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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 14:31

S’il y a un homme qui ne dort plus à poings fermés, c’est bien Pierre Aïm. Car, recherché par la Division des investigations criminelles du Sénégal, en relation avec Interpol, pour délits financiers et abus de confiance, en Europe comme au Sénégal.

 


Pierre Aïm

Ce sont maintenant les douanes de notre pays qui ont décidé de casser la vente de la brasserie qu’il avait cédée au Français Castel comme relaté par le quotidien l’As. Ceci, pour récupérer plus d’un milliard de francs Cfa, que Aïm avait transigé, suite à une fraude reconnue.

 

Les soldats de l’économie ont reçu l’appui du ministère de l’Emploi, opposé au licenciement des travailleurs d’Africa Cola, qu’envisageait Castel.

 

De même, les syndicalistes ont décidé d’entrer dans la danse, pour préserver l’outil de travail ; surtout que trouver un emploi est devenu l’exception au Sénégal.

 

Ce qui a amené les autorités à s’opposer à la volonté de Castel de priver plus de 200 pères de familles sénégalais de leurs seuls moyens de subsistance.

 

Aujourd’hui, Aïm qui l’a mis dans le pétrin ne compte plus que sur Alpha Condé, dont il a financé la campagne, pour rester en Afrique.

 

Pierre Aïm a fui le Sénégal. Car, ayant profité de la confiance que le chef de l’Etat avait placée en lui pour flouer des entrepreneurs sénégalais.

 

Il a réussi, avec la complicité de l’ancien bâtonnier Me Mame Adama Guèye, aidé par un notaire de la place, à faire main basse sur la brasserie qui fabrique des boissons, dont Africa Cola. Aïm finira par la revendre au Français Castel, propriétaire de la Soboa.

 

Mais le prix de plus de 8 milliards, dont Castel avait convenu avec Aïm, sera tu aux agents du fisc. Ils ne déclareront que 3,5 milliards.

 

Ce qui constitue un délit, parce qu’étant une entente contre les intérêts du Sénégal. Castel qui cherche à se tirer d’affaires risque bien de pâtir de sa connivence avec Pierre Aïm. Car, celui-ci en cabale, outre le fisc, c’est maintenant la douane sénégalaise qui lui a ordonné de ne plus fermer l’usine de boissons qu’il a rachetée.

 

C’était son dessein. Un contrat liant la Soboa à Coca Cola lui exige, de ne pas commercialiser une marque pouvant faire penser à cette boisson. Or, la brasserie qu’il a rachetée à Aïm, produisait Africa Cola.

 

Castel est assailli par un nouveau problème. Car, Pierre Aïm en fuite, les soldats de l’économie sénégalaise se sont rabattus sur le patron de la Soboa, avec la ferme intention de recouvrer la somme de plus d’un milliard que lui doit celui-ci. Ainsi, Castel est obligé de trouver un repreneur de la brasserie qu’il a rachetée à Pierre Aïm.

 

De même, le ministère de l’Emploi et du travail l’a sommé de maintenir les employés de Africa Cola. Castel est dans cet imbroglio. Il maudit Pierre Aïm, qui a empoché ses 8 milliards, avant de fuir le Sénégal, en passant par la Gambie.

 

Rappelons que cet Algérien est interdit d’administrer toute société en Europe. De même le dossier qui est pendant devant le tribunal de Nanterre, et qui lui avait valu un emprisonnement, refait surface.

 

Signalons que la société Spad, sise à Paris, qui avait un passif de 500 millions d’Euros a été plumée et poussée à la faillite par le même Pierre Aïm, qui avait détourné une bonne partie de cet argent, pour financer des dictateurs et opposants africains.

 

Aujourd’hui, après avoir perdu Denis Sassou Nguesso du Congo, Idriss Deby du Tchad et le président WadePierre Aïm s’est mis en affaires avec l’ancien président du Ghana Jerry Rawlings.

 

Il lui avait miroité le projet d'un entrepreneur sénégalais. Une nouvelle brasserie avait commencé à sortir de terre à Accra.

 

L’affaire est entrain de couler, parce que Aïm a fini par se dévoiler. Ainsi, il ne mise plus que sur l’opposant Alpha Condé. Il a beaucoup investi sur lui.

 

Mais, le pot aux roses découvert, les adversaires de celui-ci en ont fait un slogan de campagne « Alpha Condé au pouvoir, c’est Pierre Aïm aux affaires en Guinée ». Leurs relations sont connues de tous.

 

Mais, tout porte à croire qu’Aïm a investi à perte en Guinée. Car, son projet a été très tôt éventré et risque de desservir Alpha Condé qui disputera le second tour contre Cellou D. Diallo.

 

Ainsi, sachant que l’avenir de Pierre Aïm, en Afrique, se compose au passé, la douane sénégalaise et le fisc ont décidé de casser la vente de Africa Cola, pour rentrer dans leurs fonds et sauver du coup des centaines d’emplois.

 

Source : xibar.net

 

Lien url : www.seneweb.com/news/article/34695.php

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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 17:50

Je vais rappeler même à ceux qui s’en tamponnent le coquillard ce que tous les internautes savent déjà. Comme toujours, je reste clair (pas de peau mais dans le discours !) et il n’y a pas d’interprétation à faire sur tout ce que je dis. On n’interprète que ce qui est ambigu. A ceux qui affirment qu’on m’a démasqué, je leur laisse le loisir de s’auto féliciter. Je n’ai jamais porté de masque, la Guinée n’étant pas une foire !



L’homme doit être en quête permanente de vérité. Le respect commence par la sincérité envers soi-même d’abord et à l’égard des autres ensuite. Je me trompe quelquefois mais je reste serein car si je me trompe je n’hésite pas à le reconnaître. Question de bonne foi.

 

Je confirme donc à mes amis internautes que je suis neutre ! Oui, je dis bien neutre quoi qu’en pensent certains de mes détracteurs toujours en panne d’idée. Etre neutre ne signifie pas se neutraliser. Je compte jouer un rôle en exerçant mon devoir de citoyen. Qu’est-ce qu’être neutre ? Pour moi c’est de n’appartenir à aucun parti politique sans pour autant se désintéresser de la politique, fut-elle politicienne. Mais quand on est en face d’un choix, il faut le faire. Je préfère celui qui tranche mal à celui qui ne tranche pas du tout. Ceux qui disent que je ne suis pas neutre conserveraient-ils la même appréciation si j’avais fait leur choix ?

 

Beaucoup de personnes trouvent confortable de se dire qu’elles sont au-dessus de la mêlée, qu’elles ne prennent pas partie, qu’elles tiennent à je ne sais quel équilibre. Il n’y a rien de pire que le carcan de l’hypocrisie qui étouffe son porteur.

 

Pour l’actuelle Présidentielle, le choix est entre Cellou et Alpha et non entre l’UFDG et le RPG dont les programmes bien élaborés sur papier sont ignorés par la plupart de leurs militants respectifs parmi lesquels on dénombre beaucoup d’analphabètes. Qu’on m’en démontre le contraire. A la faveur des alliances de leaders avec les 2 candidats en lice, certains ont démissionné de leur parti au motif que sa base n’aurait pas été consultée. La réalité est qu’ils n’auraient pas démissionné si le ralliement de leur chef avait été autre ! C’est à se demander ce qui guide des militants à adhérer à un parti. Quand on n’est pas d’accord avec son chef, on n’abandonne pas la partie mais on reste dans le parti pour en améliorer les modalités de prises de décisions. Drôle de conviction au sein de la camaraderie !

 

La CENI ne nous a toujours pas confirmé quand aura lieu le second tour de la Présidentielle. Nous avons dépassé les « 14 jours ». Sera-ce le 22 août 2010 ? Même ceux qui sont censés le savoir se gardent bien de nous le dire. Ce repos obligé commence à fatiguer tout le monde sauf peut-être les négociateurs et autres accompagnateurs dont les repas au moins sont assurés lors des interminables pourparlers électoraux.

 

J’avais souligné le paradoxe de l’après premier tour : ce sont les moins malheureux des candidats au départ qui vont dicter leur loi aux 2 rescapés Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé devenus leurs otages. De leurs riens, ils en font quelque chose. C’est le fameux « qui perd gagne ! » Un comble quand le rien rapporte aussi gros !

 

Quand on est otage, on est amené à dire du n’importe quoi. Alpha Condé maintient toujours une promesse fantaisiste : la primature simultanément à la « Coordination de la Basse Guinée », à Papa Koly Kourouma et à Sidya Touré en personne ! Je me demande si papy Condé est en possession de toutes ses facultés mentales. Je n’utilise pas l’expression pourtant adéquate « péter les plombs » qui n’a rien à voir avec le moindre lâchage volontaire ou non d’un gaz intestinal mais que des ignares prendraient pour de l’injure. Pour lui, la politique serait-elle l’« art de l’impossible »?

 

En revanche, Cellou Dalein n’aurait-il pas trop cédé à Sydia ? En faisant certaines concessions, ne finira-t-il pas par abandonner sa propre concession ? La négociation est souvent un exercice très difficile, eu égard au nombre élevé des paramètres dont il faut tenir compte. On ne sait pas toujours, dans le court terme, qui en est le véritable gagnant.

 

Quoi qu’il en soit, l’issue de cette élection demeure encore incertaine. On reste toujours dans la brume. Le Président Compaoré, le facilitateur compliqué dans notre crise se croit obligé de se déplacer encore à Conakry pour nous dire ce que nous devons faire. Quand est-ce que les Guinéens, véritables « vieux bébés », vont-ils enfin grandir pour prendre en main leur propre destin ?

 

Rien n’est joué d’avance dans notre pays de mathématiques sociales. Cependant je persiste et signe : la Guinée est prête pour toute élection et pour tout tour. Quand je vois des compatriotes se féliciter d’avoir eu raison en invoquant nos couacs électoraux pour justifier que la Guinée n’était pas prête le 27 juin 2010, je réalise l’immensité de leur incurie intellectuelle ! Pour eux, le pays n’est prêt que lorsque leur candidat l’est !

 

Donc, Kylé va voter (ne voyez aucune arrogance dans cette façon de s’exprimer) même si ceux qui l’attaquent pensent n’avoir rien à foutre de sa voix ! Moins pour l’un des candidats que contre l’autre. Par respect pour les anciens, commençons par le dernier.

 

Si Alpha gagne, je ne pleurerai pas de désespoir mais je resterai vigilent, convaincu que la Guinée aura, malgré tout, franchi un pas important vers une démocratie même balbutiante. Que Dieu nous épargne d’un « la Guinè bara tignè » (la Guinée est foutue).

 

Si Cellou gagne, je ne ferai pas non plus de galipettes et ne sauterai pas de branche en branche comme « un singe sans frontière » (qui souhaiterait que des cuisinières de Kaloum pimentent l’atmosphère de notre capitale aux fins d’y rendre l’air irrespirable !) mais je resterai branché pour savoir comment le pays sera géré par un gouvernement de large ouverture. J’ose espérer que chacun dise alors: « Cellou no wonani Guinè fow ! » (Cellou est au service de toute la Guinée). Le slogan des pro Condé « an bara gagnè » (nous avons gagné) aura tout son sens dès lors qui ne signifiera pas « a bara gagnè » (Il a gagné). Le « n » change tout.

 

Que ce soit Cellou ou Alpha, un fait sera déjà acquis : l’arrivée d’un civil à la tête de l’Etat. Je reste légaliste et le vainqueur sera mon Président qui, je l’espère, tendra la main à celui qui aurait pu également être à sa place.

 

Dans le contexte actuel, en partant du principe qu’il faut faire avec ce qu’on a, la Guinée aurait à gagner dans la combinaison suivante qui n’est pas nécessairement la meilleure : Cellou à la tête de l’Etat, Sidya à la primature, Alpha à la présidence de l’Assemblée Nationale, 2 « Forestiers » à la tête de départements ministériels importants, etc. Le problème est que notre « prof » nous a déjà indiqué qu’il ne veut rien d’autre que le fauteuil présidentiel. Un « tout ou rien » qui risque de ne rien lui apporter et de ne rien rapporter à son entourage.

 

Je termine, comme d’habitude, par certaines perles du Net.

 

- L. Kouyaté a rejoint A. Condé et d’aucuns se demandent s’il s’agit d’une alliance ou d’une fusion.

 

Moi, je réponds qu’il s’agit d’une confusion après leurs récents échanges à profusion de « cadeaux verbaux ». Kouyaté VII et Condé XVIII qui ne sont pas des princes conservent néanmoins chacun des pinces en alliage pour tenir l’autre en respect! A cet assemblage j’aurais préféré une union plus rassembleuse Kouyaté/Diallo ou Condé/Bah.

 

- Un vengeur masqué promet de défendre « la femme peulhe » et parle de mon cerveau, défectueux selon lui ! Dans la biographie abrégée (ça rappelle celle de Kim Il Sung en plusieurs tomes !) qu’il consacre à son leader bien-aimé il parle, entre autres, de « la primaire » scolaire de ce dernier et de sa mère Saran Camara !

 

Moi (encore), sans évoquer ma « secondaire » scolaire je réponds que « Saran » n’est pas un prénom soussou, du moins à l’époque où naquit l’actuel Pdg du RPG ! Avec le brassage actuel de nos populations des prénoms se retrouvent partout mais n’exagérons rien. Dans un souci d’unité nationale j’aurais souhaité faire la connaissance de Guinéens dont le prénom et le nom assemblés me sont phonétiquement inhabituels : Kélétigui Sow, Mamady Bah, Modi Oury Magassouba, Kadédjiwo Konaté, Thierno Haadi Zoumanigui, Togba Barry, Koïkoï Sampil, Haba Yansanè, Ouo Ouo Fall, Niankoye Bangoura, Korka Milimono, etc.

 

Evidemment, loin de moi l’idée d’en vouloir à la cervelle d’un individu au cerveau de veau !

 

- Paraît-il que Cellou n’est entouré que de commerçants !

 

Moi (enfin) je viens d’apprendre qu’Alpha lui-même est commerçant. Il serait donc entouré par lui-même ! Je ne sais pas s’il s’agit de « Sucres et denrées » ou de denrées sucrées, salées, huileuses ou pimentées. Serait-ce un des aspects globaux et multiformes de son « débrouillardise » ? C’est une bonne chose que de savoir « d’où vient son argent ». On aura bientôt la « république commerçante de Guinée ». Espérons que les Guinéens toucheront des bénéfices.

 

Plus neutre que jamais, je vous salue et félicite particulièrement mon aîné Mohamed Sampil (n’y voyez aucune complicité « foulano-naloue » !) qui vient de publier un article remarquable sur la meilleure « tasse de thé » et notre compatriote Sékou Oumar Camara qui force souvent mon admiration par ses commentaires réguliers et pertinents d’articles nombreux mais de qualité variable.

 

Ibrahima Kylé Diallo

Animateur du microsite www.kylediallo.info partenaire de www.ondes-guinee.info

Mon contact : kylediallo@gmail.com

 

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28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 15:49

Des talibans du Pr Alpha Condé qualifient mes articles de bidon. J’en suis tellement flatté que je passerai bien du bidon au baril sans faire de tonneau ! Je me méfie de l’approbation peu bidonnante de tout « con déiste » qui ne saurait être un compliment.

 


Alpha Condé

Rassurez-vous, je ne fais pas d’erreur chronologique dans le titre. Ce n’est pas de Sékou à Alpha mais bien d’Alpha à Sékou. En effet, le leader du RPG n’étant pas un homme du présent, encore moins du futur, il ambitionne une restauration, non pas au sens de l’aubergiste, mais à celui du rétablissement au pouvoir du système de « Sékou Touré, le Pire de l’Indépendance » que des nostalgiques prennent sans peine pour leur père.

 

Certes, ce n’est pas parce que phonétiquement Alpha Condé et Sékou Touré ont des finales presque identiques que cela rime à quelque chose. Par contre, le RPG rime bien avec le PDG dont il conserve les haillons comme relique religieuse. Examinez parallèlement les cas de Sékou Touré et d’alpha Condé. Que de similitudes ! Je laisse à d’autres le soin de parler de leurs origines respectives. Je note cependant que « Alpha » est un titre qui accompagne un prénom. Ainsi, nous avons un candidat appelé « Alpha X » donc avec une inconnue ! Comme ses artisans qui le façonnent au quotidien malgré sa rigidité le comparent à Mandela (quel sacrilège !), ils lui trouveront probablement un lien avec Malcolm X.

 

Sékou Touré a présidé la Guinée pendant plus d’un quart de siècle. Alpha Condé préside son parti durant une période assez analogue. Bonjour l’alternance ! Ils ont tous les deux un réflexe stalinien : culte du chef (il n’y a que « Moi »), terrorisme intellectuel (si tu n’es pas avec « Moi », tu es contre « Moi », donc anti-guinéen). Ils ont un goût obsessionnel pour le pouvoir (tu peux voler et je ne t’interdis même pas de forniquer avec mes proches mais si tu lorgnes mon fauteuil, je ne me contente pas de te faire la nique ou de te rendre borgne, t’écrabouille !). Il ne veulent pas de brillant second qui leur ferait de l’ombre, ils veulent briller individuellement. Sékou Touré était intelligent mais peu brillant. Il était plutôt brûlant et brutal. Mais il avait du charisme et imposait un certain respect (je ne parle pas d’admiration).

 

Quant à Alpha Condé, il est terne. C’est un activiste politicard agité, pas un politicien actif. Même si son passé n’est pas totalement sombre, il comporte des zones d’ombre que même les lumières des salons parisiens n’arrivent pas à dissiper. Quand un candidat laisse des trous dans son CV, il risque d’en créer d’autres dans tout budget qu’il aura à gérer.

 

Le RPG est parallèle au PDG mais ils se rencontrent ! Encore de la « mathématique sociale ».

 

Revenons à des questions simples : Quelles études Alpha Condé a-t-il faites ? De quoi est-il professeur? Où a-t-il enseigné et quand ? Qu’a-t-il enseigné comme discipline ? Peut-il nous nous fournir des extraits de ses cours magistraux? Etait-ce du téléenseignement ? Qui a-t-il enseigné ? Je serais enchanté de faire la connaissance d’un ancien élève d’Alpha Condé. A-t-il dispensé un enseignement ou donné des renseignements ? C’est curieux qu’il ait toujours eu des relations suivies avec Sékou Touré qui l’avait « condamné à mort » et qu’il cherche à réhabiliter!

 

Ecoutez Alpha Condé s’exprimer en français, notre langue officielle. C’est d’une platitude déconcertante. Un navet ! Et dire que cet aventurier serait arrivé en France alors qu’il n’avait qu’une quinzaine d’années. Aurait-il passé son bac en Albanie ? Il ne maîtrise ni l’imparfait du subjonctif, ni le N’ko. Ne serait-il parfait que dans la conjugaison du verbe restaurer? Chaque fois qu’Alpha Condé ouvre la bouche, ses partisans se tiennent la tête et disent : « koutoubou ! eh Ala ! eh Kéla ! ». Je comprends qu’ils ne souhaitent en aucun cas un débat direct Cellou/Alpha. Ce serait un cauchemar pour lui ! Ce sont les pourris du PUP qui parlent maintenant en son nom et pour son compte.

 

Pour les « con déistes », Cellou est le prolongement du PUP. C’est quand même étonnant que tous les pourris de ce parti aient rejoint Alpha Condé qui les a acceptés à bras ouverts sans traîner le pied ! « Monsieur Propre » nous a toujours dit qu’il ne s’associerait pas aux « Sales ». Il dit qu’il est temps de se lever. J’aurais voulu qu’il prenne le temps de se laver. Alpha Condé ne peut se prévaloir d’une virginité administrative en Guinée. Il a participé indirectement à la gestion de notre pays. Ne s’est-il pas vanté d’avoir œuvré pour la nomination de Kouyaté à la primature ? Serait-ce par philanthropie ? L’ancien Général Arafan n’était-il pas un de ses bras droits les plus fidèles ? (Alpha Condé aurait plus de bras que la déesse hindoue Shiva. Il a toujours présidé en catimini des « conseils de ministres ». Il accepterait tout pour gagner car sa stratégie est constante ; c’est sa tactique qu’il modifie.

 

Dernière modification tactique : Il promet tout à celui qui le rallie, ce qui n’engage que celui qui le croit ! Ainsi, à Papa Koly Kourouma et à son parti il aurait promis une amnistie pour Dadis (au fait, on commençait à oublier ce criminel !), les postes de Premier Ministre, de Ministre des Affaires Etrangères et de Ministère de l’Environnement ! Qu’a-t-il promis aux autres ralliés ? A quel populeux gouvernement Alpha Condé rêve-t-il ? Plus de ministres que de députés ? Avec ce genre de promesses débiles on va se retrouver devant une situation bizarre : les petits perdants du 1er tour seront les grands gagnants après le second et dernier tour ! Ils ne font pas le « roi », ils deviennent des « rois ».

 

Alpha Condé promet le changement ! Il vient de donner un exemple en commençant par changer lui-même d’ethnie. Devant des notables soussous, Alpha Condé affirme qu’il est soussou ! Il n’a pas dit qu’il est aussi soussou, ce qui serait « génétiquement » et politiquement habile mais qu’il est soussou ! Une exclusivité pour celui qui avait qualifié d’un nom épouvantable tout malinké qui voterait pour Conté, parce que soussou !

 

Dans ce match Cellou/Alpha (je ne parlerais pas de duel qui suppose la mort de l’un et même de l’autre) je constate malheureusement que tout s’ethnicise (le simple régionalisme aurait été moins dangereux dans la mesure où aucune région n’est ethniquement « pure ») alors qu’historiquement il n’y a jamais eu de conflit entre Peulhs et Malinkés. C’est Sékou Touré qui a fait des premiers une ethnie de « domestiques et de seconds permanents » et des seconds celle de l’unique caste prédestinée à diriger le pays. En ce sens, Sékou était « hindou », de la caste des Brahmanes.

 

Les « Forestiers » apparaîtraient dans cette configuration conjoncturelle comme les arbitres de touche tandis que les Soussous feraient l’arbitrage central ! Ainsi tout le monde chouchoute les Soussous sans l’appui desquels personne ne pourrait gouverner à partir de Conakry ! Un constat sévère n’est nullement une méchanceté. Pour monter haut, il faudrait conquérir la base incontournable que serait la Basse Guinée ! Sékou Touré l’avait compris et avait joué sur cette géostratégie d’autant plus que son nom est également soussou. Quant à Condé, il s’agit d’un nom moins ancien dans le terroir ; c’est pourquoi le chef du RPG s’est cru obligé d’adhérer à la communauté soussou qu’il prendrait pour une association à but lucratif. Il n’aurait pas été moins inspiré s’il avait dit qu’il s’appelait « Alpha Conté » ! Une consonne pourrait changer le cours de l’histoire.

 

Moi aussi je ne vois pas au nom de quoi je m’interdirais de chouchouter les Soussous ! Je leur dis que dans la présente cuisine électorale, ils ne doivent plus faire de boulette ! Sékou Touré les a utilisés comme tremplin en les trempant dans du karité pour mieux les contrôler. Alpha Condé veut les rouler dans du « soumbara » pour s’élever. Avec Cellou, ils auront du lait pouvant s’accommoder au sel dont ils disposent déjà.

 

Aux Forestiers, je dis ceci: on vous a trompés en vous faisant croire que Cellou est le loup responsable de tous vos malheurs. Ne vous laissez pas impressionner par des slogans creux : « changement, changement ! ». Cellou a, par tradition, le sens du partage et vous verrez qu’il a tellement peur d’être taxé d’ethnocentriste que dans sa future administration, sa communauté sera proportionnellement sous représentée ! Je vous confie un petit secret intracommunautaire: quand on vous remet un cadeau à partager avec un Peulh, demandez-lui toujours de faire la distribution : il va se léser par pudeur à votre profit.

 

Aux Malinkés, j’ai aussi un message clair et fraternel: vous êtes une communauté dynamique au passé riche. Vous avez mieux à offrir à la Guinée qu’un Alpha Condé qui vient de renoncer à sa propre ethnie pour des raisons électoralistes après avoir exprimé ses regrets d’être musulman! Vous disposez de cadres valables dans tous les domaines. Pensez-vous qu’Alpha Condé soit représentatif de vos valeurs ? A la limite, L. Kouyaté est plus représentatif. Il suffirait, pour le rendre acceptable, de le déprogrammer car il a été formaté par le PDG. Par contre, Alpha n’est pas modifiable. Ce n’est pas une question d’âge. Il n’est vieux, il est vieillot ! Vous savez très bien que lorsque Alpha ouvre la bouche il vous met mal à l’aise dans la mesure où on le considérait jusqu’à présent comme étant des vôtres. Personne ne vous confondra avec Sékou Touré, encore moins avec Alpha Condé, son fils spirituel. Ce dernier l’est en tout et ne fera pas le bonheur des Guinéens. Regardez son nouveau bouclier humain. Ayant polarisé tous les pourris, le PDG (président directeur général) du RPG sera bientôt le Calife Général de Pourris !

 

Aux Peulhs, j’ai aussi un message : faites votre examen de conscience. N’avez-vous pas une part de responsabilité dans l’actuelle perception négative que d’autres ont de vous ? Arrêtez cette victimisation systématique qui se résume lapidairement par la formule : « les autres ne nous aiment pas » ! Qui de vous a été molesté dans un village reculé de Haute Guinée ou de Guinée Forestière ? Lorsque Sékou Touré qui vous traitait comme des « Intouchables » vous a déclaré la guerre, un Soussou, un Malinké ou un Forestier vous ont-ils malmenés ? Si vous pensez être intelligents, où cette intelligence vous a-t-elle conduits ?

 

Vous fûtes bouviers, ne soyez plus vaches avec qui que ce soit ! Par incurie, vous avez laissé votre image se ternir. Montrez à tous que vous n’avez pas les intentions maléfiques qu’on vous prête. Si vous voulez que les autres vous aiment, commencez par vous aimer vous-mêmes en vous débarrassant des clichés exécrables qui vous collent encore à la peau. N’oubliez pas que la trahison dont vous vous croyez victimes a une origine essentiellement interne à votre propre communauté : la légèreté de certaines de vos femmes élevant leurs enfants dans la haine de leurs oncles Peulhs et la cupidité de certains de vos marabouts qui « travaillent » pour ceux qui vous méprisent ! Je ne parle même pas de certains de vos politicards dont l’un, s’il se voulait vraiment honorable, aurait dû démissionner de la direction de son parti dès la proclamation des résultats du 1er tour car quand un pourri est cuit, il pue !

 

Bien entendu, il n’y a pas que les Soussous, les Peulhs, les Malinkés et les Forestiers ! Je pense aussi aux Diakhas, Bagas, Mikhiforés, Landoumas, Coniaguis, Bassaris, Badiarankés, Kourankos, tchapis, etc. qui sont aussi Guinéens que les autres précités.

 

A toutes les citoyennes et à tous les citoyens « chouchoutables » à souhait, je dis ceci :

 

Si vous portez Cellou à la présidence, il ne va pas résoudre tous vos problèmes mais, de par sa longue expérience gouvernementale, sa connaissance du pays profond et son ouverture à toutes les communautés il permettra à la Guinée de repartir du bon pied. Je rappelle que lors de la visite peu courtoise des sbires de la junte à Cellou le 1er janvier 2009, ce sont des Soussous qui l’ont défendu et protégé son domicile. Donnez-lui sa chance car le mandat n’est que de 5 ans. S’il échoue, vous pourrez toujours le congédier par les urnes.

 

En revanche, si vous repêchez Alpha Condé qui n’a même pas convaincu un Guinéen sur cinq au 1er tour et qui est devenu plus hargneux par ce score ridicule et honteux, vous aurez une Guinée mal rapiécée : à l’intérieur, ce sera la vengeance et à l’extérieur nous seront la risée des voisins.

 

Comparez les logos du PDG et du RPG : le premier a pour emblème l’éléphant qui nous a écrasés, le second un coq dopé, nerveux et pressé qui ne chante pas mais qui pourrait nous faire chanter! L’oiseau de la basse-cour voudra-t-il être plus gros que le mammifère ongulé ?

 

Avec Cellou vous n’aurez pas tout mais avec Alpha vous n’aurez rien du tout ! Le premier fait des promesses tenables, le second des propos irréels. A l’écouter, son coq commencera à pondre des œufs dès le 14 août 2010 !

 

Pour une fois, oublions l’origine ethnique certaine de Cellou et celle aléatoire d’Alpha pour déterminer en toute conscience lequel des deux est le plus apte à préserver l’unité nationale. J’ai mal à la Guinée quand je vois qu’elle devient de plus en plus le pays des crispations identitaires. Je me méfie toujours de ces « amis » qui me disent qu’ils auraient voté absolument pour Siradiou Diallo ou Bah Mamadou ! Quelle hypocrisie ! C’est facile à dire et ça ne coûte rien car ces anciens leaders sont malheureusement déjà morts ! Ou alors ils disent qu’ils étaient tous pour Bah Mamadou jusqu’à son discours sur le « tour ». Je salue leur « conviction hautement patriotique » et leur réponds globalement que si Ahmed Sékou Touré était le 25eme candidat lors du 1er tour le 27 juin 2010 (qu’ALLAH me pardonne !), j’aurais voté massivement pour lui. De qui se moque-t-on ?

 

Je vois partout fleurir des comités soi-disant républicains, animés par des coquins et leurs copains ! C’est minable ! La République n’est pas en danger. Ce sont les aigris et autres nostalgiques qui se sentent en danger.

 

Je termine par quelques perles du Net.

 

Dans un article intitulé « Le Peuple vote la CENI sabote » sous la plume d’un compatriote dont le nom rappelle plutôt les rives de l’Oubangui, on peut lire ceci :

 

« Le 27 juin 2010 est désormais une date qui s’inscrit sur du marbre et non sur du sable, car consacre la première élection démocratique libre et transparente que la Guinée n’ait jamais connue. »

 

N’est-ce pas l’aveu que sous Sékou Touré la Guinée n’a jamais été démocratique ?

 

Restons dans les plumes car le brillant auteur qui roule pour le RPG et roucoule pour son leader ajoute :

 

« Quel Guinéen n’a pas eu la chère de poule la nuit du vendredi 2 juillet 2010 quand le président de la CENI , Mr. Ben Sékou Sylla, sur les écrans de la télévision nationale donnait les résultats comme dans un pays qui a vécu des dizaines d’années dans la démocratie? »

 

Je suis Guinéen mais je n’ai pas eu la chair de poule ce jour-là. Sans frayeur, j’ai plutôt eu au dîner une poularde aux aubergines bien assaisonnée ! Je précise à toutes fins utiles que « poularde » ne vient pas de la langue « poular » mais signifie tout simplement une jeune poule engraissé intensivement.

 

Je vous salue en vous promettant d’autres bidons bien pleins mais non explosifs.

 

Ibrahima Kylé Diallo

Responsable de www.kylediallo.info partenaire de www.ondes-guinee.info

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 13:59

Vingt-quatre candidats ont déposé, au greffe de la Cour suprême, leur candidature pour les élections présidentielles du 27 juin prochain. Ils ont passé la visite médicale, versé la caution de 400 millions de francs guinéens et ont été retenus.

 

Ils avaient déjà été 42, au 24 mai à remplir ces formalités. C'est encore TROP, comme nombre mais ces échos n'ont pas pour but de dire à la Cour suprême de revoir sa copie sur les critères qu'elle a retenus.

 

Je dis tout simplement que ce nombre de candidats qui n'est, peut-être, pas clos est trop élevé, car contrairement à une idée assez répandue en Guinée, on peut participer à la gestion de la chose publique sans être forcément dirigeant de parti politique et comme il n'y a pas de distances entre les “idéologies” exprimées des uns aux autres, on voit qu'il y avait des possibilités d'ententes, avant la course aux candidatures. Autrement dit, on peut efficacement être membre d'un orchestre sans être chef d'orchestre.

 

La ruée des leaders sur le poste de la magistrature suprême d'un pays aussi démoli que la Guinée d'aujourd'hui, avec autant de problèmes à résoudre, doit amuser des observateurs étrangers mais pas du tout des Guinéens conscients de l'avenir menacé de ce pays. Cette ruée aux profondes motivations non ouvertement avouées, suggère quelques observations :

 

L'Etat guinéen est tombé si bas, dans la conscience des citoyens qu'on aurait pu considérer comme l'élite de la nation, qu'il leur apparaît comme une place de marché populaire où chacun se précipite de bonne heure pour trouver un étal où il pourrait décupler la chalandise de ses produits.

 

C'est un état d'esprit de déconsidération et de ravalement à bas de l'Etat guinéen. Là, réside un danger pour maintenant et pour demain. Bien que nous ayions été un certain nombre à rendre hommage, faute de mieux, au quartet de la Transition pour sa difficile mission, c'est une oeuvre inachevée qu'il laissera.

 

La Transition que prépare la junte nigérienne à Niamey annonce des exigeances élevées ,notamment de niveau de formation aux hommes et aux femmes qui auront des prétentions à la gestion de l'Etat nigérien au niveau supérieur. C'est un gage d'avenir.

 

Le cas de marchandisage de l'Etat guinéen peut conduire à une plus grande division du pays que par le passé. Un groupement de la Diaspora d'une Région pousse, dans ses réflexions, cette conception de l'Etat-marchandise en établissant des critères de choix d'un candidat pour cette Région et accorde 3 points à “l'intégrité et à la moralité” des postulants et 40 points à leurs possibilités de “moyens financiers”. Ce qui signifie que la pire des fripouilles de cette Région aura la faveur des maîtres à penser de cette diaspora face à un des leurs qui a des qualités de moralité publique pour servir la Guinéee. Où va cette Région, où va la Guinée, si une conception aussi matériellement basse pour une nation faisait école?

 

Enfin, cette ruée pour ce poste qui excède et de loin la capacité en tous points de certains aspirants candidats à la Présidence de la République - mais cela ne les effleure même pas-, cette ruée, dis-je, traduit une tendance déjà ancienne de bon nombre de nos compatriotes.

 

Il s'agit de la surestimation de soi. N'importe qui se croit capable d'accomplir n'importe quelle tâche nationale. Il est inutile ici de remonter à la source de cette croyance.

 

Disons seulement que les uns et les autres ayant été habitués à ne percevoir que des hommes et des femmes en boubous brodés et en costumes scintillants se réunir et bavarder aux ministères, à la Primature ou à la Présidence à longueur d'années sans résultas pouvant se qualifier en termes de développement, ont fini par croire que c'était cela la gouvernance d'un pays.

 

En somme la belle vie, gratinée d'appellation d'origine non contrôlée (aonc) de titres ronflants comme “Son Excellence”, (excellents en quoi ? --on s'est souvent posé la question). Il n'en reste pas moins que de toute cette culture de fainéantise et de mensonge à soi-même, découle un énorme handicap qui demeurera à surmonter.

 

Sur le chapitre précis des élections si vous mettez à la tête de l'Etat guinéen un margoulin , il sera reçu , comme tout chef d'Etat par ses homologues avec tous les égards. Et ce margoulin, après s'être étonné (en son fort intérieur) de ce qui arrive à sa “modeste personne”, finira par croire que c'est ainsi que fonctionnent les Etats et le monde.

 

Il se satisfera de cette compréhension des hommes et choses. Il laissera son pays s'enfoncer dans les abïmes, sans peut-être même s'en apercevoir, puisqu'il aura atteint, lui, le nirvana.

 

Cet état d'esprit me semble être l'une des explications du naufrage de la Guinée (et même de quelques autres pays africains) : la médiocrité satisfaite d'elle- même,assise aux commandes. La médiocrité acceptée par l'Extérieur , parce que ce sont pas ses affaires a conforté beaucoup de médiocres en Guinée, à croire qu'ils sont capables de devenir chef d'Etat, ministres ou ambassadeurs.

 

Sans autres entregents que la magouille, les trafics de toutes sortes et les salamalecs à des protecteurs lointains, ces baladins ne seront d'aucune capacité pour aider la Guinée à se relever. Seuls leurs fantasmes et des folies de grandeur sans aucun fondement les poussent dans ces campagnes à moins d'escompter quelques pourcents de voix à monnayer entre les deux tours pour s'accrocher à des postes.

 

Où est l'intérêt général? Cette question ne les effleure même pas.

 

Les élections présidentielles comme les législavrs à venir ,sont devenues en Guinée, des champs d'investissements à la profitabilité financière , estimée plus sûre, que celle d'entrepôts de commerces d'import-export, de boutiques de produits divers, des ateliers de fabrication ou des champs de riz ou de manioc.

 

Autrement comment comprendre que cette Guinée chroniquement sous-développée dans toutes ses structures ait pu engendrer plus d'une vingtaine de candidats qui acceptent allègrement de verser 400 millions de francs guinéens dans cette aventure? Ne me dites pas qu'il s'agit pour tous d'équipée patriotique.

 

Je vous ai signalé, sans détour, que pour certains candidats, heureusement pas tous, il s'agit d'une course comme à des affaires commerciales, ou à une entreprise commerciale. C'est pourquoi les organes compétents de la Transition et la Cour suprême auraient encore dû éclaircir la ruée des candidatures en faisant la lumière sur les sources de financements des candidats. Ce n'est pas parce qu'on a été employé salarié, même de toute une vie qu'on peut être en mesure d'accumuler une fortune considérable, même en monnaie nationale.

 

Si cet examen avait été sérieux , seul un petit nombre de candidats s'en serait sorti honorablement sans doute et cela aurait levé des hypothèques sur l'avenir de la Guinée. Avenir sur lequel rien n'est sûr, d'autant plus que nous avons une Armée nationale, nourrie de la culture de l'impunité et du repli sur soi. L'opinion internationale ne semble pas la préoccuper.

 

Le Général Sékouba Konaté a tout de même semblé transcender cette image pour apparaître en Officier supérieur républicain. Mais bien qu'ayant des partisans avec lui, d'autres sont sans doute tapis dans l'ombre pour saisir la première occasion de se révolter de fait, les poursuites de sanctions internationales, brandies après les massacres de septembre 2008, n'ayant produit aucun effet dissuasif, cette Armée n'en sera que plus convaincue que les menaces extérieures ne sont que “des foutaises”, pour remettre son putsch à la moindre constatation d'incompétence des autorités en place. Il faut donc que ces autorités soient des hommes solides et non des pantins habillés en dignitaires.

 

C'est en considération de ces perspectives que personne de censé ne désire, que j'exprime, pour la Guinée martyrisée depuis un demi-siècle, le souhait de voir arriver aux commandes des dirigeants compétents et capables. Et il faut que nous priions tous ensemble le Tout-Puissant Allah pour conduire les Guinéens à séparer le bon grain de l'ivraie. De l'ivraie, il y en a parmi les prétendants et je persiste à croire que certains n'ont aucune espèce d'étoffe de dirigeant de peuple.

 

Ils ont été seulement culturellement pétris dans des moules de la foire aux cancres et n'ont plus aucune conscience de participer à un jeu dangereux de déconsidération et de démolition de l'Etat guinéen seul capable de construire une Nation guinéenne, une et indivisible, pour l'épanouissement humain et le bien-être de tous.

 

Ansoumane Doré

Dijon, France

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 08:07

 

Cette arrivée de tiercé est alphabétique et non Alpha, etc. D’aucuns ont annoncé le tiercé gagnant, ou qui devrait gagner. Notre immense Ansoumane Doré en a fait le pari le premier. Mon frère Billo Sy Savané, qui n’est pas petit, a révélé le choix de son esprit.

 

Il faut les lire. Absolument. Ils ont, en quelque sorte, anticipé leur vote. Ce que fait tout militant à l’heure d’une campagne qui a déjà commencé, en violation d’une « constitution » qui vient d’être promulguée par décret.

 

En effet cette constitution dit que la campagne débute 30 jours avant. Mais les candidats déjà en campagne, à ce jour en avance de huit jours, ne se sentent peut être pas totalement engagés par les accords de Ouagadougou signés en leur absence ! Accords qui sont pourtant la racine juridique du CNT.

 

Du jamais vu. Sauf à considérer que ces accords sont à prendre comme des plats dans un self-service. Depuis Agamemnon jusqu’à Staline, en passant par César, De Gaulle et Idi Amin, on n’avait vu un décret promulguer une constitution, elle-même élaborée par une « Constituante », notre CNT, également créé par décret signé par... Laissons tomber, nous sommes hors sujet. Hors de l’Histoire.

 

Le 27 juin la Guinée connaîtra sa première élection démocratique depuis... Depuis quand ? Depuis jamais ! Et c’est faux, archi faux ! Ou à tout le moins on n’en sait rien. Voici les approximations scandaleuses qui vont nous mener à un scrutin scandaleux.

 

Nous serions sur le sol guinéen entre 9 et 12 millions de transitaires, de squatters nationaux sur notre sol soumis à 50 ans de pillage et d’incompétence. Mais laissons là les scandales.

 

Les chiffres. Le dernier recensement a étalé des chiffres faux, qui étaient déjà une razzia dans l’expression démocratique. Quatre millions nous a-t-on annoncé, donc à peu près la moitié de la population estimée au plus bas de l’échelle des estimations.

 

Quand on sait que les Guinéens détenaient un des plus forts taux mondiaux de natalité à la fin des années cinquante ou au seuil des années soixante, quand on accepte le constat des démographes qu’une population, (1) quelle que soit le taux de natalité qu’elle connaît, se double tous les vingt ans, il faut estimer qu’à l’heure d’aujourd’hui, au moins 12 millions d’affamés languissent de n’avoir jamais connu la démocratie, et que celle-ci ne sortira pas de ce recensement calamiteux.

 

Oublions les trois à cinq millions de diaspourris qui continuent à pourrir dans la conscience « nationale » des véritables anti-guinéens, qui ont organisé leur exclusion, avec la bénédiction de ceux qui veulent instaurer la démocratie annoncée. Nous revoici devant les chiffres.

 

Après qu’on a repris le recensement des exclus de la transition cinquantenaire, au lieu que les chiffres (56 000) s’accroissent, ils baissent, on en élimine au contraire et nous ne sommes plus que quelque 50 000 recensés. Il y a pire.

 

« De source généralement bien informée », la rumeur dit qu’en Guinée, on n’a recensé que 3 000 000 de damnés, au lieu des 4 annoncés. Et les Guinéens étrangers à leur propre destin ne sont que quelque 30 000 recensés.

 

En clair, moins de 30% de Guinéens vont entrer dans l’Etat de droit en élisant le Président après une marche forcée, une chevauchée fantastique partie de la balle de Toumba, après le massacre du 28 Septembre, (je parle du second massacre), les accords de Ouagadougou entre Sékouba Konaté, le Capitaine Dadis, toujours « Président » en titre, sous le témoignage de Blaise Compaoré, et le regard omniprésent et « matter of fact » de nos amis et de nos frères « tout le monde il est beau tout le monde il est black ».

 

En l’absence des Partis politiques !

 

Pourtant ces accords nous ont offert un Premier Ministre issu de Nous (qui étions absents, je répète), un CNT issu de Nous, tous promulgués par un Président par intérim non issu de Nous. Cerise sur le gâteau, nous aurons le 27 juin, ou deux semaines plus tard, un Président issu de nos œuvres, de Nous, alors qu’il a été conçu dans le ventre d’un serpent de mer dont la tête était à Rabat et la queue à Ouagadougou.

 

Il y a quelques semaines, je m’étais permis de vous entraîner dans mes divagations à propos de nos origines serpentines. « Nous sommes tous sortis du ventre d’un serpent », que m’avait inspiré le débat entre « Kogna, Ka ? »

Je m’étais trompé, enfin, seulement trompé de perspective.

 

Donc du serpent nous ne sommes pas sortis, ou nous venons d’y retourner, ventre à terre, à la vitesse d’un chronogramme sans cesse bâclé par cinquante ans de dérive de la pensée, accablés d’atrophie cervico-corticale.

 

La crise de leadership s’est ajoutée à la mal gouvernance, menaçant de la rendre incurable pour les siècles des siècles.

 

Mais revenons au tiercé de mon frère Ansoumane et au pronostic de Billo, qui n’hésite pas à donner le nom de l’As, après avoir éliminé Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo. Je dis à Billo que ni l’un ni l’autre ne sauraient être disqualifiés au motif que leurs Partis ont une base ethnique.

 

Il eût été plus logique de disqualifier leurs ethnies ! Car enfin les faits sont têtus et la sociologie politique guinéenne et africaine est ainsi faite que nous avons des régions et des ethnies qui se plaquent sur des configurations et des figures politiques, qui "hélas" sont peules malinké, soussous ou kpélé...

 

Il faut bien, même si nous avons vocation à gouverner tous et pour tous, que nous soyons sortis du ventre de quelqu’un et que donc.

 

C’est comme ça, et nos récriminations même bien justifiées n’arriveront jamais, malgré nos analyses savantes à faire que le mont Nimba et le mont Kakoulima changent de place. Au risque de procéder par sophisme, ce qui est loin d’être une approche volontaire de mon frère Billo.

 

Réciproquement, ce n’est pas parce que Sidya n’a pas de base ethno-régionale qu’il serait mieux qualifié que les deux autres. Peut-être même qu’il en rêverait et ce rêve s’il était réalité ne viendrait que pour conforter ses compétences que nul ne contesterait.

 

Enfin si nous en sommes là à déplorer secrètement la dérive en magbana de cette courte transition de 6 mois, il faut en rendre responsables les Forces vives elles-mêmes et au premier chef, les trois premiers du tiercé, c'est-à-dire pour appeler un chat un chat, nos trois cavaliers qui prétendent nous éviter l’Apocalypse : Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré.

 

Ce sont eux qui ont de loin, fabriqué le pont sur lequel roule le convoi de « notre » gouvernement d’union nationale, l’« alakabon » conduit par son Premier, qui d’ailleurs ne roule plus pour ses pères (ou pairs, comme on voudra).

 

Ce n'était là qu'une des exigences populaires des journées sanglantes de Janvier et Février 2007. Car enfin a-t-on oublié tout le reste de ce que le peuple de Guinée a massivement, clairement exigé au prix du sang versé de près de 200 martyrs dont la majorité étaient à la fleur de l’âge ?

 

Le peuple de Guinée n’a arrêté son insurrection qu’après avoir hurlé, debout comme un seul homme : jamais plus de prédateurs et il faut en finir avec la mal gouvernance. Il n’a jamais dit allons aux élections avec n’importe qui et n’importe comment.

 

Alors « on » a signé les maudits accords tripartites. Qui « on » ? « On, pronom bâtard », nous apprenait-on à l’école, quand on y apprenait encore quelque chose. Et le bâtard est celui dont le père est prétendument inconnu. Tout le monde chuchote son nom, quand passe le maudit, seul à l’ignorer !

 

Notre conscience molle participe de l’identité de ce ON, cette honteuse (dé)mission pronominale. Celui dont le peuple ne voulait plus a rapidement fait ramasser cet accord, s’est mouché avec et l’a balancé dans les poubelles de l’Histoire, avant d’être lui-même lentement évacué par le Destin.

 

Ceux qui prétendent conduire ce chariot de feu vers l’Etat de droit semblent avoir déjà fait l’impasse sur le sanglant prix payé pour qu’au moins ces accords ne soient pas emportés par la voierie urbaine de Conakry.

On verra ça plus tard. L’urgence, c’est que les militaires partent. M... !

 

Il y a une décennie, c’était : « Il faut d’abord que Conté parte ! » Conté est parti. Mais qui a « chassé » Conté ? Re-m.. !

 

Et on ressasse, « le plus urgent c’est que les militaires partent ».

Mais c’est avec, grâce à ces militaires qu’on est entrain de bâcler l’Etat à venir, bâti sur un appareil d’Etat intact. Intact dans ses fondements vermoulus.

 

Ils sont tous là, préfets, gouverneurs, directeurs nationaux, grotos (gros tonneaux), aux panses lestées par 50 ans de rapine, d’incompétence et d’impunité. Mais non, il faut y aller, on verra ça après. D’ailleurs il y a aura des audits.

 

Et les vieux leaders, frappés par la limite d’âge seront recalés.

Faux a tranché le CNT. Les « prédateurs» Cellou, Kassory, etc., le vieux diarra (lion manding) Alpha Condé seront bien candidats et la « constitution » a été torchée exprès pour cela.

 

Notre misérable petit rôle d’intellectuels ne nous interdit pas d’avoir des convictions et de les clamer haut et fort, quand on estime le moment venu. Mais l’intime conviction ne doit pas se substituer à notre « mission » d’éclaireurs des consciences pour justement donner au citoyen lambda les moyens de se faire une religion, dans l’ultime et fondamental geste de liberté qui consiste à voter.

 

L’élection du 27 juin était souhaitable, mais elle n’était pas nécessaire à cette date. Elle ne nous mènera certainement pas à cet Etat de droit souhaité par tous. Il est probable que le futur Président soit l’un des trois jockeys de mes frères Ansoumane et Billo. Un Président qui sera comptable de cette marche forcée qui aura bafoué la volonté populaire clairement exprimées lors des journées sanglantes de Janvier et février 2007. Je doute qu’un mandat lui suffise pour reprendre les chantiers bâclés et abandonnés par l’ère Dadis, encore moins ceux qui n’avaient pas été au programme des deux républiques qui ont précédé.

 

S’en souviendra-t-il même ?

 

Donc voici mon intime conviction. En l’état actuel du droit public guinéen, aussi tordu soit-il, tous les candidats officiellement admis à la candidature méritent respect, au moins à cause du respect que nous devons à ceux qui voteront pour eux.

 

Wa Salam !

 

Saïdou Nour Bokoum

 

Note (1) Ceci n’est évidement pas vrai dans l’absolu : il s’agit de « jeunes » nations ou d’Etats au sens économiste et occidental de ces notions. Préciser cela nous entraînerait loin de notre propos.

 

PS : Aux dernières nouvelles voici les derniers chiffres officiels (provisoirement) :

 

Résidents : 3 800 000

Guinéens de l’Extérieur : 120 000

 

Cette légère remontée des chiffres ne change strictement rien à mon propos quant au fond. Il y a seulement moins d’absurdité concernant le recensement des Guinéens de l’Extérieur qui aurait abouti à une baisse, après une reprise. Mais le doublement du chiffre des recensés, de 56 000 à 122 000 demeure totalement insignifiant, scandaleux, puisque nous sommes estimés être entre 3 000 000 et 5 000 000.

 

SNB

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 09:01

 

Le Conseil national de transition (CNT) a rendu sa proposition de Constitution qu’il veut faire promulguer par le Président sans discussion et sans consultation de la population. Pourtant tant l’ancienne Loi fondamentale que la nouvelle Constitution affirme que la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants élus ou par référendum et qu’aucune fraction du peuple ne peut s’en attribuer l’exercice.

 

L’article 21 de la nouvelle Constitution reprenant les dispositions de l’ancienne est explicite « Le Peuple de Guinée détermine librement et souverainement ses Institutions et l'organisation économique et sociale de la Nation ». Denier au peuple le droit de se prononcer c’est fragiliser la Constitution et rendre sans objet les verrous qu’elle s’est donnée pour empêcher sa modification future.

 

Si certaines dispositions et institutions prévues dans la nouvelle Constitution sont pertinentes, d’autres laissent perplexes.

 

Les dispositions pertinentes : les institutions de contrôle

 

Certaines décisions de cette nouvelle Constitution sont importantes. C’est le cas de la décision de doter le pays d’institutions comme la Cour constitutionnelle qui s’occupera entre autres du contentieux électoral et se prononcera sur la constitutionnalité des lois et d’une Cour des Comptes qui va contrôler les comptes publics, les comptes de campagne et exercer un contrôle a priori et a posteriori de la loi des finances.

 

Il faut faire en sorte que ces deux nouvelles institutions exercent pleinement leurs attributions.

 

Il convient de se rappeler que la Cour suprême qui exerçait toutes les fonctions dévolues à ces deux institutions ne s’y est pas brillamment illustrée. Nous serions curieux de voir un rapport rendu par la chambre des Comptes de la Cour suprême sur les comptes de l’Etat.

 

Il serait toutefois illusoire de croire que ces deux institutions seront mises en place et opérationnelles avant le 27 juin 2010. De ce fait l’argument consistant à dire qu’il faut impérativement adopter la nouvelle Constitution avant l’élection présidentielle est irrecevable. La Guinée doit se doter d’institutions fortes pour le futur et ne pas bâcler la Constitution. L’élection doit bien avoir lieu à la date indiquée.

 

Le Président de la République tirera sa légitimité du suffrage universel, il faut que la nouvelle Constitution aussi tire sa légitimité de ce suffrage pour ne pas rendre attaquables les dispositions qu’elle veut verrouiller et soustraire à toute révision comme la durée et le nombre de mandat présidentiel.

 

Les lacunes et incohérences

 

La proposition de Constitution comporte de nombreuses imperfection tant au niveau de la forme que du fond.

 

Les omissions et répétitions

 

Est-ce la hâte de devoir rendre rapidement une copie, quoi qu’il en soit, la proposition de Constitution présente certaines omissions. C’est le cas de l’article 95 qui n’existe pas. Le texte passe de l’article 94 au 96.

 

À l’inverse, le Titre III sur le pouvoir exécutif (articles 27 et suivants) comprend deux sous Titre I : Sous Titre I du Président de la République (art 27 et suiv.) et Sous Titre I du Premier Ministre (article 52 et suiv.)

 

Par ailleurs le Titre V est intitulé « Des rapports entre le Président de la République et l’Assemblée nationale » (art. 72 et suiv). Le CNT s’est contenté de recopier la Loi fondamentale sans tenir compte des certains éléments du contenu de la nouvelle Constitution. Il aurait été plus pertinent de parler « Des rapports entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale ».

 

Le vol est plus grave que le crime de sang

 

Dans le préambule il est énoncé que « tirant les leçons du passé et des changements politiques intervenus depuis lors, le peuple de Guinée affirme sa volonté de promouvoir la bonne gouvernance et de lutter résolument contre la corruption et les crimes économiques. Ces crimes sont imprescriptibles ».

 

On aura ainsi noté la volonté de lutter contre la corruption mais surtout un silence quant à l’existence de cette volonté pour punir les crimes de sang, l’absence d’allusion à toute justice pour les martyrs de la République.

 

Le crime économique qui n’est pour l’instant pas défini est imprescriptible tandis que les crimes de sang sont soumis à la prescription décennale et trentenaire. Bref en Guinée, voler devient plus grave que tuer.

 

Pouvoir exécutif -- Qui est le véritable chef de l’Exécutif ?

 

Selon la nouvelle Constitution, le Premier Ministre est chef du gouvernement et il dispose du pouvoir règlementaire (art 52).

 

Dans cette même Constitution, l’article 46 stipule que « Le Président de la République dispose du pouvoir réglementaire qu’il exerce par décret ».

 

Donc les deux, le Président et le Premier Ministre disposent du pouvoir règlementaire. Mais contrairement au Premier Ministre qui ne dispose que du pouvoir règlementaire, le Président qui en dispose l’exerce surtout par décret. Ce qui veut déjà tout dire. Le Président est le véritable détenteur du pouvoir règlementaire.

 

C’est le Président qui préside le Conseil des Ministres. C’est lui qui fixe par décret les attributions de chaque Ministre. Pourtant d’après l’article 53 le Premier Ministre propose au Président de la République la structure et la composition du Gouvernement.

 

L’article 45 dispose que le Président détermine et contrôle la conduite de la politique de la Nation. Mais suivant l’article 52, le Premier Ministre est chargé de diriger, de contrôler, de coordonner et d’impulser l’action du Gouvernement.

 

Le Premier Ministre et son gouvernement ne sont responsables que devant le Président de la République (art. 53), ce qui ne change rien à la Loi fondamentale où les Ministres n’étaient responsables que devant le Président.

 

Tout comme dans la Loi Fondamentale, c’est le Président qui nomme et révoque les Ministres : Art 52 : Le Premier Ministre, Chef du Gouvernement est nommé par le Président de la République qui peut le révoquer. Le Président de la République nomme les Ministres et met fin à leur fonction, après consultation du Premier Ministre.

 

Un parlement émietté et aux pouvoirs limités

 

Le Premier Ministre et son gouvernement ne sont pas responsables devant l’Assemblée nationale. Même si celle-ci, comme dans la Loi fondamentale peut interroger les Ministres ou nommer des commissions d’enquête.

 

Le Premier Ministre et son gouvernement n’émanent pas non plus de la majorité parlementaire. Donc pour ceux qui voulaient d’un régime parlementaire, ce n’est pas tout à fait le cas.

 

Reprenant la Loi Fondamentale, l’Assemblée qui n’a pas grande influence sur l’exécutif voit ses pouvoirs largement empiétés par le Président et le gouvernement. Le Président dispose d’une prérogative d’un régime parlementaire, à savoir le droit de dissoudre l’Assemblée nationale.

 

L'initiative des lois appartient concurremment au Président de la République et aux Députés à l'Assemblée Nationale (art.84). Le Président de la République et les Députés à l'Assemblée Nationale ont le droit d'amendement. Les amendements du Président de la République sont présentés par le Premier Ministre ou un Ministre (art 85).

 

En outre le projet de loi des finances est présenté à l’Assemblée par le Président et celui-ci compte tenu de l’urgence peut reconduire le budget de fonctionnement de l’Etat par décret (art.76).

 

Un dernier point qu’il convient de mentionner c’est la consécration du morcellement de l’Assemblée nationale par le mode de scrutin choisi.

 

En effet selon l’article 63, le tiers des Députés est élu au scrutin uninominal à un tour (…) Les deux tiers des Députés sont élus au scrutin de liste nationale, à la représentation proportionnelle. Les sièges non attribués au quotient national sont répartis au plus fort reste.

 

Si le scrutin uninominal tend à réduire le nombre des partis, ce n’est pas le cas de la représentation proportionnelle surtout au plus fort reste. Ainsi la croissance exponentielle constatée des partis politiques risque de figurer dans la future Assemblée nationale ce qui rendra très difficile de trouver une majorité pour adopter les lois indispensables au bon fonctionnement de l’Etat. Et un tel émiettement du législatif peut être une source d’instabilité politique.

 

En conclusion, si certaines mesures sont très bonnes pour le fonctionnement de notre démocratie, la hâte et la précipitation dans la rédaction de la Constitution laissent apparaître certaines incohérences qu’il faut corriger. Il n’y a pas de changement dans les relations entre l’exécutif et le législatif par rapport à la Loi fondamentale de 1990 modifiée en 2001. Les pouvoirs du Président restent prépondérants et toute la responsabilité de l’exécutif est endossée par le PM et le gouvernement.

 

Et pour mériter sa valeur de loi suprême et du peuple et acquérir la force indispensable pour la rendre opposable à tous, la Constitution ne peut pas être adoptée par simple promulgation d’autant qu’aucun des acteurs de la Transition n’a été élu.

 

Hassatou Baldé

 

Source : www.guineelibre.com partenaire de www.ondes-guinee.info

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 15:50


Le moins que l’on puisse dire, c’est que la tâche n’était pas facile pour le doyen de l’opposition guinéenne. Mais il s’est mis tout seul dans les problèmes. En effet, quand pour gérer une transition de six mois, on accepte de mettre en place une structure gouvernementale de 32 Ministères et 2 Secrétariats Généraux, il faut s’attendre à faire face à des dosages entre les différents acteurs des forces vives, les différentes sensibilités religieuses, régionales et ethniques. Et cela, au détriment de l’efficacité et de l’efficience.


A partir de là on ne maîtrisera plus les coûts consécutifs à cette structure, mais aussi et surtout la durée et la mission même de ce gouvernement de transition.


L’opinion a suivi hier soir à la télévision nationale le décret de la nomination des ministres du gouvernement de transition, avec pour annonce celle du Cabinet du Président par Intérim ce soir, Mardi 16 Février 2010.


Parlant de ce décret, il y a des choses à dire pour faire état d’un certain nombre d’incohérences qui montrent que nous ne sommes pas encore dans la perspective d’un minimum de professionnalisation de cette Administration :


1. De la Structure du Gouvernement : En début Février, un décret a officiellement installé la structure gouvernementale sur laquelle le PM et le Général Président par Intérim se sont entendus.


Avec la nomination d’hier soir, on se rend compte des anomalies au niveau de 9 postes Ministériels dont 2 nouveaux qui portent à 32 Ministres au lieu de 30 initialement prévus. Le Ministère des Affaires Etrangères ne comptait pas « l’Intégration Africaine ».


L’Administration du Territoire était un Ministère d’Etat, il ne l’est plus. Celui de l’Habitat ne comprenait pas la Construction ni l’Urbanisation. Celui du Plan et de la Coopération avait l’Intégration Africaine et il ne l’a plus. Celui des Eaux et Forêt n’avait pas le Développement Durable, maintenant si. Celui des Affaires Sociales parle désormais de Solidarité Nationale.


Les deux nouveaux qui sont la Micro Finance et l’Alphabétisation viennent de nulle part. Dans tous les cas, il faut savoir qu’il aurait fallu un autre décret pour modifier le premier décret de restructuration pour tenir compte de ces changements, cela pour éviter les conflits de compétence ;


2. Du Discours de Jean Marie DORE : avec un bon début pour rendre hommage aux victimes des évènements de Janvier et Février 2007, puis celles du 28 Septembre 2009, il a amorcé un bel esprit qui devrait aboutir à la présentation d’une ossature gouvernementale avec une claire mission et une obligation de résultats.


Mais très vite on se perd dans un discours creux où il parle de possibilité de renvoyer du gouvernement tout ministre qui serait impliqué dans des malversations, les évènements du 28 Septembre ou tout simplement incompétent. Mais il aurait fallu au départ avoir une claire définition des objectifs et lettre de mission de chaque ministère avant de voir les profils de chaque postulant pour la nomination qui se ferait en toute connaissance de cause. Je ne sais pas comment et qui pourra évaluer la compétence d’un ministre dans l’exercice de ses fonctions, sans critères préalablement établis dans l’objectivité et la transparence ;


3. De la composition du Gouvernement : A voir l’équipe, on ne constate pas un schéma qui puisse donner une orientation sur les intentions du Premier ministre dans une perspective de court terme.


On connaît la lettre de Mission que le Général lui a confié, mais on a du mal à faire le lien entre cette lettre qui vise essentiellement les élections et cette équipe gouvernementale composée de personnes venues de tous les horizons et qui n’ont aucune expérience commune de gestion. On sent bien que c’est le compromis et la volonté de faire plaisir aux uns et aux autres qui ont prévalu, avec pour toile de fonds, le dosage ethnique.


Kerfala Yansané qui arrive comme un cheveu dans la soupe avec la rigueur que l’on lui connaît. Mais pourra t-il assainir ou tenir les finances lorsqu’il ne maîtrisera pas les dépenses du côté des militaires ?


Ensuite nous avons les militaires du CNDD et autres civils proches du CNDD qui sont juste là parce que quelqu’un veut qu’ils soient là et non parce qu’ils sont utile à quelque chose. Enfin on voit des ministères de micro-finances et de l’alphabétisation juste pour permettre de distribuer deux postes de plus que prévu.


Pour finir, nous avons les autres postes occupés par des cadres des partis politiques, des Syndicats et de la Société Civile dont la présence ne dénote aucune vision commune pour faire valoir la position des forces vive dans les décisions stratégiques. Ils sont tout simplement là de façon individuelle et personnelle. Et tout ceci dénote un grand problème d’inconsistance et d’intérêts personnels.


4. De la Déclaration du Général, lue par son Directeur de Presse : Comme il fallait s’y attendre, le Général Président par Intérim a tenu à réagir sur ce qu’on a appelé un gouvernement parallèle qu’il est en train de préparer pour affaiblir Doré.


En effet, pour préparer l’opinion à la nomination de son Cabinet ce soir, il demande pardon au peuple pour les tragiques évènements du 28 Septembre. Il dit être aux côtés de Doré pour le supporter. Il dit vouloir mettre en place une équipe non pour affaiblir mais pour renforcer et aider le gouvernement en place.


Tout ceci nous montre bien que le Général président par intérim a l’intention de mettre les purs et durs du CNDD qui n’ont pas été pris au gouvernement à ses côtés et rien n’empêchera ces derniers à continuer à faire ce qu’ils font depuis le 23 décembre 2008 au nom, d’un côté, de la sécurité présidentielle et de l’autre, à celui de la lutte contre le grand banditisme et la drogue.


Et quand on prend les hommes qui sont derrière ces deux hauts responsables de l’armée, on sait bien que nous aurons des militaires et des gendarmes jusque dans nos maisons et pour longtemps encore. Tout cela au nom de la sécurité nationale.


5. Du Cabinet du Président par Intérim : Ce qui devait arriver, arriva. Les titulaires des postes de la Sécurité Présidentielle et de la lutte contre la drogue restent en place. Cela montre bien que le processus de maintien du principe de l’impunité est bien installé en Guinée.


Si le discours de Jean Marie Doré montre bien la volonté de poursuivre les responsables des massacres du 28 septembre, le général président parle de pardon et de préférence de la paix à la justice.


Avec le regroupement de toutes les forces de défense (Gendarmerie et Bérets rouges) entre les mains de ces deux poids lourds de l’armée, on se pose des questions sur leur poursuite éventuelle par la justice avec cette nouvelle protection que leur donne le président par intérim.

Pour ce qui des autres membres de ce Cabinet, le général président envoie à ses côtés, une pléthore d’amis comme l’avait fait Dadis en son temps, et pour le résultat que l’on connaît. Mais comme on le dit : « Protèges-moi de mes amis, mes ennemis, je m’en charge ! ».

Au nom de la justice, Jean Marie Doré pourrait il renvoyer Thiégboro et Pivi au cas où leur responsabilité dans les massacres du 28 Septembre serait établie par la justice ? Ou bien ces deux hauts responsables de l’armée ne font pas partie de son gouvernement ?


Dans tous les cas, le gouvernement est désormais en place et le Cabinet du Président par Intérim aussi, avec des lacunes certes. Maintenant, le travail et les grands défis sont au niveau de la mise en place des bases pour nous conduire le plus rapidement que possible, aux élections.

Pour ce faire, toute l’attention doit se focaliser sur la CENI et le bouclage de son budget dans les meilleurs délais et en toute priorité.


Bonne chance à l’équipe gouvernementale.


Mamadou Barry
Analyste Financier
mamadoubiro@yahoo.fr
+ 224 68-28-09-09

 

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 10:30


C’est un mois après les accords de Ouaga que le gouvernement de Transition a été rendu public sur les antennes de la Radio Télévision Guinéenne (RTG). Je rappelle que c’est le quatrième gouvernement en 3 ans. Analyse faite, ce gouvernement fait ressortir quatre constantes que je résume ainsi : les grands retours, les grands départs, les miraculés et les grands absents.

 

Les grands retours

 

Il s’agit de ceux d’anciens administrateurs et ministres des régimes antérieurs. Au Ministère des finances, c’est l’ancien gouverneur de la Banque Centrale M. Kerfalla Yansané qui est nommé.

 

Aly Gilbert Ifono, ancien ministre des arts et de la culture du gouvernement de large ouverture d’Ahmed Tidiane Souaré revient au Ministère de la décentralisation et du développement local.

 

Dr. Mariama Béavogui, également ancien ministre de la Santé du gouvernement Souaré fait son retour pour le porte-feuille de la Micro-finance, du secteur informel, de l’emploi des jeunes et des femmes.

 

Dans le cabinet présidentiel, on note l’arrivée d’Aboubacar Yacine Diallo, ancien ministre de la Communication sous l’ère Conté, en qualité de Conseiller en lieu et place d’Idrissa Chérif.

 

L’ancienne ministre des Affaires etrangères et de la coopération internationale (également du régime Conté) Mme Kaba Fatoumata Sidibé occupe le poste de Conseiller diplomatique à la Présidence.

 

Enfin, M. Almamy Kabèlé Camara, l’ancien ministre de la Défense du gouvernement Souaré, est devenu ministre conseiller auprès du général Sékouba.

 

Les grands départs

 

Il ya quelques surprises à ce niveau. Certains ministres que la plupart des guinéens pressentaient au départ sont maintenus. J’y reviendrai plus loin. On peut évoquer le départ du ministre Secrétaire permanent du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) le colonel Moussa Kéita. Les pronostics n’ont pas été faussés en ce qui le concerne.

 

En effet, on voyait mal comment cet officier qui a été accusé, à tort ou à raison, par plus d’un guinéen et par les Forces Vives d’avoir faussé sa mission de médiation allait conserver son poste.

 

D’autres départs et non des moindres : Cécé loua, ancien ministre des Affaires Etrangères ; Papa Koly Kourouma, ancien ministre de l'Environnement et du Développement durable ; Frédéric Kolié, ancien ministre de l'Administration du territoire des Affaires politiques.

 

L’un des départs les plus remarqués est sûrement celui d’Idrissa Chérif qui avait la double casquette de Ministre de la Communication à la Présidence et à la Défense nationale.

 

Toutes ces personne étant réputées appartenir à l’aile dure du CNDD ont perdu leur poste-feuilles. Leurs liens avérés ou supposés avec l’ancien chef de la junte n’y ont rien pu.

 

Les miraculés

 

Ce sont tous les ministres que l’opinion nationale donnait comme partant et qui ont été maintenus à leur poste. C’est le cas du ministre chargé de la Sécurité présidentielle le Commandant Claude Pivi qui obtient un bonus avec son élévation au rang de ministre d'Etat pour la même fonction.

 

Le lieutenant colonel Moussa Tiégboro s’est vu confirmé au poste de ministre conseiller auprès du président de la République chargé des services spéciaux, de la lutte contre la drogue et du grand banditisme.

 

Pour plus d’un observateur, la mise au point lu à la RTG dès après la nomination du gouvernement de Jean-Marie Doré par le Directeur de presse de la Présidence visait à préparer l’opinion publique au maintien des ces deux personnes. Mais, certains pensent que les raisons sont ailleurs. Néanmoins, convenons que l’heure est à l’apaisement.

 

Les grands absents

 

Les oubliés de la transition sont avant tout les Guinéens de l’extérieur. Il suffit de savoir qu’ils seront gérés à nouveau par quelqu’un qui, lui, se trouve bien à l’intérieur. C’est l’une des raisons qui explique que personnellement je réprouve l’appellation « Guinéens de l’extérieur ». Je lui préfère la dénomination « Guinéens de l’Etranger » et même « vivant à l’Etranger ».

 

Le critère géographique ou la distance mise en avant ne leur dénie pas tout droit et devoir. Ce critère leur reconnaît, contrairement au premier, une existence réelle et leur confère un droit à part entière dans la gestion du pays.

 

Par contre, l’usage « Guinéens de l’Extérieur » met en marge du système les femmes et les hommes guinéens vivants à l’étranger. Rayés des préoccupations nationales, ils sont marginalisés à tout point de vue. Ils ne comptent que lorsqu’il s’agit de manifester, de porter les malheurs du pays et les revendications du peuple à l’extérieur.

 

Pire, certains hommes politiques, une fois devenus ministres, ne trouvent pas mieux que les rassembler dans les chancelleries et ambassades pour les berner et, leur sous- tirer au besoin quelques billets sonnant et crépitant et des repas copieux en plus.

 

Si cela seulement cette parenthèse dans ce gouvernement, même de transition, pouvait donner quelque leçon que ce soit à certains francs- tireurs vivant à l’extérieur pour qu’ils prennent la nécessité d’une action commune et mutualisée ?

 

Le deuxième groupe d’oubliés ce sont les jeunes. Ils n’ont pratiquement aucun représentant. Le ministère de l’emploi leur échappant, on serait tenté de dire que Mouctar Diallo est jeune. Seulement celui- ci représente son propre parti et/ ou les Forces Vives. Ce sont encore les sacrifiés du changement. Hélas !

 

Le troisième groupe ce sont les femmes. Elles ont d’importants porte- feuilles certes. Cependant, elles sont au nombre de 9 : gouvernement et Présidence réunies. Soit 5 dans le premier cas et 4 dans le second.

 

On me dira que c’est mieux par rapport au passé, aux jeunes et le CNT revient à une dame. Mais, en dépit de tout, elles restent sous-représentées. Il est temps qu’on sache qu’il n’ya pas que de « femmes Wangler » en Guinée comme les traitait l’autre.

 

Lamarana Petty Diallo

lamaranapetty@yahoo.fr

 

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 07:08

 Abdoulaye B. Diallo

On a beaucoup gloser sur la situation guinéenne et très souvent déploré cette misère de la population, ainsi que la violence et le mépris qu'elle subit par ses gouvernants depuis l'accession en 1958 à la souveraineté nationale de notre pays.

A la lecture des articles sur le net, on découvre que beaucoup de sujets dans tous les domaines ont brillamment été abordés et largement commentés. Je m'associe à la plupart des écrits dans lesquels je me sens pleinement représenté. Les guinéens ont de vrais talents individuels, mais l'on peut légitimement s'interroger sur l'absence de résultats heureux pour la collectivité nationale.

 

Pourquoi la diaspora guinéenne n'est pas associée à la prise de décisions ? Cette communauté qu'on désigne comme la 5ème région du pays qui en compte 4 naturelles ne doit pas être seulement sollicitée que pour sa contribution. Son apport économique est au-delà de l'aide publique au développement.

 

Et pourtant, la diaspora guinéenne était présente dans toutes luttes du peuple de guinée. Elle a initié des luttes, s'est mobilisée pour relayer et porter au niveau international les revendications des populations en souffrance. Il n'est d'ailleurs ni nécessaire, ni utile à ce stade d'énumérer, voire justifier les actions de cette diaspora dont le dynamisme constitue un des caractères les plus marquants.

 

Cette diaspora guinéenne a des atouts et constitue une vraie richesse humaine avec une formation de qualité, des expériences multiples pour contribuer efficacement à sortir notre pays de ses difficultés. A l'instar de la plupart des pays, la Guinée doit valoriser l'expertise de sa diaspora et facilite le retour et son insertion.

 

Au lendemain de la désignation du gouvernement de transition de M. Jean-Marie DORE, pléthorique pour un gouvernement de mission à durée de six mois, on peut observer le maintien d'un ministre des guinéens de l'étranger confié à un guinéen de l'intérieur. Sera-t-il l'avocat le mieux indiqué pour examiner et apporter les solutions idoines ?

 

Certains départements ministériels, qui normalement correspondent à des directions nationales, sont été créés à des fins de placer les amis. Le ministère des guinéens de l'étranger n'a même pas cette valeur symbolique de prise en compte de la diaspora en confiant ce département à un « diaspo ».

 

La diaspora guinéenne est composée de citoyens à part entière et mérite d'être correctement recensée pour participer aux élections présidentielle et législatives.

 

A défaut pour le tout nouveau ministre des guinéens de l'étranger de disposer le temps nécessaire pour traiter les dossiers de ses attributions, il y a au moins un dossier urgent qu'il doit pouvoir régler, celui du recensement correct des guinéens vivant à l'étranger. La tache prioritaire à mes yeux est de s'atteler à ce dossier.

 

C'est donc un vrai test ou challenge qui attend ce ministre en collaboration bien entendu avec les autres ministres concernés par l'organisation des premières élections, libres, transparentes et crédibles de la Guinée depuis son indépendance.

 

Pour le reste et sans faire le procès d'intention, il semble aux dernières nouvelles que dans le Conseil National de Transition (CNT) 8 ou 9 postes sont prévus pour la diaspora. Il est donc urgent de définir les modalités de la désignation de ses représentants.

 

J'ai souhaité partager avec vous ma préoccupation du moment et vous invite à une vigilance permanente, puisque rien n’est encore réglé.

 

Abdoulaye-Baïlo Diallo

Paris, France

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 20:43



« Le bourreau tue deux fois : d’abord par la mort, ensuite par l’oubli ! » selon un axiome, un vieil adage. Le bourreau mise toujours sur l’oubli et l’impunité pour ne pas répondre de ses actes devant la justice
.

La transition, relancée après l’accord de Ouagadougou du 15 janvier 2010 dont la valeur juridique suscite des débats et conclu par Blaise Compaoré, le médiateur dans la crise guinéenne, Sékouba Konaté et Moussa Dadis Camara le « chef  en titre » de la junte, pose trois équations à résoudre : sa durée, son contenu et les personnes qui l’animeront.

 

Pour le moment on ne connaît que sa durée qui est de 6 mois, une primature « tricéphale » et la structure du gouvernement que dirigera Jean-Marie Doré, ancien porte-parole des Forces vives qui est une structure tripartite qui représente la véritable opposition à la junte.

 

Des interrogations demeurent bien que des perspectives heureuses se dessinent en Guinée sous la férule de Sékouba Konaté, ministre de la défense et chef d’Etat par intérim (et non Président car non élu).

Trois sentiments m’habitent ; c’est le triptyque : espoir, soutien et vigilance.

Car certaines forces obscures de la Restauration, rétives au changement et arc-boutées sur de juteuses rentes de situation mal acquises, qui ont intérêt à ce que rien ne change sont tapies dans l’ombre et manœuvrent contre l’intérêt général et l’alternance démocratique. Malgré un bilan désastreux du CNDD qu’elles soutiennent en réalité.

 

L’impunité est devenu leur allié objectif ; elle concerne à la fois les crimes économiques et toute forme d’atteinte aux droits humains.

 

Il faut sortir le plus tôt possible de cette transition militaire dévoyée en organisant des élections libres, transparentes et équitables  pour que le pouvoir politique en Guinée retrouve les bases de sa légitimité ; surtout pour mettre fin à la dictature, au culte de l’impunité et de l’injustice en y instaurant un réel Etat de droit, des pratiques démocratiques dans nos mœurs politiques. La tache ne sera pas aisée mais, contrairement à certains, je préfère une après-midi enchantée au fameux « Grand soir » qui ne vient jamais.

 

Par réalisme et dans le souci d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel. Parce qu’ il est grand temps de refermer la parenthèse, la page du régime militaire.

Mais avant de tourner une page il faut la lire.

 

Pour éviter le replâtrage, le maintien de cette caste administrative, militaire, commerçante et affairiste et favoriser aujourd’hui la Renaissance, le changement, le début d’une nouvelle ère empreinte d’espoir et de prospérité, il est urgent et vital de mettre fin à la récurrente impunité dont jouissent ces forces de la Restauration.

 

Le rapport accablant et nominatif de la Commission d'enquête internationale onusienne aura sûrement des suites judiciaires à l’encontre de la junte guinéenne qui se trouve dans le collimateur de la Cour pénale internationale (CPI).

 

Cette justice internationale au service de la vérité historique bénéficie de la traque constante des auteurs de crimes contre l’humanité, de génocide et d’une Jurisprudence implacable, notamment la Jurisprudence « Jean-Pierre Bemba » sur le fondement juridique du « principe de la hiérarchie militaire ».

 

1°) L’impunité, l'alliée des des forces de la restauration

 

Malgré son bilan désastreux au niveau de la gestion de l’Etat, malgré ses crimes économiques et humains, le CNDD est soutenu par une coalition hétéroclite et tentaculaire d’affidés favorables au statu quo ; leur allié objectif étant l’impunité.

 

Il est grand temps d’éradiquer l’accommodement à la culture de l’impunité et de l’injustice, à l’avilissement de la personne humaine en Guinée, à la violence, aux nombreux et répétitifs manquements aux droits de l’Homme depuis les années 50 à l’ère du CNDD.

 

a) CNDD : un bilan désastreux

 

Notre pays, malgré ses potentialités naturelles et humaines incommensurables, a enregistré beaucoup de retard sur le plan de son développement économique et social : les ratios concernant les consommations d’eau potable et d’électricité, les soins de santé primaire, la scolarisation et l’alphabétisation restent très insuffisants.

 

Il est classé parmi les pays les plus corrompus dans le monde selon Transparency International, parmi les derniers pour l’Indicateur du Développement Humain (IDH) et continue encore de faire partie des pays les plus pauvres au monde avec plus de 40% de la population vivant au-dessous du seuil de pauvreté absolue.

 

La Guinée demeure dans la sous-région, dans la zone Mano River, l’épicentre du trafic humain, des armes, de la drogue et de la fausse monnaie.

 

Depuis le 23 décembre 2008, on a assisté à :

 

• l’arrestation ou à la mise à l’écart de presque tous les dignitaires du régime défunt ;

 

• l’émergence de nouvelles autorités militaires inexpérimentées et démesurément ambitieuses ;

 

• la prééminence du facteur ethnico-régional dans le processus de recrutement et de promotion des cadres civils et militaires ;

 

• la volonté inébranlable de la junte de se maintenir au pouvoir au mépris de la volonté du peuple de Guinée et des exigences de la communauté africaine et internationale ;

 

• la formation des clans militaro-politiques, ce qui a consacré la fin de la discipline, du commandement unifié et de l’esprit de corps dans l’armée guinéenne, au sein des forces de sécurité ;

 

• l’immixtion grave et intolérable du chef de l'Etat DADIS, au mépris du principe de la séparation des pouvoirs cher à Montesquieu, dans le fonctionnement du pouvoir judiciaire avec une violation du principe de la présomption d'innocence et du secret de l'instruction (cf. le dossier du trafic de drogue) ;

 

• l’usage partisan et personnel des deniers publics : décaissement de centaines de millions de FGN à la Banque centrale au motif fallacieux de dépenses de souveraineté pour acheter les consciences, engloutis dans des Mamaya pour vendre la candidature de DADIS dans la perspective de l’élection présidentielle : par exemple, les 22 chefs de quartiers de N'Zérékoré auraient reçu chacun une 4X4 Toyota double cabine et des chefs de secteurs 450 motos ; le CNDD est devenu ainsi une structure, un « machin » avec des réseaux internes de promotion sociale sur des fondements subjectifs, « identitaires », d’enrichissement personnel, de népotisme, etc… ;

 

• un système éducatif non performant avec notamment moins de 23 % de réussite au BAC en 2009, alors que l’Ecole a pour rôle de créer des citoyens éclairés ;

 

• des crimes humains du CNDD : arrestations arbitraires et extrajudiciaires, détention dans des lieux non conventionnels de civils et de militaires à qui on refuse l’assistance d’un avocat et la visite de parents ; tortures ; meurtres ; viols qui provoquent des traumatismes inaltérables sur les plans physique, affectif et mental.

 

b) Une coalition hétéroclite et tentaculaire favorable au statu quo

 

« La vertu se perd dans l’intérêt, l’opportunisme comme les bras des fleuves se perdent dans la mer ! ».

 

Mon cursus social m’interdit certains parcours contrairement à certains de nos compatriotes, notamment ceux qui résident en France qui, malgré les viols et massacres de pacifiques manifestants au stade du 28 septembre, continuent d’enjamber la mare de sang et la dépouille de nos martyrs afin d’assurer une hypothétique promotion sociale.

 

Il y a le prix que certains attachent à leur honneur, à leur dignité, à leur reniement, à leur consumérisme, à leur ralliement à DADIS et au CNDD à qui ils témoignent une bienveillante servilité. C’est un vil prix. Ceux qui essaient désespérément de donner un vernis de respectabilité à des tueurs et violeurs en masse ; notamment avec le fallacieux alibi que DADIS est bon, est un « ange » que son entourage aurait induit en erreur.

 

Mais notre pays, derrière sa molle couche de corrompus, d’opportunistes, de recyclés permanents a des ressorts moraux insoupçonnés.

 

L’histoire, ce juge incorruptible, qui fait son chemin avec le temps, interrogera un jour, chacun des Guinéens, sur ses responsabilités lorsqu’il avait été confronté à ce défi devant son destin.

 

Le CNDD est soutenu par une coalition hétéroclite et tentaculaire, de sbires, d’affidés venus d’horizons divers :

 

• Des « intelligences » au service d’une mauvaise cause, mais ne dit-on pas que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ? » ;

 

• Les rebus et les imposteurs de la diaspora cherchant une place au soleil ;

 

• Les recyclés du système Conté ;

 

• Des partis politiques « alimentaires » venus se créer et se greffer au CNDD ;

 

• Des partis politiques existants venus servir de supplétifs pour le CNDD ;

 

• Ceux qui ont trahi leur structure partisane originelle, dénommés les « Transhumants » ;

 

• Ceux qui croient que c’est au tour de leur ethnie ;

 

• Ceux qui ont des préoccupations alimentaires très prononcées ;

 

• Ceux qui ont des rentes de situations juteuses à préserver ;

 

• Ceux qui veulent exister, qui ne supportent pas l’ombre, l’anonymat, l’effacement ;

 

• Ceux qui préfèrent le maintien de DADIS ou d’un autre militaire au pouvoir à la victoire d’un rival politique ;

 

• Ceux qui empruntent toujours des raccourcis et des mauvaises routes politiques pour tenter de devancer leurs concurrents ;

 

• Ceux qui ne supporteraient pas qu’un leader politique issu de la diaspora accède à la magistrature suprême ;

 

• Ceux qui estimaient qu’un pouvoir ne se transmets pas et qu’il fallait que DADIS le conserva à tout prix comme ses prédécesseurs, même malades et incapables quitte à l’instrumentaliser comme Lansana Conté le fut en fin de vie (cf. les décrets falsifiés).

 

c) Le devoir de mémoire et la justice sacrifiés

 

Des familles pleurent encore des morts, des disparus, soignent des blessés et des victimes de viols, de la violence d’Etat depuis les années 50 à nos jours.

 

Trois ans après le carnage du 12 juin 2006 et celui du 22 janvier 2007, les auteurs et les commanditaires de ces tueries courent toujours.

 

Cet anniversaire a été passé sous silence par les nouvelles autorités du pays, les Forces vives et les grands acteurs de la scène politique.

 

Pour tromper l'opinion nationale et internationale, les autorités avaient mis en place une commission d'enquête nationale mais elle n'a jamais fonctionné faute de dotation financière de la part du gouvernement de Lansana Kouyaté, l’ancien Premier ministre de consensus.

 

Le vendredi 22 janvier 2010, le Mouvement des jeunes guinéens de France (MJGF) a déposé une gerbe de fleurs à l’ambassade de Guinée à Paris pour rendre hommage aux victimes (plus de 300 personnes en majorité des jeunes) et réclamer que justice leur soit rendu.

 

Par ailleurs, nous venons d’assister à la manifestation d’une justice nationale laxiste et aux ordres du pouvoir militaire avec le verdict ignominieux de la commission nationale d’enquête indépendante (qui n’est indépendante que de nom) sur les évènements du 28 septembre, mise en place par l’Ordonnance N° 053/PRG/SGG du 7 octobre 2009.

 

Cette CENI a rendu, en effet, sa conclusion le mardi 2 février 2010 par l’entremise de Siriman Kouyaté. Elle a absous, disculpé les forces de sécurité et inculpé Aboubacar Toumba Diakité  et ses hommes, mis en cause tous les leaders politiques présents au stade le 28 septembre dernier et victimes d’exactions. C’est le comble du cynisme : le bourreau se mue en justicier !

 

Il n’est pas inutile de rappeler qu’un membre de cette CENI, Mme Juliette Tolno la négationniste, avait nié l’existence de ces viols : « il n’y a jamais eu de viol le 28 septembre (…) des femmes ont été payées 40 euros pour faire de faux témoignages »..

 

Enfin, on note un curieux oubli des événements de septembre 2009 dans les 12 points de l’accord de Ouagadougou du 15 janvier dernier.

 

Paradoxalement, pendant qu’à Conakry on disculpe des criminels et violeurs, de jeunes Guinéens, qui étaient indignés et révoltés à juste titre par les massacres du 28 septembre et avaient saccagé sous le coup de l’émotion les locaux de l’ambassade de Guinée à Paris, vont être jugés au TGI de Paris le 08 février 2010. Tout ceci témoigne d’une disproportionalité, d’une forme d’injustice.

 

En conclusion, les producteurs de violence continuent de bénéficier en Guinée d’une totale impunité et tout est fait pour qu’un drap d’oubli soit jeté sur leurs méfaits. Au détriment du droit à la vérité, à la justice et à la réparation.

 

2°) La justice internationale au service de la vérité historique

 

a) La traque des criminels et la Jurisprudence internationale implacable

 

A l’inverse de la Guinée, l’identification, l’arrestation et le jugement d’auteurs de crimes contre l’humanité s’opèrent sans relâche au sein de la communauté internationale. Les exemples sont nombreux.

 

L’Espagne avait accepté de regarder à nouveau son passé en face grâce à l’iconoclaste magistrat Balthasar Garzon. Ce dernier avait ouvert une instruction le 17 octobre 2008 après avoir accepté d'étudier les plaintes déposées par les familles des disparus du franquisme pendant la guerre civile ; ces victimes seraient au nombre de 114 266 et 19 fosses communes auraient été identifiées. Dans l’acte introductif qu’il avait dressé, le juge Garzon estima que « la répression franquiste ne peut en aucun cas être prescrite ; les crimes contre l’humanité ne peuvent être prescrites, échapper à toute limite temporelle ».

 

Au Chili, le général Augusto Pinochet (1915-2006), fut arrêté le 16 octobre 1998 dans une clinique à Londres à la suite d'une plainte internationale pour « génocide, terrorisme et tortures » ; il fut inquiété, ébranlé judiciairement mais mourut sans avoir été jugé pour les plus de 3 000 morts et disparus, plus de 27 000 torturés, des dizaines de milliers d’arrestation de dissidents.

 

En Argentine, un juge fédéral avait déclaré inconstitutionnelle une amnistie présidentielle concernant l’ex-Président Jorge Rafaël Videla qui fut finalement jugé et déclaré coupable en 1985, avec huit autres leaders de la junte pour enlèvements, tortures et meurtres.

 

L’Afrique du Sud avait établi en 1995 la « Commission vérité et réconciliation » pour faire face aux crimes commis pendant l'apartheid. 

 

Hissein Habré, qui vit en exil au Sénégal, fait l’objet d’une plainte pour crimes contre l’humanité et crimes de torture. Pour favoriser et accélérer son procès, le Sénégal a du réviser sa constitution le 23 juillet 2008.

 

Depuis septembre 2004, des poursuites de crimes commis ont été instruites en Afrique par la CPI. Trois d'entre elles l'ont été à la demande des gouvernements concernés (Ouganda, République démocratique du Congo et République centrafricaine), la quatrième (Soudan) ayant été déférée à la Cour par le Conseil de sécurité des Nations unies.

 

Treize mandats d'arrêt ont été délivrés dans le cadre des situations en Ouganda contre les dirigeants de l’armée de résistance du Seigneur de guerre Joseph Kony, en RDC contre MM. Lubanga, Katanga, Ngudjolo et Bosco Ntaganda, en Centrafrique contre Jean-Pierre Bemba ainsi qu'au Soudan contre le Président Omar Al Bashir, poursuivi depuis le 4 mars 2009 pour crimes de guerre et crime contre l'humanité durant la guerre civile au Darfour.

 

À ce jour, quatre personnes, toutes originaires de la RDC, sont détenues : MM. Lubanga, Katanga, Ngudjolo et Bemba.

 

Le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSS) a rendu, lundi 26 octobre 2009, son ultime verdict à Freetown en condamnant en appel trois ex-chefs rebelles pour « crimes de guerre » et « crimes contre l'humanité » Augustine Gbao, Morris Kallon et Issa Hassan Sesay, respectivement à 25, 40 et 52 années d'emprisonnement.

 

Dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, voisin de la Guinée-Conakry et du Liberia, 120.000 personnes sont mortes et des dizaines de milliers ont été mutilées en une décennie de guerre civile (1991-2001) marquée par toutes sortes d'atrocités.

 

Les trois hommes étaient initialement poursuivis au côté du fondateur du Revolutionary United Front (RUF), Foday Sankoh (1937-2003) qui est décédé en détention préventive avant d'être jugé.

 

Ce tribunal spécial, établi en 2002, doit fermer ses portes après cet ultime jugement prononcé à Freetown.

 

Le seul autre procès du TSSL encore en cours se tient aux Pays-Bas, pour raisons de sécurité : l'ancien président libérien Charles Taylor y est jugé pour son implication dans cette guerre civile. Après avoir été incarcéré à La Haye en juin 2006, il a été le premier chef d’Etat africain jugé par un tribunal pénal international pour crimes contre l’humanité et 11 chefs d’accusation.

 

D’autres tribunaux seront créés par le Conseil de sécurité : pour l'ex-Yougoslavie, le TPIY institué le 25 mai 1993 ; pour le Rwanda, le TPIR mis en place le 8 novembre 1994 ; et pour le Liban après l’assassinat de Rafiq Hariri, le 14 février 2005.

 

La Cour suprême du Pérou a confirmé à l'unanimité, le 7 avril 2009, la condamnation à 25 ans de prison de l'ancien président Alberto Fujimori. Ce tournant essentiel dans la lutte contre l'impunité au Pérou montre que « personne n'est dispensé de rendre compte de ses actes », déclara Amnesty International.

 

Ceci est un précédent dans les efforts réalisés au Pérou et dans tout la région de l’Amérique latine afin d’éliminer la profonde impunité et promouvoir plus largement les droits à la vérité, à la justice et à la réparation.

 

L'ex-ministre israélien des Affaires étrangères Tzipi Livni, a dû annuler en décembre 2009 une visite à Londres après avoir été informée qu'elle était sous le coup d'un mandat d'arrêt émis par un tribunal britannique à la suite d'une plainte sur la base de la « Compétence universelle » pour son implication dans la guerre israélienne dans la bande de Gaza il y a un an.  

 

L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair est venu s'expliquer sur l'engagement britannique en Irak le vendredi 29 janvier 2010 durant environ six heures devant la commission d'enquête de Sir John Chilcot.

 

Pour exorciser la violence politique en Guinée un devoir de mémoire contre l'impunité s’impose comme ce fut le cas l’année dernière avec le procès des « Khmers rouges » au Cambodge.

 

b) La junte dans le collimateur de la CPI

 

Saisis par des familles de victimes à Conakry et disposant de preuves accablantes, Maîtres Jacques Vergès et Jean-Louis Keita avaient convié à Paris le lundi 19 octobre dernier la presse internationale, avec pour objectif la prise en charge de plaintes contre la junte.

 

La Guinée ayant ratifié le Statut de Rome qui a institué la CPI, cette dernière est sur la brèche ; elle n'est compétente que si l'une des trois conditions suivantes est remplie :

 

• l'accusé est ressortissant d'un Etat partie au statut ou qui accepte la juridiction de la CPI ;

 

• le crime a été commis sur le territoire d'un Etat partie ou qui accepte la juridiction de la CPI ;

 

• la saisine par un Etat partie au statut de Rome, le Procureur ou le Conseil de sécurité des Nations Unies en vertu du chapitre VII.

 

Ces conditions sont totalement remplies pour le cas d’espèce guinéen.

 

Le rapport accablant et nominatif de la Commission d'enquête internationale onusienne aura sûrement des suites judiciaires à l’encontre de la junte guinéenne.

 

L’étau se resserre autour d’elle, Luis Moreno-Ocampo, le Procureur général de la CPI, ayant rendu publique l’ouverture d’un « examen préliminaire » et décidé d’envoyer à Conakry la Procureur aux poursuites la gambienne Fatou Bensouda.

 

Auparavant, l’ONG Human Rights Watch avait qualifié les faits du 28 septembre de crime contre l’humanité : des viols individuels et collectifs, des agressions sexuelles avec les mains et des objets tels que des bâtons, des matraques, des chaussures, des crosses de fusil et des baïonnettes. Après l’épisode de violence qui s’est déroulé dans le stade, de nombreuses femmes ont été retenues dans des résidences privées et ont subi des viols collectifs pendant des jours.

 

Le Secrétaire général des Nations-Unies, Ban ki-Moon avait de son côté envoyé à Conakry du 25 novembre au 4 décembre 2009 une équipe de trois enquêteurs composée de l'ancien chef de la diplomatie algérienne, ancien Président de la Cour internationale de justice de la Haye, M. Mohamed Bedjaoui ; de Mme Ngendahayo Kayiramirwa plusieurs fois Ministre des Droits de l’homme au Burundi, également ancienne conseillère auprès du TPI pour le Rwanda ; et enfin la mauricienne Pramila Patten, avocate et auteur de maintes publications sur les violences faites aux femmes.

 

Auparavant, il y avait dépêché du 16 au 20 octobre 2009 une mission de reconnaissance dirigée par le secrétaire général-adjoint de l'ONU aux affaires politiques, l'éthiopien Haïlé Menkerios pour demander la coopération de la junte aux travaux de la commission.

 

Tout ceci afin d’élucider le crime le plus odieux jamais commis sur le sol guinéen en 51 ans d'indépendance, en vue de faire la lumière sur les douloureux événements du 28 septembre 2009 au cours desquels entre 57 et 157 militants de l'opposition ont perdu leur vie, plus 1 200 blessés, des dizaines de femmes violées et de nombreux disparus.

 

Ban Ki-Moon, a déjà remis le rapport d'enquête à l'Union africaine, la CEDEAO et le Conseil de sécurité des Nations-unies, en vue de prendre les décisions qui s'imposent, chacun en ce qui le concerne. 

 

Le Secrétaire général a également saisi cette opportunité pour rappeler au gouvernement guinéen ses obligations pour protéger les victimes et les témoins, dont ceux qui ont coopéré avec les 3 enquêteurs de l'ONU.

 

La commission a pu auditionner 564 victimes et témoins des évènements du 28 septembre, visité des familles des victimes portées disparues.

 

Par ailleurs, elle a conclu que la Guinée a violé plusieurs dispositions des conventions internationales des droits de l’Homme qu’elle avait ratifiées. N’en déplaise aux nationalistes ombrageux et « souverainistes » primaires ; la souveraineté nationale est de nos jours « partagée » et non plus « intégrale » eu égard à l’intégration régionale, à l’idéal panafricain et au principe de la hiérarchie des normes qui accorde la primauté des traités internationaux ratifiés sur notre droit national.

 

c) La Jurisprudence « Jean-Pierre Bemba» contre les criminels et violeurs guinéens ?

 

La CPI a ordonné lundi 15 Juin 2009 le jugement de Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président de la RDC, pour cinq chefs d'accusation dont crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis par sa milice en République centrafricaine :

 

« Il y a des preuves suffisantes donnant des motifs substantiels de croire que Jean-Pierre Bemba est pénalement responsable, pour avoir effectivement agi en qualité de chef militaire, des crimes de meurtre, de viol constituant un crime de guerre et un crime contre l'humanité, de torture et d'atteintes à la dignité de la personne ».

 

L’accusation s’est basée sur le fondement de la hiérarchie militaire, comme semble l’invoquer Aboubacar Sidiki Diakité alias Toumba afin de se disculper pour avoir reçu des ordres de la part de Moussa Dadis Camara.

 

Toumba, en fuite depuis le 3 décembre 2009 jour où il a tiré sur le chef d’Etat, selon lui, a déclaré jeudi 05 février 2009 sur les ondes de la radio RFI avoir agi sur ordre de ce dernier.

 

Alors que la CNEI le rend seul responsable du massacre au stade de Conakry, Toumba Diakité veut faire entendre sa voix et se dit prêt à se rendre devant la commission d'enquête internationale, voire la CPI : « Je suis prêt à me rendre devant la Commission d'enquête internationale voire même devant la Cour pénale internationale (…) la justice nationale est purement dépendante de l'exécutif en place et n'a aucune crédibilité (…) je préfère la Cour pénale internationale, la commission d'enquête nationale veut faire de moi un bouc émissaire (…) je ne me reproche de rien parce que l'armée, nous sommes sous ordres. C'est clair ! Je ne peux en aucun me permettre de prendre un groupe de militaires et agir. L'armée, c'est la hiérarchie, c'est les ordres. ».

 

Il fait donc davantage confiance à la juridiction internationale qu’à celle de son pays.

 

La CPI a qualité pour agir en cas d’inaction, de défaillance, d’iniquité des tribunaux d’un Etat signataire du Statut de Rome ; c’est le cas de la Guinée au regard des conclusions de la CENI du mardi 02 février 2010. Seule la justice pénale internationale pourra élucider les événements tragiques que le peuple guinéen a subi, lui rendre justice et mettre fin à l’impunité récurrente dans notre pays.

 

Conclusion :

 

Les Forces vives et Sékouba Konaté cristalliseraient aujourd'hui l'espoir de tout le Peuple de Guinée et de l'ensemble de la Communauté internationale ; ils devraient créer un cercle vertueux où les militaires et la classe politique accepteront de jouer le jeu démocratique. Comme ce fut le cas au Ghana avec Jerry Rawlings.

 

On les jugera à l’aune de leur perspicacité ainsi qu’à leur capacité de se retrouver autour de l’ essentiel pour sortir la Guinée de l’ornière après plus de 51 ans d’indépendance, de misère, de désespérance sociale.

 

Sékouba pourra-t-il gérer les impératifs sécuritaires, respecter ses engagements initiaux pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel. S’il y parvient, il entrerait à coup sûr dans l’Histoire ; la grande, pas celle des arrière-cuisines où se mitonne la tambouille.

 

Pour ce qui est du devoir de mémoire, des Guinéens et moi-même avions créé le « Club Guinée Mémoire » une structure à vocation mémorielle dès l’attribution du nom « Sékoutouréya » au palais présidentiel. La thérapie adéquate, judicieuse que j’ai toujours appeler de mes vœux est une introspection collective quelle que soit la formule choisie et/ou des poursuites judiciaires en vue de réparer tout préjudice matériel, moral ou autre si certains concitoyens ont des preuves irréfutables de la commission de crimes, d’exactions à l’encontre d’un des leurs.

 

Ce n’est pas un appel à la rancœur, ni à la vengeance mais tout simplement pour la quête de la vérité, pour exorciser les frustrations et apaiser les cœurs.

 

Notre pays est-il différent des autres où des exactions, des atteintes graves et constantes aux droits de l’Homme ont été commises ? Je ne le crois guère car la Guinée n’est pas sur un autre planète malgré la singularité, la particularité de ses réalités sociologiques et de son histoire.

 

L’histoire de notre pays est durablement marquée par l’arbitraire, les arrestations extrajudiciaires, les disparitions, la torture, la violence politique. Certaines mauvaises habitudes y sont fortement tenaces, y ont la vie dure, comme la moule qui s’accroche à un rocher.

 

C’est peu de dire que la Guinée n’est pas encore sortie de l’auberge. Et il faut sans doute que chacun des protagonistes du processus de sortie de crise déploie des trésors d’ingéniosité pour que se dissipent certains sombres nuages qui pèsent sur cette transition.

 

La nouvelle ère et la recherche de solutions pour le retour à l’ordre constitutionnel ouvriront plusieurs voies qui susciteront l’éclosion de nouvelles initiatives au plan politique avec, en toile de fond, la recomposition du paysage politique guinéen.

 

L’objectif ultime reste le retour à l’ordre constitutionnel, la mise en place d’institutions fortes et démocratiques et un Président bien élu pour nous épargner des troubles, des violences post-électorales ; ceci avec des différences d’approche quant à la manière de conduire la transition, son contenu, ses organes et le chronogramme du processus ; avec la recherche de solutions négociées, inclusives, consensuelles et apaisées, fondées sur les vertus du dialogue et de la concertation, à l’exclusion de toute forme de violence.

 

En somme, œuvrer à la formation d’un esprit républicain et citoyen dans une Guinée nouvelle, enchantée et confiante en l’avenir avec des perspectives heureuses.

 

Que Dieu préserve la Guinée !

 

Nabbie Ibrahim « Baby » Soumah

Juriste et anthropologue guinéen

nabbie_soumah@yahoo.fr  

 

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