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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 21:59

DORE_Ansoumane_3_01.jpgSeront-elles ce qu'en attendent les Guinéens recrus d'épreuves ? J'en doute, mais ce n'est pas un souhait de ma part que ce ne soit pas ce que nos concitoyens attendent que ces élections apportent.

 

Je crois, chacun croit qu'elles vont être annonciatrices d'une ère de nouvelle gouvernance. La meilleure gouvernance que le pays n’ait jamais connue. Et qu'est-ce qui les pousse à une telle croyance ? C'est qu'en général quand le destin s'acharne sur des communautés d'hommes et de femmes, si quelques-uns d'entre eux s'affaissent et se laissent mourir, beaucoup d'autres s'accrochent à ce quelque chose qu'on appelle espoir. Malgré les dures épreuves endurées pendant 55 ans, c'est cet espoir qui a permis aux Guinéens d'enjamber les cinq rudes décades de leur indépendance.

 

J'ai dit qu'un doute subsiste en moi de croire que les élections du 24 septembre 2013 constitueront un hiatus avec les habitudes de gouvernance que nous avons connues jusqu'ici. A commencer par le refus des gouvernants, devenu un réflexe conditionné, d'assumer leurs responsabilités.

 

L’exemple type de ce refus est inscrit dans la phrase devenue une antienne : « Nous sommes tous coupables ». Autrement dit toute la Guinée est coupable, donc responsable de tous les malheurs arrivés à ce pays.

 

Comment le Guinéen lambda, analphabète et préoccupé du vivre quotidien peut-t-il être coupable de ce qui s'organise au sommet de l'Etat guinéen par ceux qui se sont crus capables d'accomplir des tâches pour le bénéfice de tous, dans l'administration, la santé, l'éducation, la protection des citoyens et des libertés publiques, la justice, bref, l'organisation de la société nationale ? Des décisions sur toutes ces questions se prennent quelque part et ce n'est pas au niveau du peuple intégral que ces décisions se prennent.

 

Le premier ministre Saïd Fofana vient de recourir à cette formule de fuite de l'Etat devant ses responsabilités en parlant des atrocités des affrontements (près de la centaine de morts) entre Guerzés et Koniankés intervenus à Koulé-N'Zérékoré-Beyla, quand il dit : « Quand N’Zérékoré brûle, c'est toute la Guinée qui brûle. Et pourtant, nous sommes tous coupables. »

 

Avec des formules éculées de ce genre comme substrats culturels et politiques de gouvernants, ce ne sont pas ces élections législatives qui vont changer quoi que ce soit. Personne n'a, du reste, accusé le gouvernement du premier ministre Fofana d'avoir directement été l'instigateur des massacres susdits. Encore que ce gouvernement soit demeuré dans la ligne de division interethnique des précédents gouvernants au lieu d'avoir entrepris l'organisation des populations à une discipline républicaine de respect mutuel.

 

Les buts recherchés par le pouvoir d'Alpha Condé dans ces élections, ne sont pas une meilleure gouvernance qu'une recherche d'honorabilité extérieure à la Guinée et surtout de donner confiance à des investisseurs étrangers à venir en Guinée. Mes ces élections présentent les perspectives suivantes:

 

a) Soit le RPG-Arc-en-ciel les gagne largement, ce que pensent les tenants de ce groupe politique et beaucoup d'autres dans l'opposition. On avance dans ce cas l'absolue mainmise du pouvoir sur tous les rouages de l'Etat comme c'est le cas depuis janvier 2011: utilisation au seul bénéfice du parti et du pouvoir des agents de l'administration publique, de l’armée, de la police, de la gendarmerie ; l'utilisation des deniers publics pour payer le vote de populations pauvres très endettées (PPTE) ; des promesses d'embauches pour de jeunes chômeurs, etc. Si ce cas de figure se réalise, l'Assemblée monocolore RPG-Arc-en-ciel ne réglera rien puisqu'elle ne constituera que la « voix de son maître ». Et ce sera la continuation des décrets présidentiels sous étiquettes de lois. Mais il y a peu de chances que les tensions sociales s'apaisent.

 

b) Soit l'hypothèse précédente n'est pas la bonne et il y a une légère avance du nombre de députés de l'opposition sur les députés du pouvoir ou à tout le moins une situation d'équilibre du nombre de députés du pouvoir et de l'opposition. Il peut se produire alors une atmosphère de détente sociale souhaitable pour tous. Mais, ô horreur ! Des faucons ne peuvent même pas envisager une telle hypothèse. Ceux-ci demeureront, quoi qu'il arrive, obnubilés par la puissance inattaquable de leur champion. Et ce qui est curieux, c'est de les entendre parler de leur attachement à l'unité nationale. Ce qui revient à dire, « l'unité nationale » ? Oui, mais autour de nous comme pivot.

 

Pauvre Guinée ! On a beau écrire que notre pays est encore à une étape fragile de sa formation en tant que nation et qu'il faut de la part des hommes politiques beaucoup de qualité d'hommes d'Etat pour ménager toutes les composantes nationales; on semble loin d'être entendu. Et les divisions ethniques entretenues en sous-mains, semblent faire croire aux tenants du pouvoir à tout prix que l’élixir de leur longévité politique ne tient qu'à cela.

 

Des faits quotidiens montrent que la haine de certains séides du pouvoir en place contre nos compatriotes peuls est à un tel degré qu'ils focalisent toute cette haine sur la personne d'El hadj Cellou Dalein Diallo, président de l'UFDG. Ils ont fini par faire croire, dans leur aveuglement ethnocentrique, que cet homme est le condensé de tous les maux de Guinée.

 

Ils insistent sur sa durée dans les gouvernements de Lansana Conté pour le charger de tous les péchés. Mais ils sont silencieux sur tous ceux qu’Alpha Condé a recrutés de ces gouvernants passés et qui l'entourent aujourd'hui.

 

Cellou Dalein Diallo a certes fait dix dans les gouvernements de Conté. Mais il n'a jamais été un ministre poids lourd. Il a même été un premier ministre éphémère que l'entourage de Conté s'est empressé d'éjecter. Mais ce n'est pas pour autant que je connais ce qu'il a pu faire dans ces ministères. Cela a dû être du même ordre que d'importants ministres ou conseillers en exercice encore.

 

Le problème de cette époque de pillage économique avait conduit le capitaine Moussa Dadis Camara à initier des audits. Depuis qu'Alpha Condé est président, pourquoi n'a-t-il pas activé cette question des audits ? C'est peut-être qu'une partie importante de son entourage était concernée et risquait de sauter. Donc sortir comme un mouchoir de la poche, à la veille d'élections, cette histoire de biens amassés par Cellou Dalein Diallo au Sénégal, sent le moisi, surtout quand on sent l'insistance de certains à vous pousser à lire des « révélations » là-dessus.

 

 Entendons-nous bien, je ne suis pas en train de me faire l'avocat d'une question sur laquelle je n'ai aucune information. Je suis en train de dire tout simplement que je ne peux pas me faire une idée sur des rumeurs. L'affaire est entre les mains de la justice sénégalaise qui n'est pas aux ordres du pouvoir politique comme chez nous, en Guinée.

 

Attendons le verdict de cette justice sénégalaise républicaine au lieu de succomber à la culture de la rumeur. Celle-ci n'est pas bonne pour l'éclosion d'une démocratie à laquelle devraient tendre les élections qui viennent. Tous ceux et toutes celles qui contribuent à la propagation de rumeurs mensongères pour abattre un leader politique ne contribueront qu'à polluer le contexte de ces élections.

 

 

Ansoumane Doré

Dijon, France

 

 

 

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Published by BanabanaNews - dans Libre opinion
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