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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 09:19

euro_dollar.jpgEn manque et panne de programmes et d’actions pour faire face à la crise économique et monétaire du pays, le gouvernement d’Alpha Condé a décidé de rendre les cambistes responsables de cette crise et de l’inflation.

 

C’est ainsi que le 9 mars, le premier ministre d’Alpha Condé, Mohamed Saïd Fofana lors d’une réunion avec certains cadres des banques, d’opérateurs économiques et des agents de service de police et de gendarmerie a pris des mesures contre les cambistes en décidant que « tous les agréments délivrés par les pouvoirs publics sont caducs » avant d’ajouter que certains cambistes bénéficient de la complicité de certains banquiers véreux pour afficher des taux exorbitants sur les marchés parallèles.

 

Il convient de noter que le PM met fin sans raison à des agréments qui existaient. Donc les cambistes n’étaient pas du tout en infraction. Ils avaient les autorisations légales pour exercer leur métier d’agent de change.

 

Dès la prise de décision, les agents du colonel Thiegboro Camara se sont lancés à la poursuite des cambistes et même de non cambistes dans les quartiers de Conakry et à travers certaines régions ciblées du pays.

 

Et c’est en toute fierté que Thiegboro Camara, directeur de l’Agence chargé de la lutte contre la drogue, le crime organisé et le terrorisme a commencé à exhiber ses prises de guerres : des cambistes avec des sommes d’agent.

 

Qu’un cambiste qui avait le droit d’exercer son travail avec des autorisations en bonne et due forme ait des sommes d’argent en devises et en monnaie nationale, cela n’a rien d’illégal. Saisir les sommes que possédaient ces cambistes est tout simplement du vol. C’est une rançon qui est organisée pour encore garnir les poches des dirigeants.

 

Thiegboro Camara n’est pas à son premier coup d’essai. Il l’avait déjà fait au temps de Dadis contre les cambistes, les opérateurs économiques et ce qu’il a appelé les trafiquants de drogue qu’il prétend traquer depuis le coup d’état de décembre 2008. Nous avons vu à quoi a abouti son cirque de procès qui a duré deux ans et qui a accouché d’une souris. Pendant les audiences, il était même choquant de voir qu’il ignorait ce qu’est un scellé et les procédures strictes à respecter pour conserver les pièces à conviction. Les vrais trafiquants  et criminels qu’il doit sûrement connaître n’ont jamais été inquiétés. Après tout est il plausible et crédible qu’un responsable de crime contre l’humanité veuille vraiment lutter contre le crime et le terrorisme ?

 

Thiegboro Camara doit aussi savoir que ses mises en scène ne dupent que lui. C’est ainsi qu’il glose d’avoir arrêté des cambistes avec des explosifs. Thiegboro, se souvient-il de ses scenarii passés, notamment l’affaire  Koto ?

 

C’était en juillet 2009, Thiegboro avait prétendu avoir découvert des charges d’explosifs dans deux concessions à Gbessia Port et Faban, dans la commune de Matoto appartenant à Mamadou Siré Bah alias Koto qu’il a présenté comme le baron de la drogue en Guinée. Le script laissait vraiment à désirer car d’après Thiegboro, Koto était très dangereux car  « au-delà de la drogue, il est aussi impliqué dans le trafic illicite d’armes à feu en Guinée. Il est extrêmement dangereux. Il suffit de prendre connaissance de son plan d’action opérationnelle par rapport aux trafics de drogue et des armes en Guinée pour déduire que le pays était au bord d’une invasion extérieure…il  disposait d’un schéma complet des vols et d’atterrissage des avions transportant les cargaisons de drogue et d’armes depuis la Colombie en Amérique latine jusqu’en Guinée ».

 

Cette histoire de Koto on n’en a plus entendu parler depuis le mois d’août 2009 quand Interpol et  l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC) sont venus en Guinée mener leurs investigations pour faire la lumière sur ces fûts toxiques qui avaient soudainement jailli comme par hasard à Conakry. Thiegboro les a alors orienté vers Ousmane Conté qui était déjà en prison et sa société de bio carburant.

 

Il n’est jamais superflu de rappeler que selon un rapport de l’UNODC de 2008 des militaires guinéens étaient mêlés au trafic de drogue en lien avec la Colombie. Thiegboro n’a jamais exploré cette piste.

 

Aujourd’hui il réédite ces mises en scènes mal ficelées où les autorités exhibent des armes dont elles seules savent la provenance pour faire croire à un complot. C’est pathétique dans un pays habitué depuis son indépendance à ces mises en scène. De grâce, basta, ça suffit !

 

Violations des droits et libertés, que fait le CNT ?

 

Interdire aux cambistes dûment agréés d’exercer est une mesure privative de liberté, notamment celle de travailler pour les cambistes.

 

Cette mesure restrictive des libertés est prise sans aucun préavis et sans consultation du CNT. Il faut dire que le Conseil National de Transition pense que son rôle se résume à faire des textes et a oublié son autre mission fondamentale qui est d’exercer un contrôle sur l’action gouvernementale. Depuis la désignation d’Alpha Condé, les libertés des citoyens, des mesures discriminatoires, et les textes adoptés par le CNT sont violés sans aucune réaction de sa part.

 

Le CNT doit relire et comprendre les textes qu’il a adoptés, notamment l’article 72 de la Constitution qui énumère ce qui relève du domaine de la loi. Cet article dit notamment que la loi fixe les garanties des libertés, des droits  fondamentaux, les conditions dans lesquelles ils s’exercent et les limitations qui peuvent y être apportées etc.

 

C’est la loi qui détermine aussi les principes fondamentaux de la libre administration des collectivités locales ; de leurs compétences. Là encore les règles de la décentralisation sont violées sans réaction.

 

 Le CNT ne doit pas non plus perdre de vue qu’avant l’installation de la nouvelle Assemblée nationale, c’est lui aussi qui vote le budget.

 

Il appartient certes au gouvernement de définir une politique économique, mais il ne faut pas non plus oublier que théoriquement la Banque centrale est une institution autonome, donc qui n’est pas inféodée au pouvoir, ce qui n’est ce qu’on voit.

 

Aujourd’hui les droits et libertés sont bafoués sans réaction aucune de sa part ! C’est révoltant ! Il est bien beau de faire des textes, mais à quoi bon si on ne s’assure pas de leur respect ?

 

Hassatou Baldé

 

Source : Guinee58


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Published by BanabanaNews - dans Analyse
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