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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 09:48

camp_boiro_1.jpgL'Association des Victimes du Camp Boiro (AVCB) dans le cadre de la  commémoration de l'an 40 des fusillades de soixante dix(70) cadres guinéens dans la nuit du 17 au 18 octobre 1971  a organisé une cérémonie religieuse sur le site où se trouve le charnier au mont Kakoulima, quartier Mabonyah (préfecture de Dubreka), le mardi 18 octobre 2011. 

 

Cette cérémonie a réuni des rescapés, des veuves, parents et amis des victimes du régime Sékou Touré, tous habillés en rouge "signe du sang des victimes" nous a-t-on dit. A leurs côtés se trouvaient ausi représentants  des organisations nationales et internationales de défense des droits de l'homme, des religieux, de la presse et d'autres curieux. 

Elle a débuté aux environs de 12 heures par l'immolation d'un boeuf et la lecture du Saint Coran suivie de la prière des prêtres.

C'est dans une grande émotion que Dr Fodé Maréga,  président de l'AVCB a pris la parole et a dit:  " Dans la nuit du 17 au 18 octobre 1971, 70 Guinéens qui avaient combattu pour l'indépendance de leur pays,ont été injustement fusillés sur ordre du premier président de la Guinée, Ahmed  Sékou Touré. Presque tous étaient des hommes d'affaires confirmés ou de cadres de hauts rang: ministres, ambassadeurs, gouverneurs, magistrats, ingénieurs, médecins, professeurs etc."

Parlant du choix de cette date par les autorités d'alors pour exécuter ces Guinéens, Dr Maréga a  declaré qu'il s'agissait de sacrifices rituels prescrits par les voyants occultes du régimes d'alors pour obtenir la chute du président ivoirien, Houphouet -Boigny dont c'était le 70ème anniversaire. "Les voyants avaient convaincu Sékou Touré qu'en sacrifiant autant de cadres que le président ivoirien avait d'années d'âge, le jour anniversaire de sa naissance, cela entrainerait irrémédiablement sa chute, d'autant plus que cet anniversaire tombait un lundi. La nuit du dimanche au lundi revêt  dans la logique des opérations occultes du régime, une importance capitale. Tous ces fusillés ont été extraits de leurs cellules dans trois camps de détention politique : Boiro à Conakry, Kémé Bouréma à Kindia et Soundjata Keita à Kankan."a-t-il précisé.
                                                                                                    division 001
"Aujord'hui, 40 ans après ces faits tragiques, les familles des défunts n'ont toujours pas fait leur deuil, faute de corps. Nous sommes à l'aube d'une nouvelle tentative de mise en place d'une commission vérité-justice-réconciliation. Ainsi nous voudrions de ce lieu chargé de douleurs et symbolisant la haine et la bestialité lancer un appel solennel au Président Alpha Condé de démilitariser tous les charniers connus ou pas dans tout le pays, de signer le décret de restitution de la partie carcérale du Camp Boiro aux victimes de ce camp et leurs descendants via l'AVCB et de créer une commission de reccueil de témoignage au sein des FDS (NDLR: Forces de défense et de sécurité) pour que les militaires connaissant les lieux de sépulture et d'execution des sacrifiés des régimes totalitaires de la Guinée puissent témoigner avant d'emporter leurs macabres sécrets dans leurs tombes. Nous demandons aussi la restitution des biens des victimes. Il faut que l'on dise exactement ce qui s'est passé dans ce pays sans le modifier. situer surtout les responsabilités. S'il le faut nous demanderons qu'on mettent une chaine à la tombe du tyran Sékou Touré."a-t-il conclu

A son tour Daniel Philippe de Sainte Marie né au camp boiro en 1972 considéré comme le plus jeune prisonnier, de Néné Diariou Kassé qui était considérée par les dirigeants d'alors comme agent secret des occidentaux  affirme"  je suis né au Camp Boiro et je suis de cette prison à l'age de 5 ans avec ma mère. Il y a eu des temoignages sûrs prouvant que ce qui s'est passé ici est vrai et réel. S'il y a eu doute c'est parce que des gens ont voulu cacher cette partie de la sombre histoire de notre pays. Mais elle sera bientôt revelée au grand jour. Les autorités en place doivent enfin restituer les corps des victimes aux familles afin qu'elles reçoivent des unimations digne du nom pour qu'enfin leur âme  repose en paix car à l'heure là elles ne reposent pas en paix. Ces âmes sont entrain de divaguer sur la Guinée et cela n'est pas bon pour le pays."

"Nous demandons  justice et vérité pour que plus jamais ça dans notre pays; car un crime impuni se reproduit toujours" a-t-il indiqué

Thierno Madiou Sow président de l'OGDH présent à cette cérémonie quant à lui, dira  "Je suis vraiment peiné par la manière dont ces compatriotes ont été exterminés. Il faut qu'on se donne les mains pour qu'il y ait la vérité. L'OGDH pense que pour que la vérité jaillisse, il faudra que justice soit faite"

Quant à Antonin Rabec représentant de la Fédération internationale des droits de l'homme en Guinée, il s'exprime en ces termes : "la réconciliation nationale doit être  l'affaire de tous les Guinéens car en regardant la liste de ces victimes dont nous commémorons aujourd'hui, on comprendra que c'est toutes les ethnies qui ont été victimes."

La commission de reflection sur la réconciliation nationale n'a pas répondu à l'invitation des organisateurs de cette cérémonie.

La cérémonie s'est terminée aux environs  de 15 heures 30 par une visite guidée des charniers.  Des fosses où des gens étaient  égorgés pour recueillir leur sang à des fins de sacrifices,  une prison souterraine sous la forme d'un puits décorent ces lieux macabres.

Mamadou Aliou Barry


LJ partenaire de  BBN

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Published by BanabanaNews - dans Droits humains
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