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  • Je suis allergique aux régimes militaires !

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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 10:40

sidya.jpgChers compatriotes,

 

Il y a quelques mois, comme vous le savez, j’avais été le candidat de l’Union des Forces Républicaines (UFR) au premier tour de l’élection présidentielle avec le résultat que l’on connaît. La décision prise par mon parti de reconnaitre ce résultat, avait été dictée par l’ambition de progrès dans l’unité que nous n’avons jamais cessé de nourrir pour notre pays.

 

Cette attitude s’inscrit parfaitement dans l’esprit de la lutte que nous avons menée depuis plus de 10 ans, en vue de l’instauration d’une démocratie inclusive en Guinée.

 

Néanmoins, cette démocratisation que nous ambitionnons ne peut se faire que sur le terreau de la paix et de la fraternité entre les différentes composantes ethniques, régionales et religieuses de notre pays.

 

A cette fin, sous ma direction, l’UFR a pris la décision de constituer une alliance avec l’UFDG de Cellou Dalein Diallo pour le second tour. Notre choix avait été motivé par notre profonde conviction que l’équipe que nous avons constituée serait en mesure de conduire notre pays vers une rapide prospérité.

 

Aujourd’hui, après l’arrêt de la cour suprême qui confirme la victoire du candidat de l’alliance Arc-en-ciel, le professeur Alpha Condé au second tour de l’élection présidentielle, nous ne pouvons que nous incliner devant cette décision de l’instance judiciaire suprême de notre pays.

 

Je demande donc aux militants des différents partis politiques de « l’Alliance Cellou Dalein Président » et aux différentes communautés ethniques et religieuses de notre pays, de placer l’intérêt de notre nation au dessus de toute autre considération. L’UFR ne fait que confirmer ainsi l’esprit républicain dont nous avons fait preuve après l’arrêt de la cour suprême à l’issu du scrutin du premier tour.

 

Je peux comprendre les frustrations de certains de nos concitoyens, c’est pourquoi pour ma part, je ne cesse de répéter que l’enjeu majeur de cette élection reste et demeure la réconciliation nationale. Toute autre attitude ne pourra que précipiter notre cher pays dans la division et la confrontation. Ce serait alors l’échec total des luttes que nous avons menées ensemble avec tant d’acharnement et d’engagement au nom de notre peuple. C’est en faisant la paix avec elle-même que la Guinée pourra exister en tant que nation forte et performante.

 

Pour sa part, l’UFR reste convaincu que l’avenir de la Guinée passe inéluctablement par la consolidation de l’Unité Nationale. C’est dans ce sens que j’exhorte les militants et sympathisants du parti à se mobiliser davantage pour les échéances électorales futures. L’UFR continuera à travailler activement pour le renforcement de la cohésion sociale dans la paix. C’est à ce prix que nous atteindrons les objectifs de progrès que nous nous sommes assignés. Car, c’est dans sa capacité à surmonter ses difficultés de cohabitation entre ses différentes communautés, qu’une nation comme la nôtre, se construira et pourra bâtir un avenir heureux pour tous ses enfants.

 

Dès lors, après tant de sacrifices consentis par notre peuple pour renouer avec la démocratie, notre foi et notre raison nous invitent à ne mettre en avant que les intérêts de la Guinée.

 

Je souhaite donc que les guinéens se retrouvent rapidement pour donner une chance à la paix et à la concorde nationale, afin de consolider nos institutions républicaines, encore si fragiles. C’est la seule voie, si étroite soit-elle, qui nous permettra de sauver la nation guinéenne des affres de la division et de préserver la cohésion sociale nécessaire au changement.

 

Enfin, j’invite le Président élu, le professeur Alpha Condé à faire du sens politique qu’on lui connaît, un atout majeur pour entamer la reconstruction de notre cher pays sur des bases inclusives de toutes les communautés, de toutes les affinités politiques et de toutes les opinions constructives.

Que Dieu bénisse la Guinée !

 

Je vous remercie

 

Conakry, le 03 Décembre 2010

 

Sidya Touré

Président de l’Union des Forces Républicaines (UFR)
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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 07:16

abe-sylla.jpgChers compatriotes,

 

Si il y en a qui doutent de la capacité du peuple de Guinée, qui se demandent si le rêve de tout un peuple est toujours possible, qui s'interrogent également sur l’unité de notre Nation, ce jeudi soir ce n’est plus un secret pour personne. Notre Nation est soudée et résolument tournée vers la construction d’un pays prospère et fort.

 

La NGR voudrait tout d’abord s’incliner pieusement devant les victimes des actes de violence, et par la même occasion devant la dépouille mortelle de tous ceux qui ont perdu leur vie pour la consolidation de la démocratie en Guinée.

 

Elle félicite chaleureusement le nouveau président démocratiquement élu, le Professeur Alpha Condé pour sa victoire et pour la confiance que le peuple de Guinée a placée en lui. Elle l’encourage à réunir toutes les compétences de notre pays pour s’atteler à la résolution des problèmes qui minent notre Nation.

 

La Nouvelle Génération pour la République félicite également son allié, Elhadj Cellou Dalein Diallo, pour son courage et son esprit d’ouverture, mais surtout pour son sens élevé de maturité politique.

 

La NGR encourage les leaders des deux alliances à sensibiliser leurs sympathisants à faire preuve de plus de patriotisme, en plaçant l’intérêt de la Guinée au dessus de toute autre considération.

 

Elle en appelle tous les Guinéens et Guinéennes, par-delà leur appartenance politique, leurs croyances et leurs origines, à s’unir pour relever les défis. Elle invite chacun à ne pas se laisser enfermer dans l’intolérance et dans le sectarisme, mais à persévérer dans les efforts de solidarité, à collaborer avec ceux qui ont des idées différentes et avec ceux qui ont d’autres convictions, car nous avons tous le même objectif, malgré les différences apparentes de stratégies.

 

Ensemble écrivons une nouvelle page glorieuse de notre histoire.

 

Vive la démocratie !

 

Vive la République de Guinée !

 

Le 03 décembre 2010

 

Pour la NGR

 

Ibrahima Abe Sylla
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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 05:31

cellou.jpgAprès l'arrêt rendu par la cour suprême ce Vendredi 03 Décembre, le Président de l'UFDG Elhadj Cellou Dalein Diallo arrivé deuxième avec 47.48% des voix, a en sa résidence de Dixinn fait une déclaration en présence des militants de son Alliance, des membres du Directoire et de la presse nationale et internationale. Notre rédaction vous livre ci-dessous, l'intégralité de sa déclaration :

 

Chers compatriotes,

 

La cour suprême vient de rendre publics les résultats définitifs du second tour de la présidentielle.

 

En fait, elle confirme sans aucune modification, les résultats provisoires proclamés par la CENI, le 15 novembre 2010.

 

Or, comme vous le savez, au vu des nombreuses anomalies et irrégularités qui ont entaché le scrutin, nous avions solennellement contesté ces résultats provisoires et introduit un recours devant la Cour Suprême. Nos réclamations n’ont pas été prises en comptes malgré la solidité de nos arguments et la pertinence de nos preuves.

 

Comme les décisions de la Cour Suprême sont sans appel et eu égard à nos engagements antérieurs, nous ne pouvons que nous conformer à cet arrêt rendu par cette Haute Institution judiciaire de la République.

 

Militants et Sympathisants de l’UFDG et des Partis Alliés,

 

Notre attachement à la Paix et à la Guinée Une et Indivisible nous commande d’étouffer notre frustration et nos souffrances pour rester calme et serein et d’éviter toute forme de violence.

 

La victoire et la défaite sont constitutives de la vie, comme nous l’enseigne la religion. Contenons notre amertume électorale par la légitime fierté de représenter, malgré les fraudes et les répressions, près de la moitié des suffrages validés. C’est le lieu de remercier toutes celles et tous ceux qui, en m’accordant leur voix, m’ont permis de réaliser un tel score.

 

Je reste convaincu, comme vous, que notre victoire, inéluctable, est seulement différée.

 

Vive la Guinée. Conakry le 03 decembre2010

 

Cellou Dalein Diallo
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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 08:03

La proclamation des résultats provisoires du second tour du scrutin présidentiel du 7 novembre 2010 a généré une série de violences verbales et physiques, assortie d’atteintes graves aux Droits de l’Homme.

Le Mouvement Social Guinéen est préoccupé par l’atmosphère pesante qui règne sur le pays, alors que la Guinée amorce un virage démocratique sans précédent dans son histoire.

La restriction des libertés, à travers l’instauration de l’état d’urgence, suivi de l’interdiction de diffusion des SMS, la fermeture des frontières terrestres, maritimes et fluviales, ainsi que la valse des décrets et la propagation de rumeurs alarmistes entravent sensiblement la liberté de mouvement des populations et paralysent l’activité économique du pays.

Depuis toujours, le Mouvement Social Guinéen s’est battu pour le retour à l’ordre constitutionnel et pour le respect des libertés individuelles et collectives des citoyens guinéens.

Ainsi, le Mouvement Social Guinéen :

• s’interroge sur l’opportunité et la légalité de l’instauration de l’état d’urgence, ainsi que de la fermeture des frontières ;

• dénonce le manque de clarté et d’information de la part du Gouvernement sur les mesures prises, telle que l’interdiction des SMS, la fermeture des frontières, ainsi que sur la prolifération des décrets à quelques heures de la fin de la transition ;

• exige la levée des mesures destinées à restreindre la liberté des citoyens guinéens, et notamment la liberté de circuler, à l’intérieur comme hors du pays.

A la veille de la proclamation des résultats définitifs par la Cour Suprême, le Mouvement Social Guinéen, appelle :

• l’ensemble des citoyens et des membres des alliances en lice pour l’élection présidentielle, au respect de l’arrêt rendu par la Cour Suprême ;

• les leaders politiques à tenir des discours d’apaisement, de paix, de cohésion et de maintien de l’unité nationale.

• le gouvernement à garantir la sécurité des personnes et de leurs biens dans le strict respect des Droits de l’Homme et des normes internationales.

Le Mouvement Social Guinéen :

• félicite et encourage toutes les institutions de la transition pour leur contribution au parachèvement du retour à l’Etat de droit
• remercie la communauté internationale pour son appui et son accompagnement pour le retour de la Guinée dans le concert des Nations.

Mobilisons-nous pour un changement dans la Paix.

Conakry, le 1er décembre 2010

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 01:23

logo hrw2010_Guinea_Clashes_Getty_Images.jpgLes autorités guinéennes doivent garantir des procès équitables aux quelque 125 hommes et garçons arrêtés lors des violences qui ont fait suite à l'annonce des résultats de l'élection présidentielle.


(Dakar, le 29 novembre 2010) - Les forces de sécurité en Guinée ont fait usage d'une force excessive et fait preuve de manque de neutralité politique lors de leur réponse aux violences liées aux récentes élections, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Les violences, entre les partisans des candidats à la présidence Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo, et entre les manifestants et les services de sécurité, ont eu lieu à Conakry, la capitale, et dans d'autres villes du 15 au 19 novembre 2010. Au moins sept personnes sont mortes et 220 ont été blessées.

Human Rights Watch a mené des entretiens en Guinée auprès de plus de 80 victimes et témoins. Ces entretiens ont confirmé que les forces de sécurité, dominées par des groupes ethniques qui ont pour l'essentiel soutenu le parti d'Alpha Condé, ont eu recours à la force létale pour réprimer les violences causées par des membres du groupe ethnique peul, qui protestaient contre les irrégularités électorales à l'encontre de Cellou Dalein Diallo, leur candidat. La Cour suprême de la Guinée devrait annoncer cette semaine les résultats définitifs du deuxième tour contesté de l'élection qui, malgré quelques irrégularités, a été considérée par les observateurs internationaux comme la plus libre en Guinée depuis 50 ans. Le 15 novembre, les fonctionnaires électoraux ont déclaré Alpha Condé vainqueur du deuxième tour des élections du 7 novembre.

« Les récits lugubres sur la façon dont les forces de sécurité ont agi et la montée de la violence intercommunautaire démontrent à quel point la tâche du nouveau président constituera un défi », a déclaré Corinne Dufka, chercheuse senior sur l'Afrique de l'Ouest à Human Rights Watch. « Pour mettre fin au long passé violent de la Guinée, le nouveau gouvernement devra discipliner les forces de sécurité et veiller à leur neutralité, et s'attaquer de toute urgence aux causes des tensions ethniques persistantes. »

L'enquête de Human Rights Watch en Guinée a montré que les membres des forces de sécurité ont proféré des insultes à caractère ethnique envers les membres de l'ethnie peule, ont collaboré avec des groupes de civils issus de groupes ethniques qui ont majoritairement soutenu Alpha Condé, et dans plusieurs cas, pillé et volé les biens de personnes dont ils estimaient qu'elles avaient soutenu Diallo. Bien que les forces de sécurité aient pu chercher à apaiser la violence qui s'est emparée des villes de Conakry, Dalaba et Labé, elles ont omis de fournir une protection équitable pour tous les Guinéens, a déclaré Human Rights Watch.

Se comportant davantage comme des prédateurs que des protecteurs, les membres des forces de sécurité de la Guinée ont depuis des décennies été laissés libres de commettre des exactions en toute impunité, notamment l'extorsion de fonds, le banditisme, le vol, les enlèvements, le racket et l'usage excessif de la force létale, sans crainte apparente de devoir rendre compte de leurs actes. Les chefs d'État autoritaires consécutifs ont fait usage des forces de sécurité à des fins partisanes pour réprimer les opposants politiques, influencer les résultats des élections et intimider l'appareil judiciaire.

Pour mettre fin à ce cycle de violence parrainée par l'État, Human Rights Watch a exhorté le nouveau gouvernement de la Guinée à :

  • Imposerdes règles claires aux forces de sécurité afin de garantir la même protection à tous les Guinéens, et de se conformer aux normes internationales régissant l'utilisation de la force et des armes à feu lorsqu'elles sont confrontées à des manifestations et à des troubles.
  • Traduire en justice les responsables des exactions flagrantes commises d'une part dans le cadre des récentes violences électorales, et d'autre part lors des massacres de plus de 150 partisans de l'opposition et des viols de 100 femmes par les forces de sécurité en septembre 2009.
  • Discipliner, professionnaliser et réformer les forces de sécurité et veiller à ce que les structures disciplinaires pour enquêter, poursuivre et punir les agresseurs soient convenablement dotées en personnel, garanties et prises en charge.

Pour répondre aux tensions ethniques croissantes, le nouveau président devrait :

  • Prendre des mesures concrètes pour s'assurer que les membres des forces de sécurité s'abstiennent de prendre des Guinéens pour cible sur la base de leur appartenance ethnique.
  • Mettre en place un mécanisme de recherche de la vérité afin de déterminer les racines de la violence ethnique, enquêter sur la persécution historique de certains groupes ethniques, explorer la dynamique qui a donné lieu aux cycles successifs de régimes autoritaires et abusifs et les a soutenus, et émettre des recommandations pour assurer une meilleure gouvernance et éviter une répétition des violations passées.
  • Demander instamment à tous les dirigeants des partis politiques d'appeler leurs partisans à cesser les attaques violentes contre autrui sur la base de l'appartenance ethnique ou de l'affiliation politique.
  • Veiller à ce que les responsables de violences et d'incitation à la violence fassent l'objet d'une enquête et soient tenus de rendre des comptes, notamment les membres des deux partis politiques.

« Le démantèlement des structures favorisant l'impunité qui ont caractérisé la Guinée dans le passé, et la construction d'une société fondée sur l'État de droit, devraient être prioritaires dans l'ordre du jour à la fois pour la nouvelle administration et pour les partenaires internationaux de la Guinée », a conclu Corinne Dufka. « S'abstenir d'exiger des comptes ne fera qu'encourager ceux qui envisageraient de recourir à nouveau à la violence et à l'intimidation à l'avenir. »

Contexte

Les élections présidentielles de juin et novembre étaient censées mettre fin à plus de 50 ans de régime autoritaire et entaché d'abus. Toutefois, des irrégularités lors du premier tour en juin et aussi du second tour le 7 novembre, plusieurs débordements de violences politiques et ethniques et des incidents de recours excessif à la force de la part des forces de sécurité dans leur réponse aux violences ont entaché la crédibilité de l'élection et de la transition de la Guinée vers un régime civil. Le second tour a donné la victoire à Diallo, de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) contre Condé, du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG).

Les incidents les plus récents de violences, de meurtres et autres exactions ont fait suite à la déclaration donnant la victoire à Condé le 15 novembre. Diallo avait déclaré le 14 novembre qu'il n'accepterait pas le résultat du vote, en grande partie parce que la commission électorale avait refusé de jeter les bulletins de vote de deux préfectures contestées, Kouroussa et Siguiri. Les membres de la minorité peule n'avaient pas pu voter dans ces deux préfectures en raison d'attaques à caractère ethnique menées contre eux en octobre, qui avaient fait un mort et contraint les habitants peuls à fuir en masse.

Le 15 novembre, Condé a suggéré lors d'une conférence de presse qu'il était le vainqueur, ce qui a été confirmé plus tard dans la soirée par la commission électorale. Toutefois, Diallo a contesté les résultats devant la Cour suprême de Guinée. Le 17 novembre, après deux jours de violences, l'armée a imposé l'état d'urgence et un couvre-feu depuis la tombée de la nuit jusqu'à l'aube. Par la suite, la violence semble avoir diminué.

Violences intercommunautaires

Dans la plupart des cas, les violences ont commencé autour du 15 novembre, avec l'annonce des résultats du second tour des élections. Un Malinké de Hamdalaye, une banlieue de Conakry, dont la maison a été attaquée quatre fois ce soir-là, a déploré : « Ce sont les jeunes de notre propre quartier. Nous regardons le football avec eux, nous buvons le thé avec eux, nous prions avec eux. Nous ne savons pas pourquoi ils s'en sont pris à nous de cette façon. »

Des dizaines de victimes et de témoins qui vivent à Conakry dans les banlieues fortement peuplées de Hamdalaye, Bambeto, Cosa, Dar es Salam, Kakimbo et Lambanyi ont décrit des scènes de violence inquiétantes entre les partisans peuls de Diallo et les partisans de Condé qui sont en majeure partie des Malinkés, des Soussous et de la région de Forestier. Les violences ont été commises par des bandes de jeunes et d'hommes armés de pierres, de bâtons, de barres de fer, de couteaux, de machettes et, dans quelques cas, de petites lances et de marteaux.

Les violences communautaires ont affecté les partisans, ou les partisans supposés, des deux côtés de la fracture politico-ethnique. Toutefois, à Conakry, Human Rights Watch a documenté considérablement plus d'attaques de la part de jeunes Peuls contre des membres des communautés qu'ils jugeaient alliées à Condé que l'inverse. Nombre de jeunes Peuls interrogés par Human Rights Watch ont interprété les actes de célébration et, dans de multiples cas, les insultes verbales, comme une autorisation de recourir à la violence.

Les habitants de Conakry ont signalé avoir été attaqués à leurs domiciles, traînés hors de leurs voitures et frappés, pris pour cible d'exactions en raison de leur origine ethnique à des points de contrôle improvisés, et dans trois cas au moins, des femmes ont été violées. Les personnes vivant dans des maisons ou des concessions comportant des barres métalliques de sécurité ont indiqué à Human Rights Watch qu'elles ont été bombardées de jets de pierres par des vagues successives de jeunes, tandis que les personnes vivant dans des résidences moins sécurisées où les agresseurs ont réussi à s'introduire ont déclaré avoir été battues et dévalisées. Des témoins ont décrit comment les voyous ont volé des téléphones, des vêtements, de l'argent, des réfrigérateurs, des postes de télévision, des machines à coudre, de la nourriture, des meubles et autres objets. Dans certains cas, des maisons, des voitures ou des meubles ont été incendiés.

Les personnes qui ont subi les violences les plus graves appartenaient à des groupes ethniques qui étaient manifestement en minorité au sein d'un quartier donné. Dans plusieurs quartiers, presque chaque famille appartenant à une minorité et interrogée par Human Rights Watch avait été attaquée. Il a été clairement dit aux victimes qu'elles étaient attaquées en raison de leur soutien, ou de leur soutien présumé, de l'autre parti et elles ont souvent été averties par les voyous de quitter le quartier sous peine d'être à nouveau attaquées - ou même tuées. De nombreuses familles ont fui leurs quartiers, et d'autres ont envoyé les enfants les plus jeunes et les femmes de la famille vivre ailleurs. Dans de multiples cas, les hommes et les femmes plus âgés appartenant à l'ethnie des agresseurs ont tenté d'enrayer la violence, souvent en vain.

Un Malinké a décrit comment des jeunes Peuls avaient barré la route près de sa maison à Cosa et intercepté toutes les personnes qui entraient dans le quartier.

« Ils ont frappé toutes les personnes qui n'étaient pas des Peuls », a-t-il indiqué.

Un autre Malinké a expliqué avoir été attaqué sept fois par des groupes de jeunes Peuls, ce qui a finit par l'obliger à envoyer ses enfants les plus jeunes se réfugier chez un voisin peul plus âgé. Un Soussou de 61 ans, qui a subi de graves blessures à la tête et a eu la mâchoire brisée après avoir été traîné hors de sa voiture et frappé par une dizaine de jeunes Peuls occupant un point de contrôle improvisé dans le quartier de Cosa, a raconté son calvaire :

Ils m'ont demandé si j'étais un Soussou ou un Malinké. Je leur ai dit que nous étions tous Guinéens et quand ils ont entendu ça, ils ont commencé à me frapper à l'intérieur de la voiture, avec des pierres, des bâtons, et à coups de poing. Ils m'ont trainé à l'extérieur de la voiture et ont continué à me frapper, puis ils ont commencé à casser toutes les fenêtres de la voiture. Pendant qu'ils me frappaient, ils disaient, « T'es RPG... c'est vous qui soutenez Alpha Condé... tu vas voir ce qu'il va t'arriver ! » J'ai perdu connaissance... J'étais seul. Il n'y avait aucun policier aux alentours, il n'y avait personne pour m'aider.

Environ cinq familles peules vivant dans une concession dans le quartier de Dabony Rai ont été attaquées par une bande de Soussous, qui ont fini par réussir à entrer, dépouillant toutes les familles de leur argent et de leurs possessions, y compris les châssis des fenêtres de leurs maisons, et ont incendié plusieurs de leurs voitures. Les Peuls sont une petite minorité dans ce quartier.

Une femme peule de 37 ans et son mari ont été attaqués alors qu'ils rentraient chez eux à pied depuis le marché dans le quartier de Koloma Rai par une bande d'une cinquantaine d'hommes parlant malinké. La femme, qui a été agressée avec un couteau et un marteau, a subi plusieurs lacérations au visage et perdu plusieurs dents dans l'agression. Son mari a déclaré à Human Rights Watch :

Quand ils nous ont vus, ils ont dit, « Regardez-les, c'est des Peuls ! » Alors qu'on courait, ma femme a trébuché et est tombée. Je leur ai crié de la laisser tranquille. Ils l'ont frappée avec des bâtons, des barres de fer. Je l'ai vu se faire poignarder le menton avec un couteau, et frapper la bouche avec un marteau. Quand je leur ai crié de la laisser tranquille, ils s'en sont pris à moi. Nous avons été sauvés par un homme malinké plus âgé qui leur a crié d'arrêter, ainsi qu'un camion de policier, qui a dispersé la foule avec des bombes lacrymogènes.

Usage excessif de la force létale par les forces de sécurité

Le 15 novembre, des jeunes Peuls en colère sont descendus dans la rue pour protester contre un manque de neutralité présumé de la part de la commission électorale. Nombre d'entre eux ont brûlé des pneus, bloqué des routes, jeté des pierres sur les forces de sécurité qui ont riposté, et s'en sont pris aux habitants qui avaient soutenu Condé où dont ils estimaient qu'ils l'avaient soutenu.

L'enquête de Human Rights Watch a révélé que les forces de sécurité - des policiers, des soldats (dont certains portaient des bérets rouges, laissant supposer leur appartenance à l'une des nombreuses unités militaires d'élite), et des membres de la Force spéciale de sécurisation du processus électoral (FOSSEPEL), une unité forte de 16 000 membres constituée de policiers et de gendarmes affectés au maintien de la sécurité pendant les élections - ont eu recours à une force excessive, souvent contre les Peuls.

Human Rights Watch a recueilli des témoignages exhaustifs auprès de 16 victimes de blessures par balles, dont 12, toutes des Peuls, ont indiqué avoir vu des membres des forces de sécurité qui soit tiraient directement sur eux, soit près d'eux. Les quatre autres victimes ont été blessées par des balles perdues tirées par les forces de sécurité. Certains des blessés ainsi que d'autres témoins ont décrit en détail les meurtres de trois hommes par les forces de sécurité lors d'attaques non provoquées.

L'hôpital local, où la grande majorité des victimes ont été accueillies, a indiqué avoir traité 84 personnes pour des blessures par balle. Human Rights Watch ainsi que les responsables de l'hôpital ont confirmé que la vaste majorité de ces personnes étaient des Peuls.

Quelques-uns des blessés ont admis qu'ils s'étaient livrés à des violences et avaient jeté des pierres sur les forces de sécurité, mais ont indiqué qu'ils s'étaient fait tirer dessus alors qu'ils s'enfuyaient et même dans certains cas avant l'utilisation des gaz lacrymogènes. La majorité d'entre eux, cependant, a nié toute implication dans les violences et ils ont dit qu'ils se trouvaient chez eux ou près de chez eux lorsque les membres des forces de sécurité leur avaient tiré dessus en prenant d'assaut les maisons et les concessions à la recherche de jeunes qui s'étaient enfuis après avoir été dispersés par les gaz lacrymogènes. Certains des jeunes ont également affirmé s'être fait tirer dessus par les forces de sécurité alors qu'elles effectuaient des patrouilles à pied ou dans des véhicules après que les violences se soient calmées. Plusieurs hommes ont été touchés, dont deux sont morts, pendant des périodes de calme relatif alors qu'ils s'étaient risqués à sortir pour aller acheter de l'eau ou faire des courses, ou encore pour rendre visite à des membres de leur famille.

Un étudiant de 17 ans qui a reçu un tir dans le genou devant sa maison le 15 novembre a raconté comment un autre homme et lui-même avaient été blessés, et un troisième homme tué, au cours du même incident :

Je préparais le thé avec des amis chez moi. J'ai entendu des gens courir, puis quelques minutes plus tard, j'ai vu deux camions de la FOSSEPEL et de la CMIS [police], avançant au pas dans le quartier. Le matin, les jeunes de l'UFDG avaient brulé des pneus, mais je n'étais pas avec eux. Je pensais qu'ils cherchaient ces jeunes, mais tout d'un coup je les ai entendus dire : « C'est des Peuls ... tuez-les » et je me suis rendu compte que c'était après nous qu'ils en avaient. Un de mes amis s'est précipité pour traverser la rue, et j'ai vu un policier lui tirer dessus ... il s'est effondré. J'ai couru, et en regardant rapidement derrière moi, j'ai vu un policier en train de me viser ... Je l'ai vu clairement, à trois mètres de moi. C'est là que j'ai été touché. Quelques minutes plus tard, ils [les policiers] ont tiré sur un troisième homme ... à quelques mètres de moi. La police se déplaçait dans la zone comme s'ils étaient en guerre. Alors que j'essayais de me trainer jusqu'à chez moi, ils m'ont frappé à coups de pied dans le ventre et avec leurs fusils jusqu'à ce que je tombe dans le caniveau. Je pense que s'ils ont fait ça, c'est qu'ils n'ont pas d'enfants. Je peux comprendre qu'ils soient après des gens qui brulent des pneus, mais je n'avais rien à voir avec eux.

Human Rights Watch s'est également entretenu avec un chauffeur de taxi de 18 ans qui s'est fait tirer dessus par la police alors qu'il rentrait chez lui en courant depuis la mosquée où il avait fait ses prières de l'après-midi : « J'avais fait mes ablutions, mais j'ai vu la police arriver et j'ai eu peur. J'ai mis mes chaussures et j'ai couru, et je les ai vus qui tiraient sur moi.... Il n'y a eu aucun avertissement, pas de gaz [lacrymogènes], pas de tirs de sommation. »

Un mécanicien de 22 ans, handicapé physique, s'est fait tirer dessus par des membres de la FOSSEPEL d'une distance d'environ quatre mètres alors qu'il tentait de fuir son lieu de travail avec son père.

« Ils ne nous ont pas dit de nous arrêter. Ils n'ont pas lancé de gaz lacrymogènes. Ils ont juste tiré », a-t-il déclaré à Human Rights Watch. « Je suis tombé, terrifié alors que les militaires se dirigeaient vers moi. J'ai pensé qu'ils allaient tirer sur moi à nouveau, mais deux d'entre eux m'ont donné de violents coups de pied dans le ventre, proférant des insultes à l'égard de mon peuple, les Peuls. »

Trois témoins du meurtre d'un étudiant de 20 ans, Mamadou Abdoulaye Bah, par un membre de la FOSSEPEL le mercredi 17 novembre, ont dit qu'il avait été touché au cou par une balle tirée d'une quarantaine de mètres alors qu'il était en visite avec des amis et se promenait le long de la voie ferrée dans le quartier de Cosa. Selon un témoin :

Il s'est approché d'un groupe d'amis assis sur les rails du train pour donner de l'argent a l'un d'eux pour acheter du pain. Ça avait été tendu - entre les forces de l'ordre et les jeunes - mais ça s'était un peu calmé, alors il a décidé de s'aventurer plus loin. Sa mère se lamenta plus tard qu'elle lui avait dit de ne pas prendre trop de temps ; il était son seul enfant. A ce moment la, il a vu deux agents de la FOSSEPEL à 50 mètres de lui - ils surveillaient la maison d'une famille malinké que des jeunes Peuls avaient attaquée quand les troubles avaient commencé. Tout d'un coup, ils ont tiré en l'air, et Abdoulaye et ses amis sont partis en courant, mais ensuite l'un d'eux [les agents] a tiré dans notre direction. Il [Abdoulaye] s'est effondré sur place - à moitié sur les rails, et à moitié à coté.

Sévices corporels et en détention, comportement criminel des forces de sécurité

Une trentaine de personnes qui se sont entretenues avec Human Rights Watch ont fait état de gifles, de coups de pieds, de coups de fouet, de brûlures, de coups de matraque et de crosse de fusil, alors qu'elles étaient détenues par des membres des forces de sécurité dans la rue, à leur domicile, ou à leur travail, ou encore lors de leurs maintien en détention dans l'un des locaux de la gendarmerie et de la police. Human Rights Watch a aussi recueilli des témoignages sur le viol de six jeunes femmes par des soldats dans la ville de Labé.

Bon nombre de ces abus ont été commis contre des jeunes hommes qui avaient pris part aux manifestations, ou contre des hommes et des femmes rencontrés par les forces de sécurité lors d'une patrouille. De nombreux témoins ont montré à Human Rights Watch des marques physiques des sévices, notamment des contusions, des coupures et des brûlures. Des témoins ont également décrit la façon dont les forces de sécurité avaient dispersé à coups de pieds les aliments préparés par leurs épouses et leurs mères dans leurs maisons, en particulier le 16 novembre, jour de la fête religieuse musulmane de l'Aïd.

Certaines des personnes interrogées ont indiqué à Human Rights Watch que des membres des forces de sécurité avaient uriné dans leurs maisons et, dans un cas, démantelé à coups de pied toute la bibliothèque d'un maître coranique. Un autre homme, arrêté à Cosa par plusieurs agents de la FOSSEPEL, a expliqué avoir été gravement brûlé:

Un groupe de FOSSEPEL est entré dans ma maison et ils ont volé mon téléphone et deux paires de chaussures. Ils m'ont trainé avec deux autres personnes jusqu'au carrefour, où ils nous ont frappés, puis l'un d'eux a ramassé un morceau de chaise que les jeunes avait brulé [avec des pneus] pendant les événements survenus plus tôt dans la journée, et ils ont brulé mon dos à deux endroits. Ils nous ont gardés là, continuant à nous frapper, pendant plusieurs heures.

De nombreux témoins ont décrit comment les forces de sécurité avaient volé des téléphones portables, de l'argent, des chaussures et des articles ménagers au cours des opérations. Plusieurs victimes arrêtées chez elles ou près de chez elles se sont vu réclamer de l'argent pour éviter d'être emmenées jusqu'au poste de police local, au camp de gendarmerie ou en prison, ou bien, une fois sur place, pour rester en liberté. Un homme arrêté après avoir été découvert alors qu'il se cachait dans une maison a été emmené au quartier général de la police à Bellevue où il s'est entendu dire qu'il serait envoyé à la prison centrale s'il ne payait pas 400 000 francs guinéens (45 euros).

Trois autres jeunes hommes qui ont été arrêtés le 15 novembre par des agents de la FOSSEPEL ont passé cinq jours au quartier général de la police judiciaire (Direction de la Police Judiciaire, DPJ). Les trois hommes ainsi que deux membres de leurs familles ont indiqué à Human Rights Watch que la famille avait payé la police pour s'assurer qu'ils aient des conditions de détention décentes et pour obtenir leur libération. Au total, 52 hommes étaient détenus à la DPJ. L'un des trois jeunes hommes a déclaré :

Ils ont forcé la porte, et nous ont trouvé cachés, mes frères et moi. Ils nous ont forcés à monter dans le camion de la FOSSEPEL, et nous ont battus jusqu'au sang. Quand ma mère a essayé de les arrêter, ils l'ont frappée violemment au visage. Ils nous ont ensuite amenés au quartier général de la police à Bellevue, mais l'officier qui était là a dit qu'il ne prenait pas les blessés. Du coup, la FOSSEPEL nous a conduits à la DPJ. En une matinée, ils nous avaient parqués à 30 dans une pièce minuscule avant de fermer la porte. A un moment, cinq personnes se sont évanouies. Chaque matin, nos familles payaient pour nous faire sortir de cette cellule, et payaient encore pour nous faire sortir de la DPJ. Notre famille a payé en tout 500 000 francs guinéens (56 euros). Pendant qu'on était là-bas, ils ont fait un grand tas de machettes, de couteaux et d'autres armes, et ont filmé les 52 d'entre nous, tous Peuls, derrière le tas pour diffuser les images à la télévision.

L'une des victimes de viol à Labé, à 400 kilomètres de Conakry, a été interrogée par téléphone à l'hôpital où elle recevait des soins. Elle a expliqué que le 19 novembre, elle a été contrainte sous la menace d'une arme à feu à monter dans un camion rempli de soldats, emmenée dans une maison en construction, et retenue contre son gré pendant deux jours. Elle a été arrêtée en même temps que deux autres jeunes femmes et a trouvé trois autres femmes dans cette maison. La victime ainsi que deux autres femmes ont fini par prendre la fuite en passant par une fenêtre. Des sources diplomatiques interrogées par Human Rights Watch ont indiqué que des médecins locaux ont confirmé les viols.

Le 21 novembre, vingt-deux membres des forces de sécurité ont été arrêtés et accusés pour des actes criminels commis contre la population civile à Conakry après l'imposition tardive de l'état d'urgence le 17 novembre. Toutefois, il n'y a eu aucune arrestation des membres des forces de sécurité impliqués dans des violations commises entre le 15 et le 17 novembre.

Manque de neutralité de la part des forces de sécurité

Les recherches menées par Human Rights Watch laissent penser que les forces de sécurité ont fait preuve de manque de neutralité dans leur réponse aux violences politiques et ethniques, et en ciblant les membres de l'ethnie peule.

Les victimes peules des abus commis par les forces de sécurité ont été, à peu d'exceptions près, en butte à des injures à caractère ethnique, des insultes qui avaient trait à leur origine ethnique et des menaces de mort sur la base de leur groupe ethnique. Les victimes interrogées par Human Rights Watch ont indiqué qu'on leur disait constamment : « Vous, les Peuls, vous ne gouvernerez jamais le pays »; « Vous salauds de Peuls, nous allons tous vous tuer »; et « Vous, les Peuls, c'est vous qui ruinez la Guinée. » Un membre haut placé de l'UFDG qui a été détenu pendant plusieurs heures par des agents de la FOSSEPEL s'est entendu dire : « Vous êtes tous bons pour le feu des nazis », alors que les agents de la FOSSEPEL disaient au jeune homme qui a été brûlé avec une chaise incandescente : « Ton père est Cellou Dalein Diallo, n'est-ce-pas ? Nous allons tous vous éliminer ici. »

De nombreuses victimes ont signalé avoir vu des membres des forces de sécurité et des civils armés de pierres, de bâtons et, parfois, de machettes et de couteaux semblant travailler ensemble tandis qu'ils repoussaient des bandes de jeunes Peuls qui prenaient part aux manifestations, qu'ils affrontaient des bandes de jeunes appartenant à d'autres groupes ethniques ou qu'ils se livraient à des agressions contre des partisans présumés de Condé. Les habitants peuls des quartiers de Kakimbo et de Cosa ont décrit comment les forces de sécurité, dont la police, les bérets rouges et des agents de la FOSSEPEL ont ouvert le feu en direction de leur communauté, tandis que les civils accompagnants les agents jetaient des pierres dans la même direction.

Un groupe d'une quinzaine de jeunes membres des ethnies malinké, forestier et soussou interrogés par Human Rights Watch ont indiqué ouvertement avoir pris part à ce qu'ils ont décrit comme une initiative conjointe avec la police et des bérets rouges.

« Nous nous sommes mobilisés pour défendre notre quartier, et les militaires nous ont aidés », a dit l'un d'eux.

Un autre témoin a observé des jeunes qu'il croyait être des Malinkés armés de pierres et de machettes se dirigeant vers le quartier de Bambeto, derrière un camion de la FOSSEPEL.

De nombreux membres des services de sécurité semblent avoir pris leur devoir de protéger les individus contre les groupes ethniques qui avaient largement voté pour Condé plus au sérieux qu'ils ne l'ont fait pour ceux qui ont fait alliance avec Diallo, selon Human Rights Watch. De nombreux témoins, dont des commerçants du quartier de Hafia, ont indiqué que les Peuls qui étaient attaqués par des jeunes Malinkés et Soussous armés appelaient la FOSSEPEL à l'aide. Leur soulagement à la vue des forces de sécurité arrivant s'évanouissait quand les forces de sécurité utilisaient plutôt des gaz lacrymogènes contre les Peuls. De même, au lieu de protéger plusieurs familles peules attaquées par une bande de jeunes membres de l'ethnie majoritaire soussoue dans le quartier de Dabony Rai, les agents de la FOSSEPEL appelés par les Peuls en quête de protection ont participé au pillage des maisons des Peuls, et ils ont frappé et arrêté au moins l'un des habitants peuls.

Human Rights Watch s'est entretenu avec plusieurs témoins peuls à Kakimbo, Dabony Rai, Cosa et Hafia qui ont décrit les membres des forces de sécurité se tenant à proximité tandis que des civils d'autres groupes ethniques les dépouillaient. Parfois, les civils et les membres des forces de sécurité les dépouillaient simultanément et leur volaient de l'argent et des objets. À Cosa, un habitant a expliqué comment deux Bérets rouges et trois agents de la FOSSEPEL se tenaient à proximité tandis que plusieurs habitants malinkés faisaient irruption dans son restaurant et dérobaient des batteries, des thermos, son poste de télévision et d'autres objets. À Hafia, des témoins ont raconté comment les forces de sécurité se tenaient à proximité pendant que des habitants malinkés et soussous faisaient irruption dans plusieurs résidences, un atelier de couture et un centre d'appel téléphonique, et comment ils se sont mis ensuite tous ensemble à dépouiller des habitants peuls locaux de leur argent, téléphones, machines à coudre, ventilateurs et autres objets.

De nombreux témoins ont fait état de partisans des deux côtés de la fracture politico-ethnique armés de couteaux, de machettes et autres armes, et se livrant à des agressions ainsi qu'à des actes criminels les uns contre les autres, dans de multiples cas. Mais les personnes détenues pour des actes criminels et blessées par les services de sécurité sont en grande majorité des Peuls. Cette tendance est corroborée par les registres tant hospitaliers que pénitentiaires consultés par Human Rights Watch et évoque de la part des forces de sécurité une réponse disproportionnée et à caractère ethnique à la violence. Très peu de membres des forces de sécurité sont des Peuls.

Quel que soit le contexte ethnique, les habitants de Conakry ont de fait payé un lourd tribut à la violence. Une femme soussoue mariée à un Malinké a raconté comment un groupe d'une quarantaine de Peuls armés de couteaux, de bâtons, de lances et de machettes a fait irruption dans leur maison, agressé sa fille adolescente et son fils de 10 ans, violé sa belle-sœur de 18 ans (qui a également été interrogée par Human Rights Watch), et dérobé de nombreux objets :

Lundi, juste après l'annonce des résultats, la foule est arrivée. L'un d'eux a mis un couteau sous la gorge de mon fils de dix ans - j'ai attrapé mon fils et je leur ai dit qu'il faudrait me tuer d'abord. Ils ont tout volé - les vêtements, les draps, les machines à coudre, les frigos, notre nourriture, et même les manuels scolaires de mes enfants ! Des voisins peuls nous ont donné des vêtements et de la nourriture ; ils ont été gentils. Deux des attaquants ont violé ma belle-sœur. Depuis lundi, nous n'avons pas dormi à la maison ; on y passe la journée mais pas la nuit. Nous sommes terrifiés.

Human Rights Watch

www.hrw.org

 

Pour consulter d’autres recherches de Human Rights Watch sur la Guinée, veuillez suivre le lien :
http://www.hrw.org/fr/africa/guinea

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 04:34

La porte parole de la Haute représentante de l'Union pour les Affaires etrangères et la politique de sécurité et vice présidente de la Commission Catherine Ashton a fait aujourd'hui la déclaration suivante:

"Le deuxième tour des élections présidentielles constitue une étape majeure dans le processus et le développement démocratiques de la Guinée. L'UE invite tous les dirigeants politiques à faire preuve de responsabilité en ce moment sensible. Catherine Ashton reste préoccupée par les rapports  'incidents graves qui ont eu lieu après l'annonce des résultats provisoires. Elle invite les forces de sécurité à montrer la retenue nécessaire lors du maintien de l'ordre. Toute escalade de la violence pourrait remettre en cause la consolidation d'un gouvernement civil et démocratique en Guinée. L'Ue n'acceptera la remise en cause ni du processus de transition ni de la transmission du pouvoir à des autorités civiles élues.

Catherine Ashton est favorable à la présentation des résultats provisoires du deuxième tour des élections présidentielles du 7 novembre 2010 par la  Commission électorale nationale indépendante de Guinée et le travail accompli par celle-ci. Elle félicite à nouveau les citoyens guinéens pour leur civisme durant ce processus historique et les encourage à résoudre d'éventuels conflits exclusivement par des moyens pacifiques et juridiques. C'est maintenant à la Cour suprême de donner les résultats finaux. L'Ue invite la Cour à veiller à ce que toutes les plaintes déposées sur des allégations de fraude soient traitées en toute transparence et selon la loi.

Catherine Ashton appelle les dirigeants guinéens à rechercher des solutions inclusives et à dépasser les limites partisanes car cela contribuerait ignificativement à consolider la stabilité et les progrès réalisés au cours du processus de transition, préparant le terrain pour un développement soutenu profitant à tous les Guinéens.

L'Ue a envoyé une mission d'observation électorale pendant tout le processus électoral et fournit une aide financière à la Commission électorale nationale indépendante et à la société civile."

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 15:32

logo hrwLes autorités guinéennes doivent garantir des procès équitables aux quelque 125 hommes et garçons arrêtés lors des violences qui ont fait suite à l'annonce des résultats de l'élection présidentielle, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Les autorités devraient également mener des enquêtes sur la mort en détention d'un homme guinéen-américain qui avait été détenu arbitrairement. Elles devraient, par ailleurs, soit inculper, soit libérer quatre autres personnes maintenues en détention arbitraire dans une prison militaire non autorisée, située au large des côtes de la capitale guinéenne Conakry.

Les élections ont été conçues pour mettre un terme à plus de 50 ans de régime autoritaire et abusif en Guinée. Cependant, des irrégularités lors des primaires de juin et lors du deuxième tour en novembre, ainsi que les violences politiques et ethniques et le recours excessif à la force par les forces de sécurité face à la situation, ont entaché la crédibilité des élections. Les exactions contre les détenus, les arrestations arbitraires de civils, et des accusations de fomentation de coup d'état par l'armée, illustrent les tensions persistantes au sein des forces de sécurité ainsi que la fragilité de la transition de la Guinée vers un régime civil.

« Les autorités de transition guinéennes, et ultérieurement le nouveau gouvernement, doivent garantir à tous les détenus un traitement conforme à la loi, et enquêter sur les informations inquiétantes à propos d'exactions perpétrées par les forces de sécurité et de détentions arbitraires », a déclaré Corinne Dufka, chercheuse senior sur l'Afrique de l'Ouest à Human Rights Watch. « La Guinée ne pourra surmonter son lourd passé entaché de violence et d'instabilité qu'en accordant la plus haute priorité au respect de la loi. »

Violences et détentions intercommunautaires

Le 15 novembre 2010, jour où la commission électorale a déclaré Alpha Condé vainqueur de l'élection présidentielle, des violences communautaires ont éclaté entre ses partisans à dominance Malinké et Susu et les partisans à dominance Peul de son rival, Cellou Dalein Diallo. Quelque 125 personnes, dont 26 garçons, faisaient partie des personnes arrêtées, inculpées et transférées à la prison centrale de Conakry.

Bien que de nombreux témoins aient décrit des sympathisants des deux partis participant à des actes d'agression généralisés, les registres de la prison consultés par Human Rights Watch indiquent que les hommes et les garçons détenus sont en grande majorité Peuls. Les chiffres évoquent une réponse à motivation ethnique et disproportionnée aux violences de la part des forces de sécurité, dont très peu sont Peuls. Human Rights Watch n'a pas pu déterminer avec certitude combien de personnes arrêtées ont été détenues sur la base d'allégations crédibles d'actes criminels, ou si elles ont été détenues arbitrairement sur la base de leur appartenance ethnique.

Des témoins à Conakry ont indiqué à Human Rights Watch que les forces de sécurité avaient sévèrement maltraité un grand nombre d'hommes et de garçons à la fois pendant et après leur arrestation, qui dans plusieurs cas est survenue à leurs domiciles. Human Rights Watch a exhorté les dirigeants du gouvernement à s'assurer que les membres des forces de sécurité soupçonnés de violences illégales contre les détenus fassent l'objet d'une enquête et de poursuites conformes aux normes internationales de procès équitable.

Décès de Michel Loua en garde à vue à la gendarmerie

Le corps de Michel Lazare Loua, 45 ans, un résident permanent des États-Unis, a été remis à la morgue d'un hôpital de Conakry le 15 novembre. Des témoins ont indiqué à Human Rights Watch que le corps semblait présenter une blessure par balle à la poitrine.

Trois témoins ayant une connaissance intime de l'affaire de Michel Loua ont déclaré à Human Rights Watch qu'il avait été arrêté le 26 octobre par des membres de l'Escadron mobile de la gendarmerie n° 4 dans le district administratif de Matoto de Conakry. Des témoins ont expliqué l'y avoir vu en détention à la fin octobre et en novembre, et ont déclaré que les gendarmes leur ont dit que Michel Loua était soupçonné d'implication dans la fomentation d'un coup d'État.

Human Rights Watch a pu voir une copie d'une lettre des autorités judiciaires guinéennes datée du 28 octobre et adressée au commandant de la gendarmerie de Matoto, lui rappelant la durée limite de 48 heures pour la détention provisoire. Les autorités judiciaires ont cependant déclaré à Human Rights Watch qu'avant la mort de Michel Loua elles avaient été prévenues par les gendarmes de renoncer à poursuivre l'affaire. Des témoins ont également affirmé que les gendarmes de la gendarmerie de Matoto ont ignoré les efforts réitérés de la part de juges ayant juridiction sur l'affaire, ainsi que des avocats de Michel Loua, pour faire transférer le dossier de Loua de l'escadron de gendarmerie à l'autorité judiciaire compétente.

Un rapport médical daté du 11 novembre, consulté par Human Rights Watch, faisait mention de signes graves de mauvais traitement, notamment des hématomes et gonflements de la tête, du dos et des poignets. Un témoin a dit qu'il avait appris la mort de Michel Loua le matin du 15 novembre lors d'un appel d'un responsable de la morgue qui lui a dit qu' « un corps a été déposé hier soir au milieu de la nuit avec votre numéro de téléphone sur une carte dans la poche de son pantalon ». Le 22 novembre, les autorités ont confirmé à Human Rights Watch la présence du corps de Michel Loua à la morgue de l'hôpital.

Détentions arbitraires au camp militaire de l'île de Kassa

Human Rights Watch est également préoccupé par la détention arbitraire de quatre hommes dans un centre de détention officieux au camp militaire de l'île de Kassa, à quelques kilomètres au large des côtes de Conakry. Pendant un an à partir de décembre 2008, sous le régime militaire du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), de nombreuses personnes ont été détenues et torturées sur l'île de Kassa. Lorsque le général Sékouba Konaté a pris le pouvoir en janvier 2010 pour diriger un gouvernement de transition jusqu'à ce que de nouvelles élections puissent avoir lieu, il a fermé le centre de détention de l'île de Kassa.

Trois témoins interrogés par Human Rights Watch ont confirmé la détention arbitraire dans le camp d'un civil, Sékou Souape Kourouma, 48 ans, depuis septembre, ainsi que la détention depuis le 11 novembre du colonel David Sylla, du colonel Sékou Fadiga et du capitaine Issa Camara, tous apparemment accusés d'avoir fomenté un coup d'État. Les témoins qui ont vu les hommes en détention ont affirmé que Sékou Souape Kourouma avait des coupures et des cicatrices visibles sur ses poignets, et qu'il leur a dit avoir été battu et soumis à un traitement humiliant lors de son arrestation par des membres des Bérets rouges.

Cette détention prolongée des hommes sans accusation, sans accès à un avocat, ou à un examen par un juge indépendant constitue une détention arbitraire, en violation des obligations de la Guinée envers le droit international. La détention arbitraire sur l'île de Kassa est une violation directe du droit guinéen. D'autre part, l'article 9 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ratifié par la Guinée en 1978, stipule que toute personne arrêtée doit être informée, au moment de son arrestation, des raisons de l'arrestation et informée sans délai de toute accusation formulée contre elle. Les autorités guinéennes devraient soit entamer un procès formel contre les hommes et veiller à ce qu'ils soient traduits devant un juge immédiatement, soit ordonner leur libération immédiate et inconditionnelle, a conclu Human Rights Watch. Dans tous les cas, les hommes devraient être indemnisés pour leur détention arbitraire.

 

Human Rights Watch

Site web : www.hrw.org

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 15:19

L’alliance des bâtisseurs CDD-Président organise une journée de manifestation devant l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) ce jeudi 25 novembre 2010 de 14h00 à 18h00 pour dénoncer les exactions perpétrées contre la population civile et exiger que les recours auprès de la cour suprême soient examinés cette fois ci pour que le résultat final ne soit entaché d’aucune contestation.

 

Vu l’importance de cet ultime évènement avant que la cour ne se prononce dont la décision est sans appel, la présence de toutes et de tous est vivement souhaitée.

 

Adresse :

 

28 rue de Bourgogne 75007 Paris

Accès : RER C, station Invalide ou Metro varenne, ligne13

Le coordinateur des commissions de l’alliance CDD-Président France

 

Barry Boubacar

0033617562297

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 04:35

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Les responsables politiques et militaires guinéens et la communauté internationale doivent prendre des mesures urgentes afin de mettre fin aux attaques dont sont actuellement victimes des civils sans défense et afin d’éviter que les tensions politiques actuelles ne dégénèrent en violences ethniques généralisées. Une telle éventualité serait terrible pour la Guinée et porterait aussi atteinte à la stabilité de ses voisins.

       



Depuis l’annonce des résultats de l’élection présidentielle du 15 novembre, qui a vu Alpha Condé l’emporter sur son rival Cellou Dalein Diallo, le pays s’est enfoncé dans une crise violente. Durant deux jours, de graves affrontements se sont déroulés à Conakry et dans d’autres villes du pays, particulièrement dans la plupart des grands centres urbains de la région du Fouta.

 

Les Forces de défense et de sécurité s’en sont systématiquement prises à des partisans du parti de Cellou Diallo, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), majoritairement soutenu par les Peuls. Précédemment, des militants de l’UFDG ont quant à eux attaqué et détruit des biens appartenant à des membres du groupe malinké et à des Peuls, favorables au parti d’Alpha Condé, le Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG).

 

La campagne électorale avait déjà été l’occasion de violences sporadiques, mais aujourd’hui celles-ci ont pris un tour beaucoup plus inquiétant. La dynamique de la violence a changé. Les militaires prennent une part active dans ces exactions, battant, molestant et tirant sur des civils sans défense et détruisant leurs propriétés. Un témoin installé dans la ville septentrionale de Labé a indiqué à Crisis Group que des soldats armés patrouillaient dans les quartiers de cette localité et menaçaient ouvertement les civils. D’autres témoignages indiquent que les Bérets rouges, connus pour leur propension à violer les Droits de l’Homme, ont ratissé les quartiers peuls de Conakry et s’en sont systématiquement pris aux hommes d’affaires de cette ethnie. Selon plusieurs sources fiables, au moins 12 personnes ont déjà été tuées à Conakry et des coups de feu ont été tirés dans plusieurs autres villes.

 

Si les forces de sécurité guinéennes n’imposent pas plus de discipline dans leurs rangs, le pays pourrait rapidement s’enfoncer dans le chaos. La possibilité que les brutalités actuelles puissent provoquer des tensions ethniques au sein même de l’armée n’est pas à exclure. Le président par intérim, le général Sékouba Konaté, et le premier ministre, Jean-Marie Doré, doivent reconnaître que les brutalités commises contre des Peuls sans défense, entament leur crédibilité et ouvrent la voie à un conflit ethnique. La poursuite des violences en Guinée peut en outre briser le processus de transition et remettre en cause les promesses d’investissements internationaux qui doivent aider à la stabilisation du pays.

 

La proposition d’Alpha Condé de constituer un gouvernement d’union nationale afin de réconcilier les Guinéens, si la Cour suprême reconnaît sa victoire, est certes de nature à diminuer les tensions.

 

Mais cela ne suffira pas à transformer une situation qui va en se détériorant et qui dépasse désormais le simple cadre d’une protestation contre les résultats d’une élection. Le général Konaté a décrété huit jours d’état d’urgence à compter du 17 novembre, le temps que la Cour suprême examine les résultats de l’élection. Cela n’est pas suffisant pour mettre fin à la violence, particulièrement s’il continue à laisser faire les forces de défenses et de sécurité. Konaté doit faire pression sur les militaires pour les empêcher de s’en prendre à la population civile. L’ensemble des leaders politiques et militaires sera tenu pour responsable si cet objectif n’est pas atteint.

 

De plus, les deux candidats à la présidentielle doivent appeler leurs partisans à laisser la Cour suprême travailler sereinement et les informer des conséquences à poursuivre les violences. Condé et Diallo doivent maintenant s’atteler à régler la tension ethnique et la polarisation politique qui ont miné le second tour. Les deux candidats et le gouvernement doivent lancer un appel commun au calme et au rétablissement de la paix durant la période d’état d’urgence afin que la Cour suprême puisse se concentrer sur les défis posés par cette élection.

 

Les mesures suivantes doivent être prises en urgence :

 

Le Président par intérim et le Premier ministre doivent imposer la discipline au sein de l’armée. Le général Konaté doit donner l’ordre immédiat d’arrêter les violences contre les civils. Les officiers doivent être tenus pour responsables s’ils n’arrivent pas à contrôler leurs troupes.

 

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit envoyer un message clair aux responsables militaires en leur indiquant qu’ils feront l’objet d’une enquête pour tous les crimes commis sur des civils durant leur commandement.

 

La Cour pénale internationale doit publier un communiqué rappelant aux autorités guinéennes leur obligation de protéger les civils et d’éviter les violations massives des droits humains dans leur pays.

 

Le bureau des Nation unies pour les droits de l’Homme à Conakry doit mettre en place un mécanisme d’évaluation et de suivi des violences et des atteintes aux Droits de l’Homme.

 

Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo doivent continuer à travailler afin de désamorcer les tensions ethniques observées durant le second tour de l’élection.

 

International Crisis Group

Dakar/Bruxelles | 18 nov. 2010

 

Photomontage : Amassadio

 

[Ndlr : L'image qui accompagne ce communiqué n'est pas International Crisis Group]

 

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 10:17

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L'Ambassade des Etats-Unis d’Amérique informe les institutions et organismes culturels intéressés, qu’elle lance un appel à projets dans le cadre du Fonds de l’Ambassadeur pour la Préservation Culturelle.

 



Objectifs du programme :


Le Congrès des Etats-Unis a créé le Fonds de l’Ambassadeur des Etats-Unis pour la Préservation Culturelle en 2001 afin de réaffirmer le respect qu'accordent les États-Unis aux autres cultures.

 

Domaines d’intervention (non exhaustifs) :

 

- Sites et monuments culturels :

 

● Préservation d’un site archéologique ou historique, un monument sacré ou une place sacrée

 

● Plan de management ou de gestion en vue de la préservation d’un site ou des sites dans une région

 

● Documentation sur un site dans une région à des fins de préservation

 

- Un objet ou une collection d’objets provenant d’un site, un musée ou une institution similaire

 

● Conservation d’un objet ou une collection d’objets

 

● Inventaire d’une collection d’objets en vue de leur conservation

 

● Création d’un espace approprié et des conditions pour l’entreposage et exposition d’une collection d’objets

 

● Formation spéciale en vue de protéger et préserver les collections

 

- Formes d’expressions culturelles traditionnelles :

 

● Enregistrement de musiques ou danses traditionnelles

 

● Création d’un dictionnaire de langues en danger

 

● Enregistrement de l’histoire orale et de la poésie traditionnelle

 

● Appui en formation pour la préservation des arts et artisanat en voie de disparition.

 

Sélection :

 

L’attribution se fonde sur l’importance du site, de l’objet ou de la forme traditionnelle d’expression, sur l’urgence du besoin de conservation et sur l’effet qu’aura l’apport des États-Unis sur la réalisation du projet. Les propositions répondant strictement aux critères d’éligibilité cités ci-dessous doivent être déposées à l’Ambassade des Etats-Unis au plus tard le 15 décembre 2010.

 

Conditions d’éligibilité

 

Le bénéficiaire doit être une organisation ou une institution réputée et reconnue pour son sérieux; les individus ne peuvent être subventionnés. Le formulaire de collecte d’informations rempli doit être soumis à la date limite indiquée ci-dessus. Envoyez un courriel à l’adresse suivante akhanisf@state.gov pour obtenir le formulaire de collecte d’information. Le formulaire dûment rempli doit être retourné à ConakryPD@state.gov.

 

Ambassade des Etats-Unis en Guinée

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