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  • Je suis allergique aux régimes militaires !

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 03:18

ssavane2.jpgLa sélection indue de M. Alpha Condé pour le second tour du scrutin présidentiel dernier, puis son « élection » discutable à la tête de notre  pays, suivie de la reconnaissance, à mon avis précipitée de sa « victoire » par ses concurrents naïfs et  dociles, a pu être interprétée à l'extérieur comme un signe de sagesse et de maturité politique, et par lui-même comme la certitude qu'il, peut disposer de notre pays comme il l'entend. Et que les enfants de ce pays sont des « idiots » qu'il convient de rabaisser. Effectivement, il s'y emploie avec un certain succès.

 

L'intitulé délibérément alarmiste de cet exposé, gagnerait à être  argumenté avant  même les propos  qui vont suivre. Pourquoi ?

 

 Parce que, mettre un individu,  quel qu'il soit à la tête d'un pays, n'est pas  un acte anodin. Il l'est encore moins lorsque cet individu  n'a que  très peu d'attache, et de surcroit  lointaine avec  le pays à la tête duquel il a été militairement  placé du seul fait de son appartenance  à la même ethnie que le « général » chargé  de conduire une fausse transition. Or rétrospectivement, l'imposture politique apparait dans sa nudité : la transition n'a été au fond,  qu'un délai jugé indispensable pour aménager  la procédure de nomination militarisée de celui que des Réseaux  de cooptation extérieurs à notre pays, comme certaines notabilités de l'O.I.F. (Organisation Internationale de la Francophonie)  avaient décidé de nommer Président de la République, contre notre volonté, contre toute vraisemblance électorale sortie des urnes. Ils y sont parvenus.

 

  Le nouveau président, presque importé, a plus d'attache au Burkina et en France qu'en Guinée. Sa fréquentation du pays s'est toujours limitée à quelques rares périodes électorales dont la durée n'excédait guère une quinzaine de jours.  Sitôt l'élection  perdue  face à Lansana Conté, il retournait immédiatement d'où il était venu, c'est-à-dire en France ou au Burkina. Il n'y a pas de malveillance à faire ce constat. J'ai moi-même une ascendance sénégalaise, je l'ai souvent répété. Je vis en France depuis presque quarante ans. Ce pays m'a permis de m'y  épanouir personnellement, et au plan universitaire et professionnel. Mais tout cela n'autorise personne à se substituer au peuple de Guinée, pour me nommer par exemple président de la république, à l'issue d'une  compétition électorale préalablement aménagée pour moi.

 

 Récemment, à Kindia (ville située à 140 km à l'ouest de Conakry), ses supporters RPGistes, de plus en plus « PDGisés », étaient invités de façon implicite, à lyncher les commerçants (en général Peul), tous assimilés à des tortues qui n'avanceraient que le feu au cul. Le président et ses militants se chargeront peut-être d'allumer ce feu. Car à leurs yeux, les Peuls commerçants, proclamés  saboteurs, désignés à la vindicte populaire, seraient Responsables de toutes les incapacités du président « élu ». La famille de Sékou Touré (femme et enfants) est invitée à présider toutes les séances de lynchage public, pour le moment verbal. Le discours présidentiel violent contre une partie de notre population deviendra peut-être une réalité concrète.

 

Nos compatriotes commencent donc à réaliser que le président « élu » par Sékouba Konaté, était certes incapable, mais pas à ce point. En tout cas, on est très loin de l'idée de réconciliation nationale. Le sinistre PDG du temps de Sékou Touré paraît presque modéré à côté des sorties incendiaires inopportunes anti commerçants Peuls du nouveau président. Certes, un commerçant, même Peul, n'est pas un saint. Quel commerçant de quel pays peut prétendre à la sainteté ? Faut-il pour autant les ériger tous en ennemis de leurs propres frères, sœurs, mères, bref de leur propre pays comme le fait le nouveau président ? Un commerçant n'est pas un humanitaire. C'est un entrepreneur. A ce titre, il vise légitimement à réaliser des profits. En quoi cela est-il condamnable ?

 

Depuis, le président semble avoir entamé, par l'intermédiaire de réseaux locaux et de voisinage  africains, un processus visant à anéantir politiquement, et peut-être physiquement, certaines notabilités politiques susceptibles de ne pas partager sa « vision » dont on ne perçoit guère la moindre  armature. Au demeurant, il a un projet personnel : celui d'imposer à notre pays son régime politique, c'est-à-dire une autocratie ethnisée, maquillée de discours faussement souverainiste. Or pour imposer un régime politique à un peuple qui n'en veut pas, il faut beaucoup de violence sous diverses formes. Ce qui permet de rester durablement au pouvoir.

 

Les incessants décrets de révocation, l'exaltation de la haine anti-Peul  comme récemment à Kindia, les stratagèmes visant à ruiner quelques commerçants, tous Peuls, et les manœuvres dilatoires destinées à rendre compliquée ou impossible, l'organisation d'élection législative libre et transparente qui pourrait doter notre pays d'une vraie assemblée nationale, avec de vrais députés de grande qualités intellectuelle et politique, sont à mon avis des signes précurseurs auxquels je souhaite que nos compatriotes soient attentifs pendant qu'il est encore temps. Les pluies de décrets présidentiels qui se substituent aux règles fondamentales communes, annoncent des lendemains peu réjouissants.

 

Il n'est pas fréquent en Afrique  Noire,  qu'à l'issue  d'une compétition électorale, un concurrent   triché avec une arrogance désinvolte gratuite, renonce à contester vigoureusement le scrutin, parce qu'il souhaite préserver  la paix civile dans son pays.  Le principal concurrent  de M. Alpha Condé l'a  fait à l'issue du premier tour de la présidentielle. Sa démarche est à saluer. Je le dis d'autant plus aisément que j'y étais personnellement opposé. Cependant, si  cette maturité politique a peut-être provisoirement évité au pays les conséquences désastreuses des turpitudes électorales et financières de « général » Sékouba Konaté, elle a dans le même temps, exposé au grand jour son abandon par ses propres enfants.

 

Le désastre  provisoirement  évité, mais pas définitivement écarté est inéluctable, tant que les Guinéens n'auront pas récupéré  la terre de leurs ancêtres.

 

Notre pays est abandonné dans des mains étrangères noires africaines dont M. Alpha Condé n'est que la partie visible. Est-il besoin de rappeler, comment un général cumulard malien, peu honnête, sorti d'ont ne sait où, a été mystérieusement nommé président de notre CENI contre tous les textes légaux de notre pays, afin qu'il désigne M. Alpha Condé président. J'ai été le seul à m'y opposer. Aujourd'hui, je demeure encore meurtri par l'immaturité politique des candidats d'alors.

 

A dire vrai, pour notre nouveau président, la Guinée n'est qu'une opportunité qu'il s'est offerte pour couronner  sa vie politique finissante. Au demeurant, aucune « Démocratie » ne peut légitimer l'abandon de son pays dans une main étrangère.

 

Mamadou Billo Sy Savane

Mon contact : mamadoulinsan@wanadoo.fr

 

Prochainement : L'inévitable désastre

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Published by BanabanaNews - dans Libre opinion
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