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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 18:04

Amara Camara a été interpellé ce 9 août 2009 par les hommes du commandant Moussa Tiégboro, ministre chargé des services spéciaux, de la lutte contre le grand banditisme et de la drogue. Il est le rédacteur en chef du journal hebdomadaire guinéen Le Confidentiel.

 

Le Cdt Tiégboro, qui également membre du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement), aurait donné des instructions fermes sur l’arrestation du journaliste et sa détention au camp Alpha Yaya Diallo, siège de la junte, dans la banlieue de Conakry.

 

Une source proche de junte a indiqué que l’arrestation du journaliste est liée aux propos tenus sur les ondes de la radio privée Radio Nostalgie FM au sujet des produits chimiques toxiques dangereux découverts dans un quartier de Conakry.

 

Camara aurait dit sur les ondes de cette radio que “ les produits chimiques ne sont pas dangereux“ contrairement à la déclaration du Cdt Tiégboro. Et tout de suite après son intervention la réaction du commandant Tiégboro ne s’est pas fait attendre.

 

Amdy Salam Diaw

Contact: amdysalamdiaw@yahoo.fr
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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 22:02

Douze officiers et sous-officiers de l'armée guinéenne, détenus au camp alpha Yaya Diallo après la prise du pouvoir par le CNDD le 23 décembre 2008, auraient été transférés dans la prison sur l'Île de Kassa à l’ouest au large de la capitale Conakry durant la nuit du 2 août 2008.  

 

Des témoins affirment avoir vu les prisonniers ligotés et en caleçon dans des conditions inhumaines et dégradantes. Une source proche d’une des familles des prisonniers indique qu’une correspondance, “exigeant leur libération“, a été adressée aux institutions nationales et internationales ainsi qu’aux “Forces vives de la nation“ guinéenne.

 

Nous avons obtenu de la même source la liste des douze officiers et sous-officiers détenus par la junte de Conakry :

 

  (1) - Colonel Fodé Bocar Vivace Sylla

 

  (2) - Lieutenant-colonel David Sylla

 

  (3) - Colonel Soriba Yansané

 

  (4) - Sous-lieutenant Alpha Oumar Diallo (AOB)

 

  (5) - Sous-lieutenant Hasmiou Pendessa

 

  (6) - Lieutenant Ibrahima Kindia Barry

 

  (7) - Commandant Alseny Pajoh Bangoura

 

  (8) - Capitaine Mamadouba Sylla

 

  (9) - Commandant Issiaga Camara

 

(10) - Capitaine Alama Kéita

 

(11) - Sergent-chef Moussa Sylla (Gros Caillou)

 

(12) - Capitaine Ibrahima Sory Bangoura (BIS)

 

D’autres sources indiquent que seul le capitaine Ibrahima Sory Bangoura (BIS) est toujours détenu au camp Alpha Yaya Diallo. Les mêmes précisent que BIS était si mal en point que la junte a décidé qu’il reste dans les geôles de la junte à Conakry. Nous n’avons pas pu vérifier ces informations après voir obtenu la liste ci-dessus.

 

Amdy Salam Diaw

Contact : amdysalamdiaw@yahoo.fr

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 10:21

Le 26 juin 2009, une série de manifestations guinéennes pour l’instauration d’un Etat de droit, un parlement démocratique et un Président élu du peuple avant fin 2009 a été inaugurée à Bruxelles. Les initiateurs de cette action civique sont des associations guinéennes motivées par un sursaut patriotique et qui réalisent le vrai danger qui plane sur la Guinée si l’on accorde plus de temps à ce groupe de militaires sans repère ni direction définie aux affaires.

 

Aujourd’hui, la Guinée est gouvernée au jour le jour et toutes les affaires de l’Etat sont concentrées au camp Alpha Yaya Diallo. Le mensonge, l’improvisation, l’intimidation et l’humiliation sont érigés en système de gouvernement en Guinée. Personne n'est en sécurité. Même le Premier ministre et les Généraux membres du gouvernement n’échappent pas à ces traitements dégradants en public. Ces humiliations et le cramponnement de ces derniers à leurs postes contribuent à ternir l’image de notre peuple dans le monde.

 

Depuis sa prise du pouvoir en décembre 2008, Dadis ne fait un petit pas dans l’application de ses engagements, qu’à quelques jours de l’arrivée du groupe de contact international (GIC-G) à Conakry. Ça été le cas pour le décret sur le CNT, c’est le cas pour la commission ad hoc du 15 juillet 2009. Jusqu’au 16 juillet, les 15 milliards déclarés par le chef de la junte n’avaient pas encore été décaissés !

 

Dadis et ses amis n’ont posé aucun acte positif pour montrer qu’ils voulaient organiser des élections en 2009. C’est tellement évident qu’on ne peut pas leur faire confiance pour 2010.

 

Le chronogramme 2009 peut encore être appliqué dans l’essentiel en Guinée, grâce à l’aide de toute la communauté internationale qui nous est assurée. Tout dépendra de notre volonté manifestée ou pas dans ce sens.

 

C’est pourquoi nous faisons appel à tous les Guinéens et amis de la Guinée pour exiger le respect du chronogramme pour la tenue des élections législatives au 11 octobre et les élections présidentielles aux 13 et 27 décembre 2009. Seul cela pourrait nous épargner un possible règlement de compte entre groupes militaires pouvant entraîner la Guinée dans un chaos général aux conséquences incalculables.

 

Rendez-vous donc à Londres ce vendredi 24 juillet 2009.

 

Programme de la Marche :

 

Date : Vendredi 24 juillet 2009 entre 12.00-14.00 (temps à respecter) 

Lieu : Londres Parliament Square siège du Parlement Britannique

 

Contacts et informations:

 

Amadou Traoré: 00447770335958

Dos Bah: 00447737537952

N’Famara Yansane: 00447903838897

Aboubacar Camara: 00447799054287

 

Signataires :

 

- Mouvement Guinée D'abord

- L’IBCG (Initiative de Bruxelles pour le Changement démocratique en Guinée)

- Amicale de Guinee e.V

- Lamine Diallo pour l’ARGA e.V

- M. Sadibou Camara pour le MCCTM  (Mouvement Citoyen Contre la Transition Militaire)

- Dr Bakary Diakité pour AURGUINEE (Alliance pour l’Unité et le Renouveau de la Guinée)

- AGPD

- Action Guinea

- Association des femmes Guinéennes d'Amérique AFGA

- Action Citoyenne de Guinée (ACIG)

Source : www.ondes-guinee.info

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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 17:43

14 militaires arrêtés depuis la prise du pouvoir, dont deux sont libéré et les douze autres sont toujours au Camp Alpha Yaya Diallo, abandonné à eux même. Pourtant ce sont des officiers très calés qui n'ont pas du tout bâclé leur formation et qui peuvent être utiles pour le peuple.

La population ne comprend plus rien est ce une vengeance? La jalousie parce qu'ils sont mieux formé ou un règlement de compte?  Car si c'était une simple punition in-disciplinaire, juridiquement ils ne devraient pas dépasser les 48 heures.

Il s'agit de :

1-Colonel Fodé Boubacar Sylla (vivasse)
2-Colonel Soriba Yanssané
3-Colonel David Sylla
4-Commandant Alseyny Pathio Bangoura
5-Commandant Issiaga Camara
6-Capitaine Mamadouba Sylla
7-Capitaine Ibrahima Sory Bangoura (BIS)
8-Capitaine Lansiné Keïta
9-Lieutenant Alpha Oumar Diallo (AOD)
10-Lieutenant Hassimiou Pendassa
11-Lieutenant Ibrahima Barry
12-Sergent Moussa Sylla

Comme je disais que c'est un reglement de conpte la preuve est que le lundi 13 juillet 2009 vers 13heures l'un des detenus a été agressé dans sa cellule au Camp Alpha Yaya Diallo par un Argidant qui a sauté le grade argidant chef pour se retrouver S/Lieutenant Pierre Labillé alias Fourmi de la garde présidentielle actuelle.
 
B.K.
                                                                                      Sur la photo : le Cpt BIS

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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 22:00

Notre démarche, est une démarche citoyenne qui a pour but de dénoncer la situation qui prévaut en ce moment, dans notre pays, la Guinée. Une dictature militaire, mise en place par le CNDD, se refuse de respecter et d’appliquer le chronogramme des élections en 2009. Notre nation, la Guinée, est encore une fois victime d’hommes égoïstes, confisquant le pouvoir et n’ayant cure du devenir de la Guinée ou du guinéen.

Les droits les plus élémentaires du guinéen, se trouvent bafoués, tel que : la suppression de la liberté d’expression, l’interdiction des activités politiques, l’insécurité du fait même des militaires, l’abus constant de pouvoir par les membres de la junte, la destruction des biens prives.
 
De part toutes ces raisons et à cause de la complicité passives des partis politiques, de la société civile et des religieux, notre collectif citoyen, a décider d’entrer en action, pour dénoncer ces faits et agir auprès des institutions internationales (Union européenne, Amnesty Internationale, CDEAO, l’UA…)
 
Dans nos démarches, nous avons demandé et continuerons à demander, l’application de sanctions contre les membres de la junte au pouvoir et du gouvernement a Conakry (restriction de voyages, saisis des comptes bancaires a l’étranger, ouverture d’enquêtes et poursuite devant les juridictions internationales pour crimes de sang dont beaucoup de membres du CNDD sont responsables)
 
Notre lutte sera sans relâche, jusqu'à l’instauration d’un véritable Etat de droit dans notre pays, la Guinée. Notre but est de combattre toutes les forces, qui contribuent à la descente aux enfers de notre pays, en divisant le guinéen, détournant les deniers publics, abusant du pouvoir.
 
Il est de notre devoir, de ne plus jamais tolérer ce système de diktat qui est responsable du sous-développement de la Guinée. Il est incompréhensible, qu’après plus de 50ans d’indépendance, notre pays, se trouve dans sa situation actuelle. Nos dirigeants ont abusés et continuerons d’abuser, tant que nous resterons silencieux.
 
Nous ne luttons ni pour l’idéal d’un homme, ni les pour les idées d’un parti, notre seul idéal est l’instauration d’un véritable Etat de droit, ou tout un chacun d’entre nous, aura les mêmes droits et devoirs, sans distinction d’ethnie, de région ou de religion. La Guinée D’Abord.
 
 Joignez-vous à nous, afin que nous combattions ensemble, pour que l’espérance renaisse dans le cœur du guinéen, il n’y a pas de fatalité, si nous prenons notre destin en main et disons tous NON à la dictature et OUI à une véritable démocratie, où existera l’égalité de chance pour tous.
 
Vive la Guinée
Vive la démocratique 
 
Mamady Sinkoun Kaba
Mouvement Guinee D’Abord
guineedabord@yahoo.fr
Tel: 0044 7762 78563

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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 12:30
A l'aéroport de Madrid (Espagne), un sénégalais se fait sauvagement brutaliser par des policiers espagnols en civil qui tentent de l'expulser vers son pays d’origine. Une scène de mauvais traitement dégradant, inhumain et révoltant saisie en vidéo. C'était le 16 juin 2009. 

 
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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 08:00

Des sources concordantes indiquent que des centaines de militaires “putschistes“ présumés arrêtés et emprisonnés à la prison de l’île de Kassa à quelques miles nautiques de Conakry dans des “conditions déplorables“ subiraient des tortures atroces.


Ces militaires, pour la plus part des fidèles de l’ancien régime déchu, seraient détenus à “des fins d’enquêtes“ et seront “relâchés“ si aucune charge n’est retenue contre eux, selon une source proche de la junte au pouvoir depuis le 23 décembre 2008 par un coup d'Etat suite au décès du général Lansana Conté.

 

Selon la junte, ces militaires auraient planifié de la prise du pouvoir par la force durant le récent voyage avorté en Lybie du président autoproclamé, le capitaine Moussa Dadis Camara.

 

L’Adjudant chef Soropogui, chargé de faire “avouer“ aux prisonniers leurs “crimes“, aurait mis au point de nouvelles méthodes de tortures pour obtenir ces confessions.

 

Dans cette besogne, il est assisté par une meute sadique de militaires constamment drogués. Lors d’interrogatoires musclés, le détenu est immobilisé par cette meute et brutalement sodomisé avec une bouteille bien chauffée à l’avance.

 

Et si la confession attendue tarde à venir, le prisonnier est placé sur un banc laissant pendre entre deux planches son scrotum. Le tortionnaire tente ensuite de faire entrer dans la bouteille, l’une après l’autre, les testicules de sa victime en exerçant une forte pression.

 

Le monstre aurait repris du service à plein temps en Guinée avec le retour des vieilles habitudes de notre armée qui abuse ce pays depuis cinquante ans par la répression sanglante. Cette fois-ci, elle reprend du zèle avec son sport favori : la torture.

 

Les Guinéens et la communauté internationale ne doivent pas rester muets. Il faut mettre fin à ce cycle vicieux de la violence sadique qui dure depuis cinq décennies.

 

Amdy Salam Diaw
Contact : amdysalamdiaw@yahoo.fr

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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 10:06

Promouvoir le grand respect pour les Droits de l'Homme universellement reconnus constitue un principe fondamental d'une démocratie vivante. À ce titre, le gouvernement des États-Unis constate avec regret le manquement au respect des droits de l'homme en Guinée.

Le rapport de 2008 du Gouvernement des États-Unis sur les Droits de l'Homme en Guinée donne un bref aperçu des violations graves des Droits de l’Homme qui ont lieu en Guinée. La torture, les conditions de détentions inhumaines, les périodes prolongées de détention avant le procès, la violence faite aux femmes, les mutilations génitales féminines, la traite des personnes et la violation de la liberté de la presse sont d’une préoccupation majeure.

 

Ces mêmes violations des Droits de l’Homme ont été mentionnées dans les rapports des années précédentes, indiquant un manque général de progrès pour l’amélioration de la condition des Droits de l’Homme en Guinée.

 

Le gouvernement américain exhorte son homologue guinéen à mettre en œuvre des mesures plus renforcées pour promouvoir davantage le respect des droits de l'homme en Guinée, conformément aux engagements internationaux que la Guinée a tenus dans le cadre de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

 

L'un des droits fondamentaux énoncés dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme est la liberté du peuple de choisir son gouvernement. La continuation du régime militaire qui s'était emparé du pouvoir de façon illégitime le 23 décembre dernier, viole cette liberté fondamentale. Les États-Unis réaffirment leur appel au CNDD pour la tenue d’élections libres, équitables et transparentes le plus tôt possible en cette année afin de rétablir le régime civil constitutionnel en Guinée.

 

Historique :

 

Chaque année, le Département d'Etat américain soumet aux Congrès américain des rapports par pays sur les pratiques des Droits de l’Homme à travers le monde entier. Les présents rapports couvrent les droits individuels, civils et politiques universellement reconnus, ainsi que les droits professionnels, tels qu’énoncés dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, une convention dont la Guinée est signataire.

 

Pour lire la version intégrale du Rapport 2008 sur les pratiques des droits de l'homme en Guinée, veuillez visitez le site Web à l'ambassade des États-Unis à http://conakry.usembassy.gov/fr

 

[Communiqué transmis par l'ambassade des Etats-Unis en Guinée]

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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 18:17

Des soldats guinéens ont été impliqués dans des vols et actes de violence contre des hommes d'affaire et des citoyens ordinaires depuis l'arrivée au pouvoir d'un nouveau gouvernement à la faveur d'un coup d'Etat militaire en décembre 2008, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.

Le nouveau gouvernement devrait faire cesser ces attaques et s'assurer que la police, la gendarmerie et le système judiciaire mènent des enquêtes indépendantes et engagent des poursuites contre les soldats impliqués.

 

Human Rights Watch a recueilli les récits de victimes et de témoins de 19 de ces incidents, presque tous commis par des soldats lourdement armés portant des bérets rouges et se déplaçant dans des véhicules tant civils que militaires officiels sans plaques d'immatriculation. Des groupes comptant parfois jusqu'à vingt soldats ont attaqué des bureaux, des magasins, des entrepôts, des cliniques médicales et des maisons, aussi bien en plein jour que la nuit. Ces soldats ont volé des voitures, des ordinateurs, des générateurs, des médicaments, des bijoux, de l'argent liquide, des téléphones portables, et de grandes quantités de marchandises en gros et au détail, entre autres articles. Des Guinéens et des étrangers figurent parmi les victimes. De nombreux témoins de ces incidents ont indiqué que les soldats semblaient sous l'emprise de la drogue. Nombre des victimes ont aussi été menacées ou agressées physiquement.

 

« Le coup d'Etat semble avoir déclenché une série d'exactions commises par l'armée ; l'impunité dont bénéficient ces soldats doit cesser », a déclaré Corinne Dufka, chercheuse senior pour l'Afrique de l'Ouest à Human Rights Watch. « Les leaders du coup d'Etat doivent tenir les simples soldats sous contrôle, et garantir que les responsables de ces crimes fassent immédiatement l'objet d'enquêtes et de poursuites judiciaires. »

 

Human Rights Watch a aussi documenté de multiples cas d'extorsion de la part de soldats au cours de contrôles d'identité de routine ; le viol d'une jeune fille de quinze ans commis le 31 mars par un soldat ; et plusieurs cas d'intimidation de magistrats, au cours desquels de petits groupes de soldats ont interrompu des procédures judiciaires ou ont menacé des avocats, tentant semble-t-il d'influencer le résultat des poursuites judiciaires.

 

Un groupe d'officiers militaires guinéens se désignant comme le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) s'est emparé du pouvoir le 22 décembre 2008, quelques heures seulement après la mort de Lansana Conté, président de la Guinée depuis 24 ans. Les leaders du coup d'Etat, dirigés par un président autoproclamé, le Capitaine Moussa Dadis Camara, ont rapidement suspendu la constitution du pays, et se sont engagés à organiser des élections en 2009 et à rendre le pouvoir à un gouvernement dirigé par des civils.

 

Le niveau auquel les actes documentés par Human Rights Watch ont été ordonnés ou sanctionnés par de hauts responsables de l'armée n'est pas clair. Dans certains cas de vol, les agresseurs ont annoncé qu'ils étaient en mission officielle pour le CNDD. Toutefois, il n'a été présenté à aucune des victimes de document officiel justifiant ces actions, par exemple un mandat d'arrêt ou de perquisition.

 

La plupart des actes criminels et d'intimidation de magistrats documentés par Human Rights Watch impliquaient des soldats porteurs de bérets rouges. Avant le coup d'Etat, deux divisions au sein des services de sécurité guinéens étaient habituellement pourvues de bérets rouges : le Bataillon autonome de la sécurité présidentielle, ou garde présidentielle (BASP) ; et le Bataillon autonome des troupes aéroportées (BATA), un groupe d'élite de commandos. Depuis le coup d'Etat cependant, ces deux unités et quelques autres bataillons d'élite ont été regroupés en une seule unité basée au quartier général du CNDD, au camp militaire d'Alpha Yaya Diallo. Human Rights Watch a également été informé que des soldats appartenant à d'autres divisions avaient été vus portant des bérets rouges.

 

Depuis qu'il est au pouvoir, le CNDD a mené une répression officielle contre les trafiquants de drogue, les criminels impliqués dans la production et la vente de médicaments de contrefaçon et d'anciens fonctionnaires accusés de corruption. Paradoxalement, nombre des atteintes aux droits humains documentées par Human Rights Watch semblent avoir été commises dans le contexte de cette répression.

 

Par exemple, à la suite de l'arrestation en janvier 2009 de plusieurs ressortissants chinois soupçonnés de fabriquer et de vendre de faux antibiotiques, plusieurs entreprises appartenant à des Chinois, notamment des cliniques médicales et des restaurants, et au moins une pharmacie gérée par un Guinéen, ont été dévalisées par des soldats prétendant qu'ils étaient à la recherche de médicaments de contrefaçon. Aucun des militaires impliqués dans ces opérations n'a produit de mandat de perquisition, ni n'a saisi officiellement de médicaments soupçonnés de contrefaçon. Dans trois cas documentés par Human Rights Watch, les commerçants ont été détenus arbitrairement et embarqués dans un véhicule militaire. Ils ont été dépouillés par les soldats de leur argent, de leurs téléphones portables et d'autres objets de valeur, puis ils ont reçu l'ordre de descendre des véhicules quelques kilomètres plus loin.

 

Human Rights Watch a documenté de nombreux cas dans lesquels les soldats avaient volé les citoyens guinéens habitant à proximité des domiciles ou des commerces des individus soupçonnés d'être impliqués dans le trafic de drogue. Les victimes ont raconté comment elles avaient été dépouillées par des soldats fouillant leurs maisons ou leurs commerces à la recherche de produits de contrebande que les militaires prétendaient s'y trouver. Un avocat guinéen représentant six clients demandant réparation pour effraction et vol à main armée ont indiqué que les soldats avaient fracassé des portes, détruit du mobilier et volé un générateur, sept voitures, des ordinateurs, des vêtements et de l'argent. L'avocat a déclaré à Human Rights Watch :

 

« Le combat contre le trafic de drogue est noble, mais ils s'en servent comme excuse pour agir comme des criminels de droit commun - s'emparant de véhicules, d'argent, de bijoux - qu'est-ce que tout cela a à voir avec les drogues ? Ils n'ont trouvé de la drogue chez aucun de mes clients. Il n'existe dans aucun de ces cas de plainte légitime, ou tout au moins aucune qui ait été confirmée. »

 

De nombreux autres cas d'entrée par effraction ont été similairement sans relation avec la répression. Il s'agit par exemple d'attaques contre des petits kiosques tenus par des familles et au cours desquelles les contenus ont été transférés dans des véhicules conduits par les militaires, contre des magasins le long des routes vendant des matériaux de construction, contre des domiciles privés, surtout de riches Guinéens, et contre des entrepôts contenant des produits d'importation.

 

Des militaires interrogés par Human Rights Watch ont suggéré que des individus se faisant passer pour des soldats étaient les responsables des actes criminels. Toutefois plusieurs facteurs jettent le doute sur cette affirmation. Premièrement, de nombreux témoins ont parlé à Human Rights Watch de soldats commettant des exactions en plein jour dans des lieux publics et vêtus d'uniformes militaires complets, certains portant des barrettes indiquant des grades allant jusqu'à celui de sergent. Deuxièmement, dans deux cas, des hommes d'affaires dont les voitures ont été volées sous la menace des armes par des soldats ont ensuite vu leurs voitures conduites par des hommes portant l'uniforme militaire ; dans un cas, la voiture a été vue entrant et sortant d'un camp militaire à Conakry. Troisièmement, plusieurs victimes ont assuré à Human Rights Watch avoir reconnu des soldats qu'elles savaient être des membres de l'armée. Quatrièmement, les soldats ayant commis de nombreux crimes opéraient par groupes de dix ou plus, et circulaient en petits convois de deux véhicules ou plus.

 

Selon la loi guinéenne, ce sont la gendarmerie et la police qui sont mandatées pour enquêter sur les crimes, que les coupables présumés soient des civils ou des membres de l'armée. Toutefois, les victimes ont toutes affirmé à Human Rights Watch que depuis le coup d'Etat, l'armée avait de plus en plus pris la responsabilité de certaines tâches de police, notamment des enquêtes criminelles. Les propriétaires de cinq commerces cambriolés à peu près au même moment le 16 février ont déposé plainte à la police, mais les policiers leur ont dit que depuis le coup d'Etat, ils n'étaient plus « autorisés par l'armée à mener des enquêtes ». Ils ont dit aux commerçants de déposer plainte directement auprès de l'armée.

 

Quand Human Rights Watch a demandé à des officiers de police comment ils répondaient à une vague de crimes apparemment perpétrés par des soldats dans un quartier de Conakry, les policiers ont répondu que l'armée leur avait « défendu » de conduire des patrouilles et des enquêtes ; un des policiers a raconté comment un suspect civil qu'il avait appréhendé pour l'interroger à propos d'un cambriolage au poste avait été soustrait à la police pour être placé dans un véhicule militaire et emmené pour interrogatoire dans un camp militaire. Une autre victime a rapporté à Human Rights Watch qu'après s'être plaint auprès de la police, ils lui avaient dit que s'il voulait que justice soit rendue, il faudrait qu'il dépose plainte auprès de l'armée ou qu'il dénonce les faits à la radio. Pourtant une autre victime a déposé plainte au poste de police local et ensuite au bureau de la direction de la police judiciaire chargé des enquêtes criminelles, qui est sous l'autorité du procureur. Dans les deux cas, elle a été redirigée vers l'armée.

 

Cinq victimes interrogées par Human Rights Watch avaient déposé des plaintes auprès des autorités militaires, demandant une enquête officielle sur ce qu'elles affirmaient être des actes criminels commis par des soldats. Aucune enquête n'a été menée pour donner suite à ces affaires. L'une des victimes s'est rendue cinq fois au camp militaire pour réclamer une enquête, et a déploré : « Je suis allé au camp [militaire] et j'ai rappelé à maintes reprises, mais pas une fois je n'ai eu de nouvelles. L'affaire ne va nulle part. »

 

Le seul cas documenté par Human Rights Watch où il y a eu une action de l'armée concernait le viol de la jeune fille de quinze ans. Selon des membres de la famille et des dirigeants communautaires, l'officier supérieur du soldat accusé a rendu visite à la famille et a fait en sorte de régler l'affaire en dehors du tribunal. Le soldat a été incarcéré plusieurs jours au camp militaire. La famille a décidé de ne pas déposer plainte auprès de la police après que l'armée ait accepté de payer les frais médicaux de la jeune fille.

 

Selon l'article 14 de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, le gouvernement guinéen a l'obligation de protéger le droit à la propriété, ce qui comprend la garantie que des autorités de l'Etat (y compris l'armée) ne saisissent pas de biens arbitrairement et sans compensation.

 

« Le devoir de l'armée est de protéger le peuple guinéen et de garantir sa sécurité, et non de profiter de lui. L'anarchie qui transparait dans ces exactions n'a aucune excuse », a insisté Corinne Dufka. « L'armée devrait faire cesser les exactions et permettre à la police, à la gendarmerie et au système judiciaire de faire régner l'Etat de droit. »

 

Récits faits par des victimes et des témoins des exactions commises par des éléments de l'armée guinéenne à Conakry.

 

Exactions commises sous le prétexte de la répression contre le trafic de drogue, la contrefaçon de médicaments et la corruption :

 

Le propriétaire et directeur guinéen d'une société de transport a raconté le vol de sa voiture et d'autres biens le 15 février par une douzaine de soldats en uniforme prétendant chercher de la drogue. Il a indiqué que les soldats, qui sentaient l'alcool, étaient lourdement armés et que plusieurs étaient bardés de cartouchières :

 

« Ils sont arrivés dans un pickup Nissan sans plaques d'immatriculation. Ils m'ont dit qu'ils étaient en mission avec l'ordre du CNDD de récupérer les 4x4 que je cachais pour le leader d'un parti d'opposition guinéen. Certains des Bérets rouges m'ont accusé de cacher de la drogue et des armes. Je leur ai dit que je n'étais pas un militaire et donc que je n'avais pas d'armes, mais ils ont fouillé l'entrepôt et vandalisé le bureau de ma secrétaire et le mien. Je ne cache rien. Ils ne m'ont pas dit leur nom, mais j'ai remarqué qu'ils s'adressaient à l'un d'entre eux en lui disant ‘Excellence.' J'ai demandé un ordre de mission, mais ils ont dit qu'ils n'en avaient pas, que les ordres de mission sont des bêtises. Ils disaient : ‘Vous n'avez pas vu le genre de véhicule dans lequel nous sommes venus ? 'Les militaires ont menacé mes employés et leur ont dit de se coucher par terre, à plat ventre. Ils leur disaient : ‘Vous ne sortirez pas d'ici vivants' et ‘Rien ne sortira d'ici.' Ils n'ont trouvé ni drogue ni armes, mais ils ont pris deux ordinateurs, ma voiture personnelle, et une importante somme d'argent. Plusieurs personnes m'ont dit avoir vu ma voiture conduite à travers la ville par un militaire. »

 

Une Guinéenne qui réside à côté d'un groupe de Nigérians qui seraient soupçonnés d'être impliqués dans le trafic de drogue a été volée à deux reprises par des soldats. La première fois, ils ont prétendu être à la recherche de Nigérians. Elle a fait le récit des incidents qui se sont déroulés le 25 février et le 13 mars :

 

« La première nuit, ils m'ont réveillée en escaladant les murs de ma résidence. Ils m'ont demandé s'il y avait des Nigérians cachés et ils ont fouillé ma maison. Ils n'avaient pas de mandat de perquisition. Ils se sont excusés et sont partis. Je me suis rendue compte plus tard que mon téléphone portable avait disparu. Puis le 13 mars, huit Bérets rouges lourdement armés sont revenus chez moi à 10 heures du soir. Je n'étais pas là, mais ma tante m'a raconté ce qui s'était passé. Les soldats ont menacé de tirer si ma tante n'ouvrait pas la porte, alors elle les a laissés entrer. Quand ma tante leur a demandé pourquoi ils étaient là puisqu'ils n'avaient rien trouvé la première fois, ils lui ont crié de se taire. Ils ont pris un sac à dos noir avec un ordinateur portable, 3 millions de francs guinéens [environ 450 euros], et des bijoux. Cette fois, ce n'était évidemment pas une erreur comme la première fois qu'ils étaient venus. A cause de ces visites, j'ai décidé de déménager de ma maison. »

 

Le propriétaire d'une clinique médicale dévalisée par des soldats à 13h le 26 janvier a décrit ce qui s'était passé au cours d'une attaque contre sa clinique :

 

« Mon frère et moi sommes des médecins chinois et nous dirigeons une clinique à Conakry. Les soldats sont arrivés dans un pickup gris et trois motos. Ils étaient huit et portaient tous des bérets rouges. Trois d'entre eux avaient des fusils et ils portaient tous des uniformes de camouflage. Ils sont entrés en disant qu'ils cherchaient de faux médicaments, mais ils ont parcouru toute la maison et ont volé beaucoup de choses, dont deux machines pour faire des diagnostics médicaux, deux téléphones portables, 3 millions de francs guinéens [environ 450 euros], 3 000 dollars américains [2 250 euros], un poste de télé et un [lecteur] DVD, et des sacs contenant tous nos vêtements. Ils ont même ouvert le congélateur et volé la viande qui s'y trouvait ! Ils ont aussi volé la voiture [de mon frère] - nous ne l'avons pas encore retrouvée. Ils n'ont pris aucun médicament ; ils sont venus pour voler. [Mon frère] a été emmené dans la voiture par les soldats, comme s'ils allaient l'arrêter, mais ils l'ont ensuite laissé partir - arrêté la voiture et lui ont dit de sortir. Beaucoup de gens du voisinage avaient l'habitude de venir à la clinique, mais pour le moment nous sommes fermés. »

 

Un propriétaire de restaurant qui a été volé au beau milieu de la journée fin janvier a raconté ce qui s'était passé :

 

« Vers 3 heures de l'après-midi, 10 soldats sont arrivés au restaurant ; ils portaient des uniformes de soldats et plusieurs d'entre eux avaient des fusils. En entrant, ils ont donné des coups de pied dans la porte, ont pointé leurs fusils sur moi et m'ont frappé au ventre. Ils ont dit qu'ils cherchaient de faux médicaments, que c'était nous les Chinois qui les vendions. Je leur ai dit que c'était un restaurant chinois ! Qu'est-ce que nous avons à voir avec des médicaments ? Je leur ai même dit qu'ils pouvaient vérifier, sachant qu'ils ne trouveraient rien de cela chez nous. Ils ont volé plusieurs téléphones, pris deux cartons de bière et des affaires personnelles, entre autres nos vêtements. Ils étaient très agressifs. »

 

Un commerçant guinéen dont la pharmacie a été dévalisée par 10 soldats le 28 janvier a raconté à Human Rights Watch ce qui s'était passé :

 

« A 2 heures de l'après-midi, j'étais dans ma pharmacie lorsque 10 Bérets rouges ont fait irruption disant qu'ils voulaient vérifier si les médicaments dans ma pharmacie étaient faux. Ils prétendaient regarder les médicaments, mais ensuite ils sont allés tout droit au petit coffre-fort que j'ai dans un coin. Ils l'ont fracturé et ont volé les 50 millions de francs guinéens [environ 7 700 euros] qu'il contenait. Ils sont arrivés dans un pickup militaire vert sans plaques d'immatriculation. Après avoir volé l'argent, ils m'ont emmené avec eux, comme si c'était moi qui avais fait quelque chose de mal. Ils m'ont poussé dans la voiture, mais m'ont relâché quelques kilomètres plus loin sur la route. Ils voulaient que ça ressemble à une véritable opération mais ils voulaient juste voler l'argent - ils n'ont même pas emporté de médicaments avec eux ! »

 

Exactions contre des juges et des avocats

 

Human Rights Watch s'est entretenu avec un juge à Conakry qui a relaté une tentative d'intimidation faite par six soldats pour qu'il modifie une décision judiciaire qu'il avait prise dans un litige civil opposant deux femmes d'affaires, dont l'une avait un proche dans l'armée. L'incident a eu lieu le 17 février :

 

« Le jour en question, je devais rendre la décision officielle dans une affaire civile opposant deux femmes d'affaires. Tout à coup, six soldats sont entrés dans la salle du tribunal. Pour moi, il semblait que la femme dont le proche était soldat avait organisé l'intervention des Bérets rouges pour son compte. Ils étaient armés, et portaient des bérets rouges. J'ai déclaré : ‘Vous n'avez rien à voir avec cette procédure - j'ai rendu une décision judiciaire qui est totalement indépendante de l'armée !' Ils se sont mis très en colère et l'un d'eux a répliqué : ‘Les choses ont changé ; vous devez changer cette décision.' Ils ont menacé de faire en sorte que je sois déchu de mes fonctions - ils ont dit que c'étaient eux qui avaient le pouvoir maintenant. Je suis resté ferme et ils ont fini par s'en aller. »

 

Un avocat a décrit la façon dont le 23 février, deux soldats armés agissant semble-t-il pour le compte d'un plaignant - un général à la retraite - ont tenté d'intimider le juge qui présidait l'affaire :

 

« Ce jour-là, j'étais au tribunal pour représenter un client indigent. Au même moment, il y avait une affaire civile qui passait en jugement - un litige à propos d'argent - entre un général à la retraite et un autre homme. L'avocat du général faisait pression pour que le jugement soit rendu ce jour-là, mais l'avocat de l'autre homme lui, faisait pression pour que l'affaire soit reportée en invoquant un détail technique, à savoir que le deuxième homme n'avait pas été cité à comparaître en bonne et due forme. Peu après, deux soldats armés sont entrés dans la salle. Ils ont paradé avec leurs longs fusils en parcourant la salle de tribunal pendant 10 à 15 minutes. Quand l'avocat de l'homme a vu cela, il a abandonné la salle et je l'ai remplacé. Les soldats n'ont pas pointé directement leur fusil sur le juge, mais leur présence était réellement terrifiante pour tout le monde. Il était évident que le juge avait peur, mais à la fin, le juge a tenu bon et a reporté l'affaire. Quand le général a entendu ça, il s'est mis à hurler des insultes au juge et à moi ! Il a dit : ‘Si vous faites ça, vous verrez ce que nous ferons.' J'avais très peur. Quand nous sommes sortis du tribunal, j'ai vu cinq à sept soldats, tous avec des bérets rouges, dans un véhicule sans plaques d'immatriculation. »

 

Divers actes criminels commis par des membres de l'armée

 

Le garde de sécurité non armé de la résidence d'un riche homme d'affaires guinéen a raconté le vol commis par une dizaine de soldats le 13 mars :

 

« J'étais assis dehors avec quelques amis. C'était à peu près 9 heures du soir. Nous avons entendu une voiture s'arrêter, puis une dizaine d'entre eux - portant tous des tenues de camouflage, des bérets rouges et de longs fusils - ont fait irruption à la porte de la résidence. Ils sont arrivés dans un pickup blanc qu'ils ont garé devant notre portail - il n'avait pas de plaques d'immatriculation. L'un d'entre eux avait une barrette sur son uniforme - je crois que c'était un sergent ; et j'en ai reconnu un autre - je l'avais vu dans Conakry en uniforme. Ils sont entrés en pointant leurs fusils sur nous ; l'un d'eux a crié à la femme du propriétaire de lui donner les clefs de leur voiture. Elle leur a répondu que son mari n'était pas là et que c'était lui qui avait les clefs de la voiture. Ils se sont mis en colère et sont entrés dans la maison pour chercher la clef. Ils ont trouvé son sac, l'ont fouillé et ont fini par trouver la clef. Pendant que l'un d'eux montait dans la voiture, les autres cherchaient des choses à voler. Ils ont pris deux ordinateurs, trois téléphones, un générateur 2 KVA, des bijoux et de l'argent - environ 500 000 CFA [750 euros]. Ils buvaient - leur haleine sentait l'alcool. »

 

Un homme d'affaires guinéen a raconté le vol par un groupe de soldats de 50 cartons de vin rouge qu'il avait récemment importé d'Europe. Il a expliqué comment quelques jours après le vol, il a vu et photographié les marchandises volées en vente dans un magasin juste devant le camp militaire d'Alpha Yaya Diallo :

 

« Le 8 janvier vers 6 heures du soir, 10 Bérets rouges - tous en uniformes et armés - sont arrivés chez moi dans un pickup. Ils sont entrés dans la maison et ont demandé à mon frère la clef du conteneur. Il ne voulait pas la leur donner, mais ils l'ont frappé et il a fini par leur donner la clef. Ils ont alors volé les 50 cartons de vin. Auparavant, j'avais pris contact avec un magasin juste devant le camp d'Alpha Yaya et je leur avais demandé s'ils voudraient vendre mon vin ; il [le magasin] appartient à un gendarme. J'ai laissé une bouteille comme échantillon pour qu'ils puissent l'essayer. J'avais la sensation que le vin volé se trouvait là et après le vol j'y suis allé, et oui, le vin était dans ce magasin ! J'ai pris des photos de mon vin, dont j'ai pensé qu'elles pourraient être utilisées comme preuve. J'ai demandé aux gens où ils avaient trouvé le vin et ils ont dit que les soldats étaient venus quelques jours plus tôt leur demander s'ils voulaient acheter le vin. J'ai apporté les photos à la police et à un gendarme, qui m'ont donné un document m'autorisant à reprendre possession du vin, mais la deuxième fois que je suis retourné au magasin, tout le vin avait disparu. Je me suis adressé à l'armée plusieurs fois pour régler ce problème, mais pour le moment je n'ai pas eu de chance. »

 

Recommandations


Human Rights Watch exhorte le gouvernement guinéen à entreprendre les actions suivantes :

 

Reconnaître et condamner publiquement les atteintes aux droits humains - notamment les vols à main armée, les extorsions, le viol et autres violences - commises depuis le coup d'Etat du mois de décembre en 2008 par des membres de l'armée.

 

Donner des instructions publiques claires à tous les membres du personnel militaire pour cesser de commettre des exactions et pour garantir que leurs actions n'outrepassent pas leur mandat.

 

Demander une enquête menée par les autorités légalement compétentes sur tous les soldats soupçonnés d'avoir perpétré des atteintes aux droits humains. Demander que soient poursuivis en justice tous ceux contre lesquels il existe des preuves suffisantes, en accord avec les normes internationales de procès équitable.

 

Encourager le travail des institutions légalement mandatées pour mener des enquêtes criminelles et engager des poursuites - la police, la gendarmerie, et le système judiciaire.

 

Garantir que les victimes de vol à main armée, d'extorsion, de viol et d'autres exactions commises par des membres de l'armée soient correctement et rapidement indemnisées.

 

Au Groupe international de contact sur la Guinée :

 

Exprimer sa préoccupation relative aux atteintes aux droits humains actuelles et au manque de devoir de rendre des comptes de leurs actes de la part des membres des services de sécurité guinéens.

 

Exhorter les chefs du gouvernement à prendre des mesures concrètes pour faire cesser les exactions commises par l'armée guinéenne.

 

Exhorter les chefs du gouvernement à exiger des comptes en accord avec les normes internationales de procès équitable aux soldats contre lesquels existent des preuves suffisantes des exactions commises.

 

Encourager le travail des institutions de l'Etat de droit - notamment la police, la gendarmerie et le système judiciaire - et leur fonctionnement en accord avec les normes internationales de procès équitable.

 

Source : www.hrw.org

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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 15:26

Les arguments de “spectre de la guerre civile“ et de “la particularité“ de la Guinée sont les prétextes de la Junte guinéenne pour réaliser le scénario de succession monté du vivant de Lansana Conté afin d'assurer la protection de sa famille aussi longtemps que possible.

Les raisons évoquées par la Junte auraient été compréhensibles et même acceptables dans la mesure où elle avait invité les acteurs politiques guinéens et la société civile à former un gouvernement pour gérer entièrement la transition dans un délais raisonnable sans la moindre interférence du Cndd qui se limitera à être simple “observateurs“ ou “Conseillé“. Car, la gestion politique pour la démocratie et le développement (…DD) d’un pays n’est pas le rôle dévolu à une armée.


Les deux processus demandent du temps qui s’étant au-delà de la période de transition proposé par la Junte. D’où le mensonge qui trahit l’agenda caché du Conseil national pour la démocratie et le développement (Cndd). Cela se vérifie par le fait que le (Cndd) a déjà sous son autorité la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et ce gouvernement mis en place pour baliser le chemin.


Il n’y a pas de situation plus particulière dans un pays que celle d’une guerre qui dura plus d’une décennie. Le Libéria s’en est relevé avec la première femme démocratiquement élue présidente de ce pays. Une première en l’Afrique. La Sierra Leone s’en est sortie avec un gouvernement démocratiquement élu suivi d’une alternance en faveur de l’opposition et dans la paix.


La particularité de la Guinée réside dans la naïveté collective des guinéens qui ont toujours été manipulés et culpabilisés par ceux qui se retrouvent malheureusement à la tête du pays. Sékou Touré et Lansana Conté qui étaient incapables d’admettre leurs erreurs, tenaient leur entourage pour responsables de leurs multiples échecs.


Le Capitaine Dadis Camara qui n'arrête pas de blâmer l'entourage de l'ex dictateur Lansana Conté pour les maux qui nous rongent, blâmera son propre entourage sous peu. Qui a profité du système mieux que la famille et les proches du défunt dictateur ? Toute la Junte sans exception reste devoir à Lansana Conté et sa famille. Elle est tenue à respecter ses engagements.


Réfléchissons un peu quand on nous effraie avec le spectre de “guerre civile“. Qui détient les armes de guerre en Guinée ? Qui se mutine régulièrement dans les casernes ? Qui sont les principaux auteurs des multiples pillages abord de véhicules militaires ? Qui sont les auteurs des massacres de janvier et février 2007 et bien d’autres ? Qui protège les barons de la drogue en Guinée et leurs intérêts dans les rouages de l’Etat ?


Ce ne sont ni les musiciens, ni les paysans encore moins les muezzins ou les prêtres. Ce sont nos soi-disant “braves“ militaires qui sont à la base de la situation qui prévaut actuellement en Guinée.


La junte se vente d’avoir pris le pouvoir “sans effusion de sang“ le 23 décembre 2008. Ce qui est particulier c’est le fait que le détenteur du pouvoir à cette date (le général Lansana Conté) était déjà mort la veille. Si “le pouvoir était [bel et bien] dans la rue“ comme l’a affirmé le président sénégalais Me Abdoulaye Wade, alors pourquoi la junte ne l’avait pas prise du vivant du général président ? Pourquoi Me Wade, qui le savait bien avant, ne l’a évoqué qu’après la prise du pouvoir par son “fils“ suite à la mort du dictateur guinéen ?


Cette justification est aussi légère que dangereuse d’autant plus que cela pourrait être un précédent qui pourrait inspirer d’autres. N’importe quel caporal déséquilibré détenant une kalachnikov est apte à utiliser les mêmes prétextes (“confusion au sommet de l’Etat“ et “spectre de la guerre civile…“) pour prendre le pouvoir. Même le Sénégal, avec sa tradition d’armée républicaine de longue date, n’est pas immunisé contre ce genre de situation.

Comment expliquer qu’on invoque exagérément “la situation particulière de la Guinée“ pour justifier un coup d’Etat dans ce pays alors qu’il n’y a pas une situation aussi dangereuse que celle qui existe déjà en Casamance.

Il faut savoir que les membres de la Junte guinéenne vénèrent Lansana Conté au point de s’être engagés de son vivant, à protéger sa famille au prix de leur sang, non seulement contre “les exactions“ (ce qui est tout à fait normal) mais aussi leurs biens mal acquis et surtout, de “poursuivre l’œuvre qu’il a commencé“. Ainsi, les putschistes dédouanent celui qui a violé nos droits pendant 24 ans en dissimulant dans son cercueil les crimes qu’ils ont commis ensemble contre les Guinéens.


L’armée n’est pas la seule pourriture en Guinée. Ceux qui luttent aujourd’hui pour que le coup d’Etat soit entériné par la Communauté internationale, le font pour leur propre ego parce qu’ils ont longtemps profité du système d’une manière ou d’une autre.


Quant aux partis politiques qui apportent leur soutien à cette Junte, ils ont signé leur propre arrêt de mort politique. Ils assisteront bientôt à leurs propres funérailles politiques lorsque, sous l’effet de “la pression populaire“, le Capitaine Moussa Dadis Camara sera le nouveau candidat gagnant à toutes les élections. Et comme le général président Lansana Conté, il a l’armée, l’argent de l’Etat et les équipes nécessaires pour gagner à tous les coups. Après tout, il est guinéen et aussi président et les opposants resteront opposants. Qui vivra verra.


Baba Telly
Contact: ababatelly@yahoo.fr  

Source:  
www.ondes-guinee.info
Posté le 16-1-2009

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