Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

  • : BanabanaNews
  • : Actualités et informations sur la Guinée.
  • Contact

Profil

  • BanabanaNews
  • Je suis allergique aux régimes militaires !

Recherche

Archives

Pages

Catégories

24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 22:57

Si les spécialistes de la politique guinéenne se posent encore la question de savoir est-ce que le Président alpha Condé, ne se mélangent pas dans ses priorités, il est tout à fait question aujourd’hui que le commun des guinéens se demandent où on va.

 

Il était apparu anodin quand il s’est agit de dire que le « Professeur » Alpha, supposé avoir la pédagogie qu’il faut pour nous montrer le chemin du changement, n’avait pas de Projet de Société pour bâtir une nouvelle Guinée, d’où les approximation dans les actions.

 

Dès le discours d’Investiture il a été on ne peut plus clair que le nouvel homme fort du pays n’avait pas une vision claire, en tant que commandant du navire Guinée sur les priorités de son quinquennat, d’où les tâtonnement dans les faits et gestes.

 

A la formation de son Gouvernement, la méthodologie et le manque de Structure Gouvernementale pour montrer le chemin, nous ont entraîné dans une bureaucratie et une grande perte de repère pour pouvoir suivre les actions des uns et des autres, d’où le manque de cohésion et de rigueur dans la gestion.

 

A la première sortie du Premier Ministre, Chef de Gouvernement, l’opinion se rend compte que le Président de la République a failli à sa première mission qui est celle de se faire Président de tous les guinéens, d’où les messages de remerciements adressés en Basse et en Haute Guinée.

 

Devant un échec annoncé et inévitable, le Président de la République réveille les vieilles astuces qu’il a utilisé lors de la campagne du second tour pour, à nouveau dresser une partie des guinéens contre l’autre pour justifier son manque de vision et sa capacité à régler les problèmes qui se posent à lui et dont les guinéens veulent des solutions concrètes et immédiates.

 

Si du temps de Sékou Touré, il était question de remuer la bouteille du « complot » à chaque fois que le guinéen se trouvait devant une crise aigue de substance, Alpha Condé, lui, remue celle du « sabotage » pour justifier son manque de solution face aux problèmes des guinéens.

 

Alpha Condé est encore le candidat et non le Président

 

Il est encore question de sillonner les quartiers de Conakry comme du temps de la campagne et pour dire aux uns que les promesses pris seront tenues, mais avec un peu plus de difficulté parce que les « saboteurs » constituent un obstacle à la réalisation de ses projet pour les populations. Monsieur le Président, il y a des choses plus urgentes ;

 

Alpha Condé signe des décrets qui en temps normal ne relèvent pas de ses prérogatives

 

Un Président de la République ne doit pas s’investir à ce point dans la gestion de certains problèmes comme l’expropriation de domaines ou de révocations de hauts cadres pour des questions administratives. Monsieur le Président, il y a des choses plus urgentes ;

 

Du Côté du Gouvernement, il y a des tentatives peut-être de bonne foi, mais c’est une politique générale qui doit être envisagée pour une gestion globale des affaires publiques. Nous avons suivi le limogeage de tous les Directeurs de EDG pour faute lourde sans qu’aucune procédure judiciaire ne soit enclenchée pour situer les responsabilités dans les fautes commises.

 

Une première tentative du Premier Ministre visant à maîtriser les Opérateurs Economiques pour la gestion des prix, n’a servi à rien. Une seconde rencontre a demandé à ce que le Ministre du Commerce rencontre aussi les mêmes opérateurs économiques, on ne sait pour quelle finalité.

 

De son côté, le Ministre des Finances cherche à rencontrer les banquiers de la place pour parler de l’inflation et du cours des devises ou voir comment les cambistes (échangeurs d’argent) pouvaient être maîtrisés d’une manière ou d’une autre. Le Ministre, ainsi que tout citoyen qui a un minimum de bon sens doit avoir une petite idée de la loi de l’Offre et de la Demande qui prévaut dans un environnement de concurrence parfaite. Les économistes appellent cela la main invisible de Keynes.

 

Tout le problème de la guinée aujourd’hui réside dans une crise de confiance et depuis l’arrivée de ce nouveau pouvoir, rien n’est fait pour rassurer les uns et les autres. Quand les citoyens n’ont pas confiance en l’avenir, ils bloquent la consommation et ils épargnent. Mais comme le manque de confiance se trouve aussi au niveau des institutions financières, l’épargne est retirée de ces institutions, ce qui aggrave la liquidité de ces dernières. Pour une meilleure garantie de ses avoirs, le citoyen se protège en changeant ces FG en $ ou en Euros. La demande de devises excédant l’offre disponible à court terme, les prix de devises ne peuvent que monter.

 

En stigmatisant systématiquement des personnes ou des groupes de personnes ou quasiment une communauté bien précises comme responsables des malheurs de tout un pays, le Pouvoir manque non seulement de vision à moyen et long terme, mais aussi et surtout du sens de la responsabilité, parce que nul ne peut bâtir une nation en dressant une communauté contre les autres.

 

A force de faire de grandes annonces et de mettre de côté les priorité dans la gestions des affaires du pays pour ne s’occuper que de petits détails, le Président de la République risque de perdre beaucoup de temps dans la confusion et cela pourrait lui être fatale dans un avenir très proche.

 

Si en plus des difficultés de gestion au quotidien des problèmes des guinéens, il faut aussi rajouter celui de quelques individus au sein de notre grande muette, il est tout simplement à parier que les problèmes ne font que commencer pour notre Président.

 

Que le bon créateur guide vos pas, Monsieur le Président. Mais comme dit l’autre, il faudrait lui montrer le chemin.

 

Mamadou Barry

Analyste Financier

Repost 0
Published by BanabanaNews - dans Analyse
commenter cet article
24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 14:31

La critique qu’il faisait du système abominable et pervers de Conté est la suivante : « le système Conté, a tous les défauts du PDG et aucune qualité de ce régime auquel il a succédé en 1984. »

 

Alpha « l’opposant historique », agrégé en contestation et  « refus de tout compromis » est passé maitre dans l’art de recycler le système Conté et d’admettre, ce que Conté refusait, de s’accommoder des rejets de Conté et d’être la marionnette des coordinations régionales, symbole de la dissolution de la nation d’une part et de l’autre, constituées par ceux  qui après avoir échoués partout et vendu leur âmes au diable, vendent désormais leur faconde. Facinet Toure, en est la parfaite et triste illustration. Cet individu qui est passé à coté de son « destin » est devenu le tuteur moral du «  président démocratiquement élu » par la communauté internationale qui « se résume, d’après Roland Dumas, à quelques personnalités qui se mêlent de tout ». Bernard Kouchner se reconnaitra dans cette sympathique définition de ce qu’il a incarné quand il occupait la station que Roland Dumas a occupé longtemps avant lui et qui faisait la fierté de la France et non le perroquet au G8 ou 20. Bref…

 

Alpha est encadré par les pires voyous du système Conté et les miliciens du PDG recyclés par le CMRN au sein des forces armées.

 

Le gouvernement « lance pierre » est ce qu’il ya de plus loufoque et d’amateurisme dans lequel le ridicule le dispute à l’incongrue. Voyons un peu :

 

Le ministre délégué à la défense a été nommé après la composition du cabinet. Il ne sera qu’un petit boy du président à qui il portera le courrier à lire ! Et la coterie maçonnique réglera le reste...

 

La présidence est toute malinké et les vrais maitres des lieux seront Fall François le matin, Lounceny le soir et dealer à ses heures de pose. Il sera le vrai Premier ministre.

 

Diané Mohamed, sera le chef des services de la présidence, donc le vrai Secrétaire général

 

Ansoumane Fofana, Bourema Condé seront respectivement les vrais ministres de la défense et celui de la sécurité.

 

Bourema, ancien gouverneur devenu chef d’Etat Major particulier, gérera avec Alassane Condé les renseignements, les suretés régionales et meubleront les préfectures et les régions au gout du jour. Nous seront édifiés sur la stratégie de tuer dans l’œuf toutes velléités de contestations surtout au Fouta.

 

Le « général Toto », le ministre d’Etat sous Dadis et Konaté sera coiffé au poteau par Bourema, Condé Militaire ou ancien milicien, chef d’état major du « président » ! Son cinéma de « démission » est la preuve que cet officier est un léger personnage, fragile et versatile.

 

Fofana et Bourema seront en directe avec Idy Amine pour gérer les questions de  défenses et sécurités. Kabelé amusera la galerie en bon danseur de « yankadi ». Il aura « sinafakhè »et « Biriqui Momo » aux tambours.

 

Madikaba et Lounceny Nabé à la BCRG vont rouler Yansané dans la farine. Diarré sera l’ordonnateur du budget, Yansané sera la caution s’il veut rester à la mangeoire, sinon, Ousmane Kaba ne se fera pas prier.

 

J’ai été surpris de l’« audace » non calculée du Premier ministre qui s’est désolé de constater que des individus construisent des hôpitaux, et des écoles alors que l’Etat en est incapable. Dans la foulée, la RTG brosse le portrait de celui qui vient de d’être nommé à la pêche : Moussa « Tatavieux » Condé. Il était sous Conté le petit courtier de Harouna Conté à la pêche. La preuve, il y a quelques jours, Harouna est venu au Ministère de la pêche, flanqué de Bruno Bangoura le plus gros prédateur de la république contéenne. Le « ministre de la pêche de Alpha Condé » est descendu de son bureau pour venir répondre à Harouna qui n’est pas descendu de sa voiture. Voila qui indique bien qui a fait « Tatavieux » roi ? Ses états de services étalent des centres de santé à Faranah et une école de santé.

 

Alpha le président « démocratiquement élu » lui sous-traite le département de la pêche dont il aura la gestion comme une entreprise privée en récompense ? Ou bien au profit de celui qu’il a aidé à se faire designer président ? Dans tous les cas Alpha vient de gratifier d’un marocain à celui qui doit tout à Harouna Conté.

 

Mohamed Lamine Fofana de Kankan, atterrit aux mines d’où Fall l’avait extrait pour le designer comme conseiller à la Primature chargé des mines. Il ne répondra que du vrai Premier ministre logé à la présidence.

 

La Guinée attendait un nouveau président, elle aura un voyou usé qui :

 

Au lieu de manager, va manigancer

 

Au lieu d’organiser, va manipuler

 

Au lieu d’innover, va amplifier le désastre

 

Au lieu de rassembler, va consacrer la République fédérative des coordinations régionales

 

Au lieu de changer, va consolider et renforcer les positions acquises par ceux qui, depuis 52 ans, sont responsables de la casse publique. C’est dans cet esprit que l’avocat de Mamadou Sylla a été nommé agent judiciaire de l’Etat. C’est à dire chargé de traquer ceux qui ont pillé les deniers publics. Mamadou Sylla peut dormir tranquille. Il est absout de fait.

 

Alpha fera pire que Conté qu’il accusait d’avoir fait pire que Sékou Touré.

 

Alpha c’est Conté au rabais, il traitait Conté de nul, il est un peu en déca.

 

J’aurai voté Bouna Keita, je n’en serai pas là.

 

La Guinée, mon pauvre pays. Je te souhaite la révolution, la vraie celle que la France a connu en 1789. Le salut de tes enfants est et sera à ce prix.

 

Guinéens, les Tunisiens nous ont montrés le chemin, le pouvoir c’est le peuple qui l’incarne. Ne laissez pas le sang de vos martyrs souillés par les Keira et Fodé Bangoura qui ont armés les assassins. Nous attendions qu’ils soient interpellés et écroués, Alpha les absout et les adoubent sans vergogne.

 

On attendait de Facinet Touré des explications sur le génocide «  anti-maninka » de juillet 1985, Alpha nous insulte en lui chargeant de façon inconstitutionnelle de « médiation » nationale !

 

Guinéens, Alpha vous humilie, et donne raison à Lansana Kouyaté qui avait promis une bagnole à toute personne qui lui montrerait la tombe du grand père d’Alpha Condé.

 

Guinéens, Alpha est entrain de nous prouver qu’il est burkinabé et que notre sort lui importe peu.

 

Jeunes de Guinées, lisez et faites lire ce message !

 

Démba  Samoura 

Repost 0
Published by BanabanaNews - dans Analyse
commenter cet article
31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 10:09

france_afrique_02.jpgCommunauté internationale par ci, Nations unies par là, l’Afrique a du chemin à parcourir pour dompter les plans tordus de certains "spécialistes" de la démo(n)cratie qui pullulent le continent. Une certaine presse internationale (surtout hexagonale dont les positions sont souvent à géométrie viable) répète à satiété l'information donnant l'actuel président légitime de la Côte D’ivoire monsieur Laurent Gbagbo perdant définitif de l’élection présidentielle contre Alassane Ouattara. C'est ce qu'on appelle "prendre ses désirs pour de la réalité" à moins qu'il ne s'agisse d'une intoxication volontaire pour justifier une éventuelle intervention...

 

Ce qui est certain, monsieur Laurent Gbagbo a été proclamé vendredi dernier vainqueur de la présidentielle avec 51,45% des suffrages par le Conseil constitutionnel de son pays. Monsieur Laurent Gbagbo est donc officiellement investi président de la République de Côte D'ivoire, il est soutenu par ses nombreux militants ainsi que l'armée ivoirienne. Ceux qui ne veulent pas de Laurent Gbagbo à la tête de la Côte D'ivoire vont-ils essayer de le déloger par la force ? Pauvre Afrique de l'Ouest, te voilà plongée dans une nouvelle phase d'instabilité !

 

Pour comprendre ce qui se passe en Côte D’ivoire, il faudrait trouver la réponse à cette question : pourquoi dans certains pays francophones la fameuse communauté internationale ignore, se désole et parfois soutient la fraude alors que dans d’autres elle exhibe et exige le respect de la transparence électorale ?

 

Jadis le Togo, ensuite le Gabon où les deux despotes au pouvoir furent remplacés par leurs rejetons de fils, et tout récemment le Burkina Faso, la Guinée et la Côte D’ivoire qui viennent d'organiser des élections présidentielles. Que peut-on retenir de ces mascarades démocratiques ?

 

A part le fait que les pays susmentionnés sont tous francophones, il faut constamment rappeler que la nébuleuse "fraçafrique" y est très active. Elle s'accroche et y déploie toute sa nuisance afin de maintenir l'influence de la France qui se veut incontournable dans la région ouest africaine.

 

Le Togo

 

Feu Eyadema, le premier putschiste du Continent noir a régné sans partage sur le Togo pendant plus de trois décennies. A sa mort, la françafrique ne ménagea aucun effort pour aider Faure Eyadema le fils de son père à confisquer le pouvoir. Ce petit rejeton est reçu à l’Elysée par Sarkozy avec les honneurs d’une République Française qui se cherche…

 

Le Gabon

 

Même stratégie que le Togo. D’ailleurs pourquoi changer quelque chose qui fonctionne… Après la mort de feu Omar Bongo, son fils Ali Bongo, a théâtralement succédé à son père suite à des élections frauduleuses, cautionnées officiellement par la France, pour sauvegarder son pré carré dit-on. Quel cynisme quand on sait que les intérêts de la France ne sont pas forcément ceux du Gabon ! Les gabonais apprécieront !

 

Le Burkina Faso

 

Que dire de la démocratisation de ce pays à part que les populations du Burkina Faso ont du souci à se faire! Après la mort du président ivoirien Félix Houphouët Boigny, Blaise Compaoré a pris le relais des opérations de défense des régimes amis de la France, des sabotages, des intimidations et de déstabilisations de régimes hostiles, et enfin l’instauration de pouvoirs dictatoriaux acquis à la cause de la "françafrique".

 

Blaise Compaoré, après avoir assassiné sauvagement son compagnon d’armes Thomas Sankara avec l’aide de la nébuleuse coopération française, a institué chez lui une présidence à vie. Le contrôle total du pays est tellement évident qu’aucune élection ne laisse présager le moindre signe de trouble. Compaoré continue de gagner ses propres élections avec des scores défiant tout entendement démocratique.

 

La Guinée

 

Il est vrai que la situation de la Guinée fut plus compliquée pour les faiseurs de rois nègres qu’ailleurs. En 1958, c’est avec fierté et engouement que l’écrasante majorité des guinéens ont dit NON à la communauté proposée par le Général De Gaule aux colonies françaises. Malgré l’indéniable succès du combat pour l’indépendance et l’émancipation de la Guinée, le premier président du pays feu Ahmed Sékou Touré a instauré un régime révolutionnaire en laissant le pays exsangue après sa mort en 1984.

 

La démocratisation de la Guinée amorcée sous feu Général Lansana Conté a accusé de nombreux rendez-vous manqués avec parfois des reculs dommageables. En effet, les fraudes électorales, les tripatouillages constitutionnels, la répression sanglante des manifestants,… Bref, un cheminement démocratique sans réel espoir qui a débouché sur la prise du pouvoir du CNDD en décembre 2008 avec le Capitaine Moussa Dadis Camara.

Au lieu de se conformer à sa feuille de route en organisant des élections libres et transparentes auxquelles aucun membre du CNDD ne prendrait part, le novice Capitaine Dadis s’est laissé embarquer dans une entreprise présidentielle qui a fini par le perdre. Car la place était déjà réservée par la nébuleuse Françafrique à quelqu’un d’autre perçu comme plus conciliant et véritable enfant du terroir français …

 

Le Pr. Alpha Condé a été déclaré vainqueur de la présidentielle guinéenne malgré les nombreuses fraudes. Son adversaire Cellou Dalein Diallo a pris acte de la décision sans appel de la Cour Suprême de Guinée. Il faut signaler que le choix exprimé par les électeurs guinéens lors de la présidentielle du 7 novembre 2010, a été confisqué par les autorités de la transition (armée, présidence et gouvernement) à travers la CENI ainsi que l'énorme pression subie par la Cour Suprême. Après cette forfaiture, place désormais aux cantiques déjà connues : paix, réconciliation, unité nationale, commission vérité et réconciliation, ainsi de suite…

 

Personne ne daigne se demander si on peut construire quelque chose de durable dans le mensonge et l’hypocrisie ? La paix et l’unité nationale peuvent faire illusion le temps d’un mandat ; mais une chose reste certaine les problèmes que certains veulent minimiser ou bien enterrer rapidement par une fuite en avant savamment distillée par une presse aux ordres, tous ces problèmes referont surface tôt ou tard.

 

Tant que les politiques, les sages, les organisations crédibles qui défendent les droits des plus vulnérables, les véritables amis de la Guinée, etc., tant que tous ceux-là ne condamneront pas avec insistance les barbaries que subissent les guinéens à cause de certaines manipulations politico ethniques orchestrées avec préméditation, la Guinée n’empruntera pas le chemin d’une véritable réconciliation nationale, gage de tout progrès démocratique et social.

 

On peut invoquer ou faire appel à qui ont veut aujourd’hui, prenez rendez-vous pour les prochaines échéances électorales et vous constaterez vous-même que les violences électorales ont de beaux jours devant elles à cause du non respect des règles élémentaires démocratiques, de bon voisinage et de vivre ensemble.

 

C’est maintenant qu’il faut bannir clairement toute forme d’ethnocentrisme en Guinée et pointer un doigt accusateur sur les auteurs de ces manipulations qui causent des morts et des pertes énormes en biens. Malheureusement, le nouveau pouvoir de Conakry ne me semble pas assez crédible pour se lancer dans une telle aventure. Des commissions seront créées pour amuser un peu la galerie sans jamais cracher dans la soupe.

 

La démocratisation de l’Afrique connait un sérieux coup d’arrêts avec cette série de camouflets imposée à nos populations. Au-delà de cette description volontairement pessimiste, la question de la véritable démocratisation des pays africains ressurgit avec acuité et doit devenir la principale préoccupation des démocrates à l’échelle du continent noir et du monde entier.

 

La communauté internationale dans son ensemble, les nations unies, les organismes régionaux et sous-régionaux sont ce qu’ils sont : un conglomérat de pays ayant généralement des intérêts très divergents. Dans ce conglomérat, figurent des pays plus indépendants que d’autres, des pays plus concernés que d’autres en fonction des régions du monde où il y a conflits réels ou potentiels …

 

S’agissant de l’Afrique de l’Ouest francophone, la France ne veut pas abdiquer ; elle ne l’entend pas et ne l’entendra probablement jamais si elle n’y est pas forcée. Pourquoi cet attachement viscéral de la France à ses riches ex-colonies si ce n'est pour continuer de les piller ?

 

Ayant perdu ces dernières décennies une grande partie de son influence internationale avec son décrochage économique et la montée fulgurante de la Chine, de l’Inde, du Brésil ainsi que d’autres pays émergeants, la France de Sarkozy s’accroche à ses illusions d’antan en essayant de jouer un rôle international qu’on lui conteste de plus en plus ouvertement. Le pays des Droits de l’Homme ne s’accommode plus des faire semblants diplomatiques et autres chantages de l’aide au développement ou bien les fameuses dévaluations et autres manipulations de la dette de certains pays francophones. Aujourd’hui la France triche ouvertement en faveur de personnalités politiques africaines formées par elle et qui lui servent de valets dans ses anciennes colonies.

 

En Côte D’ivoire, certains ont naïvement cru qu’ils étaient plus malins que Laurent Gbagbo, oubliant que ce dernier a derrière lui une longue carrière politique. Connaissant bien les enjeux et les défis qui se dressent devant son pays, le patriote Gbagbo a éconduit dans un premier temps l’amoureuse, la manipulatrice et infidèle tricheuse qu’est la Françafrique.

 

La tricheuse, trichée par le boulanger ivoirien, se met à gémir, crier sur tous les toits, bavant et parlant de démocratie, de respect du vote des ivoiriens, alors qu’à côté, en Guinée Conakry notamment, la même voleuse s’est évertuée à étouffer les cris de cœurs de ces nombreux guinéens qui avaient pour seule espérance l’émergence d’une Nation démocratique.

 

Ainsi donc Laurent Gbagbo vient de boucler la boucle démocratique ivoirienne! Place maintenant aux négociations internationales sous sa présidence car Laurent Gbagbo est officiellement élu président de la Côte D’ivoire selon le Conseil Constitutionnelle de son pays. Le nouveau président a prêté serment et continuera d’exercer ses fonctions. Ceux qui ne le reconnaissent pas aujourd’hui le combattront ou bien finiront par changer d’avis. Realpolitik oblige !

 

L’une des graves conséquences de ce micmac politique est que l’Afrique de l’Ouest est entrée dans une instabilité politique durable. Certains petits acquis démocratiques se sont évanouis avec la validation de toutes ces fraudes électorales.

 

L’autre aspect de la problématique est sans doute la perte de crédibilité de la communauté internationale à l’échelle de la démocratisation du continent africain. Elle a une curieuse indignation sélective et elle est souvent absente là où on est sensé l’attendre. C’est-à-dire du côté des victimes. Ses puissants membres brouillent souvent les cartes dans d’interminables négociations sanctions si ce n’est dans une indifférence coupable. Elle prend parfois fait et cause pour de véritables bourreaux qui peuvent devenir, du jour au lendemain, très fréquentables. Les exemples ne manquent malheureusement pas…dans ce domaine. Tout ceci est loin d’être crédible.

 

Le message qu’on transmet désormais aux populations africaines est la suivante : pour frauder les élections, il vaudrait mieux être "le laquais" de certains membres puissants de la communauté démocratique internationale. Vous aurez ainsi gratitude et reconnaissance pour votre présidence à vie. Les portes des palais occidentaux vous seront ouvertes tant que vous servez la bonne cause.

 

Le mal ivoirien viendrait peut être du fait que Laurent Gbagbo est du mauvais côté de certains justiciers cow-boys. Quelle mouche a piqué Gbagbo pour qu’il envisage de changer le mécanisme d’octroi des marchés publics dans son pays la Côte D’ivoire ? Ne savait-il pas que papa Houphouët avait habitué les entreprises françaises à tout rafler sans véritables appels d’offres ? Crime de lèse majesté ? Non, mais crime de lèse-MEDEF sûrement !

 

Après avoir mis la Côte D’ivoire en ruine certains ont conseillé à Houphouët de nommer un jeune cadre sorti des sphères de la Banque mondiale comme premier ministre pour dit-on redresser l’économie ivoirienne. Alassane Dramane Ouattara (ADO), ce jeune cadre sensé être un dynamique technocrate, après avoir goûté au pouvoir s’est mué en véritable homme politique avant de se voir injustement écarté pendant un temps à la course pour la présidence de la République par son actuel allié Henry Konan Bédié.

 

L'inconsolable Alassane Dramane Ouattara est accusé à tort ou à raison d’avoir trempé dans la rébellion ivoirienne suite à l’échec des accords de Linas Marcoussis en France. Cautionnera-t-il cette accusation en acceptant de parrainer une partition de fait de son pays ? Ou bien acceptera-t-il sa défaite comme d’autres à l’instar de Cellou Dalein Diallo en Guinée ?

 

Nous verrons bientôt si la patience (ou inaction) que l’on vante comme vertu est une denrée partagée par les hommes politiques de la sous région ouest africaine. 

 

Ly Elhadji Baila

Zurich - Suisse

pour www.nlsguinee.com


Repost 0
Published by BanabanaNews - dans Analyse
commenter cet article
27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 02:02

Hitlet AST Alpha Conde 1Publié pour la première fois le 29 août 2005, cet article est, malheureusement, toujours d'actualité. Le carnage le 28 septembre 2009 à Conakry; les violences à Siguiri, Kouroussa et dans certaines localités en Haute Guinée ciblant l'ethnie peule apres le premier tour de l'élection présidentielle qui a opposé Cellou Dalein Diallo (un Peul) à Alpha Condé (un Malinké) en sont des preuves irréfutables. Après Sékou Touré, le pire n'est-il pas à redouter avec Alpha Condé qui, élu dans les conditions que nous connaissons, promet de "reprendre la Guinée là ou Sékou Touré [le Responsable suprême] l'avait laissé" en 1984 ? Lisez, s'il vous plait...

 

Il y a vingt et neuf ans depuis le discours de Sékou Touré « plein de haine et d’injures » au Palais du Peuple à Conakry appelant à « l’extermination des Peuls » par le reste de la population guinéenne. Car, non seulement ceux-ci sont des « étrangers » en Guinée, mais ils sont coupables (du moins à ses yeux) d’ « orgueil », de « racisme » et de « trahison ». Conséquence : « de nombreux cadres peuls sont inquiétés, humiliés, frappés ou arrêtés et incarcérés » voir J.A. Nos 815 ; 826 et 931. En dehors de la machine répressive du PDG-RDA en place, l’appel n’a pas été entendu.

 

Trente sept ans auparavant, Adolf Hitler avait tenu un langage similaire à l’endroit des Juifs et avait, très malheureusement, mis à exécution un plan satané et minutieusement organisé pour l’extermination d’un peuple innocent. Le « Führer » de l’Allemagne Nazie avait fait construire des crématoriums et des camps de concentrations en Europe pour perpétrer ces crimes de la façon la plus atroce et la plus inhumaine qui puisse être. C’est toute une machine de destruction de masse qui est mise en marche et contrôlée par un réseau de renseignement puissant et sophistiqué.

 

Ce que le « Führer » Nazie avait en commun avec le « Responsable suprême de la révolution » c'était la haine. Le premier contre les Juifs et le second contre les Peuhls.

 

Le 22 août 1976, le « Responsable suprême de la révolution » n’avait pas fait construire de crématorium. Mais pour l’écrasante majorité de guinéens qui partageaient le même sors, la Guinée toute entière était un véritable « camp de concentration » dotée d’une horrible machine de répression générale et d’extermination très sélective des peuhls.

 

Le 22 août n’est pas une date à célébrer. C’est une date qui nous enseigne à ne jamais penser comme le « Führer ». Encore moins comme le « Responsable suprême de la révolution » pour que chaque guinéen soit désormais dominé par l’amour envers son concitoyen et non la haine ethnique aveugle. La seule façon d’en arriver là c’est en condamnant énergiquement de tels actes pour que nous soyons unis dans notre belle diversité pour construire ensemble une nation forte et prospère. C'est pourquoi, nous ne devons pas avoir peur d’appartenir à une ethnie qui, comme toutes les autres composantes de la nation, contribue à la beauté, à la grandeur de notre nation en construction. Car si nous n’existons pas en tant que nation unie autour de grands idéaux, un jour ou l’autre, nous serons condamnés à disparaître sous le poids de petites querelles.

 Morts2.jpg

Malheureusement, le discours de haine du Responsable suprême de la révolution unique en son genre ciblant une ethnie de la nation n’a jamais été officiellement condamné et reste toujours encré dans la conscience collective de certains de nos compatriotes de sorte que la seule chose généralement associée aux peuhls est soit leur « orgueil », leur « racisme » ou leur « trahison ». C’est un signe manifeste de la tolérance la haine ethnique. D'autres ethnies pourront également en être victimes.

 

La malédiction, c'est lorsque la haine prévaut en nous. Ce moment cruel où nous nous sentons incapables d’accepter ceux-là avec qui nous devons partager équitablement le bonheur d’appartenir à une nation. Comme ce fut le cas de notre « Responsable suprême de la révolution ». Même s’il est mort dans un « lit en or », le pays qu’il a laissé en lambeaux n’arrive toujours pas à se relever alors que la haine qu’il a transmise continue de survivre et faire du chemin dans certains esprits.

 

Le maudit c’est celui-là qui croit aveuglément que sa famille ou son ethnie est supérieure à d’autres familles ou ethnies. Dans un contexte plus large, l’Histoire nous apprend assez sur ces Chefs maudits qui n’ont eu aucun respect pour la vie humaine et qui laissent leur pays en ruine morale et matérielle. C'est le cas la Guinée. Ne portons pas en nous la haine que nous a laissé le « Responsable suprême de la révolution » pour que nous soyions tous bénis pour l'Amour de Dieu.

 

Amadou Sadio Diallo

Contact : amadusd@yahoo.com  

 

Source : www.ondes-guinee.info

Première mise en ligne le 29 août 2005 à 10:21AM

Repost 0
Published by BanabanaNews - dans Analyse
commenter cet article
12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 17:08

On aura tout vu et tout entendu au cours de cette élection présidentielle qui vient de s’achever avec la victoire du professeur Alpha Condé qui a garni 52,52% des suffrages. Aux discours racistes et démagogiques ont succédé les caricatures et les cliches des plus simples, effritant dangereusement le tissu social. Ce qui fait que la campagne qui a été émaillée d’incidents et de violences, a été rude et brutale.

 

Mais là où nous avons frôlé l’apocalypse c’est lorsque des esprits peu avertis et peu versés dans la politique ont ramené cette compétition électorale à une confrontation directe entre les principales ethnies du pays. Pour peu, le syndrome postélectoral du Kenya se serait reproduit en Guinée.

 

Heureusement que la communauté internationale veillait et que les deux candidats ont fait preuve de sagesse et de maturité politique en lançant des appels au calme.

 

Même après la proclamation des résultats provisoires, on pouvait entendre encore certains cadres et intellectuels déclarer sur les antennes des radios privées que ce sont 3 régions qui ont voté pour le candidat du RPG, alors que le camp adverse n’a pu obtenir des voix que dans une seule région.

 

Ils poussent ce raisonnement en affirmant qu’une seule ethnie ne peut pas élire le président de la république. Ce type de raisonnement fausse totalement le jeu politique et ne reflète aucunement la réalité sur le terrain.

 

Il est tout à fait regrettable que certaines personnes continuent encore à s’accrocher à des stéréotypes d’un autre âge car ils oublient que la Guinée est composée de 8 régions (7 régions plus la zone spéciale de Conakry) administratives. Sur ces 8 régions, le candidat du RPG en a gagné quatre et celui de l’UFDG en a aussi remporte quatre.

 

Voyons en détail ce que les chiffres révèlent !

 

Le candidat de l’UFDG a remporte les régions administratives de Kindia, Boké, Mamou et Labé. Dans la région de Kindia qui regroupe les préfectures de Kindia, Télimelé, Forécariah, Dubreka et Coyah, El Hadj Cellou Dalein Diallo a obtenu 174 747 voix contre 162 651 voix pour le Pr. Alpha Condé.

 

Dans Boké qui regroupe les préfectures de Boké, Fria, Boffa, Gaoual, Koundara, le candidat de l’UFDG a obtenu 130 540 voix contre 91 707 pour le candidat du RPG.

 

Mamou qui comprend les préfectures de Mamou, Pita, Dalaba rentre aussi dans la besace de Cellou Dalein. Il y a obtenu 203 118 voix contre 16 898 pour son concurrent.

 

Labé est le fief naturel du candidat de l’UFDG. Elle comprend les préfectures de Labé, Lelouma, Koubia, Tougue et Mali. Cellou Dalein a presque tout raflé : 270 569 voix contre 12 453 voix.

 

Le candidat du RPG, le Pr Alpha Condé, lui a fait le plein de ses voix dans les régions administratives de Kankan, Faranah, N Nzérékoré et la zone spéciale de Conakry.

 

Son fief naturel Kankan regroupe les préfectures de Kankan, Kouroussa, Mandiana, Siguiri et Kérouané. Il y a mis les bouchées doubles avec 403 866 voix contre 28 763.

 

Il récidive à Faranah qui compte les préfectures de Faranah, Kissidougou, Dabola, Dinguiraye avec 145 223 contre 67 535.

 

N’Zerekore est un autre bastion du RPG. Cette région compte les préfectures de N’Zerekore, Yomou, Lola, Beyla, Macenta et Gueckedou. Alpha Conde y a creuse l’écart avec 276 863 voix contre 51 625.

 

Dans la zone spéciale de Conakry, c’est Alpha Condé qui l’emporte mais avec un faible écart : 344 240 voix contre 332 434.

 

Le vote de l’étranger a été remporté par Cellou Dalein Diallo mais son pourcentage sur le vote national est très faible.

 

- En Afrique, le candidat de l’UFDG l’a emporte avec 66 653 voix contre 18 605 pour le candidat du RPG.

 

- En Europe, Cellou Dalein a obtenu 3969 voix contre 1517 pour le Pr Alpha Conde.

 

- Aux USA, ce sont 3713 voix pour le candidat de l’UFDG contre 950 pour le camp adverse.

 

Ce qui donne un total de 1 474 973 voix pour le Pr Alpha Condé et 1 333 666 pour Cellou Dalein Diallo. La différence étant seulement de 141 307 voix.

 

Cette répartition des votes montre un pays qui est pratiquement coupé en deux comme l’ont déjà souligné certains experts. Ce n’est donc pas le cas de trois régions contre une.

 

Au vu des résultats, et sans tenir compte des anomalies et réclamations, c’est une élection qui fut très serrée. Alpha Condé l’a emporte par quelques cheveux de la tête.

 

La Basse Cote qui renferme les régions de Conakry, Kindia et Boké et qui fut très contestée, l’écart des voix n’est que de 39 123 en faveur de Cellou Dalein Diallo qui a obtenu 637 721 voix contre 598 598 pour Alpha Condé.

 

Par contre chacun des candidats à complètement verrouillé sa base, ne laissant que des miettes à l’adversaire.

 

Alpha Conde a laminé l’opposition en Haute Guinee (régions administratives de Kankan et Faranah) avec un total de 549 089 contre 96 298 voix, soit une différence de votes de 452 791.

 

En Moyenne Guinée (régions administratives de Labé et Mamou), c’est Cellou Dalein Diallo qui a fait usage de son rouleau compresseur. Il a obtenu 473 687 voix contre 29 351 pour Alpha Conde, soit une différence de 444 336.

 

Au vu des résultats, ces deux régions presque s’annulent, car entre les deux Alpha Conde n’a qu’un léger avantage de 8455 voix.

 

Mais là où il a vraiment creusé son avance, c’est en région forestière. Il y a obtenu au total 276 863 voix contre seulement 51 625 pour son challenger. La différence est énorme, 225 238 voix, impossible à combler avec l’avantage des 39 123 votes acquis par le leader de l’UFDG en Basse Cote et l’avance des 53 263 votes qu’il a réalisés à l’étranger. Les deux combines ne totalisent que 92 386, trop peu pour remonter le candidat de l’arc-en-ciel.

 

Retranchez ce total de 92 386 de 225 238 (avance d’Alpha Conde en Foret), et vous obtiendrez une différence de 132 852 à combler. Ajoutez-y maintenant les 8455 voix que Condé a eu comme avantage en Haute Guinée et vous aurez exactement l’écart des voix entre les deux candidats quand le marteau a retentit sur la table : 141 307.

 

Il est clair donc que c’est la Guinée Forestière qui a fait la différence pour Alpha Condé. Incontestablement, cette élection s’est jouée en Guinée Forestière et non pas en Guinée Maritime où le rapport des forces était plus ou moins égal.

 

On peut regarder tout ceci sous un autre angle, avec une autre catégorie de chiffres. Pour le premier tour de scrutin, on ne se référera qu’aux chiffres provisoires car ils sont plus indicatifs de la réalité du terrain.

 

Au premier tour, Cellou Dalein seul a obtenu 1 062 549 voix (39,72%). Quand on y ajoute les voix obtenues par les allies Cellou Dalein Président au premier tour, ce total augmente à 1 585 388.

 

Au deuxième tour, l’Alliance Cellou Dalein Président n’a obtenu que 1 333 666 pour son candidat, soit une perte de 251 722 voix.

 

Donc on voit que le nombre de voix apportées par les alliés Cellou Dalein Président au premier tour est de 522 839. Au 2e tour, il n’y a eu qu’une addition de 271 117 voix, soit une perte de 251 722, à supposer que Cellou Dalein Diallo ait conservé la totalité de ses électeurs du premier tour.

 

Il est clair donc que le report de votes des allies a été faible et les consignes de vote n’ont pas été totalement suivies.

 

Le tableau est différent dans le camp Arc-en-ciel.

 

Au premier tour, Alpha Condé seul a obtenu 553 021 (20,67%). Avec les allies significatifs de l’Arc-en-ciel, au premier tour, ce total s’élève à 1 044 757.

 

Au deuxième tour, l’Alliance Arc-en-ciel a obtenu 1 474 973 voix pour son candidat, soit un gain de 430 216.

 

Au premier tour, les voix apportées par les alliés est de 491 736. Au deuxième tour, il y a un gain net de 921 952. Entre les deux tours, l’Arc-en-ciel a gagné 430 216 voix.

 

Il reste à savoir maintenant si ce gain est le résultat de l’apport de voix par les allies, notamment des poids lourds comme Lansana Kouyaté, Papa Koly Kourouma et Jean Marc Telliano qui dans ce cas seraient les vrais faiseurs de roi.

 

Mais puisque le taux d’abstention a été très élevé en région forestière, ceux qui connaissent bien le Pr. Alpha Condé pensent que ce dernier est l’artisan même de sa victoire.

 

Selon eux, Il aurait donc gagné seul, et tout seul, cette élection !

 

Thierno Sadou Diallo

 

Source : www.guinea-forum.org partenaire de www.BanabanaNews.org

Repost 0
Published by BanabanaNews - dans Analyse
commenter cet article
21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 19:03

Alors que des sympathisants de l’Ufdg se battaient dans la rue contre les forces de sécurité pour obtenir la nomination d’un président consensuel à la tête de la Céni, dans la nuit du lundi à mardi, on a enregistré un vol de 17 ordinateurs dans les locaux de la Commission électorale nationale indépendante, Céni.

Ces ordinateurs étaient configurés pour la tenue du second tour de la présidentielle. Même si  on affirme que ce vol n’affecte pas l’organisation dudit scrutin le dimanche prochain, cela paraît curieux. Car les locaux de cette maison, sise au quartier Kameroun sont sécurisés. Conséquence : il faudra faire recours au comptage manuel des résultats du vote.  Qui peut faire ce vol ? Dans quel intérêt ? Ce sont des questions qui risquent de rester sans réponse. Dans la mesure où en Guinée dès qu’il y a un évènement de ce genre, on dit qu’une enquête est ouverte. Puis rien, l’affaire étant classée.

Déjà, on est resté sans nouvelle sur le double incendie dans un magasin de stockage du matériel électoral au Camp Samory et dans le bureau de la Fossepel à la Cité des Nations, en septembre dernier.

Récemment, on évoquait l’arrivée d’une société sud africaine, suite à une demande de Louceny Camara, à l’époque président contre-versé de la Céni. Cette société agirait sur la programmation des ordinateurs dans le but de favoriser une fraude électorale en faveur du Pr Alpha Condé du Rpg.

S’agit-il des mêmes machines ? A-t-on volé ces machines pour faire disparaître des preuves de manipulation ? Ou voulait-on empêcher la tenue du scrutin le 24 octobre ? Ou enfin, ce vol a été effectué pour réutiliser ces machines à d’autres fins ?

Ces questions taraudent l’esprit de chacun de nous. Une raison de plus qui prouve que la présente Céni n’est plus crédible. Elle doit être simplement dissoute. Cela sera utile pour la suite de la transition.

Guinée Nouvelle N°47 du Jeudi 21 Octobre 2010

 

Repost 0
Published by Amdy's Blog - dans Analyse
commenter cet article
19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 20:48

lesvoleursdelatransition.jpg

On ne comprenait pas ce qui se passait, ce qui se tramait en Guinée, même si on en avait une vague idée. Les choses s’éclaircissent et se recoupent avec les renseignements et les informations obtenus à Paris, Moscou et à Conakry. Il est vrai que les privilèges de l’Etat qui ne sont faciles à se défaire surtout pour ceux qui y sont parvenus par « accident », mais les choses ne sont pas aussi complexes que cela puisse paraître.

 

D’après nos sources, on en revient à l’aspect économique et pécuniaire du problème. Les autorités de la transition arrivées au pouvoir comme on le sait dans les conditions que l’on connaît et comme leurs titres l’indiquent bien, ne s’empressent pas de faire le nécessaire pour organiser les élections qui étaient leur unique et principale tâche à remplir. Ils ne sont tout simplement pas pressées et pour cause.

 

Constituer un noyautage des postes de la haute administration l’Etat, le clientélisme aidant, à placer leurs hommes partout pour ainsi se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible. Le but recherché est bien connu.

 

Ainsi, les postes régaliens et stratégiques de l’Etat (les Ambassades, le trésor, les secrétaires généraux des ministères, les sociétés nationales, les institutions de la république…) sont distribués à tout va, alors qu’ils ne disposent d’aucune légitimité pour ces actes. Cette prérogative devant revenir à celui ou celle que le peuple guinéen se choisira comme élu(e) et avec l’assemblée nationale des députés représentant du peuple qui auront à engager le pays dans des décisions capitales le concernant.

 

Aussi les contrats des ressources naturelles et minières de la Guinée sont bradés à tout va avec la complicité d’affairistes disposant de ramification à travers la mafia internationale et les corrompus disséminés en Russie et en Chine.

 

En Europe et en Amérique, on est plus regardant du point de vue du droit international et ils savent que la Guinée est sous embargo et que ces autorités de la transition ne disposent pas de la légitimité de brader et d’hypothéquer les ressources de tout un pays au profit d’une poignée de personnes.

 

L’on se souvient des voyages avortés du General Konaté en Russie au mois de Juin et de sept. dernier en Russie et au Liban, sur invitation non pas des gouvernements russe et libanais, mais d’un groupe d’affairistes avec la complicité d’une petite poigné de guinéens.

 

Pour résumer, le processus de la transition, depuis son début jusqu'à aujourd’hui s’est trouvée plombée tout simplement à cause de ces immenses enjeux et intérêts économiques et financiers. Comme cela devrait prendre du temps pour finaliser ces accords « importants » pour eux, donc ca prendra du temps uniquement pour être en harmonie avec le calendrier des affairistes que celui des intérêts capitaux du peuple guinéen, qui attend et attend encore le bout du tunnel de cette transition. Voilà l’explication de ce sabotage.

 

Les guinéens devraient en être informés pour qu’ils sachent enfin les vrais raisons qui font que cette transition traine en longueur avec ces autorités et son chef le General Konaté qui ne joue pas le jeu, intérêts partisans et politiques mis de côté.

 

Les guinéens devront prendre leur responsabilité pour mettre fin à ce manège qui dure et qui coute cher au pays pour limiter les dégâts.

 

Le 24 octobre, dimanche prochain, avec ou sans les élections, les personnes éprises de justice de changements et mues par les intérêts du pays, devront prendre leur responsabilités et dénoncer vivement tout le gouvernement de la transition, l’ensemble des institutions et son chef Sékouba Konaté ne devraient plus être reconnus et légitimés par le peuple de Guinée. Simplement, parce qu’ils ont failli à leur unique mission, c’est-à-dire l’organisation des premières élections libres et démocratiques en Guinée.

 

Thierno Rampnoux Diallo

Président de Horizon Afrik

Paris – France 

Repost 0
Published by Amdy's Blog - dans Analyse
commenter cet article
11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 19:44

Seydouba Camara, président du tribunal de première instance de Dixinn (Conakry) a condamné Ben Sékou Sylla et Boubacar Diallo, respectivement président et responsable de la planification de la Ceni, à des peines de prison et d’amende.

 

Alpha Condé et ses partisans PDGistes persistent et signent en revenant aux tactiques cyniques du parti-état. Mais les conséquences pourraient être un boomerang contre le RPG et ses alliés. Sous leur influence, un magistrat viole son serment professionnel, fait fi de la déontologie juridique et affiche sa partialité vénale. Du coup, le juge Seydouba Camara commet un série de vices de forme et de fond. Par exemple:

 

- Les accusés ont été jugés in absentia, sans qu’eux ou leurs avocats puissent se défendre devant la cour

- Ayant constaté la partialité du juge, les avocats de messieurs Sylla et Diallo l’avaient récusé et demandé qu’il soit dessaisi du dossier.

- La Constitution et/ou le Code électoral accorde l’immunité juridique aux membres de la Ceni dans l’exercice de leurs fonctions en  période électorale.

 

La décision  du tribunal de Dixinn devrait donc être boutée en appel, que le procureur entend soumettre incessamment. Face à cette magouille politico-juridique, l’Ufdg et ses alliés doivent laisser le pouvoir judiciaire démêler l’écheveau et trier le bon grain de l’ivraie au sein de la magitrature guinéenne tant décriée. Une fois au pouvoir, ils devront garder la même ligne de conduite concernant l’indépendance de la justice, l’égalité constitutionnelle entre les trois branches de l’Etat (législatif, exécutif, judiciaire) et la séparation de leur pouvoir respectif.

Parallèlement, on imagine d’ores et déjà la Guinée au cas, improbable, où Alpha Condé remportait le second tour. Ce sera l’enfer dans le chaos vice versa. Seule consolation devant cet outrage à la justice: le verdict est non-exécutoire. A preuve, M. Sylla reçoit des soins en France. Et M. Diallo termine le Ramadan à domicile.

Alpha Condé se prépare mentalement peut-être à rouvir le Camp Boiro. Et il doit se mordre d’impatience de ne pouvoir mettre aux arrêts ses deux cibles actuelles.

A lieu de contribuer positivement au déroulement de la campagne, il cherche à l’empoisonner par des subterfuges grossiers. Ce fut d’abord, de mèche avec le Premier ministre Jean-Marie Doré, la tentative de révision constitutionnelle pour affaiblir la Ceni en injectant l’administration dans la gestion de l’élection.

Et voilà qu’il récidive en manipulant une justice guinéenne accablée de toutes sortes de péchés.

Si Lansana Conté était Sékou Touré bis, Alpha Condé c’est le Responsable suprêmeter, après Moussa Dadis Camara.

Il ne reste plus à Sékouba Konaté qu’à aller pleurnicher encore dans les bras de Blaise Compaoré pour tenter d’assagir son candidat : un loup politique vieillissant qui n’a pas tiré de leçons de sa propre expérience. Et qui croit pouvoir tromper tout le monde tout le temps.

Tierno S. Bah

Repost 0
Published by Amdy's Blog - dans Analyse
commenter cet article
26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 10:08

Mamoudou_Kouyate.jpgPour assurer son rang de leader national le président qui sera démocratiquement élu à l’issue des élections du 19 septembre 2010,  doit s’appuyer sur les potentialités promotrices du pays qui sont entre autres la gestion efficace de l’exploitation d’importants gisements minéraux et un excellent potentiel agricole. Celles-ci sont jusqu’à nos jours sous exploitées du fait des chocs d’intérêts personnalisés autour des ressources disponibles, et le manque de politiques économique, énergétique et agricole adaptées aux conditions et réalités de la Guinée.


Ces exigences nécessitent le maintien de la stabilité politique, la mise en œuvre d’une économie productive et la consolidation des revenus déjà acquis tout en réussissant à relancer les perspectives de croissance pour pouvoir satisfaire les attentes des populations guinéennes.


Pour le faire, il faudrait joindre toutes les capacités administratives et se donner des moyens de soutenir leurs efforts. Si nous agissons ensemble maintenant pour offrir à la Guinée le succès qui lui est naturellement destiné, nous saurons concilier la croissance indispensable à des choix de développement durable pour enfin répondre aux exigences qu’a imposées la crise économique mondiale. Ainsi la mise sur pied d’une politique rigoureuse devient indispensable pour l’évolution constante des services publics qui doivent se développer tout d’abord au rythme des besoins domestiques, puis s’adapter rapidement  aux normes des marchés internationaux.  


Les douloureux événements qu’a connus la Guinée depuis l’indépendance en 1958 jusqu’à nos jours, interpellent la conscience d’une bonne partie de ses cadres. Il revient à nous de rebâtir une nouvelle conscience morale et politique qui prendrait en compte les garanties d’une croissance soutenue, puis l’harmonie d’une société disposée à affronter nos défis communs.


Aujourd’hui la Guinée se trouve au centre de changements sans précédent dans l’histoire de sa démocratie. Nous avons en face une armée prête à céder le pouvoir et se retourner dans les casernes après les élections du 19 septembre 2010. Son chef, Général Sékouba Konaté, promet une transition réussie qui sera certainement couronnée par son défilé devant le Président élu par le peuple de Guinée.


Nous avons d’immenses richesses de sol et de sous-sol et nous avons le devoir de les développer de manière appropriée afin de transmettre les bénéfices aux prochaines générations. Toute fois, aucun résultat convenable n'a vu le jour à cause de la corruption qui a entravé les politiques publiques et détruit le capital social tout en pénalisant les pauvres qui représentent 70.1% vivant en dessous de 1,25 dollar par jour selon les statistiques de développement humain du système des Nations Unies.


Ainsi se dessinent les besoins d’améliorer la transparence et d’élever le sens de responsabilité dans la gestion des ressources. Ceux-ci impliquent  la consolidation des ressources humaines, le renforcement des capacités institutionnelles,  et la mise en œuvre de mesures sollicitant la prévention et la lutte contre la corruption et l’impunité.


Le regard sur l’économie nationale dans les années récentes nous enseigne qu’en 2003, la situation économique n’a pas répondu à l’augmentation des recettes minières en réponse à la hausse des prix mondiaux et la demande accrue. Selon la Banque Mondiale, la croissance réelle du PIB a été de 4,2% en 2002 et a baissé à 1,2% en 2003. Le taux de croissance est relevé respectivement à 2,7% et 3,3% en 2004 et 2005 résultant particulièrement de l’expansion des exportations de minerais et certains investissements modérés dans les projets d’infrastructure. Cette croissance va s’abaisser au niveau de 2,2% en 2006 et 1,5% en 2007 selon le FMI.


L’augmentation de l’inflation atteint 5,0% en 2002 et 14,8% en 2003, avant de remonter encore plus fortement à 29,7% en 2005 et 39,1% en 2006. Cette variation coïncide avec l’effondrement de la reforme économique au cours d’une longue série de bouleversements politiques. Elle tombe à environ 23% à la fin de 2007 suite à la stabilisation économique et des mesures structurelles qui ont abouti au resserrement monétaire par la banque centrale, découlant des efforts du gouvernement de consensus.  Toutefois les pressions inflationnistes ont sensiblement augmenté en 2008 à cause de la forte hausse des prix du riz et du pétrole.


Ces données macroéconomiques placent la Guinée loin des objectifs qui visent entre autres à réduire le chômage[1], relever le défi énergétique ou le pays possède un grand potentiel hydroélectrique  estimé à 1000 MW dont plus de la moitié est encore non exploitée, faire prospérer le secteur agricole qui constitue un des plus importants de l’activité économique, revaloriser le secteur minier[2] qui contribue annuellement au voisinage de 1/5 du PIB depuis le début de ces deux dernières décennies, donner une âme aux infrastructures routières et le transport.


Voilà quelques défis. Ils sont réels. Si la mauvaise gestion des ressources publiques, la corruption et le manque de respect des principes démocratiques avaient tué les espoirs, aujourd’hui dans cette élection, l’espoir d’y parvenir renaît. Les guinéens attendent la création d’un gouvernement capable de réunir toutes les potentialités pour y parvenir.

 

Vive la Guinée

 

Mamoudou Kouyaté

New York, USA



[1]  La possibilité d’emploi dans le secteur public était garantie à tous les diplômés de l’université. Mais de nos jours près de la moitié des universitaires galèrent encore pour obtenir un emploi

[2] En termes de production de minerai, la Guinée se classe deuxième après l’Australie ; le premier exportateur mondial de bauxite

Repost 0
Published by Amdy's Blog - dans Analyse
commenter cet article
20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 21:23

En voulant amplifier ses pouvoirs de premier ministre chef de gouvernement de la Transition, Jean Marie Doré a failli créer un hybride juridique. La « créature » de Jean Marie Doré : « l’ordonnance-décret ou décret -ordonnance ».

 


Jean-Marie Doré

Sur un papier à entête Présidence de la République, Secrétariat général du gouvernement avec le cachet de la signature du général d’Armée Sekouba Konaté, Président de la Transition, Président de la République par intérim, Ministre de la Défense nationale, Jean Marie Doré s’apprêtait à faire modifier deux textes par un seul.

 

Il voulait ainsi réviser les articles 2 de la Constitution et du Code électoral par le même texte.

 

Un texte hybride qui commence avec le titre Ordonnance….mais se termine à l’article 2 (son texte a omis le mot article et dit le 2) par « le présent décret qui abroge toutes les dispositions antérieures contraires sera publié au Journal Officiel ».

 

En fin des comptes il est très difficile de savoir si Jean Marie voulait faire une ordonnance ou un décret. C’est l’un ou l’autre car notre système juridique ignore l’hybride de Jean Marie « l’ordonnance - décret ».

 

La folie des grandeurs

 

Ainsi, par un même texte, Jean Marie a voulu modifier deux textes de nature différente, la Constitution et le Code électoral adoptés récemment et dont les modes de révision sont strictement encadrés par la loi. Ce qu’il ne respecte pas en l’espèce.

 

Dans son projet il décrète que « les élections sont organisées et supervisées conjointement par le Ministre de l’Administration du Territoire et des Affaires politiques (MATAP) et la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ». Il voulait ainsi changer la disposition de l’article 2 de la Constitution qui prévoit que « les élections sont organisées et supervisées par une commission électorale nationale indépendante » ainsi que l’article 2 du code électoral qui confie à la CENI l’organisation des élections.

 

Le texte de JMD fait une répartition insolite des tâches entre le MATAP et la CE NI.

 

Selon JMD, la CENI sera chargée de :

 

-l’installation des bureaux de vote

-la supervision du vote

-la proclamation des résultats

 

Et le MATAP de :

 

-l’assistance technique à la CENI en matière d’audit du système informatique afin de s’assurer de la fiabilité de la gestion du fichier électoral

-le découpage des bureaux de vote

-la sécurisation du scrutin

-l’appui nécessaire pour le transport du matériel électoral (urnes, isoloirs et autres)

-acheminement des PV vers les points de centralisation

 

En conclusion, JMD organise une inversion des rôles où c’est le MATAP qui est le pivot de l’organisation des élections, qui assure l’essentiel et la CENI ne fait que l’assister. Ainsi aux yeux du PM, le MATAP aura la gestion du fichier électoral, le découpage des bureaux des votes et la charge des PV. Tout un programme, la seule chose qu’il a oubliée d’ajouter aux nouvelles attributions du MATAP c’est la comptabilisation des votes.

 

En réalité cette opération de substitution du MATAP à la CENI a commencé dès après le premier tour où ce sont 22 membres du MATAP contre seulement 12 de la CENI qui devaient sillonner le pays pour le recrutement et la formation des membres des bureaux de vote et le re-découpage électoral.

 

Avec ce projet d’ordonnance, le PM s’attribue des compétences qu’il n’a pas. Celui qui est sensé respecter et faire respecter la loi, la viole.

 

Venant de notre cher pédant JMD qui l’année dernière excusait la furie de Dadis contre le diplomate allemand en faisant un cours de sémantique sur la distinction entre führer et duce, l’erreur est impardonnable.

 

Une ordonnance et encore moins un décret ne peuvent pas modifier une loi organique.

 

Le code électoral est une loi organique. Une loi organique est celle qui porte sur l’action et le fonctionnement des institutions et des organes publics. Elle complète les dispositions constitutionnelles. Elle est votée et modifiée à la majorité absolue de 2/3 des membres de l’Assemblée nationale. De surcroît la Cour Constitutionnelle exerce un contrôle a priori sur sa conformité à la Constitution.

 

Or, la Constitution est très explicite, une ordonnance ne peut pas modifier une loi organique (art 82). Jean Marie doit également comprendre que l’ordonnance est une habilitation qui est donnée par le Parlement au Président de la République, pas au Premier Ministre, pour prendre une mesure dans le domaine de la loi.

 

Donc Jean Marie Doré n’est pas habilité à prendre une ordonnance. Et en aucun cas une ordonnance ne peut modifier le code électoral. Puis au cas où il serait tenté de suivre ceux qui veulent lui suggérer un décret d’application, il doit avoir à l’esprit les articles 72 et 74 de la Constitution qui délimitent les domaines de la loi et règlementaire.

 

Une violation du mode de révision de la Constitution

 

Une ordonnance et encore moins un décret ne peuvent pas non plus modifier la Constitution. Il y a deux modes de révision de la Constitution. La révision par l’Assemblée nationale par un vote à la majorité de 2/3 ou bien la révision par référendum.

 

Dans son acharnement à s’attribuer les prérogatives de la CENI, le chef du gouvernement n’a pas pensé au titre XII de la Constitution consacrant la CENI comme une institution républicaine. La CENI est chargée « de l’établissement et la mise à jour du fichier électoral, de l’organisation du déroulement et de la supervision des opérations de vote. Elle proclame les résultats ». (art 132). Si la révision de Jean Marie était passée, il y aurait eu une confusion avec l’article 132 de la Constitution surtout sur la gestion du fichier électoral.

 

En projetant de réviser la Constitution et le Code électoral dans ces conditions le PM viole l’esprit de la disposition qui fait de lui le responsable de la promotion du dialogue social et de l’application des accords avec les partenaires sociaux et les partis politiques (art 58 de la Constitution).

 

Curieusement, pendant que Jean Marie Doré tente de délester la CENI de ses compétences, un membre et le Président de cette institution sont poursuivis devant une juridiction sans que ne fut levée leur immunité qui veut que les membres de la CENI ne soient pas passibles de poursuite sauf en cas de flagrant délit et après l’accord des membres de la CENI. En réalité cette poursuite judiciaire ne concerne qu’un membre car Ben Sekou Sylla s’est provisoirement retiré et a transféré sa charge de Président à un autre membre.

 

Pour ceux qui seraient tentés de modifier unilatéralement la CENI, ils doivent savoir que conformément à la Constitution « c’est une loi organique qui détermine la composition, l’organisation et le fonctionnement de la Commission ». Eh bien, là non plus l’ordonnance et le décret ne passeront pas

 

Si les acteurs guinéens sont incapables d’organiser le second tour, il y a toujours l’option de confier le scrutin à l’ONU.

 

C’est tout de même dommage que le CNT n’ait jamais exercé un contrôle de l’action du gouvernement comme le lui autorise la loi. Il pourrait demander des explications au PM et à l’équipe qui a concocté cette aberration juridique.

 

D’autant que le gouvernement n’a jamais été interrogé sur les conclusions de contrats miniers aux enjeux économiques énormes mettant en jeu des milliards de dollars qu’il a conclus avec des sociétés comme Hyperdynamics , la joint venture entre Vale et la BSGR et celle de Rio Tinto et Chinalco etc.

 

L’argent est le nerf de la guerre. Laisser le gouvernement gérer seul de telles sommes sans exercer de contrôle sur lui contribue à lui donner la grosse tête. Et comme l’appétit vient en mangeant, JMD est gloutonnement vorace. Par conséquent il est prêt à tout pour se cramponner à son juteux poste. Toute personne qui a du pouvoir sans contrôle est tentée d’en abuser.

 

Dr Hassatou Baldé

pour www.guinee58.com partenaire de www.ondes-guinee.info

Repost 0
Published by Amdy's Blog - dans Analyse
commenter cet article