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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 13:29

victimes_22_janvier_2007_01.jpgLe samedi dernier c'était le quatrième anniversaire des massacres du 22 janvier 2007 par des militaires guinéens contre des manifestants. C'était au Pont 8 novembre aux portes de Kaloum, Conakry. Ce jour, après onze jours de grève générale illimitée déclenchée par l'inter syndicale CNTG-USTG, des centaines de milliers de personnes sont sorties exprimer leur ras-le bol contre le régime dictatorial d'alors.

 

Au pont 8 novembre, des militaires qui étaient postés à cet endroit ont empêché les manifestations qui venaient de toutes les autres communes de Conakry d'accéder au centre ville. Cela, après avoir dispersé une autre marche qui quittait la Bourse du travail pour le Palais du peuple qui devait être le point de convergence de tous les manifestants. De jamais, la Guinée n'avait connu une pareille marche de contestation.

 

Les militaires ont tiré sur les foules tuant des centaines de personnes. Le soir, on apprendra l'arrestation des leaders syndicaux qui étaient entre autres, Rabiatou Serah Diallo (CNTG) et feu Ibrahima Fofana (USTG). Ils seront libérés tard dans la nuit sur instruction de Lansana Conté dont les manifestants demandaient le départ.

 

Comme le premier accord signé entre les syndicats et le gouvernement, le 26 janvier n'ont pas été respectés par le pouvoir en nommant un premier ministre, chef du gouvernement neutre, intègre et compétent, la grève reprend le 10 février le soir même de la nomination d'Eugène Camara à ce poste. Le 12, d'autres violences d'une intensité très rare sont déclenchées. Le gouvernement décrète un Etat de siège. Durant des jours, le pays sera au feu et à sang.

 

L'issue connaitra par la nomination d'un premier ministre de consensus, en la personne de Lansana Kouyaté grâce à la médiation de la CEDEAO.

 

La triste réalité est que cet évènement est passé inaperçu. Tout comme les dernières années. Comme si les victimes du 22 janvier et celles de toute la période de janvier-février 2007 sont tombées pour rien.

 

Mariama Bah

avec www.lejour.info partenaire de www.BanabanaNews.org

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 10:04

Chères militantes, chers militants,

Quelle année ! Nous avons travaillé ensemble sur tant de sujets qu’il est difficile de savoir par où commencer. Nous avons ensemble contribué à améliorer la vie des gens à travers le monde, et cela n’aurait pas été possible sans votre soutien et sans vos actions, messages, événements et signatures.

 

Nous souhaitons faire encore mieux l’an prochain, et nous avons pour cela besoin de votre aide. Alors nous vous demandons de bien vouloir nous consacrer cinq minutes pour nous dire quels sont les problèmes en matière de droits humains que nous devrions combattre : donnez votre avis au sujet de notre travail de campagne pour 2011 !

Aung San Suu Kyi, éminente figure du mouvement en faveur de la démocratie au Myanmar, a enfin été libérée cette année. Elle a exprimé sa gratitude aux sympathisants d’Amnesty International pour leur contribution à sa remise en liberté, mais il nous reste encore beaucoup à faire car plus de 2 200 personnes sont toujours injustement emprisonnées au Myanmar. Cette action a été de longue haleine pour les sympathisants d’Amnesty International, dont beaucoup travaillaient en faveur de sa libération depuis plusieurs décennies. Jusqu’à présent, plus de 106 000 sympathisants d’Amnesty International ont signé la pétition demandant le respect de trois libertés fondamentales pour la population du Myanmar, et ils sont bien davantage encore à avoir téléchargé leur photo en signe de solidarité avec la population du Myanmar. Nous continuerons de travailler en faveur des personnes qui sont toujours injustement emprisonnées.

Aung San Suu Kyi avait déjà été détenue de 1989 à 1995 et de 2000 à 2002. © APGraphicsBank

Raúl Hernández, militant des droits des populations indigènes, a été remis en liberté alors qu’il était détenu depuis plus de deux ans sur la base d'une accusation de meurtre forgée de toutes pièces ; il avait été incarcéré en janvier 2008. Des militants, des membres et des sympathisants d’Amnesty International menaient campagne depuis deux années en faveur de sa libération. En avril 2010, dans le monde entier des membres internationaux d’Amnesty International ont organisé des événements dans leur localité, envoyé des photos en témoignage de solidarité et rassemblé des signatures pour la pétition réclamant sa remise en liberté. En août 2010, grâce à ce travail de pression de longue durée, Raúl a été libéré !

Raúl Hernández avait été arrêté et accusé, à tort, d'un meurtre commis en janvier 2008. © Amnesty International

Les populations vivant dans l’État d’Orissa, en Inde, ont pu être protégées parce que le ministère indien de l’Environnement et des Forêts a été amené à reconnaître qu’il devait rejeter le projet d’extension d’une raffinerie, qui visait à multiplier par six sa production, car ce projet violait la législation du pays en matière d’environnement. Dans le cadre de cette campagne, plus de 30 000 membres d’Amnesty International ont écrit aux autorités indiennes pendant que l’organisation fournissait des informations aux experts du gouvernement et entamait de longues discussions avec l’entreprise concernée. Les mouvements de protestation des populations menacées et le travail de campagne mené conjointement par des militants indiens et des organisations internationales ont permis de bloquer le projet d’agrandissement de la raffinerie et de changer la vie des gens !

La population avait fait valoir que l'extension de la raffinerie aggraverait la pollution du sol et de l'eau. © Sanjit Das

10 décembre 2010 : la Journée internationale des droits de l'homme a été célébrée cette année par militants et membres d’Amnesty International dans plus de 50 pays. Des militants et des membres dans le monde entier ont envoyé plus de 280,000 lettres pour demander que les droits des personnes soient respectés, protégés et appliqués, et ca c’est seulement le début ! Les membres internationaux d’Amnesty International ont organisé des séances d’écriture de lettres dans leurs localités au Bangladesh, en Inde, en Équateur, en Bolivie, au Brésil, au Nigeria et dans de nombreux autres pays. Regardez quelques-unes des meilleures photos ici.

Des militants et des membres du Nord du Bengale célèbrent la Journée internationale des droits de l'homme © Amnesty International

Nous sommes également ravis de vous annoncer que Femi Peters, un membre du parti d’opposition gambien Parti démocratique unifié qui avait été incarcéré, a été libéré de prison la semaine dernière ! Le cas de Femi Peters faisait partie des cas inclus dans le Marathon des lettres, et c’est formidable d’avoir ainsi la preuve que l’envoi de lettres est efficace et que nos activités militantes permettent de changer la vie des gens !Regardez ici la vidéo de Femi Peters Junior en remerciant tous ceux qui ont mené campagne pour obtenir la libération de son père.

Femi Peters a été arrêté lors d'une manifestation pacifique organisée par son parti le 25 octobre 2009. © AI

 

Donnez votre avis au sujet de notre travail de campagne pour 2011 !

Take action Now

C’est une année remarquable qui s’achève et nous espérons que vous êtes fiers de faire partie d’Amnesty International. Nous avons quant à nous été très fiers de travailler à vos côtés.


Nous vous souhaitons d’excellentes vacances et vous remercions de vous être mobilisés pour les droits humains cette année.


À l’année prochaine !


L’équipe Communautés en ligne

 
Alaphia, Buddha, Jennifer and Jeremy

 

Retrouvez-nous sur Twitter et Facebook avec le Centre des militants.


 

Amnesty International

Secretariat international

 

1 Easton Street
London, WC1X 0DW
United Kingdom

 

www.amnesty.org

 

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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 12:43

Dépuis près de trois ans et demi je suis attentivement et largement la vie sociale Guinéenne. En particulier celle des handicapés Guinéens qui est une couche beaucoup trop defavorable de notre societé.



Mamadou A. Diallo

Aprés avoir profondement pensé je me suis mis au coeur la ferme volonté de m’engager á aider les handicapés de sortir de leur profonde misere. Vu que moi aussi je vis avec un handicap (malentendent) il ya 10 ans, je ne peux etre different des autres handicapés.

 

Avec mon handiap j’ai connu beaucoup des choses importantes qui font que je ne me gene pas de mon handicap. J’ai pu l’accepter et l’integrer. Vu que je connaisse bien la vie handicapée, je désire ouvrir mon experience á la societé des handicapés guinnéens.

 

Je sais que la tâche n’est pas facile, mais je peux vous assurer qu’avec des hommes capables et qui ont de l’experience d’un handicap nous pouvons faire du bien. D’ailleurs ya des handicapés qui sont meilleurs qu’un etre normal. Mais avec le manque d’entretien et de savoir ils se lancent dans la mendicité contre le grès de leur pouvoir.

 

En fait je peux vous dire que le monde ne compte que des handicapés mais on ne le voit pas de cette maniere. On sait que si nous n’avons pas un pied emputé ou une main oubien la polyomelite ainsi de suite on n’est pas handicapé. Et pourtant l’etre riche est handicapé de sa richesse, l’homme intelligent est handicapé de son intelligence..., car personne de tout ceux que je vienne de citer ici ne poura dire que vraiment il est toujours satisfait dans sa vie.

 

De nos jours quand on parle d’une personne handicapée on voit la jambe qui manque et non la personne qui reste. On se fixe directement des stéreotypes sur son incapacité et non sur ce qu’elle est capable de faire. La mauvaise conception qu’on se fait de la personne handicapée, est aujourd'hui le véritable probleme auquel les handicapés sont confronté.

 

Á mon avis nous devons faire mieux pour changer la situation des handicapés. J’ai visité beaucoup de lieux chargés des affaires de personnes handicapées en Guinée, mais la situation n’est pas convaincante. Car ils travaillent dans des conditions tres defavorables.

 

Á l’ecole des malvoyants et aveugles je me suis entretenu avec Mme Diallo Kadiatou et Elhadj Diallo Mamadou Sanoussy á savoir sur les formations que reçoivent les eleves et les problemes auxquels ils sont confrontés. L'ecole ne comptait que 26 eléves.

 

Á ma grande surprise quand je suis reparti recemment en Guinée, j'ai trouvé que l'ecole qui se situe dans l'enceinte de la cité de solidarité á Ratoma est devenu un depottoir. Le lieu est occupé par des handicapés de tout bord. Une poubelle totale...Excusez moi de peu.

 

Á l’ecole des sourds muets je me suis entretenu avec Mr Barry Aliou ( directeur de l’ecole et seul audiologue du pays). Il m’a fait savoir que vraiment le probleme est majeur, car non seulement il a un probleme de fonds mais aussi il n’arrive pas á trouver des partenaires avec les quels il poura travailler et utiliser le petit fonds qu’il reçoit convenablement.

 

En plus de çe il est confronté á des problemes de transport pour envoyer les enfents á l’ecole et les renvoyer á la maison. Aussi il n’arrive pas á pouvoir trouver des emplois pour les jeunes aprés leur formation.

 

Ensuite j’ai visité le centre national d’orthopedie, vraiment labas c’est le pire. Non seulement le lieu est tres defavorable pour un orthopedagogue mais aussi les problemes que monsieur Moussa Traoré ( DG du centre) m’a expliqué sont inadmissibles.

 

Madame Hadja Diakité (directrice nationale) au departement des affaires sociales m’a reçu en audience. Elle m’a fait savoir oú se situe quelques problemes et les quelques projets engager et qui sont en cours. En plus de çe les difficultés qui sont au niveau du departement pour aboutir á beaucoup des projets.

 

Tout en me reconfortant, elle m’a fait savoir que rares sont des personnes qui viennent vers eux pour dire qu’ils veulent faire quelques choses. Alors oú sont ces Guinéen(ne)s pour soutenir cette couche vulnerable de notre societé.? Ne pensons pas que nous faisons quelque chose pour un handicapé en lui donnant 1000fg, non. On le detruit comme ça.

 

N'encourageons pas la mendicité, malgrés qu'elle est devenu aujourd'hui un phenomene dû á la pauvreté et non á l'handicap. Mais faisons plutôt autrement pour la juguler.

 

La misere que vive aujourd’hui ces personnes handicapées ne peut être eternelle. Il nous suffirait tout juste de la bonne volonté pour inverser la tendence.

 

Un site d'internet specialement pour les handicapés sera bientot en ligne afin que nous faisons ensemble facilement notre mieux.

 

Ils (les handicapés) ont besoin de nous. Ecoutons les afin d'entendre le cri de leur coeur, le cri de leur détresse.

 

Mamadou Abdoulaye Diallo (MAD)

Contact: madma80@yahoo.fr ou jalloh_824@hotmail.com

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 17:18

togo.jpg 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Françafrique pas morte. Mardi à Lomé, la capitale du Togo, en marge d'une confrontation entre manifestants et gendarmes togolais, un face-à-face tendu oppose un officier français et un reporter togolais. Le premier exige du second qu'il efface une photo de lui qu'il avait prise : le ton et les menaces évoquent un autre temps supposé révolu. 


 

Une vidéo a été prise de ce face-à-face, et n'est pas avantageuse pour ce colonel français en uniforme, qui se décrit comme conseiller du chef d'état-major de l'armée de terre togolaise. Il lance sur un ton agressif :

« Tu sais qui je suis ? Je suis le conseiller du chef d'état-major de l'armée de terre. Tu veux que j'appelle le RCGP [Régiment des commandos de la garde présidentielle, ndlr] pour foutre un peu d'ordre là-dedans ? Alors, je demande d'enlever les photos. Est-ce que c'est compliqué ? » 

Epaulé de gendarmes togolais casqués, matraque à la main, l'officier menace le journaliste, Didier Ledoux, bien connu au Togo, portant un gilet avec le mot « presse » écrit en énorme, fourni par les Nations unies. Il lui dit :

« Tu veux qu'on te donne un coup sur l'appareil ou quoi ? » 

Un peu plus tard, face aux protestations du journaliste qui proteste qu'il fait son boulot, l'officier lui rétorque « je m'en fous », puis dis à l'un des gendarmes, sur un ton autoritaire : « Tu le mets en tôle »(Voir la vidéo)

 

 

Sur le site du quotidien togolais d'opposition Liberté, auquel collabore Didier Ledoux, un journaliste relate l'incident, et pose une question :

« C'est curieux qu'un officier français formé en France, pays des droits de l'homme, menace de faire venir des éléments de la garde présidentielle pour régler un malentendu qui l'opposait à un journaliste qui ne faisait que son travail. » 

L'ambassade de France au Togo a publié un communiqué, affirmant que le véhicule de l'officier, qui se trouvait « fortuitement » à proximité du rassemblement, a été pris à partie par des jets de pierres. Il ajoute :

« Après avoir signalé les faits au détachement de gendarmerie qui se trouvait à proximité, l'officier n'a pas souhaité qu'un photographe fasse une prise de vue. » 

Comme ces choses-là sont dites avec modération. Le problème est qu'aujourd'hui il y a la vidéo, il y a YouTube, et que l'on peut y voir un officier français en territoire conquis, arrogant (« Tu sais qui je suis » ? ) et menaçant (« Tu veux un coup sur l'appareil ? » ; « Tu le mets en tôle »), pour un incident de toute évidence mineur. Cinquante ans après les indépendances africaines célébrées en grande pompe cet été sur les Champs-Elysées, ça surprend…

A Paris, le ministère de la Défense nous a fait savoir qu'il ne « se reconnaissait pas » dans l'attitude et les déclarations de cet officier, « qui ne défend pas les valeurs qui sont les nôtres ». Le ministère indique que cet officier devra s'en expliquer avec le journaliste togolais. Bonne nouvelle.

Rectificatif, le 11/8/2010 à 15h22 : correction de la citation, c'est sur l'apareil que l'officier menace de donner un coup, pas sur la tête. Merci aux Riverains vigilants.

Mise à jour le 11/8/2010 à 15h52 : Avec la réaction du Ministère de la Défense à Paris.

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 23:13

Selon le classement des pays en trois catégories figurant au Rapport 2010 du département d'État sur la traite des personnes, il est clair que la plupart des pays africains luttent contre ce problème mais n'ont pas encore remporté la bataille.

Mais deux d'entre eux font exception, en l'occurrence le Nigéria et Maurice qui devraient servir d'exemples aux autres pays qui cherchent à mettre fin à l'esclavage des temps modernes, a déclaré l'ambassadeur Luis CdeBaca, directeur au département d'État du Bureau chargé de la lutte contre la traite des personnes.

 

Le rapport annuel du département d'État sur la traite des personnes examine jusqu'à quel degré les gouvernements de par le monde respectent la Loi sur la protection des victimes de la traite des personnes (TVPA de son sigle anglais), adoptée à Washington en 2000 pour tenter de prévenir ce délit à l'étranger. Les pays sont classés en trois catégories : à la troisième se retrouvent ceux dont les gouvernements n'appliquent pas les normes minimales de la TVPA et ne déploient pas d'efforts significatifs pour le faire. Cinq États africains y figurent dans le rapport 2010.

 

La plupart des autres pays du continent ont reçu une note qui les met au second rang, parfois avec la mention d'une observation particulière. Les gouvernements de cette deuxième catégorie essaient de respecter les normes minimales de la TVPA mais n'y arrivent pas encore entièrement. Ceux sur la liste d'observation tentent eux aussi d'appliquer lesdites normes mais sont loin d'y arriver et présentent une incidence significative ou croissante des formes graves de la traite des personnes.

 

En revanche, le Nigéria et Maurice se retrouvent cette année au premier rang, leurs gouvernements ayant entièrement appliqué les normes minimales de la TVPA. Bien que ces deux pays soient très différents quant à leur superficie et à leur appareil judiciaire, ils offrent tous deux de l'espoir aux autres États encore aux prises avec la traite des personnes.

 

Maurice est une toute petite île située à 800 kilomètres à l'est de Madagascar avec une population qui ne se chiffre qu'à 1,2 million d'habitants. Elle avait été reléguée au deuxième rang pendant des années du fait qu'elle était souvent la destination des victimes de la traite des personnes.

 

« Quand on parle de ces petits États insulaires, on parle de groupes de victimes, de dizaines plutôt que de centaines (...) », a déclaré M. CdeBaca dans un récent entretien accordé à America.gov. « À mon avis, il est très facile pour ces pays de regarder la question de la traite des personnes et de penser qu'elle ne s'applique pas à eux étant donné que le nombre des victimes chez eux est inférieur. » Néanmoins, il y va de la responsabilité de tout pays de chercher à éliminer ce problème, comme le préconise le droit international, a-t-il ajouté.

 

Maurice a réussi à mobiliser « d'abord la volonté politique nécessaire puis aussi la volonté de s'inspirer des autres pays pour trouver les exemples d'application de la loi qu'elle pourrait reproduire », a dit M. CdeBaca. Ancienne colonie française avec un système de droit civil, Maurice devrait servir de modèle aux autres pays de la même taille.

 

« Maurice a réellement fait un très bon travail en mettant en place des procédés opérationnels pour appliquer les normes afférentes à la lutte contre la traite, les autorités sachant très bien qu'elles n'auraient pas des centaines de victimes mais peut-être moins de 20 par an. Mais quand elles les retrouveront, elles sauront ce qu'il faut faire et comment les traiter de manière adéquate », a expliqué M. CdeBaca.

 

Le Nigéria est un pays bien plus vaste avec une population de quelque 148 millions personnes. Mais il souffre du fait qu'il sert souvent de source pour la traite des personnes et avait été classé pendant des années au deuxième rang du rapport.

 

« Le Nigéria était presque sur le point d'être relégué au troisième rang, en proie aux fléaux de la corruption et de faiblesses au niveau de la primauté du droit », a indiqué M. CdeBaca. « Mais les Nigérians ont ouvré de concert avec l'Association du barreau américain, avec l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et aussi avec nous par le biais de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) ; ils ont fait beaucoup d'efforts et ont réussi à trouver les meilleures pratiques. »

 

Avec la création de l'Agence nationale pour l'interdiction de la traite des personnes (NAPTIP de son sigle anglais), toutes les parties concernées peuvent travailler ensemble et être tenues responsables de leurs activités. « Vous êtes témoin d'une réussite au Nigéria », a indiqué M. CdeBaca en parlant des efforts de ce pays. « C'est quelque chose que je souhaite voir se reproduire ailleurs et à une vaste échelle. »

 

Un grand nombre des maux de la société peuvent être imputés à la pauvreté abjecte et à l'absence de structures de gouvernement, a-t-il souligné. « Il est intéressant de voir que beaucoup de ces problèmes sociaux disparaissent au fur et à mesure que le produit intérieur brut augmente ; beaucoup d'autres disparaissent aussi avec une meilleure structure gouvernementale. Cependant, la traite humaine existe dans tous les pays. »

 

Au sujet des notions « d'esclavage héréditaire » et de « castes esclaves » que l'on trouve dans certains pays ouest-africains, M. CdeBaca a dit : « Il y a eu certains progrès en Afrique de l'Ouest par rapport à l'esclavage héréditaire, bien qu'ils se produisent lentement. Comme l'avait indiqué le rapport sur la traite des personnes de l'an dernier, nous avons vu que certaines personnes, par ordre de l'État, avaient été émancipées contre des sommes d'argent remises en règlement à leurs propriétaires. »

 

« Mais au bout du compte, nous ne devons pas seulement changer les pratiques culturelles mais aussi exhorter les gouvernements à appliquer la primauté du droit et l'Article 4 de la Déclaration universelle des droits de l'homme qui préconise qu'aucune personne ne doit être retenue en esclavage », a précisé M. CdeBaca. « À un certain point, il ne s'agit plus de facteur culturel mais de délit criminel. Et par rapport à l'esclavage, la décision qu'il faut prendre n'est pas difficile. »

 

Jane Morse

 

Source : http://www.america.gov/fr

 

Ndlr : La photo est d'Amnesty International

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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 12:59

Plus de femmes se retrouvent prises dans les filets du travail forcé, indique le Rapport 2010 sur la traite des personnes rendu public le 14 juin au département d'État. Pour la première fois, les États-Unis se notent dans leur rapport sur la traite des personnes.

Les femmes constituent depuis longtemps la majorité des victimes de la traite des personnes à des fins d'exploitation sexuelle, mais il est clair que davantage sont également soumises au travail forcé. « La féminisation du travail forcé », comme l'a dit l'ambassadeur itinérant des États-Unis pour les questions relatives à la traite des personnes dans le monde, M. Luis CdeBaca, signifie que des femmes, comme des hommes, sont contraintes à travailler dans les champs, les usines, les mines et les restaurants et « souffrent souvent du double fléau du travail forcé et des attaques sexuelles ».

 

Lors d'une conférence de presse tenue le 14 juin, la secrétaire d'État, Mme Hillary Rodham Clinton, a déclaré que la traite des personnes « non seulement exploite et asservit les femmes et les filles, mais aggrave aussi l'épidémie de la violence sexospécifique dans le monde ».

 

« Les coupables de la traite des personnes doivent être soumis à la justice », a dit Mme Clinton. « Et nous ne pouvons pas blâmer seulement le crime organisé international et compter sur les forces de l'ordre pour poursuivre les coupables. La responsabilité nous incombe à tous de nous dresser contre ce délit et d'agir avec force, que ce soit au niveau des entreprises qui tirent profit en toute connaissance de cause de la traite des personnes ou se désintéressent sciemment des conditions dans leur chaîne d'approvisionnement ou au niveau des gouvernements qui cherchent à ignorer le problème ou ne consacrent pas assez de ressources pour le régler. »

 

Le Rapport 2010 sur la traite des personnes marque le 10e anniversaire d'événements clés de la lutte contre l'esclavage moderne. En 2000, les États-Unis ont promulgué la Loi sur la protection des victimes de la traite des personnes (Trafficking Victims Protection Act ou TVPA) tandis que les Nations unies adoptaient le Protocole additionnel à la convention contre la criminalité transnationale organisée visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, connu sous le nom de Protocole de Palerme. Depuis, « un nombre croissant de pays mettent à jour leurs lois contre la traite des personnes et renforcent leur application, un nombre croissant de criminels sont traduits en justice et un nombre croissant de survivants reçoivent de l'aide pour être réhabilités dans la vie libre », a souligné Mme Clinton.

 

Mme Clinton et M. CdeBaca ont parlé des réussites accomplies dans la lutte contre la traite des personnes afin qu'elles servent de modèles pour d'autres pays. Un tribunal de l'Argentine, par exemple, est parvenu pour la première fois à condamner un coupable de ce délit en se fondant sur une loi promulguée en 2008. L'Égypte a mis en vigueur sa première loi globale contre la traite des personnes et lance un centre de réhabilitation des victimes. Au Ghana, la police ouvre en partenariat avec Interpol pour organiser des cours de formation pour les membres des forces de l'ordre de différents pays africains.

 

La Bosnie-Herzégovine a réussi à passer du troisième volet au premier volet des pays, respectivement la plus mauvaise et la meilleure note selon le classement du département d'État, grâce aux sanctions sévères qu'elle a adoptées contre les responsables de la traite des personnes et aux programmes lancés pour venir en aide aux victimes. Le Pakistan a augmenté le nombre des procès contre les coupables, notamment dans le domaine de la servitude pour dettes, et est passé au deuxième rang. La Malaisie est elle aussi passé du troisième au deuxième volet en collaborant avec des organisations non gouvernementales et avec les Nations unies afin de retrouver et d'aider les victimes du travail forcé. La Syrie, après avoir occupé le troisième rang pendant des années, est passée au second en renforçant ses lois contre la traite des personnes, en ouvrant un deuxième abri pour les victimes et en faisant preuve d'une volonté politique accrue pour lutter contre le problème de l'esclavage moderne.

 

Malgré les progrès accomplis contre le délit qu'est l'esclavage moderne, celui-ci fait encore plus de 12 millions de victimes par an de par le monde qui sont assujetties au travail forcé et à l'exploitation sexuelle, selon les estimations de l'Organisation internationale du travail.

 

Le Rapport du département d'État sur la traite des personnes évalue cette année les initiatives de lutte entreprises par 177 gouvernements, dont pour la première fois celui des États-Unis, et ce, « parce que nous sommes convaincus qu'il est important de jeter pleins feux sur la situation chez nous aussi », a dit Mme Clinton.

 

Les Américains « ont à l'heure actuelle un problème de servitude involontaire, a reconnu M. CdeBaca,comme nous en avons toujours eu au cours de notre histoire. Mais l'histoire des États-Unis est celle d'un pays qui ouvre pour parvenir à la perfection, à la perfection à laquelle nous croyons, et travaille pour relever les importants défis qui se dressent devant nous. En cherchant à devenir des États-Unis plus parfaits, nous ne nous déroberons pas devant la promesse, la promesse de la liberté faite il y a presque 150 ans par l'ancien président Abraham Lincoln. »

 

Pour sensibiliser davantage le public américain au problème de la traite des personnes et du travail forcé, le département d'État a parrainé le Musée de l'esclavage moderne en Floride. Le musée est installé à bord d'un camion équipé de manière à ressembler aux camions utilisés lors d'une récente opération de traite des personnes aux États-Unis, avec à bord une exposition sur l'histoire et l'évolution de l'esclavage aux États-Unis.

 

Selon le ministère de l'agriculture et des services aux consommateurs de l'État de Floride, il s'y trouvait en 2008 47.500 exploitations agricoles commerciales exploitant 3,75 millions d'hectares. La production d'oranges de la Floride qui équivaut à 71 % du total des États-Unis a rapporté 1,5 milliard de dollars. Mais des milliers de travailleurs sur les champs sont mal rétribués et un grand nombre d'entre eux sont victimes d'esclavage moderne.

 

Mme Laura Germino est l'une des neuf personnes choisies de par le monde et qualifiées de « héros » en raison de leurs efforts contre la traite des personnes. Elle coordonne la campagne contre l'esclavage menée par la Coalition des travailleurs Immokalee, une organisation de cette communauté comptant plus de 4.000 travailleurs agricoles migrants. À la conférence de presse du 14 juin au département d'État, Mme Germino a dit : « La lutte contre l'esclavage exige les efforts de toute la communauté. » Au regard des travailleurs agricoles migrants, « il y a un nouvel espoir de changement, grâce au nombre croissant de compagnies transnationales qui ont adopté une nouvelle politique d'achat » qui n'admet aucune situation de travail forcé dans leur chaîne d'approvisionnement.

 

Jane Morse

 

Source : http://www.america.gov/fr

 

[Ndlr : Photo : Amnesty International]

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 14:19

 

Le Conseil exécutif de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) a décidé mardi de poursuivre ses consultations avec toutes les parties concernées sur l'avenir du Prix international UNESCO-Obiang Nguema Mbasogo pour la recherche en sciences de la vie.

 

Selon la presse, sept lauréats de prix pour la liberté de la presse de l'UNESCO se sont dits vendredi opposés à l'attribution de ce prix au nom du président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, en raison de la répression sévère qui sévit dans le pays.

 

Les membres du Conseil ont soutenu une proposition de la Directrice générale, Irina Bokova, de retarder la remise du prix pendant la poursuite de ces consultations.

 

« J'ai entendu les nombreux intellectuels, scientifiques, journalistes, et bien sûr les gouvernements et les parlementaires qui ont fait appel à moi pour protéger et préserver le prestige de l'Organisation », a déclaré Irina Bokova devant le Conseil.

 

« Je me présente à vous avec un message fort d'alarme et d'inquiétude. Je suis pleinement consciente que le Conseil exécutif a pris une décision il y a deux ans [d'instaurer le Prix UNESCO-Obiang Nguema Mbasogo pour la recherche en sciences de la vie], mais je crois que compte-tenu du contexte et des développements inédits de ces derniers mois, nous devons être courageux et reconnaître nos responsabilités car c'est notre Organisation même qui est en jeu. Par conséquent, je ne fixerai pas de date de remise du Prix UNESCO-Obiang Nguema Mbasogo pour la recherche en sciences de la vie. »

 

« J'appelle le Conseil exécutif à poursuivre ses consultations dans un esprit de respect mutuel et de dignité pour tous les partenaires concernés, en prenant en considération la totalité des derniers développements, afin que la question puisse être réglée de manière constructive au cours de la prochaine session du Conseil », a déclaré la Directrice générale.

 

La prochaine session du Conseil exécutif se tiendra du 5 au 22 octobre de cette année.

 

Le prix UNESCO-Obiang a été créé par le Conseil exécutif de l'UNESCO en septembre 2008 afin de distinguer les projets et activités d'une ou plusieurs personnes, d'institutions, d'autres entités ou d'organisations non gouvernementales de recherche scientifique dans les sciences de la vie permettant d'améliorer la qualité de la vie humaine. Il s'agit d'une distinction annuelle concrétisée par la remise d'une médaille, d'un diplôme et d'un montant de 300.000 dollars susceptible d'être partagé équitablement entre trois lauréats.

 

UNNews

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 12:46

Le colonel Mamadou Aliou Sow, ancien responsable des Services d’opération du capitaine Moussa Dadis Camara a été interpellé a son domicile ce dimanche.

Pour l'instant, aucun commentaire officiel n'a été fait sur les motifs de l'arrestation des officiers qui ont tous pour point commun, avoir été des proches collaborateurs du chef de la junte aujourd'hui à Ouagadougou.

Le colonel Sow rejoint ainsi les officiers : Colonel David Haba, ancien directeur de cabinet du ministère de la Défense nationale; colonel Oumar Sano, ancien Chef d’Etat major général des armées; colonel Mamady Mara, ancien Chef d’Etat major de l’armée de l’air; colonel Ansoumane Kaba, ancien Chef d’Etat major de l’armée de terre; Lieutenant-colonel Abel Haba, ancien chef d’état major adjoint de l’armée de terre;Lieutenant-colonel Amara Samaké, ancien Chef d’Etat major adjoint de l’armée de l’air; Lieutenant-colonel Alpha Ousmane Diallo, ancien Chef d’Etat major adjoint de la marine nationale et le Lieutenant colonel Abdoulaye Kéita, ancien chef d’état major général adjoint des forces armées.

 

Ces derniers sont détenus depuis maintenant 72 heures sans aucune déclaration officielle ni du chef d'Etat major général des armées ni du président intérimaire Sékouba Konaté.

 

Mamadi Toure

pour www.lejourguinee.com partenaire de www.ondes-guinee.info

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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 08:05

Les équipes se préparent pour la compétition qui aura lieu en Afrique du Sud. Et vous, êtes-vous prêts ?

 

 Entraînez vous en regardant une vidéo extraordinaire "Des défenseurs hors du commun". Faites-la connaître à vos amis et incitez-les à rejoindre l’équipe des défenseurs des droits humains !

 

Si vous avez bien compris notre message du mois dernier, vous êtes probablement déjà un supporter de Stand Up United, une équipe internationale de 11 défenseurs des droits humains qui partagent tous un même but : obtenir l’égalité, la dignité et la justice pour tous. Sinon, il n'est pas trop tard. Jetez un coup d’œil sur la liste des supporters que vous trouverez àwww.amnesty.org/worldcup2010

 

Ensemble, nous pouvons remporter la victoire. Soutenez l’équipe Stand Up United ! Take action Now

 

 

N’oubliez pas ! Amnesty International vous proposera des informations tout au long de la Coupe du monde 2010.

 

Merci,

 

Equipe de Militantisme

 

Amnesty International

 

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 12:03

 

Alors que les élections sont prévues dans le pays le 27 juin, de nombreux Guinéens ont du mal à panser leurs plaies ouvertes lors du massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry, la capitale, espérant un transfert du dossier à la Cour pénale internationale (CPI).

 

La plupart des victimes estiment que la procédure devant permettre la traduction de leurs bourreaux devant la CPI, traîne et risque de prendre encore du temps.

 

« Pour me soulager, un tribunal doit condamner absolument les coupables », déclare à IPS, Zakaria Bah, un enseignant sauvagement tabassé par les militaires ce 28 septembre et qui porte au visage les stigmates de ses blessures.

 

En mai dernier, une mission de la CPI a jugé « encourageants » les progrès accomplis dans une nouvelle enquête nationale sur le massacre qui avait fait au moins 150 morts et une centaine de femmes violées, après un appel de l’opposition à manifester contre la candidature à la présidentielle du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara.

 

Deux mois plus tard, Dadis Camara a été victime d’un attentat en décembre 2009 et l’intérimaire, le général Sékouba Konaté semble décidé à remettre le pouvoir aux civils afin que les poursuites judiciaires dans le dossier du massacre du 28 septembre puissent aboutir.

 

Selon Thierno Diallo, membre de l'Organisation guinéenne des droits de l'Homme (OGDH), « La justice doit être rendue pour mettre fin à la culture de l'impunité et rompre définitivement avec le sentiment de toute-puissance des militaires ».

 

Le 1er juin, l’OGDH s'est même constituée partie civile en mobilisant un collège d’avocats internationaux pour défendre les victimes des atrocités du 28 septembre devant les tribunaux guinéens.

 

Mais Bah est sceptique et craint un fiasco. « La justice n’a jamais été crédible dans ce pays. Je crains que, comme par le passé, elle ne se range du côté des autorités. Mon unique espoir réside dans le transfert du dossier à la CPI », soutient-il.

 

Certains spécialistes estiment que la réforme de la CPI est nécessaire pour soulager plus rapidement les victimes de crimes relevant de sa compétence.

 

« La CPI est une sorte de résumé de toutes les justices pénales des Etats. Si son existence pour la justice internationale est reconnue, elle a du mal à bien fonctionner compte tenu de certaines pesanteurs », regrette Youssouf Sylla, un juriste basé à Conakry.

 

« Toutes les fois que les Etats n'ont pas exprimé la volonté politique de coopérer, la CPI n'a pu mener à bien ses actions. La loi de la compétence universelle est dans ce cas compromise. C’est pourquoi une réforme est nécessaire », explique-t-il à IPS.

 

Pour l’heure, plusieurs organisations de la société civile africaine et organisations internationales ont invité les gouvernements du monde entier à réviser le Statut de Rome de la CPI, à l’occasion de la conférence qui se tient à Kampala, en Ouganda, du 31 mai au 11 juin.

 

Quelques jours après le massacre au stade de Conakry, une première commission d'enquête nationale avait été mise en place sous l'impulsion des autorités politiques guinéennes.

 

« Les conclusions de cette commission composée, entre autres de magistrats, étaient peu crédibles. On a logé dans la même enseigne, bourreaux et victimes. Ce n’était pas sérieux », déplore Bah.

 

La commission mise sur pied sous Dadis Camara avait en effet minimisé le nombre de victimes et indexé les opposants comme responsables de la tragédie pour avoir organisé un meeting «interdit» par les autorités politiques.

 

Les victimes de la répression du 28 septembre ne comptent, dans leur majorité, que sur la justice internationale pour dire le droit dans ce dossier qualifié de crime contre l'humanité par la CPI.

 

Cependant, tempère Diallo de l'OGDH, la CPI n'intervient dans une affaire que si, entre autres, l'incapacité des juridictions locales à juger l'affaire est avérée. « Nous ne pouvons pas brûler les étapes. Il faut franchir tous ces obstacles un à un avant d’arriver là-bas (à la CPI) », dit-il à IPS.

 

« Pour qui connaît la justice guinéenne, on ne doit non seulement pas s'attendre à grand-chose, mais aussi la procédure risque de s'éterniser », estime Bah qui souligne que la CPI est la juridiction qui inspire le plus confiance aux victimes.

 

Mais, pour l’universitaire Saïfoulaye Barry, spécialiste du droit international humanitaire et chercheur à l'Université de Conakry, la CPI doit se montrer plus juste dans sa manière de se saisir des dossiers de son ressort pour engager des poursuites. « Il faut dans le Statut de la CPI obliger les Etats à coopérer, engager leur responsabilité lorsque leurs citoyens sont incriminés », souligne-t-il à IPS.

 

« En plus, il faut souhaiter que le protocole additionnel - sur les privilèges et immunité - qui permet aux juges de poursuivre certains citoyens, soit ratifié par tous les Etats... déjà soumis au Statut de la CPI ou non », recommande Diallo de l’OGDH.

 

Saliou Samb

 

Source : http://ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=5894

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