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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 15:36

 

 

Professeur Hamidou Diallo est un leader politique sénégalais vivant à Dakar où il a vu le jour, il y a 61 ans. Fils d'un père originaire de Koubia et d’une mère originaire de Timbi Madina (Pita), cet économiste, gestionnaire sorti de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a aussi un diplôme en planification de l’IDEP (Institut des Nations Unis pour le Développement et la Planification). Depuis 2004, il dirige un parti politique dénommé le Bloc pour Renforcement Démocratie au Sénégal (BRDS). Cet intellectuel, toujours apte à défendre ses idées, est le produit de deux cultures (sénégalaise et guinéenne), certes loin de ce prototype de cadres africains aliénés et corrompus. Nous l'avons approché pour un entretien sans tabou. La situation politique de la période pré-électorale au Sénégal, l'idéal recherché par sa formation politique, les récentes relations diplomatiques entre le Sénégal et la Guinée, l'évolution politique dans son pays d'origine depuis l'avènement Alpha Condé au pouvoir, les dessous de la crise libyenne, la nouvelle configuration géopolitique du continent africain sont les principales articulations de cette interview exclusive.

Le Jour: Pourquoi le Bloc pour le Renforcement de la Démocratrie au Sénégal (BRDS) et quels sont ses objectifs?

Pr Hamidou Diallo: Il existe de très nombreuses vexations que supportent les descendants d’émigrés et cela est général un peu partout dans le monde et surtout en Afrique. Les citoyens à double et voire triple culture ont toujours des problèmes d’intégration. J’ai fait mon collège au « Collège court » de Conakry. Les Guinéens m’appelaient « Sénégalais ». Dans une réunion officielle de leaders de partis politiques ici au Sénégal, pour que l’on me donna la parole, le ministre Ousmane Ngom a dit : «  Donnez la parole au Guinéen »… Mon parti est donc celui des Sénégalais d’ascendance étrangère. Nous ne sommes pas marginalisés mais nous marquons ce que nous sommes. Et moi, je suis un Peulh du Fouta Djallon de nationalité sénégalaise dans un espace républicain inclusif qui fait de l’autre mon partenaire dans le cadre d’un développement harmonieux dans la paix et la concorde. C’est parce que je suis fort du fait qu’il me rend fort, que mon partenaire peut lui-même rester fort. C’est ce qui fait du Sénégal un grand pays de démocratie et si j’ai décidé de m’investir dans le monde de la politique, c’est bien pour porter ma pierre à la construction, la consolidation et le renforcement de la nation sénégalaise ; d’où le nom ; Bloc pour le renforcement de la démocratie au Sénégal.

Quelle lecture faites-vous de la vie politique de votre pays à cette période pré-électorale?

Au Sénégal, les escrocs prospèrent quand les honnêtes gens se taisent. De compromission en compromission, on devient soi même un compromis de la pire des espèces. L’espace politique est devenue une excroissance hybride de formations politiques et sociales, hypocrites à souhait dont la visée essentielle est l’accession au pouvoir par tous les moyens.

Comment peut-on comprendre et expliquer les alliances qui s’y nouent sans pincement de cœur ?

La gauche pure et dure y côtoie allègrement la droite ultra libérale : un Dansokho et un Bathily de l’extrême gauche à côté d’un Idy et d’un Sall, libéraux de la plus pure des souches. Au sein des formations de même bord, rien que des sourires jaunes et personne ne tourne le dos à son voisin : Tanor ne touchera jamais Niasse, même pas avec une perche et, Idy égorgerait Macky avec un plaisir malsain. Ces comportements que condamne la morale, frisent l’escroquerie politique et quand même dégagent des points communs : - ils sont capables d’unité pour pousser le peuple dehors pour que Wade ne se présente pas ; ils ne présentent aucune solution à tous les problèmes qui existent en plus de ceux qu’ils créent ; ils n’ont pas pu trouver de solutions à nos problèmes quand ils étaient aux affaires ; ils pensent que leur remettre les rennes du pouvoir est la solution pour nous ; dès qu’ils acquièrent une parcelle de pouvoir, leur instinct grégaire réapparait aussi vite qu’il était parti ; ils exigent que la corde soit abaissée au ras du sol pour qu’il puisse la sauter et ils exigent la non participation de Wade aux élections et, en même temps, l’unicité de la candidature de l’opposition.

Quelle est la position du BRDS par rapport aux élections de 2012?

Le BRDS a participé à deux élections. Dans les deux cas, la coalition à laquelle il a participé est arrivée seconde après celle de Wade. Si l’adage qui dit «  jamais deux sans trois » se vérifie, le BRDS ne pourra faire moins que ses prestations antécédentes. Il faut espérer alors de voir ma formation politique arriver avec le trio de tête. 

Est-ce que vous croyez en la chance de l'opposition sénégalaise de battre le PDS en 2012? 

Vous avez bien fait de dire chance car si ce n’est que la connaissance, toute l’opposition réunie n’atteint pas Wade aux genoux. 

Que fera l’opposition si Wade brusquement décidait de ne pas se présenter ?

Ça sera la plus grande catastrophe pour le Sénégal. Si Wade ne se présente pas, le PDS va exploser. Toute l’administration va être désorganisée. Le pouvoir central va cesser d’exister. L’opposition va éclater. Toutes les coalitions vont disparaître pour laisser naitre de nouvelles alliances. Si Wade ne se présente plus, l’opposition n’aura plus rien à proposer au peuple sénégalais. Il y aura un vide que le chaos et l’anarchie vont emplir. Ceux qui sont dans l’opposition sont ceux qui nous ont dit en 2000 que Wade était le meilleur. Ce sont encore eux qui nous ont demandé de voter pour la constitution de 2001 qui était la meilleure qui soit. Ce sont eux qui nous disent de mettre Wade dehors, mais pas plus. Wade dehors, point final. Ils n’ont plus rien à proposer autre qu’une lutte intestine et fratricide qu’ils nous présenteront comme programme de développement. Il n’y a pas d’alternative possible. C’est la démocratie : tout le monde peut se présenter sauf Wade. En attendant, actuellement, avec Wade, c’est la débandade, le sauve qui peut, la curée. Une fin de règne, la fin de la bamboula. Toutes les hyènes viennent à la curée Le BRDS pense qu’il faut mettre en place une stratégie de remplacement à ce jusqu’auboutisme suicidaire. Il faut réfléchir au cas où la candidature de Wade va être validée et que l’opposition soit obligée d’aller aux élections en ordre dispersé. Il est évident que Wade est certain que le conseil constitutionnel va trancher en sa faveur, et c’est pourquoi il déclare publiquement se soumettre d’avance à sa décision. Sur le terrain, il met en place et exploite des commissions d’inscriptions massives et frauduleuses sous le nez et la barbe du comité de veille. Il nomme les experts en fraudes électorales, ministre et directeur des élections sans que les membres de l’opposition ne bougent le moindre doigt. Il maintient son ami Cheikh Tidiane Diakhaté, au conseil constitutionnel. Il place un inconditionnel, Cheikh Tidiane Sy, à la justice. Il met son homme de confiance Ousmane Ngom à l’intérieur. Il verrouille le fichier électoral en le confiant à Ibrahima Diallo. Il couronne le tout en nommant Doudou Ndir au poste stratégique de la CENA pour faire voter les diables. Il met toute l’administration sous coupe réglée, il s’entoure des magistrats les plus sûrs. Il a l’armée, la gendarmerie, la police, la douane et même les eaux et forêts. Il corrompt lutteurs, chanteurs et danseurs. Il a les caisses pleines prêtes à déverser son lot de billets en 2012. Et pourtant, il n’a aucune chance face à la demande sociale.

Récemment, l'avocat franco-libanais, Robert Bourgi a porté des accusations graves sur certains chefs d'Etat africains dont Me Abdoulaye Wade qui, selon lui, ont offert des mallettes d'argent à des hommes politiques français. Qu'en dites-vous?

La question que l’on devrait poser est plutôt celle-ci : «  que les Africains qui ne le savaient pas lèvent le doigt !». L’Afrique a toujours tout accepté et elle veut passer son temps à dire «  nous ne le savions pas.». Nous ne le saurons jamais car nous évoluons à la lisère du développement, toujours prompts à soulever les deux mains en disant «  nous ne le savons pas ». Bourgi et les hommes blancs qui nous ont domptés et nous domptent, eux savaient et savent. Si aujourd’hui l’information nous est portée au grand jour, c’est encore pour nous manipuler et nous cacher autre chose de plus gros. Ce n’est pas grave car de toutes les façons, nous pourrons toujours dire après ; «  nous ne savions pas ». Quand Alpha Condé est venu en Guinée, j’ai dit attention Sarkozy. Je me suis fait rabrouer. Je me suis tu et Cellou est devenu dakarois. Quand la Côte d’ivoire a été déstabilisée, j’ai dit attention au réfugié hongrois. Je me suis fait rabrouer. Je me suis tu et Gbagbo est en pension gratuite et illimitée. Quand j’ai vu ce gars à Benghazi, j’ai averti en vain. Il est arrivé à Tripoli et Kadhafi est en tourisme quelque part dans le désert. Aujourd’hui, c’est lui qui envoie Bourgi à Wade. Certains diront que les carottes sont cuites pour le vieux.

Tout dernièrement, le président guinéen, Pr Alpha Condé, a accusé Banjul et Dakar, de complicité dans la tentative d'assassinat contre sa personne, le 19 juillet dernier. Quel est votre avis sur ce sujet? 

J’ai assisté à des accusations similaires faites par son idole, le président Sékou Touré. A l’époque, les conséquences ont été dramatiques et durablement. Monsieur Condé en bon élève de l’époque du parti unique, a voulu que l’histoire se répète en balbutiant. De telles accusations conduisent à des épurations à grand échelle. Cela était possible. De nos jours l’épée de Damoclès du TPI plane sur la tête de ceux de nos dirigeants qui commettraient des crimes contre l’humanité. Le prétexte d’une déstabilisation de son régime par des forces extérieures associées à une cinquième colonne permettrait le report des élections législatives à des jours heureux. Ce gain de temps serait mis à profit pour faire imploser les partis de l’opposition par toute une série de mesures qui ont fait preuve sous d’autres cieux. 

Certains observateurs ont estimé que le Sénégal a timidement réagi face à ces accusations graves. Qu'en dites-vous?

Sauf le respect dû à un chef d’Etat qui est le premier citoyen d’un pays, ces déclarations ont été accueillies dans un mépris universel. Les Sénégalais et les Guinéens les plus incultes en ont souri. Aucun père de famille ne corrigera son enfant à cause d’une déclaration de votre président. Ce président ne peut qu’être président de la Guinée. Nous vous le laissons avec plaisir et sans regret. 


Comment voyez-vous les premiers mois de gestion du pouvoir par Alpha Condé en Guinée?


Le président utilise une stratégie de monopolisation absolue et clanique du pouvoir qui a fait ses preuves ailleurs : cristallisation de toutes les forces vives autour de son système ; modification de la constitution en sa faveur ; mise hors jeu de tous les leaders qui l’ont aidé à accéder au pouvoir ; intégration de ses hommes dans l’armée, la police, la gendarmerie, la douane, la magistrature et au parlement ; main mise sur le commandement des militants du RPG ; corruption totale de l’administration ; ouverture des portes et des postes de l’Etat à des transhumants sans foi ni loi, qui trouvent à ses côtés, un moyen lucratif de se soustraire aux poursuites judiciaires ; transformation du territoire national en un immense domaine privé où seul son clan achète et vend des terres, s’enrichit dans des transactions immobilières qui frisent le blanchiment ; des agriculteurs rapaces et boulimiques descendent sur les terres des paysans en razzias destructrices ; extraterritorialité pour les Guinéens à leur insu de leurs richesses minières ; les bourses d’étude à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, les évacuations médicales, les postes de sinécure dans les ambassades et organisations internationales deviennent l’apanage de la nouvelle classe dirigeante ; les belles villas qui pousseront comme des champignons par grappes appartiendront aux mêmes individus qui presque toujours, seront des proches du clan Condé et à la longue, la république sera mise au service du RPG, de son chef et de ses enfants : tout pour eux, rien pour vous (NDLR: le peuple).

A votre avis, qu'est-ce qui explique les raisons du blocage de ce pays, jugé scandale géologique et regorgeant de ressources immenses et variées, qui pourrait être la locomotive de la sous-région? 

Le problème de la Guinée est à rechercher dans la qualité et la nature de ses ressources humaines. La Guinée, c’est d’abord et surtout la lecture biaisée de son histoire. Un peuple maîtrise son présent et influe sur son avenir s’il se relie son histoire. La Guinée ferme les yeux sur son histoire et conduit sans rétroviseur. Elle traine alors au cours de son évolution en legs successifs ses tares dont la principale est l’impunité. L’impunité a conduit à l’institutionnalisation de l’injustice et à la disparition de l’âme et de la « conscience d’être Guinéen ». Que veut dire «  être Guinéen ?». La réponse juste à cette question donnera naissance à la nation guinéenne et donc à sa participation au concert des nations. Pour le moment, la Guinée est comme un ramassis de tribus qui errent à leur corps défendant, dans un espace politique commun. Au dessus de ces tares et les entretenant à un degré extraordinaire : la corruption. Cette plaie est endémique en Guinée et au sommet de la pyramide caracolent les magistrats, suivis de près par la pègre organisée que constituent les hommes en tenue de tous corps et enfin, les fonctionnaires dans leur majorité. Le principal ennemi au développement de la Guinée est bien en définitive, son administration, civile et militaire…

Quelles solutions voyez-vous pour ce pays?

En principe, même un débile sourd, muet, aveugle et manchot peut développer la Guinée. Il y a du tout et en abondance et en qualité. Mais un pays est aussi comme un être vivant. Il a un cœur et une âme. Les politiques économiques pour développer la Guinée foisonnent à satiété. Ce sont les hommes qui doivent animer ces politiques qui sont difficile à trouver et à fidéliser dans la bonne gestion. L’eau en abondance et de qualité, les terres riches et fertiles, des semences à rendement élevé doivent permettre la Guinée de rapidement atteindre l’autosuffisance alimentaire et d’être exportatrice nette de produits alimentaires tels les céréales, les fruits et légumes. L’insémination artificielle en élevage intensif, le développement de poulaillers, de la pisciculture et du mareyage assureront la couverture protidique. L’essor du secteur primaire créera des emplois induits dans le secteur tertiaire. Les secteurs primaire et tertiaire seront boostés par des micro investissements rapides et légers à grande échelle avec un ratio élevé du travail sur le capital. Les ressources peuvent être des capitaux à court et moyen terme dénichable même sur les marchés financiers de l’UMOA. Cependant, la Guinée se gardera d’intégrer la zone « franc » pour le moment. Le secteur secondaire sera financé par des investissements à long terme, mais en chacun d’eux, il faut en financer tout le processus. Tout investisseur doit pouvoir financer l’usine d’exploitation, mais aussi, la formation de la maternelle à l’enseignement supérieur, l’hôpital, l’équipe de football, la mosquée et l’église etc... Cela concerne l’ensemble des infrastructures liées au développement humain, à la conservation de la nature et à sa régénération à la fin du projet. Tout cet ensemble devra être logé dans des lois correctement établies, valables, opposables et respectées par tout le monde, au sein d’un code des investissements.

Comment voyez-vous l'avenir de la sous-région?

Nous assistons aux derniers soubresauts de la mal gouvernance. Le monde est devenu un village planétaire sans frontière, sans distance, au service du capital. La France vend des centrales nucléaires à l’uranium enrichi sans en être producteur. Aucun de nos pays n’est économiquement viable dans des espaces si étriqués. Une industrie de nos jours a besoin d’un marché porteur donc solvable à grande échelle. 

Pensez-vous que l'Afrique noire dans les mois ou années à venir sera à l’abri de révoltes populaires que connait actuellement le monde arabe?

Le Tchad, la RCA, le Congo, le Mali, la Guinée Bissau, le Liberia, la Sierra Léone, la Côte d’ivoire, l’Algérie, la Mauritanie, le Sénégal ont traversé ou sont en zones de turbulences qui ont profondément affecté leur population et leur économie. Nous pouvons considérer que plusieurs pays sont en situation de mi-paix, mi-guerre. Tous ces pays sont assis sur une poudrière qui peut exploser à tout moment. Le rôle d’un bon dirigeant est de prévenir ces explosions sociales imminentes. La caractéristique essentielle d’une révolte est sa spontanéité. Elle est déjà là, présente dans nos cœurs et nos esprits et ne demande qu’à s’extérioriser. C’est inéluctable, tous les peuples opprimés vont se dresser contre l’oppresseur qui devra rendre compte et qui rendra compte. Le jour n’est pas loin qui éteindra leurs lampions. 

Comment jugez-vous la manière par laquelle le Guide libyen, le Colonel Kadhafi, a été chassé du pouvoir après 42 ans de règne sans partage, mais qui a conduit le peuple libyen à une prospérité économique?

Je vais d’abord vous citer les raisons de l’attaque des Occidentaux contre le Guide libyen. C’est la Libye de Kadhafi qui devait permettre à l’Afrique d’assurer la couverture universelle du continent pour la téléphonie, la télévision, la radiodiffusion et de multiples autres applications telles que la télé médecine et l’enseignement à distance grâce au système par pont radio WMAX. Les 30 milliards de dollars saisis par Obama étaient destinés à la contribution libyenne à la finalisation de la fédération africaine à travers 3 projets : la Banque Africaine d’Investissement à Syrte en Libye ; le Fond Monétaire Africain avec un capital de 42 milliards de dollars avec Yaoundé pour siège et la Banque Centrale Africaine avec le siège à Abuja au Nigeria dont la première émission de la monnaie africaine signera la fin du Franc CFA grâce auquel Paris a la main mise sur certains pays africains depuis 50 ans.

Comment trouvez-vous le silence coupable de chefs d'Etat africains face aux exactions que subissent les ressortissants de l'Afrique noire en Libye?

Avec l’Union pour la Méditerranée de Sarkozy, la Libye devait constituer une frontière naturelle entre l’Afrique Blanche et l’Afrique noire. Cette guerre contre Kadhafi a permis de résoudre le problème de l’immigration. Des milliers de jeunes qui peuplaient les prisons d’Europe, ont été nuitamment débarqués dans le désert libyen où ils ont été purement et simplement pris pour des mercenaires et exécutés par les rebelles au su et au vu de l’OTAN. Silence ou complicité des chefs d’Etat Africain ? Seule l’histoire nous dévoilera un jour la vérité. Pour le moment, chaque nuit, des charters de la mort emportent pour des voyages sans retour, des milliers de jeunes, vers le désert libyen. C’est là un crime contre l’humanité et c’est le procureur lui-même qui doit s’autosaisir. 

Que dîtes-vous de la nouvelle configuration des relations France/Afrique d'une part, et l'Occident/l'Afrique d'autre part?

Après un demi-millénaire de domination occidentale de l’Afrique, la relation du cheval vis-à-vis du cavalier est toujours restée la même. Au nom d’une démocratie imposable aux peuples barbares d’Afrique, un droit humanitaire d’ingérence qui s’arroge le droit de définir des guerres humanitaires justes, permet à une communauté internationale nantie d’un droit de véto, de désigner toute économie et tout dirigeant «  non-conforme » à leurs règles, à de lourdes sanctions allant jusqu’à l’occupation militaire humanitaire. Sarkozy a poussé toute la communauté internationale à attaquer la Libye et, tous les prétextes ont été bons pour justifier ce terrorisme international d’Etat. Cette même France a attaqué et délogé Gbagbo avec la bénédiction de la Communauté internationale. Tous les autres pays sont prévenus : la France n’acceptera aucun écart de comportement. La Franceafrique reprend ses droits et n’en laisse aucun à l’Afrique. La Communauté internationale obéit à l’Occident et l’Afrique n’y a aucune place.

Que pensez-vous des relations Chine/Afrique?

La Chine s’est mise à l’écart de la Communauté internationale pendant 26 ans avant de s’imposer à cette même communauté, par le travail. Cet exemple chinois, au lieu d’être suivi par les Africains, nous avons préféré être transformés en dépotoirs de produits chinois de mauvaises qualités qui trouvent terrain d’expérimentation chez nous. Les Chinois produisent et l’Afrique consomme. Même les usines nous sont livrées clé en main avec un mode d’emploi en mandarin. Certains pays africains ont commencé à vendre leurs terres à des ouvriers agricoles chinois; ce qui doit nous faire naitre en nos dirigeants une immense inquiétude. 

Un dernier mot, Professeur?

Nous appartenons à la France dans l’esprit de Sarkozy et des Occidentaux. Il en sera toujours ainsi tant que nous nous refuserons de courber l’échine sur le dur produit de notre labeur. Le travail est notre liberté. La France est une vieille puissance, dans un vieux continent. Il ne lui reste plus que l’Afrique pour vivre. Elle n’a même pas les moyens de ses propres guerres. Elle ne peut aller en guerre que dans le cadre d’une coalition coloniale. Les guerres qu’elle créée et entretient, font vivre son industrie d’armement et les industries induites. Toute chose ayant une fin, la déchéance de la France est pour bientôt. L’Afrique a sa jeunesse et sa vigueur avec elle. Le temps travaille pour nous mais il nous faut l’aider en nous appropriant les sciences et techniques des Blancs pour les utiliser contre eux. Utilisons la force de notre adversaire pour la diriger contre lui.

Je vous remercie d'avoir accepté de nous recevoir. 

Tout le plaisir a été pour moi. 

Réalisé par Oumar Kateb Yacine

Le Jour partenaire de BanabanaNews


 

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