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  • Je suis allergique aux régimes militaires !

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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 12:32

La commission d’enquête dépêchée par l’ONU concernant les massacres et viols perpétrés en Guinée s’est rendue sur le terrain du 25 novembre au 4 décembre 2009. Elle a rendu son rapport M. Ban Ki-Moon, Secrétaire général de l’ONU le 17 décembre dernier. Préoccupé par l’instabilité de la Guinée, ce dernier a consulté le 23 décembre 2009 le Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation et a transmis le rapport de la commission d’enquête à la Cour pénale internationale qui s’est déclarée compétente pour poursuivre les auteurs des viols et massacres en Guinée du 28 septembre 2009.

En effet, dans un rapport remis le 19 décembre, la commission d’enquête en impute la responsabilité au chef de l'Etat guinéen : « La commission considère qu'il existe des raisons suffisantes de présumer une responsabilité pénale directe du président Moussa Dadis Camara ».

Les trois rapporteurs décrivent, au fil d'une soixantaine de pages aussi précises que détaillées, non pas une journée d'affrontements politiques qui aurait mal tourné, mais une série de tueries « systématiques », de viols et d'actes de torture « organisés » contre une partie de la population. Ils réclament la saisine de la Cour pénale internationale et nomment plusieurs personnes de l'entourage direct de M. Camara comme présumées responsables, avec lui, de ces "crimes contre l’Humanité ».

Les plus folles rumeurs courent sur le capitaine Moussa Dadis Camara, président auto proclamé, annonçant sa mort ou sa réapparition immédiate. La seule certitude est qu’il est toujours hospitalisé au Maroc après avoir reçu une balle de 9 mm dans la nuque. La gravité de ses blessures l’éloignera probablement longtemps de l’arène politique guinéenne.

Je pense que la page de Dadis Camara est tournée. Selon mes informations, Il est très malade, je ne dis pas qu'il est mort, mais il est dans un état végétatif. Dès son rétablissement, il devra répondre devant la Cour pénale internationale des crimes commis ce 28 septembre et par la suite par certains membres de l’armée, et répondre de sa non-intervention devant les évènements graves qui se déroulaient à Conakry. Il parait peu probable qu’il puisse dans les mois à venir, jouer un rôle important en politique.

Le rapport d’enquête a été transmis la semaine dernière par le secrétaire Général des Nations Unis au procureur Général de la Cour Pénale Internationale, sans passer par le conseil de sécurité pour éviter l’éventuel exercice par la Chine de son droit de véto.

Il faut rappeler que le 10 octobre, un contrat estimé à 7 milliards $ était signé avec la Chine et un consortium entre le groupe guinéen ADC (25% du capital) et le groupe chinois CIF (China international Fund) dans les mines, notamment la bauxite et la prospection pétrolière, était constitué.

Le régime a-t-il ainsi reçu un appui de la Chine trouvant de cette manière une fenêtre de tir ou ce contrat n’est-il qu’une coïncidence de calendrier ?

Ce processus Judiciaire place le Capitaine Dadis, hors du jeu politique Guinéen quel que soit son état de santé réel. Dans tous les cas selon Pascal BEAUNIFACE directeur des relations Internationale (IRIS) Monsieur DADIS est déjà mis inculpé.

Mis au ban des nations, y compris par les pays voisins et les organisations régionales africaines, il s'est aussi isolé sur la scène guinéenne.

Rejeté par un large front politique et syndical, réprimé le 28 septembre, « Dadis » s'est replié sur un noyau dur de fidèles souvent issus, comme lui, de sa communauté de Guinée forestière, (environ 7 % des quelque 10 millions de Guinéens). Ses frasques ont aussi lassé une population éreintée par la misère et qui attendait des miracles.

Mais l'homme, poussé par selon l’autre, « une inspiration divine », s'est entêté à se voir en sauveur de la nation après avoir juré n'avoir ramassé le pouvoir, dans les heures suivant la mort de Lansana Conté, que pour le rendre le plus rapidement possible aux civils.

Le général Konaté, membre éminent du CNDD, s’est retrouvé propulsé à la tête du pays avec comme feuille de route obligatoire, la mise en place d’un gouvernement de transition chargé de préparer les élections et de réorienter l’armée vers ses missions traditionnelles.

Ces élections devant permettre à la Guinée de sortir d’un régime d’exception et de retrouver la démocratie. Le Général Konaté a donc invité l’opposition à proposer un premier ministre de la transition et ainsi ouvert la voie d’un retour possible un pouvoir civil dans notre pays.

La situation en Guinée demeure cependant très incertaine. Le futur de la Guinée dépend d’une issue civile ou militaire à la crise et du rôle que peuvent jouer les instances internationales et régionales pour parvenir à une solution négociée. L’armée qui détient le pouvoir est divisée, certains craignant à juste titre de devoir rendre des comptes à la justice alors que d’autres veulent nettoyer les écuries d’Augias.

Les enjeux de stabilité de la Guinée sont également fortement stratégiques pour les pays voisins, dans une région encore très vulnérable. Le risque de contagion régionale d’une guerre civile serait en effet grand avec le rôle des réfugiés et les relations transfrontalières existantes (Guinée Bissau, Côte d’Ivoire, Liberia, Mali, Sénégal, Sierra Leone).

En attendant que l’opposition nationale propose un premier ministre à la junte, le général Sékouba Konaté, lui, décline inlassablement le même message : respect de la hiérarchie, unité de la nation et discipline.

Le discours est basique mais sincère. « Il faut rompre avec ce système dans lequel une poignée de militaires incompétents contrôle tout - l'armée, l'économie, l'administration », s'insurge un haut fonctionnaire du ministre des finances.

Comme disait un journaliste du Monde « à la fin de chaque jour de silence présidentiel, on se dit à Conakry que le capitaine Dadis pourrait bien ne jamais revenir, mais que l'annonce ne sera faite que lorsque la situation sera stabilisée ».

Par ailleurs, le travail entrepris par Guinée-codéveloppement avec les victimes ou leurs familles se poursuit. Nous continuons à enregistrer les plaintes, nous attendons également sur place dans la Commune de RATOMA, les dépositions des personnes ayant subie des pressions physiques ou psychiques dans le but de les faire renoncer à leurs plaintes.

Nous mettons deux numéros de téléphone à leur disposition. Vous pouvez vous les procurer sur le site maguinee.com

Les éléments qu’ils nous communiqueront seront transmis directement à la commission d’enquête diligentée dans les jours à venir par la Cour pénale internationale afin qu’ils soient intégrés dans le dossier d’enquête.

Ismaël Bah

Président de guineecodev/FAGAF

181 Avenue Daumesnil 75012 Paris.

 

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 22:50

Le Capitaine Moussa Dadis Camara était devenu un malade indésirable et encombrant pour le Maroc qui avait affirmé dès aux débuts que le Royaume Chérifien avait accueilli l’ex-chef de la junte militaire seulement à titre humanitaire. Devant les pressions internationales notamment de la France et des Etats-Unis, le Maroc a jugé nécessaire de se débarrasser du bourreau guinéen hanté par le TPI. Ne voulant pas sacrifier ses relations diplomatiques privilégiées avec l’Occident qui demandait la tête de Dadis, le Maroc a joué à la carte du renvoi de l’ascenseur.


Le Capitaine Moussa Dadis Camara qui était évacué avec l’aide de Compaoré et l’avion du Burkina Faso sous un passeport Burkinabé retourne donc dans le pays de sa protection.


Rappelons que le Capitaine Dadis Camara avait donné au Président Burkinabé plus de 50 kilos d’or. Donc c’est tout à fait logique que le Burkina soit son pays de refugié ou d’exile pour tenter d’échapper à la justice Internationale, Blaise Compaoré étant lui-même un criminel ayant commandité le massacre du Capitaine Thomas Sankara, le célèbre journaliste Norbert Zongo et tant d’autres personnes.

Qui se ressemble s’assemble, nous dit-on !


Ce retour en catimini du boucher de « Koulé » s’inscrit aussi dans le cadre des plans démoniaques du Président Blaise Compaoré de déstabiliser la Guinée. Avec Dadis dans son pays, il acquière un poids sur les manœuvres politiques qui lui permettra de mettre mains sur les ressources du pays.


La menace de faire retourner le psychopathe capitaine Dadis en Guinée, ne laisse aucun guinéen indifférent car le capitaine Moussa Dadis Camara est un cauchemar pour le pays car DADIS = Dictateur, Animal, Démagogue, imposteur, sadique.


Avec Dadis au Burkina Faso, Blaise Compaoré a entre ses mains un marteau qui fait que chaque militaire guinéen surveille ses épaules notamment le Général Sékouba Konaté dont l’autorité est sévèrement contestée malgré le soutien inconditionnel de l’Occident.


Cette contestation s’accentuera encore plus car les pro-Dadis et les extrémistes du CNDD voient le rapprochement du Capitaine Dadis de Conakry comme un soulagement et un encouragement à garder le statu quo en attendant la réalisation du rêve au retour triomphale du Boucher de « Koulé ».

Escale technique ou un exile pour échapper la justice internationale, la situation est floue mais elle se décantera très vite.


Incapable de marcher seul, le capitaine Moussa Dadis Camara était épaulé par des personnes a sa descente d’avion, une démarché propagandiste et théâtrale pour masquer les infirmités et les invalidités du chef de la Junte.

À beau cacher le poisson ou la banane, il (ou elle) finira par sentir. Les extrémistes pro-Dadis s’offre avec ce retour en catimini, une occasion de célébration à en briser les tympans des Guinéens.


Mamady Sanoh à Conakry
pour  www.guinea-forum.org partenaire de www.ondes-guinee.info

 

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 19:02

dadis-copie-2.jpgLe six janvier 2010, le chef d’Etat par intérim, le Général Sékouba Konaté a fait une adresse à la nation dans un discours lu sur les ondes de la RTG (Radio Télévision Guinéenne), ceci, après une réunion du CNDD (Conseil National pour la Démocratie et le Développement) au cours den laquelle il aurait été officiellement adoubé, pour assurer par intérim la charge, de manière officielle, en attendant le rétablissement définitif du Capitaine Moussa Dadis Camara.

 

Sékouba Konaté a donc été chargé par l’organe politique de direction des affaires de l’Etat, depuis le 23 décembre 2009 et la prise du pouvoir par les militaires.

 

C’était une manière d’annoncer officiellement la vacance du pouvoir depuis la tentative d’attentat contre MDC, le 3 décembre 2009.

 

Il a fait un discours volontariste et de bon sens avec une proposition de sortie de crise de la nation du bourbier dans lequel elle se trouve.

 

Ce discours peut être interprété comme une main tendue par le nouveau chef de la junte en direction de l’opposition, constituée par les forces vives, pour sortir la Guinée de l’impasse politique dans laquelle elle est plongée depuis les massacres du stade du 28 septembre 2009.

 

Après l’effet d’annonce de la proposition d’un premier Ministre, par les forces vives, elles mêmes, en leur sein pour la période de transition et, après analyse, nous pouvons faire les remarques suivantes :

 

  • Le chef de l’Etat reste en place durant la période transitoire
  • Il nomme un premier Ministre sur proposition de l’opposition.
  • Le Premier Ministre met en place un gouvernement d’union nationale de transition (GUNT).
  • Ce gouvernement va être chargé ensuite d’organiser les prochaines élections libres, et transparentes.  

Ce scénario ressemble, à s’y méprendre, à la proposition faite par monsieur Blaise Compaoré, médiateur de la CEDEAO, durant les négociations de Ouagadougou. Rappelons que cette proposition avait été rejetée par l’ensemble des Forces Vives quand elle leur a été soumise.

La seule nouveauté réside dans le choix du PM, non pas par le chef de l’Etat, mais par les forces vives.

 

La Guinée aura ainsi son quatrième PM en en trois ans depuis le passage éphémère de Mr Eugène Camara, lors de la grève générale illimitée de janvier-février 2007.

Nous notons quelques zones d’ombre dans cette allocution, notamment en ce qui concerne :

 

  • Les moyens et les prérogatives du PM
  • Les membres du cndd et du gouvernement de transition pourront-ils être éligibles ?
  • Sera-t-il un chef de gouvernement ?
  • Quelle durée pour cette période ?
  • Quelle est sa feuille de route ?
  • Aura-t-il le temps de mettre en place les institutions de la transition ?  

Pour notre part, nous pensons que l’opposition doit saisir cette main tendue et désigner un PM comme le lui demande Le Général Sékouba Konaté.

 

En prenant soin de trouver des réponses adéquates, auprès de la junte, aux questions que l’on se pose et qui méritent toute notre attention.

 

Nous devons être vigilants pour ne pas qu’une fois de plus, l’espoir soulevé par ce discours retombe comme un soufflet et qu’il soit sans lendemain. Ne dit-on pas que « chat échaudé craint l’eau froide » ?

 

L’opposition doit garder la cohésion dont elle a fait preuve durant ces longs mois de résistance à l’instauration d’une nouvelle dictature en Guinée.

 

Pour nous, seuls les membres des forces vives doivent avoir à désigner ce PM pour éviter toute confusion des genres. Cette confusion, malheureusement et comme toujours, ne tardera pas à se révéler au grand jour.

 

D’un point de vue éthique et pour faire école, ce PM qu’il soit un homme ou une femme doit être issu, soit du monde politique, soit de la société civile .Sa moralité devra être  irréprochable. Ni le PM ni aucun membre de ce gouvernement de transition ne devrait pouvoir sen présenter aux prochaines échéances électorales.

 

Durant la période transitoire, toutes les institutions de la république doivent être mises ou remises en place, si le temps le permet. Il devra en être ainsi de la constitution qui devra nous préoccuper au plus haut point. Ne dit-on pas que « les hommes passent, les institutions demeurent » ?

 

Nous pourrons sortir, par ce cheminement, de la crise par le haut en balisant la voie à des élections libres transparentes, incontestables et acceptables par toutes les parties.

 

Comme l’a si bien fait remarquer le Président des Etats-Unis, lors de sa visite officielle au Ghana en 2009, « l’Afrique n’a pas besoin d’homme fort mais plutôt d’institutions fortes ».

   

Aboubacar Fofana

Président du Club DLG

Email : aboufof2@yahoo.fr

Blog : www.prospectives.over-blog.net partenaire www.amdys.overblog.com

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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 16:00

 
À chaque fois qu’un militaire guinéen tombe, c’est une partie de la Guinée qui se libère. Après le massacre du 28 septembre 2009, Dadis tombe sous les balles de son aide de camp, Aboubacar Sidiki Diakité dit « Toumba » le 3 décembre. Et voilà deux chefs d’Etats africains qui se bouscoulent pour affréter deux avions médicalisés à Conakry pour l'évacuation sanitaire du Chef de la junte et un roi qui se propose de le soigner laissant en rade une centaine de femmes violées et des milliers de blessés.  

La Guinée étant la prédilection de toutes les espèces de pays et d’organisations à caractères mafieux, Roda Fawaz, le consul « dé-honoraire » de la junte guinéenne à Rabat pourrait nous donner une idée des conditions de l’hospitalisation de Dadis et de la facture salée que le royaume chérifien  --paradis des dictateurs africains--  va présenter aux guinéens dont les droits sont systématiquement violés par la junte militaire et son Chef. Il faut redouter la « gentillesse » de certains voisins ou « amis » de la Guinée qui prétendent nous « rendre service ».  

Comme pour remercier le Capitaine Moussa Dadis Camara et ses complices, pour avoir prémédité et organisé la tuerie, les viols collectifs du 28 septembre 2009 et les jours qui ont suivis, il faut que les guinéens règlent la facture de son hospitalisation chez le roi du Maroc. Car, si l’acte du souverain marocain était réellement « humanitaire », la centaine de femmes violées et les milliers de blessés auraient sans doute bénéficiés de la largesse de Sa Majesté au même titre que Dadis. Mais ce n'est pas le cas

Né du “viol“ de la moribonde constitution guinéenne, le Conseil national pour la démocratie et le développement (Cndd) a donné naissance à un gouvernement dirigé par le Capitaine Moussa Dadis Camara. Certains qualifient méchamment ce type de gouvernement de régime “bâtard“ alors que d’autres le traite gentiment de régime militaire “illégitime“. Peu importe l’appellation, Dadis et ses complices n’auraient jamais pris le pouvoir sans l’aide de la kalachnikov. Ce qui est inacceptable.  

Le Capitaine Dadis Camara qui n’hésite pas à faire allusion à sa propre mère comme "ma vieille…" (en escamotant le mot "sorcière"), n'aura certainement jamais de respect pour d'autres femmes. La garde présidentielle du président guinéen autoproclamé a bel et bien prouvé le 28 septembre 2009 que son Cndd n’est pas seulement une bande de “violeurs“ de constitution moribonde, mais aussi de tueurs et de violeurs de femmes.  C’est aussi une organisation criminelle qui a délibérément freiné la lutte contre la dictature de Lansana Conté en nous imposant une nouvelle dictature plus féroce que les deux premières.  

Le complice de Dadis Camara, co-violeur et troisième larron, Sékouba Konaté, revient de Rabat avec une bonne nouvelle : « On ne peut rien tirer de Dadis ». Autant ajouter qu'il est mort même si cela rendrait triste ceux qui entretiennent des illusions sur son « immortalité » et ceux-là qui souhaiteraient que Dadis soit toujours en vie et qu’il puisse répondre devant le Tribunal pénal international (avec ses complices) des crimes commandités le 28 septembre 2009.     

On aurait souhaité que Dadis et ses complices soient ligotés pour leur demander des comptes au lieu de loger ces malheureuses balles dans le maudit crâne du chef de la junte. Dadis est mort et c’est vrai. Il faut officialiser cette mort en l’annonçant. Il n'y a pas eu de guerre civile à l'annonce de la mort de Sékou Touré ni celle de Lansana Conté. Il n'y en aura pas à l'annonce de celle de Dadis. Ce qu'il faut redouté c'est la guerre contre le civils. Ceux qui détiennent des armes de guerre sont au pouvoir. Pour se maintenir au pouvoir, il faut une guerre contre les civils. Il nous faut une Force de protection des civils en Guinée en attendant que les militaires se "dé-saoulent" du pouvoir.

Bien sûr, l’important n’est pas que Dadis soit mort ou toujours en vie. Le plus important pour la Guinée est que la junte quitte immédiatement le pouvoir en aidant les civils à organiser la transition sans y participer. C’est dans ce sens qu’il faut encourager El Tigre à ne pas devenir un tigre en papier et Pivi Coplan de ne pas s’inspirer de « Toumba » et envoyer Sékouba Konaté se promener (avec une balle dans la tête) au Zoo militaire royal de Rabat où repose à jamais Dadis. Et ça, il faut le redouter...   

Amdy Salam Diaw
Contact direct : amdysalamdiaw@yahoo.fr
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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 15:20

 
L’ethno stratégie, longtemps utilisée par les régimes précédents (ceux de Sekou Touré et Lanasana Conté, ndlr) pour se maintenir au pouvoir, est vraisemblablement la même stratégie que les cousins (Alexandre Cécé Loua, ministre des Affaires étrangères, Frederick Kolié, ministre de l’Administration du territoire, chargé des affaires politiques, Papa Koly Kourouma, ministre de l’Environnement et du développement durable et colonel Siba Louhalamou, ministre de la Justice, ndlr) du capitaine Moussa Dadis Camara semblent utiliser pour maintenir le numéro un du CNDD au pouvoir. C’est du moins le constat qui ressort de plusieurs témoignages concordants parvenus à la rédaction de Guinéenews©.

 

Selon ces témoignages, la milice ethnique dénoncée par les enquêteurs des Nations Unies dans leur rapport sur le massacre du 28 septembre, a été recrutée dans les villages de ce quarto. En formation à Kaléya depuis plusieurs mois sous la houlette du ministre de la Justice le colonel Siba Louhalamou, lui-même instructeur militaire au sein des forces armées, ces miliciens à la solde du CNDD font partie de ceux qui ont perpétré des actes de violence sans précédent sur de paisibles populations au stade du 28 septembre en utilisant les armes blanches.

 

Par ailleurs, le ministre de la Défense nationale le général Sekouba Konaté, avait instruit lors de sa tournée dans les garnisons militaires de Conakry de fermer purement et simplement le camp d’entraînement de ces milices à Kaléya, dans la préfecture de Forécariyah.

 

L’argument de celui qui assure l’intérim de la présidence de la République actuellement est qu’il faut réintégrer tous ces individus dans l’armée en lieu et place d’un bataillon spécial d’intervention. Mais à date, les riverains rapportent à Guinéenews© que ce camp n’est toujours pas fermé et ces milices restent stationnées à Kaléya et seraient prêtes à mater encore tout mouvement cherchant à déstabiliser le pouvoir du capitaine Moussa Dadis Camara.

 

Dès lors, la question que bon nombre de Guinéens se posent, est de savoir pourquoi ce camp d’entrainement ethnique, malgré l’insistance de Konaté n’est toujours pas fermé ?

 

« Le groupe de fascistes composé du quarto Cécé Loua, Frederick Kolié, Papa Koly Kourouma et Siba Loualamou, aidé par Pivi est celui qui refuse que ce camp soit fermé », affirme un haut officier de l’armée ayant requis l’anonymat.

 

« Aujourd’hui, ce quarto et le ministre de la Sécurité présidentielle le capitaine Claude Pivi alias Coplan, à qui relève le régiment commando composé du bataillon spécial de la sécurité présidentielle (BASP) et le bataillon des troupes aéroportées (BATA), sont à neutraliser par le biais des négociations », estime un ancien général à la retraite. Sinon, continue-t-il, ils vont commettre d’autres actes plus criminels sur de paisibles populations dans un futur proche.

 

De son coté, un analyste de la scène politique guinéenne pense que le forum des forces vives, composé des principaux partis politiques, des centrales syndicales, de la société civile et des corporations patronales, doit appuyer la communauté internationale dans ses efforts pour le départ de la junte militaire au pouvoir. « La désobéissance civile par exemple, pourrait être une arme efficace pour y parvenir… », a-t-il conclu.

 

Zoom de Guinéenews©

 

Source : http://www.guineenews.org

 

 


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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 13:18

 
Un attentat contre le manitou du CNDD ! Il ne manquait plus que ça pour précipiter la Guinée, à nouveau, sous l’orage de l’horreur, l’immergeant dans le cauchemar de l’arbitraire, où, n’importe quel citoyen peut être enlevé, séquestré, torturé, humilié ou même abattu, sous des prétextes les plus ‘abracadabrantes’.

Aujourd’hui, il n’est point besoin de se poser la question, de savoir si la Guinée de mes ancêtres se meurt. C’est une réalité. Car, toutes les valeurs, qui autrefois, étaient source de fierté et le fondement de l’unité tacite, entre les filles et les fils de ce pays, s’effondrent. C’est à se demander même, si du tréfonds de leurs sépulcres, Zegbela Tobga, Samory Touré, Alpha Yaya Diallo, Alpha Ibrahima Sambegou, Dinah Salifou et tant d’autres illustres figures de l’histoire de notre pays, ne connaîtraient pas les pires affres de l’incertitude, quand à l’avenir de la terre qu’ils ont léguée aux Guinéens. Et pour cause, il s’y passe des choses qui dépassent l’entendement. Comme si le sort s’acharnait encore contre ce pays malheureux, mais riche et béni. Le cours de l'histoire semble y prendre prétexte d’un incident malheureux pour amorcer un virage dangereux.

 

En effet, depuis le 3 Décembre 2009, jour de l’attentat contre le capitaine Moussa Dadis Camara, numéro 1 du CNDD, la Guinée paraît vivre le présent dans un passé, où, la justice a été asphyxiée, le droit bafoué,  l’opposition bâillonnée, le peuple terrorisé et son destin hypothéqué.

 

Le petit comité militaire réuni au sein du CNDD, avait, à son avènement au pouvoir, crée l’impression d’une rupture d’avec les méthodes politiques désuètes. Mais hélas, l’illusion n’a été que de bien courte durée. Car, le peuple se rendra en effet, et très vite, à l’évidence, que les nouveaux maîtres du territoire, loin d’être des réformateurs, sont des lascifs du règne de l’oligarchie, sortis des entrailles de la dictature. Et, Rompus qu’ils sont, au mode rétrograde de gestion de l’Etat Guinéen, on ne pouvait attendre d’eux, aucun sursaut de conscience. Leur plus grand problème est ce manque de discipline et de formation adéquate.

 

Et, à cette défaillance disciplinaire, tributaire d’une formation sommaire galvaudée, la Guinée paye un lourd tribut. Les soldaillons au pouvoir, ignorent que l’un des principaux rôles institutionnels d’une armée moderne, est la défense de la démocratie et non la prise du pouvoir par les armes. Pour eux, bien entendu, l’affaire est simple.

 

Le pouvoir doit être au bout du fusil et le fusil au goût du pouvoir. Ils se fichent éperdument que des milliers de personnes soient mécontents ou meurent par leur faute. Ils demeurent résolus à fonder leur « royaume », même avec des sujets morts. Et ces abuseurs, indisciplinés et impénitents, ne savent pas que manier des armes létales. Ils sont aussi, passés maîtres dans l’art de manipuler des slogans révolutionnaires dépassés et mal acquis, dans un excès de zèle nationaliste.

 

Auparavant, je demeurais peu enclin à accepter qu’« un militaire sans formation politique et idéologique est un criminel en puissance ». Mais à présent, je suis bien fondé à rejoindre ce point de vue du  regretté - Thomas Sankara, car, les excès et abus de la soldatesque Guinéenne, lui donnent sciemment raison.   Aujourd’hui encore plus que jamais d’ailleurs, les soldaillons du CNDD sont résolus à, violer les droits humains, ignorer les règles procédurières en matière d’interpellation et fouler au pied la dignité humaine. Le tout, au nom d’une justice expéditive qui ne dit pas son nom.

 

L’humiliante molestation de L’adjudant-chef Mohamed 2 Camara alias Beugre et l’atteinte à la pudeur et à l’honneur d’une femme sans défense (tous deux retrouvés mort peu après) est une parfaite illustration de la barbarie de cette junte.

 

Pour que la spirale de la terreur prenne fin dans notre pays, il faut que le CNDD arrête instamment les arrestations arbitraires,  tortures et exécutions sommaires ; et accepte de céder le pouvoir et de rentrer dans les casernes, pour des besoins d’un recyclage.

 

Amadou Modibo Traoré, RU

bimodib@yahoo.fr

 

 

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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 09:06


Crise guinéenne et autres turpitudes de la "Françafrique"

Moins de deux semaines avant de commettre son horrible massacre du 28 septembre, la junte militaire guinéenne avait dépêché à Paris une délégation de haut niveau discrètement reçue par des officiels français, rapporte le quotidien américain The New York Times.

 

Cela ne surprend pas. C’est connu des Africains que pour la France, le camp des brutaux despotes est plus payant, parfois cash, et permet de mieux assouvir ses convoitises de l’uranium nigérien, du pétrole gabonais, des ports en eau profonde du Cameroun et du Togo, du bauxite guinéen, du diamant centrafricain ou encore, pourquoi pas, des belles cuisses sénégalaises.

 

Des sources bien informées américaines indiquent que malgré les tapages de Bernard Kouchener, Paris n’a pas totalement lâché la brute guinéenne, Dadis Camara. La preuve : Patrick Balkany, qui est un proche de Sarkozy, a affirmé que “la candidature du chef de la junte n’est pas un problème”. Les Africains francophones, très remontés contre l’Elysée et les lieutenants de sa diplomatie parallèle sur le continent, se demandent si derrière la médiation confiée au Burkinabè Blaise Compaoré ne se cache pas une manipulation française pour permettre à celui qu’il convient d’appeler “le vétérinaire du 28 Septembre” de se maintenir au pouvoir.

 

C’est déjà arrivé au Togo où Faure Gnassingbé, en 2005, est resté aux affaires avec une complicité active de Paris et ce, malgré le meurtre de plus de 500 partisans de l’opposition (confère le rapport de l’ONU). Il y a de quoi être sceptique au sujet du cas guinéen.

 

La proposition de sortie de crise du médiateur Blaise Compaoré n’est rien moins qu’un ridicule schéma, une insulte inacceptable à l’endroit des guinéens et de tout le Continent. Un gouvernement de transition présidé par Dadis Moussa Camara qui nommera un Premier Ministre au sein de la Société civile.

 

Compaoré offre, en plus, au chef de la junte la possibilité de se présenter à la prochaine présidentielle. Si on doit s’en tenir à un tel “chiffon”, les morts du 28 Septembre passent au compte des pertes et profits. Quelle infamie !

 

Blaise Compaoré n’a pas encore compris que l’exigence première de la communauté internationale, c’est d’abord et avant tout le départ du “vétérinaire” Camara. Doit-on se mettre à réciter des exemples pour faire comprendre au médiateur ( ?) que le type de solution qu’il propose aux Guinéens a lamentablement échoué partout en Afrique et que les solutions de complaisance et de facilité, comme la sienne, n’ont que trop nui à notre continent ?

 

Parias sur tapis rouge à Paris

 

Les Africains francophones doivent intégrer dans leur logique que l’opposition aux autocraties, c’est aussi forcément une opposition à la France. Des faits récents semblent le rappeler. Au Gabon, le ministre de la Coopération, Alain Joyandet, ne s’était pas contenté d’occuper les premières loges à l’investiture d’Ali Bongo. Il lui a apporté un soutien ferme de la France : “il faut donner du temps à Ali” a-t-il déclaré aux journalistes. Un éloquent satisfecit à l’avocat Robert Bourgi pour la tâche accomplie, au nom de la France, dans l’élection de Ben Ali Bongo qui a d’ailleurs été félicité par son mentor, à Paris où il s’est rendu pour sa toute première visite officielle à l’étranger.

 

Le mois dernier, Mohamed Ould Abdel Aziz, le général qui a légitimé son Coup d’Etat avec une mascarade électorale en Mauritanie était en visite à Paris. Tapis rouge et honneurs de la garde républicaine pour un putschiste tout sourire aux côtes du président français sur le perron de l’Elysée.

 

Au Niger, le président Mamadou Tandja, après avoir méthodiquement bafoué les libertés civiles, mis aux arrêts des figures de l’opposition, a réussi à prolonger de trois ans son mandat présidentiel. L’impopulaire “despote du Sahel” est au ban de la communauté internationale mais s’affiche, sur une photo avec Nicolas Sarkozy, sur le site officiel du Quai d’Orsay. Un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a même laissé entendre, il y a deux semaines, qu’un contact de haut niveau est maintenu avec les autorités nigériennes.

 

Même amitié surréaliste à l’endroit de Paul Biya qui s’est constitutionnellement offert une présidence à vie après 28 ans de règne. Biya pompeusement reçu à l’Elysée en juillet dernier. “Le Cameroun est un pôle de modération”, dit-on comme pour justifier un accueil vu d’un mauvais œil aussi bien à Douala qu’à Yaoundé.

 

Obstruction à la liberté

 

“Les Africains n’aiment pas la France à cause de ses pratiques colonialistes qui leur font obstruction de choisir librement des dirigeants valables et capables”. C’est le constat que font beaucoup d’analystes parmi lesquels le camerounais Achille Mbembé, professeur de Sciences politique à l’université Sud-africaine de Witwatersrand. “Et partout, les processus démocratiques sont bloqués”, s’est indigné l’universitaire qui dénonce l’attitude obstructionniste de la France.

 

En 2010, trois pays francophones (Togo, Côte d’Ivoire, Centrafrique) vont organiser des élections présidentielles. A quelle sauce Sarkozy et ses réseaux vont-ils manger les électeurs de ces pays, s’interroge t-on sur le continent et dans les diasporas. Pas d’illusion à se faire, la rupture promise par Sarkozy dans les relations France-Afrique, c’est du bidon. On espère que les forces vives guinéennes resteront fermes et inamovibles sur leur position face au vaste complot que pilote, pour ses maîtres, le putschiste burkinabé Blaise Compaoré.

 

Source : Afrik.com

 

 

 

 

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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 23:01

 
Blaise Compaoré, médiateur et parrain de la junte ainsi que les différentes parties guinéennes concernées doivent comprendre que ce n'est pas à Ouaga qu'on rédige la constitution de la Guinée pour parler de “limites d'âge“ et “d'audits“ comme moyens d'exclure certains.

A Ouaga, on ne doit plutôt parler que de l'application des recommandations d’Abuja qui sont les aspirations du peuple de Guinée. Les Forces vives, contrairement à ce qu'affirme M. Sidya Toure, n'ont pas à soumettre des doléances au médiateur, mais simplement lui demander d'appliquer les décisions de ses mandants.

 

Il faut être plus que vigilent. La junte a décidé de jouer le jeu de Gbagbo, c'est à dire de déplacer la discussion du terrain des crimes vers celui de :

 

• qui est éligible,

• quand les élections,

• qui va organiser et

• faut-il faire une nouvelle constitution ou pas ?

 

Une liste de faux problèmes destinée à noyer le poisson. Gbagbo a pu se maintenir comme cela au pouvoir avec du cafouillage pendant bientôt 10 ans. Sans sa Kalachnikov, le soutien de Me Ablaye Wade et celui dictateur libyen Mouammar Kadhafi, le capitaine Dadis ne resterai pas plus de quelques heures au pouvoir. Compaoré a accédé au pouvoir par la même Kalachnikov et apportera toujours son soutien à la junte guinéenne.

 

Il faut tirer la conclusion qui s'impose. En prévision des réactions, la junte a décidé d'interdire les manifestations. Il reste la solution de la grève générale illimitée. Sinon on est parti pour le cafouillage pour de bon.

 

Isiriou Barry

pour www.ondes-guinee.info

 

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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 22:03
Le couperet vient de tomber à Ouagadougou ce vendredi 20 novembre 2009, plus tranchant que jamais, comme pour exterminer les représentants des Forces vives de Guinée, pourtant les seuls corps organisés, les seuls détenteurs de la légalité et de la légitimité, face à une junte criminelle et aux abois.

C’est en ce jour que le prétendu « médiateur » Blaise Compaoré  a livré  sa « synthèse » à la fois très attendue et redoutée : un projet d’accord politique global sur la crise en Guinée. De quoi s’agit-il ?

 

1. Les origines et les fondements de la médiation

 

Chacun se souvient de la répression sanglante, des massacres  à grande échelle et des viols collectifs commis le 28 septembre à ciel ouvert durant de longues heures dans l’enceinte du Stade à Conakry. Ces crimes ont été commis au vu et au su de tous, par les proches du capitaine Moussa Dadis Camara, Chef suprême des armées,  en particulier les Bérets rouges et les troupes du BATA. Ces actes de la plus haute barbarie ont soulevé une indignation sans précédent parmi les populations guinéennes et à l’extérieur. Les condamnations les plus vives ont été prononcées tant par les dirigeants occidentaux qu’africains, que par tous les citoyens épris de paix, de justice et de démocratie dans le monde.

 

A la suite des massacres, le Groupe international de contact sur la Guinée (GIC-G)  s’est réuni le 12 octobre 2009 à Abuja au siège de la CEDEAO. Après avoir entendu l’exposé des Forces vives, il a adopté la feuille de route pour la sortie de crise qui consiste notamment : «  (à) la mise en place de nouvelles autorités de la Transition, sur la base du retrait du CNDD » afin de « favoriser une Transition apaisée de courte durée au cours de laquelle seront organisées des élections crédibles et transparentes ».

 

Le 15 octobre à Addis Abeba, le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine a réitéré sa décision du 17 septembre 2009 d’imposer des sanctions à l’encontre du CNDD et de son Président si « d’ici le 17 octobre 2009, Moussa Dadis Camara ne confirme pas par écrit qu’il se sera pas candidat à la prochaine présidentielle en Guinée ».

 

Le 17 octobre 2009, la CEDEAO s’est réunie à son tour en Sommet extraordinaire et a exhorté le médiateur : à « mettre en place une nouvelle autorité de Transition pour assurer une transition courte et pacifique vers l’ordre constitutionnel par des élections libres, crédibles et transparentes », ainsi qu’à s’assurer que « ni le Président, ni les membres du CNDD ni le Premier Ministre et autres autorités civiles et militaires  ne seront candidats  aux prochaines élections présidentielles ». De plus, la CEDEAO  a décidé d’imposer un embargo sur les armes.

 

Le 29 octobre, n’ayant reçu aucune confirmation écrite du capitaine Camara, le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine a pris, comme prévu, des sanctions ciblées contre la junte et les dirigeants au pouvoir à Conakry.

 

Entre-temps, la communauté internationale dont l’ONU, l’Union Européenne, les partenaires bilatéraux et multilatéraux de la Guinée ont condamné solennellement les massacres, ont suspendu leur coopération militaire, demandé le départ de la junte, exigé une enquête internationale et indépendante sur les tueries, les viols et exactions des forces armées à l’encontre des populations civiles. Le Procureur de la Cour Pénale Internationale a confirmé que la situation en Guinée fait l’objet d’un « examen préliminaire ».

 

C’est dans ce contexte que Blaise Compaoré a été nommé médiateur et mandaté par la CEDEAO.

 

2. Les prémices de la médiation et les premiers signes d’inquiétude

 

Une semaine après les événements, le 5 octobre, Blaise Compaoré s’est rendu à Conakry où il a rencontré les deux parties. A cette occasion, les Forces vives lui ont adressé un Mémorandum dans lequel elles demandaient  notamment  « la dissolution du CNDD et la mise en place d’un organe de Transition ». Le 12 octobre à Abuja, devant le GIC-G, les Forces vives ont demandé « une claire définition des objectifs de la mission de facilitation » afin de ne pas être embarquées dans l’inconnu. Elles ont réaffirmé leur « rejet de toute négociation politique  avec la junte militaire qui s’est totalement disqualifiée ».

 

Ensuite, dans un premier temps, Blaise Compaoré a rencontré les Forces vives à Ouagadougou, les 3 et 4 novembre 2009. Ces dernières lui ont remis un Document de référence dans lequel elles définissent l’architecture de la future Transition. Elles maintiennent leurs exigences : la dissolution du CNDD, le départ de la junte et de son Président ; la non candidature du capitaine Camara.

 

Dans un second temps, le médiateur a invité la délégation du CNDD dans la capitale burkinabé les 10 et 11 novembre 2009. Les représentants de la junte campent sur leurs positions et réaffirment leur volonté de maintenir le capitaine Camara à la tête de la Transition. Quant à la question de la candidature, ils ne l’évoquent pas… laissant le soin à Blaise Compaoré d’examiner ce problème !

 

Les premiers signes d’inquiétude ne tardent pas. Au sortir de ces deux réunions, le médiateur se dit « satisfait » d’avoir réuni les propositions  des uns et des autres (comment peut-on l’être dans pareil cas, alors que les plaies restent ouvertes en Guinée) et déclare que les deux parties devront lâcher du lest. Il ajoute que « personne ne doit être exclu ». Ces quelques mots sont immédiatement interprétés par certains observateurs comme une preuve de partialité.

 

3. Trois scénarios possibles

 

Avant que le couperet ne tombe en ce jour, trois scénarios se dessinaient :

 

• premièrement une transition avec une autorité civile et consensuelle à sa tête, avec le départ de Moussa Dadis Camara, la dissolution de la junte ainsi que l’annulation des actes de nomination aux postes de préfets et de gouverneurs : ce serait le « scénario idéal », souhaité par les Forces vives, pour assurer l’organisation d’élections libres, crédibles et transparentes, afin de permettre le retour à l’ordre constitutionnel, réaliser l’alternance et l’avènement de la IIIe République  avec un Président légitimement élu au suffrage universel sur la base de son Projet de société ; mais ce schéma idyllique semble aussi le plus difficile à réaliser voire le plus improbable, compte tenu de la difficulté de faire partir une junte qui dispose de la force armée et qui brandit l’argument de la « souveraineté nationale » ;

 

• deuxièmement, une transition avec une autorité civile et consensuelle mais  flanquée de Moussa Dadis Camara, ce dernier ne disposant que de pouvoirs honorifiques. L’autorité civile serait un Premier Ministre de Transition aux pouvoirs forts (appuyé par un Gouvernement de Transition) qui aurait pour mission fondamentale d’organiser l’élection présidentielle ; les membres de la Transition ne seraient pas candidats. Ce « scénario probable » ou qui apparaissait comme tel, comporte une part de risques pour le retour à l’ordre constitutionnel mais, s’il est bien négocié par le médiateur, et compte tenu des sanctions ainsi que de la pression interne et internationale sur la junte, il peut aboutir. Tout dépend des différents sous-scénarios et du mode de désignation du Premier Ministre : serait-il  choisi par les Forces vives ou par Dadis Camara  et quel serait  le degré d’autonomie de l’autorité de la Transition par rapport au Chef de l’Etat ?

 

• Troisièmement : une transition avec une autorité militaire : le capitaine Camara restant à la tête de la transition et se présentant à l’élection présidentielle. Ce « scénario catastrophe » est le plus redouté par les Forces vives car c’est la négation même de leurs doléances légitimes. Or, c’est celui que Blaise Compaoré a choisi. Le principe de non candidature de Moussa Dadis Camara pourtant unanimement recommandé, en particulier par l’Union africaine, n’apparaît pas. De même, celui d’une nouvelle autorité civile de la Transition, a disparu.

 

A première vue, c’est l’incompréhension totale. Comment en est-on arrivé à ce retournement de situation en faveur de la junte et de son chef ? Comment le médiateur a-t-il pu faire d’emblée de telles propositions ?

 

Conclusion : disqualifier et dénoncer le médiateur

 

Par ses choix, par un tel comportement, le médiateur vient lui-même de se disqualifier, de se  mettre hors jeu. Les règles de toute médiation sont pourtant sans équivoque: elles exigent la neutralité, la pondération, l’honnêteté. Or, Blaise Compaoré vient de montrer qu’il n’est pas neutre, qu’il a choisi de prendre fait et cause pour le CNDD et son Président. Il n’est pas non plus arbitre ou pondéré, il offre d’emblée à la junte sur un plateau doré les deux options les plus prisées par elle : le maintien de Moussa Dadis Camara à la tête de l’Etat et sa candidature à la présidentielle.

 

Mais plus qu’une erreur d’appréciation, de jugement ou d’analyse, Blaise Compaoré vient de commettre une faute lourde en matière de prévention, gestion et résolution d’un conflit. Par essence, la mission de médiateur est aussi  d’œuvrer en faveur de la prévention d’un conflit en Guinée. La crise politique est déjà suffisamment grave pour ne pas avoir à en rajouter, au risque de basculer dans la guerre civile. Il appartient au médiateur de trouver les voies et moyens de conduire le pays sur le chemin de la paix civile en favorisant de vraies élections. Au lieu d’adopter une attitude responsable et juste, Blaise Compaoré s’implique en faveur des bourreaux.

 

Ce « médiateur » est-il cynique à ce point ? A-t-il été corrompu ? Est-il guidé  par des forces de l’ombre, économiques ou autres ? Quels sont les intérêts cachés ? On sait que la politique est par essence l’art de gérer les contradictions, mais il y a là une perversion insupportable du politique.

 

Le peuple de Guinée peut-il admettre cette piètre prestation qui le mène à la violence politique et à l’impasse ? S’il fallait tirer une leçon de cette situation, ce serait tout d’abord que Blaise Compaoré n’était pas la personne idéale pour mener cette tâche sensible : il est lui-même arrivé au pouvoir par la force et il s’est toujours appliqué à faire en sorte que la lumière ne jaillisse pas sur l’assassinat de Thomas Sankara ; en toute honnêteté, il n’est donc pas à la hauteur de l’enjeu. Il ne peut pas, face à la junte, être crédible en demandant à M. D. Camara de partir. N’oublions pas non plus qu’avant la signature des Accords de Ouagadougou en 2007, il ne s’est pas toujours distingué par son sens de la paix en Côte d’Ivoire, bien au contraire. En outre, son rôle de facilitateur au Togo n’a guère fait progresser la démocratie et le respect des droits de l’homme dans ce pays. Avant d’accepter une médiation, sans doute faut-il être plus vigilant sur les capacités et la personnalité du médiateur.

 

Dominique Bangoura

Docteur d’Etat en Science politique, auteur de plusieurs ouvrages sur la Guinée

 


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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 10:44

 
De la nécessaire et indispensable cohésion des Forces Vives

Dans une ou deux semaines, les Forces Vives et les représentants de la junte se rencontreront dans la capitale Burkinabé face à M. Blaise Compaoré, le facilitateur de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).
 

Le défi à relever est de taille. L’enjeu, quant à lui, dépasse tout ce que la Guinée a connu depuis 1958. Il s’agit ni plus ni moins de sauver la patrie ou l’abandonner entre les mains d’un groupe de personnes qui ont prouvé à suffisance leur soif, non plus de pouvoir uniquement, mais aussi et surtout de sang.

 

Les regards sont déjà tournés vers ce que j’appellerai “Ouaga 2“. Le peuple de Guinée s’inquiète et les tourments du passé qui ont été renforcés par les massacres du 28 septembre 2009 le hantent plus que jamais.

 

À Conakry, la question qui est sur toutes les lèvres est « que feront les Forces Vives ? » Cela revient à se demander si les représentants de la nation seront unis et solidaires jusqu’au bout ou s’ils laisseront les Guinéens au milieu du guet.

 

L’échec des négociations entre Lansana Conté, les syndicalistes et la Société Civile en 2007,   suivi des déboires que l’on sait, est plus que jamais à l’ordre du jour chez nos concitoyens. Les plus sceptiques commencent déjà à certifier que, comme à l’accoutumé, les hommes politiques guinéens feront ressortir l’arme de la division au moment le plus crucial.

 

Autant dire que les Forces Vives, notamment la classe politique, doit jouer serré. C’est la dernière balle qui lui reste à tirer. Aujourd’hui plus qu’avant, la génération de femmes et d’homes qui sont actuellement sur l’échiquier politique national a l’immense responsabilité de mettre fin à la spirale d’échecs qui a caractérisé le parcours historique de notre pays.

 

La solution est tout simple et n’est point miraculeuse. Il s’agit tout simplement de tenir à l’application des revendications d’Abuja : le départ de Moussa Dadis et de la junte pour favoriser la mise en place d’un organe de transition. Des signes avant- coureurs laissent penser que tel sera le cas.

 

La sortie médiatique de certains leaders politiques autorise à l’optimisme. Si l’on en croit M. Alpha Condé Président du Rassemblement du peuple de Guinée (Rpg),  les Forces Vives sont sur la même longueur d’onde et les cordes de leur violon sont  plus que jamais accordées. Les uns et les autres ont pleinement conscience de l’enjeu.

 

Ainsi, à l’image de ses pairs des Forces vives, le président du Rpg affirme dans une interview accordée à un site Internet que la solution au problème guinéen dépend avant tout des Guinéens eux- mêmes. Pour lui : « Il ne faut pas croire que c’est le médiateur, ou l’Union Africaine ou encore moins l’Union européenne qui feront partir Dadis. Eux, ils apportent un soutien pour le dénouement de la crise. »

 

A cela, il ajoute sa confiance au peuple et aux Forces Vives. L’espoir est encore permis car d’autres comme lui sont aussi déterminés à mener le combat pour la démocratie et la lutte contre la dictature de Dadis.

 

Sans avoir besoin de revenir sur leur propos, MM. Cellou Dalein Diallo, Jean- Marie Doré, Lounsény Fall, Mouctar Diallo, Sidya Touré, Abé Sylla et bien d’autres de la société civile et des syndicaux n’affichent pas moins la même détermination.

 

Cependant, il ne faut pas se leurrer. C’est maintenant que commence le vrai combat. Tout le reste n’était qu’un simple réchauffement des adversaires avant la montée sur le ring. C’est dans les jours à venir que les Guinéens connaîtront leurs vrais leaders. Ceux qui tiendront jusqu’au bout et  qui ne les abandonneront pas en plein match.

 

Cette détermination est vitale non seulement pour le pays, mais aussi pour les responsables politiques et les forces vives elles- mêmes. En effet, la junte continue à croire à la stratégie du pourrissement. Pour ne pas dire à la solution à l’ivoirienne : une transition qui n’en finit pas de se rallonger pour se pérenniser.

 

Pour éviter une telle situation, les Forces Vives doivent d’ores et déjà prendre des initiatives nouvelles et innovantes.

 

Les actions symboliques déjà entamées, dont les journées villes mortes, doivent être poursuivies. Elles servent à donner un avant- goût de ce qui attend la junte si elle se hasardait à vouloir se cramponner au pouvoir.

 

Cependant, elles s’avéreront insuffisantes si, à Ouaga les représentants de Dadis osaient  s’obstiner à ce qu’ils ont déjà lâché à demi- mot : la candidature du Dadis et le maintien du CNDD.

 

Les Forces Vives doivent dès à présent indiquer, de manière officielle, au peuple de Guinée qu’elles se rendront à nouveau à Ouaga pour une seule raison : discuter des modalités de départ de Dadis et la dissolution du Cndd.

 

Un tel message est d’autant plus nécessaire que le peuple de Guinée a besoin, aujourd’hui plus qu’hier,  d’hommes et de femmes qui le rassurent et qui pensent à son sort. Il permet en outre de renforcer la confiance placée aux Forces Vives. Une confiance à peine retrouvée car, ne l’oublions pas, la politiques du « si ce n’est  pas moi ce ne sera pas toi non plus »  avait sapé les liens entre les hommes publics et la base.

 

Un esprit patriotique doublé d’un sens aigu de l’histoire, et qui sera lui- même renforcé par le dépassement des intérêts personnels au profit de la nation doit guider les leaders politiques guinéens. Ils doivent savoir que le seul combat qui vaille, c’est celui contre la junte et son chef. C’est cela, actuellement et de manière salvatrice le combat pour la démocratie. Cette démocratie n’est pas possible avec des gens qui violent, tuent, enterrent dans des fosses communes ou jettent les cadavres dans la mer.

 

Je dis et réitère que rien n’est possible avec une bande armée qui, dans le but de fausser le nombre de victimes, invente un subterfuge de nettoyage des cimetières pour déterrer les corps. Une bande qui, non satisfaite de tuer, continue les assassinas nocturnes, menace les survivants et  sème la terreur dans les villes de notre pays.

 

Enfin, je dis, ce sera Dadis ou les leaders.  Dadis ou le peuple. Dadis ou la démocratie. » C’est un choix inévitable. Il n’ y a pas un siège pour deux avec la junte guinéenne. Je dirai,  la survie politique du premier exclu celle des seconds.

 

Je dis, les prochaines rencontres de Ouaga doivent, une fois pour toute, nous débarrasser de Dadis et de la junte. Seul le (ou les) leader politique qui réclamera jusqu’au bout cette condition pourra garder le capital de confiance du peuple de Guinée. Autant dire que les défaitistes qui décevront cette attente savent d’ores et déjà ce qui adviendra de leur carrière politique.

 

Le maintien de Dadis et la junte au pouvoir après Ouaga équivaudrait à la fin des espoirs, à la mort de la nation et à l’exil définitif des leaders politiques actuels. Ce sera Dadis et la junte contre la paix, la sécurité, l’unité nationale et la démocratie.

 

En définitive, je dis, si Dadis et la junte ne quittaient pas le pouvoir pour être traduits devant le Tribunal pénal International ce serait un double échec : celui de la communauté internationale, mais aussi et surtout  le ratage de la  dernière chance  qui aurait pu éviter le chaos à la Guinée !

 

Lamarana Petty Diallo

lamaranapetty@yahoo.fr

 

À lire prochainement par le même auteur :

 

Dadis et la junte sur tous les fronts

 

 

 

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