cible une communauté particulière : les Peulhs. On ne peut parler de guerre civile en Guinée car ce ne sont pas des ethnies qui s’y entretuent. C’est le pouvoir qui y réprime une des composantes d’une nation en formation.

 

Au Caire, on ne récompense pas les militaires ; on les honore ou on les punit. A Conakry, on ne punit pas les militaires ; on les récompense comme s’il s’agissait de civils, quels que soient leurs crimes.

 

A l’allure où vont les choses, l’Egypte, le Pays des Pharaons (donc de bâtisseurs), a d’ailleurs plus de chances de s’en sortir que la Guinée, pays sous le joug d’un pharaon (donc d’un oppresseur). Dans le premier cas, on cherche à stabiliser la démocratie en empêchant les islamistes de tout contrôler; dans le second, on renforce la dictature déjà installée en truquant les élections.

 

Les législatives sont déjà « gagnées » par le RPG avant la tenue du scrutin. Quand on nous parle de comptage manuel, on se fout bien de nous. On ne comptera que ce qui existe, à savoir un fichier largement faussé.

 

L’ « accord politique global » du 3 juillet 2013 ne règlera rien en Guinée. Au contraire, il permettra certainement de renforcer la dictature d’AC.

 

D’après M. Cellou Dalein Diallo : « Waymark, nous n’avons pas obtenu son départ, mais nous avons obtenu sa neutralisation grâce à l’implication forte de la communauté internationale. On a enlevé ses dents et ses ongles. »

 

Est-ce vraiment une neutralisation ? Waymark n’a pas perdu sa capacité d’agir. Peut-être que le leader de l’UFDG pensait-il à une neutralité ? Quoi qu’il en soit, l’opérateur sud-africain n’est ni neutralisé ni neutre. Il ne faudrait pas se méfier seulement de « ses dents et ses ongles » car sa salive pourrait être électoralement mortelle. 

 

Des coups de Dadis au gaz d’AC, CDD a tout subi. Nous n’avons pas besoin de martyrs. Nous ne cherchons même pas des héros mais simplement des dirigeants efficaces et déterminés. L’opposition a tellement fait de concessions à AC qu’il convient de se demander si elle fait vraiment preuve de naïveté ou si elle poursuit effectivement un programme occulte inavouable.

 

Si AC se rend compte qu’il peut vous faire avaler des couleuvres, c’est un python qu’il vous tendra ! En politique, le combat n’est pas un contrat à durée déterminable mais une lutte déterminante.

 

Rien n’est facile en Guinée, surtout en matière de gestion des ressources humaines. C’est à croire que le destin s’acharne sur ce pays. Figurez-vous que même les babouins de Guinée peuvent poser problème. En effet, d’après « Direct Matin », un quotidien gratuit disponible à Paris, le zoo de Besançon s’apprête à expulser de son parc animalier ces singes qui démontent les murailles de pierre qui les entourent.

Des Guinéens n’ont-ils pas démonté les rails du chemin de fer Conakry-Kankan ?

 

Je vous salue.

 

Ibrahima Kylé Diallo

Responsable du site www.guineeweb.net

 

Repost 0
Published by BanabanaNews - dans Libre opinion
commenter cet article
24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 23:18

affrontement2_250_185.jpgLe domicile de Cellou Dalein Diallo est devenu un des lieux les plus dangereux de Conakry. Pour s’y rendre le casque n’est pas encore obligatoire mais un masque à gaz peut s’avérer indispensable. Ce 19 juin 2013, AC a encore lâchement frappé chez le leader de l’UFDG, une escalade de plus vers la « solution finale » qu’AC veut réserver aux Peulhs de Guinée.

 

Le gaz lâché par AC n’est pas que lacrymogène; il est d’autant plus toxique qu’il contient une forte dose de  « lacrymo haine » ! Nous avons tous vu un CDD criant sa colère après un écoulement lacrymal. Une fois les yeux frottés, le principal chef de l’opposition guinéenne voit-il, enfin, plus clair ce qui se trame autour de lui? Après avoir constaté que son salon devient progressivement une vaste « chambre à gaz », il a décidé du retrait de sa participation à ce qu’on appelle pompeusement et hypocritement « dialogue politique inclusif». Un retrait à saluer, s’il est maintenu.

 

Cette attaque anti-Cellou n’est pas une surprise. En effet, AC vient de subir une humiliation lors du récent Sommet du G8 au Royaume-Uni, après avoir soutenu qu’il en était l’invité spécial. A son retour, il est passé par Paris où les plus hauts responsables de ce pays, patrie des droits de l’homme, l’ont évité. Comme un rat, il a emprunté des égouts pour se déplacer. L’Union Européenne vient de lui faire comprendre qu’elle en a assez de ses agissements. Seul l’ambassadeur US montre, par son comportement condescendant habituel, qu’il se croit davantage accrédité auprès de cet individu qu’auprès de la Guinée !

 

Rien d’étonnant qu’à son retour à Conakry, AC déverse son venin mortel sur la communauté peule, en lançant contre elle ses loubards protégés par sa milice ethnique. Mon Dieu, quand est-ce que les Peulhs comprendront-ils qu’AC veut entrer dans l’histoire comme celui qui aura résolu définitivement ce que certains appellent « la situation particulière des Peulhs de Guinée » ?

 

On ne peut pas dialoguer avec AC; on le combat. N’avait-il pas dit un jour que « tout Malinké qui voterait pour un Soussou est un bâtard » ? Ne pourrait-on pas dire que tout Foula (Peulh) qui ferait confiance à AC est un…fou ?

 

En banalisant la violence anti-peule, AC l’a transformée en langage. Quand est-ce que les Peulhs apprendront-ils ce langage ? S’ils veulent exister sur le territoire de leurs ancêtres, c’est à eux de prendre les armes à feu. Personne ne se battra à leur place.

 

S’agissant les législatives dont on parle mais qu’on ne voit pas venir, j’insiste, je persiste et je signe : l’opposition s’est lourdement trompée en acceptant l’opérateur Waymark car, n’ayant pas les moyens de contrôler quoi que ce soit, elle s’oblige à faire confiance aux partisans d’AC qu’elle est censée combattre. AC était à bout de souffle, l’opposition lui a offert un ballon d’oxygène. En récompense, elle récolte du gaz toxique.

 

Il y a un proverbe peulh qui dit que si l’intelligence était un produit à vendre, personne ne l’achèterait, chacun estimant en avoir suffisamment. L’opposition pense connaître mieux que quiconque la situation de la Guinée, au seul motif qu’elle est sur le terrain ! Oublierait-elle qu’il faut parfois reculer pour mieux juger de l’harmonie d’une toiture ?

 

Les Guinéens résidant à l’extérieur ne savent peut-être pas toujours ce qu’il faut faire mais ils savent souvent ce qu’il ne faudrait jamais faire. Considérés comme des rivaux par certains Guinéens restés au pays, ceux de l’extérieur ne sont que peu écoutés. On préfère leur argent à leurs conseils.

 

Ainsi, lors des consultations électorales de 2010, nous avions insisté pour qu’on commence par les législatives avant d’organiser les présidentielles. Cette procédure aurait permis de montrer le poids électoral de chacun parti et de rationaliser le paysage politique en le débarrassant des groupuscules qui le polluent. Mais chacun était sûr d’être le prochain « Président démocratiquement élu » qui créera l’ « Assemblée Nationale » à ses ordres. AC, le « PD élu » reste sur cette lancée.

 

A l’allure où vont les choses, la future Assemblée sera fortement « RPGéïsée » et AC modifiera à la première occasion une Constitution qu’il n’a,  du reste,  jamais respectée. Il respectera la Constitution modifiée par ses soins, donnant ainsi  à sa dictature une légalité déguisée et une légitimité provisoire. Moyennant finances, les quelques députés de l’UFDG pourraient même abandonner leur propre chef de file pour filer un amour pécuniaire avec AC. En Guinée il y a plus de motivations financières que de convictions politiques.

 

On dit souvent qu’il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Mais lorsqu’on voit ce qui se passe en Guinée, on a vraiment envie de jeter certains politiciens et de garder l’eau de leur bain!

 

L’opposition ne met même pas la charrue  derrière ou devant les bœufs. Elle la met à côté d’eux, ce qui est vraiment bête !

 

Pour limiter les dégâts (expression qui sous-entend qu’on est battu) l’opposition serait bien inspirée de prendre quelques dispositions élémentaires :

 

 

Encourager ses militants et surtout ses sympathisants à s’inscrire massivement sur les listes électorales ; Prévoir au moins trois de ses représentants dans chaque bureau de vote sur toute l’étendue du territoire national. Saisir systématiquement la justice à chaque violation des droits de l’homme, même si on sait que cette justice obéit aux ordres du pouvoir. Ne plus se contenter de courriers de protestation mais utiliser la procédure prévue à cet effet. Il faut toujours obliger la justice à se prononcer, d’une façon ou d’une autre. Une plainte a toujours une suite, c’est une question de temps. On l’a vu en Afrique du Sud, pendant la période de l’Apartheid.

 

Certains trouveront ces conseils tellement évidents qu’ils semblent dérisoires. Grosse erreur ! Ils sont élémentaires mais pas inutiles après tant de bêtises commises par incurie.

 

Pour terminer, je salue d’abord particulièrement l’honorable (ce titre est bien mérité) EL Hadj Saïkou Yaya Barry, Président de la « Coordination Haali-Pular » pour sa prise de position sans équivoque lors de sa rencontre avec les responsables des trois autres coordinations régionales. Pourquoi ne pas avoir le courage de défendre les siens ? Deux ténors de l’opposition étaient récemment invités (convoqués ?) à Paris. Lors de leur conférence de presse, c’est le malinké Lansana Kouyaté qui a osé dire clairement que ce sont les Peulhs qu’on torture et tue en Guinée. Rien que pour cet acte, Lansana Kouyaté, dont on connait le parcours, est à remercier ! Lorsqu’on suit le bon chemin, on ne marche pas longtemps avant d’atteindre son but. Il vaut mieux riposter, même faiblement, que de protester énergiquement.

 

Ensuite, j’invite nos compatriotes à lire attentivement l’article intitulé « L’impératif de transparence de l’Afrique », écrit par le Pr. Alpha Condé, aux « Echos ». Il n’est pas rédigé en N’ko mais en français. Lorsque j’ai découvert le début de l’article, ce 15 juin 2013, avec la mention « Read more… »  j’ai failli tomber raide mort…de rire en en lisant l’intégralité! En Albanie, on s’exprimerait certainement mieux dans la langue de Molière ! Une des forces de notre Pr. Condé est, paradoxalement, sa nullité. Beaucoup de compagnies minières aimeraient avoir pour interlocuteurs des chefs d’Etat comme lui : des cons qui signent tout parce qu’ils ne comprennent rien.

 

Enfin, je tiens à signaler que des critiques d’une bassesse inouïe me sont adressées depuis quelques jours. Vu leur origine, je les considère comme un compliment. J’ai toujours donné mon point de vue et je maintiens mon cap, quoi qu’il advienne. Je ne cautionnerai jamais une position défaitiste rappelant, toutes choses égales par ailleurs, une forme de pétainisme à la guinéenne.

 

Je vous salue.                              

 

Kylé Diallo

Repost 0
Published by BanabanaNews - dans Libre opinion
commenter cet article
14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 10:39

Hitlet AST Alpha Conde 1Dans la nuit du 27 au 28 février 1933, le reichstag (parlement allemand) a Berlin prend feu et brule toute la nuit comme une torche. Cet incendie est connu dans l’histoire du nazisme comme le coup d’envoi de la montée en puissance d’Adolph Hitler. L’Allemagne est à la veille des élections générales du mars 1933 et le parti Nazi ne domine pas encore le futur Reich.

En tout état de cause, Hitler va profiter de cette occasion pour montrer son vrai visage. En effet, le lendemain, il prétend que l’incendie du Reichstag est un complot contre son gouvernement et donne des ordres pour arrêter près de 4 000 opposants ou présumés tels. Dès lors, la dictature est en marche puisque le parti nazi a les mains libres pour agir, usant de propagande et de terreur pour arriver à caporaliser tout le pays. Le 5 mars 1933, le parti Nazi de Hitler remporta les élections générales.

Dans la nuit du 18 au 19 juillet 2011, la résidence du président de la république est « attaquée » par des individus inconnus, des militaires à l’arme lourde.

Au regard des images des lieux du crime sur les sites internet, mais aussi à la RTG, ce bombardement à l’arme lourde est difficile a prouver. La maison du président est intacte, le portail est aussi intact, les murs extérieurs ne montrent pas de traces de « guerre », aucune trace de balles sur les véhicules dans la cours. Quelques fenêtres ont les vitres cassés, un trou dans le mur de la maison, la toiture défoncée vers l’extérieur alors que l’attaque serai venu de l’extérieur. La résidence de Kipé est entourée de tous les cotés d’habitations et aucune de ses maisons n’a été atteinte par ce bombardement à l’arme lourde, même à titre collatéral. Dans une interview a RFI, le président Condé dit que sa chambre à coucher a été bombardé aux bazookas et lance roquettes RPG7. Sur la photo de la chambre présidentielle, le lit n’est pas brisé et les armoires sont debout. Une attaque au RPG7 et au bazooka aurai fait soufflé toute la chambre et même percé les murs de la maison.

L’ambassadeur de France, arrivé chez le président Condé âpres l’arrivée des renforts militaires se serai couché par terre pour éviter des balles tirées de la cour de la résidence. Et….la dernière pièce de ce mystérieux puzzle était ainsi trouvé.

Le bombardement de Kipé a duré 2 heures de temps (3h a 5h du matin) sans qu’aucun renfort ne vienne au secours. Les premiers renforts sont arrivés âpres 5h du matin, alors que le camp Alpha Yaya est à 3 à 5 minutes de la résidence. Autour des lieux il ya le peloton de la gendarmerie au carrefour Hamdalaye, a 3 minutes, la base de la police antigang a Camayenne a 5 minutes, le camp Samory et le PM3 a Kaloun a 10 minutes.

Comme Hitler en 1933, Alpha Conde est au pouvoir depuis 7 mois et se trouve à la veille des élections législatives qui doivent se tenir avant fin 2011.

Comme le dictateur allemand début 1933, Alpha Conde n’a pas encore la main mise sur son pays.

Le président Condé (RPG) c’est 18% de l’électorat (son score au premier tour). C’est dire que plus de 80 % de la population n’est pas de son parti. Ses partenaires de l’alliance arc-en –ciel, qu’il traite avec mépris, sont déçus. Lansana Kouyaté s’est démarqué depuis Paris. Deux autres poids lourds de l’arc-en-ciel, Papa Koly Kourouma et JM Telliano tous de la Guinée forestière sont dans le collimateur du président. Le premier comme bouc émissaire de l’échec de sa politique énergétique et le second comme celui de l’agriculture qu’il accuse d’ailleurs de surfacturation des intrants de la campagne agricole. Le ministre de l’agriculture n’a pas tardé à le démentir publiquement. Solidarité gouvernementale made in arc-en-ciel !

Le professeur président démocratiquement élu veut coute que coute gagner les législatives. Or, depuis son intronisation, la population ne voit aucun signe d’amélioration de sa condition de vie : Courant, eau, auto suffisance alimentaire, soin gratuit pour les femmes en grossesse, riz a bon marche……..nada ! Les Guinéens commencent à douter de ses capacités de réaliser son slogan de campagne, « Changement ». Ses coups de bile et ses dérives autoritaires ne rassurent plus personne. Les espoirs s’envolent.

L’ancien opposant historique a une peur bleu d’un « printemps arabe » en Guinée. « L’été africain » est déjà à la porte, au Sénégal. Alors il faut agir et très vite pour empêcher la cocotte minute de sauter.

La meilleure tactique est de rejouer ce vieux disque de complot que tous les futurs dictateurs utilisent.

Ainsi quelques instants âpres cette fameuse attaque, le président sur RFI « Ceux qui tirent sont des militaires. Mais il y a leurs complices civils. Certains de ces complices ont été arrêtés aussi, mais pour le moment ce sont surtout des militaires qui ont été interpelés » et plus tard sur la RTG : « beaucoup d’hommes politiques et hommes d’affaires ont été cités par les présumés qui sont arrêtés. Mais pour l’heure, les enquêtes sont en cours et la justice fera son travail. Ceux qui se cachent pour dire qu’ils ont été arrêtés se reprochent de quelque chose ».

Au moins 50 officiers militaires sont arrêtés, d’un coté des proches de Moussa Dadis Camara, ancien président et de l’autre de Sékouba Konate ancien, président de la transition. Le vice président de l’UFDG, Bah Oury est depuis porté disparu. L’opposition vit désormais dans la peur, tout le peuple aussi. Les medias nationaux sont sommés de se taire : « suspension de toute émission, ou de tout article relatif à l’attentat contre la vie du Chef de l’Etat, ainsi que toute émission interactive à caractère politique en français et dans toutes les langues nationales sur toute l’étendue du territoire. » le Conseil National de la Communication(CNC).

Les barrages militaires sont érigés sur tout le territoire. Les images horribles de torture des présumes coupables font déjà le tour du monde.

A coup de propagande et de terreur, Alpha Condé est sur la voie de caporaliser tout le pays.

La RTG, les religieux, les comités de soutiens qui poussent comme des champignons ont déjà proclamé le professeur président, « Bienheureux ».

Le dictateur est mort …….vive le Pol Pot tropical.

Lamine Camara

Frankfurt, Allemagne

Repost 0
Published by BanabanaNews - dans Libre opinion
commenter cet article
13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 18:38

Amara-K.JPGN'ayez jamais peur de faire ce qui est juste, surtout si le bien-être d'une personne ou d'un animal est en jeu. Les punitions de la société sont faibles comparées aux blessures que nous infligeons à notre âme quand nous détournons notre regard – Martin Luther King

Comme le dit si bien Dan Brown dans son dernier ouvrage intitulé INFERNO (mai 2013),  je cite : «Les endroits les plus sombres de l’enfer sont réservés aux indécis qui restent neutres en temps de crise morale.»

La Guinée mon pays ne vit pas seulement une crise, mais bien trois à la fois, morale, sociale et politique et le tout sur fond de relent ethnocentrisme, donc il devient difficile en tout cas pour ma part de garder le silence vu le sombre tableau qui se dresse devant nous.  J’avais décidé de ne pas intervenir dans le fameux dossier «du coup d’État »du 19 juillet 2011 tant ce dossier est singulier et truffé d’incohérence. Mais devant l’étendu de l’injustice, de la manipulation politique, des règlements de comptes et de la vengeance, il est de mon devoir de citoyen d’attirer l’attention des uns et des autres sur les dérives que nous devrions tous combattre afin de faciliter l’émergence d’un État véritablement  dont les actions seront orientées sur la recherche unique du bien-être pour tous les fils et filles de ce beau pays.

Les lignes qui suivent sont le résultat des heures et des heures de visionnement du procès des accusés du 19 juillet et ellesreflètent MON INTIME CONVICTION par rapport à ce dossier.

La singularité «du coup d’État» ou de l’attaque du domicile du président de la République réside dans le fait que le cerveau de l’affaire est une femme Dame Fatou Badiar. De mémoire d’Africains malgré de nombreux coups d’État des vrais qui ont émaillé l’histoire récente du continent jamais une femme de surcroit civile n’a pris la tête d’une telle entreprise.

 À ce niveau il convient de relever les cas suivants qui démontrent à suffisance la planification et l’exécution d’un complot préparé par les agents au service de l’État donc  dans ce dossier c’est l’État qui s’attaque lui-même.

Le cas de Dame Fatou Badiar Diallo. Poursuivie pour complicité et ethnocentrisme et présentée comme instigatrice, on lui reproche d’avoir loué deux pickups pour acheminer ses biens au village et lesditspick-up n’ont pas participé à l’attaque. Elle a un contrat en main dont l’échéance se situe avant le la date du coup d’État. Purement absurde.

Le cas du commandant  Alpha Oumar Boffa Diallo (AOB). Poursuivi comme auteur principal en complicité avec dame Fatou Badiar, il sera celui qui avertira la sentinelle en disant prennent gardes il y a des assaillants qui veulent me tuer et vous tuer par la suite. Selon la logique un assaillant qui est venu faire une attaque n’avertit pas sa cible en lui disant de prendre ces précautions.

Le cas du Capitaine Abdoulaye Diallo (mécanicien de son état) envoyé en mission avec une équipe composée de trois personnes pour dépanner un char le 19 juillet 2011, il sera arrêté le 21 juillet tout seul sous l’accusation d’avoir saboté ledit char. Les deux autres personnes de son équipe qui sont de la «bonne ethnie» n’ont pas été inquiétées, cela démontre à suffisance le caractère ethnocentriste de ce montage grossier

 

Le cas du commandant Sidiki Camara (De Gaulles). Poursuivi pour détention de chanvre indien. Battu presqu’à mort il a eu la vie sauve sur intervention d’un haut gradé, accusé à tort il lui a été demandé de choisir entre la détention de chanvre indien et son implication dans le fameux «coup d’état» entre le mal et le pire il a pris le mal pour sauver sa vie. Il a été dépossédé de ces quatre véhicules par des éléments militaires. Son seul crime être un proche de Sekouba Konaté.

Il convient de souligner que toutes les couches sociales sont impliquées dans cette attaque du forgeron, au malade mental, en passant par le maitre coranique une première dans le monde.

Ces quelques cas exposés ci-dessus illustrent  parfaitement l’ampleur de la bêtise humaine et la capacité du Guinéen à détruire d’autre Guinéens. Dans cette logique il convient de nommer les concepteurs de ce complot ethnocentriste.

En tête de cette triste liste trône un  personnage lugubre en la personne du commissaire   Aboubacar Fabou Camara ce fieffé menteur, spécialiste de complot en tout genre, menteur au sang-froid ayant  participé à toutes sortes d’injustices depuis qu’il a intégré les services de police de la République de Guinée.  Doit être mis hors d’état de nuire, il est secondé dans cette sale besogne par le commandant  Gabriel Tamba Diawara.

Ce petit homme donc l’arrogance fait deux fois sa taille est un cas unique dans notre pays, arrondissant ses fins du mois par l’extorsion des malheureux prisonniers qui se retrouvent dans son service.  Il a été le concepteur de la fameuse preuve audio présentée à la cours.  Les sieurs Camara & Diawara répondront tôt ou tard devant une juridiction crédible afin d’établir la vérité et innocenter à tout jamais les personnes qui sont incriminées aujourd’hui.

Je ne saurai terminer ce papier sans évoquer le cas du procureur général de la  République William  Fernandez  notre HONTE NATIONALE.  Imbibé de sa personne et ne respectant aucune consigne, menaçant à l’occasion le président de la cours, difficile de croire par moment que ce monsieur représente la partie civile, car il a tous les tics d’un chef loubard avec les gestes et les grimaces qui vont avec. Il représente la face LÉGALE de ce faux coup d’État.

Devant cet océan d’injustice, tout citoyen pétri de justice doit s’indigner et réclamer avec la dernière énergie  la mise en liberté  pure et simple de ces accusés.

La Guinée doit combattre les démons du passé, on ne peut pas construire une vraie démocratie sur le mensonge, les arrestations arbitraires, l’ethnocentrisme et le rejet de l’autre.  Tout État responsable a pour socle la justice qui représente la pierre angulaire de la NATION, elle doit être équitable et appliquée avec honnêteté  afin de favoriser le sentiment d’appartenance et préserver notre intérêt commun : La Guinée.

Que de temps perdu en nous neutralisant les uns et les autres pendant que nous avons des défis immenses à relever (l’eau potable, l’éducation, la santé, l’énergie,  etc..).

Dans cette noirceur il y a une lumière qui pointe à l’horizon, je veux parler des jeunes avocats de la défense qui ont démontré à la face du monde que la justice guinéenne de demain sera meilleure qu’ils sachent que des millions de nos compatriotes ont suivi avec un intérêt soutenu leurs efforts qu’ils en soient remerciés.

L’espoir suscité au lendemain de l’élection du président ALPHA CONDÉ  ne doit pas s’éteindre, les  gouvernants actuels ont une obligation de résultat.  Il est encore temps  de s’inscrire dans la  logique du changement VÉRITABLE afin que notre pays ne prenne la destination du CHAOS.

Amara  Kaba

Observateur de la politique guinéenne

Repost 0
Published by BanabanaNews - dans Libre opinion
commenter cet article
23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 02:43

Cinquantenaire de l’OUA/UA - La danse des schizophrènes.

J’ai lu avec consternation les déclarations  d’Alpha et de ses subordonnés à l’ occasion du  cinquantenaire de la création de l’OUA rebaptisée Union Africaine.  Les discours du ministre des affaires étrangères et du président de la république ne sont pas que vides de sens. Ils révèlent une schizophrénie qui explique amplement les comportements erratiques  du régime d’Alpha Condé.  Cette  schizophrénie  politique a des  symptômes  similaires aux cas  cliniques.  A savoir un refus d’interpréter la réalité de l’histoire, des discours creux, délirants et bizarres ainsi que des comportements  irrationnels. L’étiologie de cette maladie politique typiquement guinéenne est connue. Il serait fastidieux de lister les causes multiples qui s’étalent sur 56 ans de médiocratie, de kleptocratie et de répression aveugle.

 

Que le gouvernement veuille forger à la Guinée une image  de champion historique de l’UNITE AFRICAINE n’est  qu’une  manifestation aigue de cette schizophrénie. La célébration en cours occulte les décennies de guerre verbale et d’isolement de la Guinée, pratiqués par les régimes successifs, à des fins de répressions internes. Les « complots » imputés  à des états voisins sont encore d’actualité. La réalité est que la Guinée, située au cœur de l’Afrique de l’Ouest, aura joué un rôle totalement négatif dans l’intégration de la sous-région. Affirmer le contraire est plus que de la délusion. C’est une confirmation de la  pernicieuse utilisation  du rêve d’unité des africains pour masquer les tares des gouvernements et des règlements de comptes politiques. Tout comme ce fut aussi le cas des slogans anti-impérialistes dont les populations furent gavées alors que le pays vivait et vit toujours de l’économie de la traite minière et des subsides de l’occident.  

 

Mais comme on ne peut pas tricher indéfiniment avec les faits, il semblerait que le portrait de Sékou Touré a été enlevé du hall de l’UA à Addis-Abeba. Il ne reste que le régime d’Alpha Condé pour se livrer à la macabre célébration de Sékou Touré comme héro de l’union Africaine. Et, pour ce faire, les laudateurs  ne trouvent rien d’autre que d’aligner, sans vergogne, les noms de Diallo Telli et de Sékou Touré sur la même liste de «pères fondateurs ». Délibérément, ils oublient de mentionner des  faits simples, tragiques et amers qui continueront de saper l’avenir de notre nation. Les discours de célébration sont un condensé de fuites en avant et de mensonges par omissions qui procèdent du malaise des crimes inavoués et de l’impunité généralisée qui ruinent d’avance les chances de construction nationale. La célébration par les thuriféraires d’Alpha du geôlier et de sa victime en même temps est une insulte à  la raison.  Passer sous silence le crime ignominieux à  l’encontre du premier secrétaire général de l’OUA, mort par inanition sur ordre  de Sékou Touré est  une tricherie grossière et criminelle.  En ces jours de cinquantenaire de l’UA, un minimum de décence et de respect de l’idéal de l’unité africaine serait la localisation de l’endroit où le corps de Diallo Telli repose, la production d’un rapport sur les circonstances de sa mort et un geste de magnanimité, même symbolique, sur sa mémoire ainsi que celles des autres victimes innocentes qui hantent notre mémoire collective.  

 

La nation guinéenne est avide d’explications sur les causes et les mécanismes de la barbarie  qui, à  l’encontre de toutes les valeurs enseignées  par nos traditions, l’ont toujours secouée. La communauté  peule  de Guinée qui fut collectivement prise à partie par le PDG lors de l’arrestation de  Diallo Telli, continue de broyer du noir sur l’inexplicable exclusion d’une nation dont elle est une des pierres angulaires. Par le refus de lire ces enseignements terrifiants, le gouvernement d’Alpha Condé  entérine  sa banqueroute morale et politique… et couve les ferments d’affrontements qui lui incomberont devant l’histoire.

 

Ourouro Bah

 

Repost 0
Published by BanabanaNews - dans Libre opinion
commenter cet article