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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 01:47

Chers compatriotes, le message que nous vous adressons aujourd’hui est une invitation à vous mettre en route avec nous, vers la réconciliation nationale. Avant de commencer, nous livrons à votre méditation cette définition du mot « réconciliation » : Se réconcilier signifie refaire des liens entre des personnes ou groupes d’individus brouillés en raison d’actes qualifiés d’inhumains et d’injustices, faire cesser le désaccord qui existe entre eux. La réconciliation se comprend comme un processus ou une mise en route comprenant un ensemble d’actions concrètes et de moyens adaptés à mobiliser en vue de réaliser ce but. 

Il est clair que pour mener à bien ce processus de réconciliation, on n’a besoin ni de propagande, ni de slogan, ni d’organiser des « mamaya », encore moins de folklore, mais d’abord d’une prise de conscience claire de notre responsabilité personnelle ou collective dans cette situation qui appelle à une urgence de réconciliation.

Si vos Représentants Religieux, Elhadj Mamadou Saliou Camara, Iman de la Grande Mosquée Fayçal de Conakry et Monseigneur Vincent COULIBALY, Archevêque de Conakry, ont accepté, à la demande du Chef de l’Etat, le professeur Alpha Condé, de conduire cette marche à la tête de notre cher peuple de Guinée, c’est en considérant cette mission et cette responsabilité comme une volonté de Dieu. Nous sommes des Chefs Religieux musulman et Chrétien et à ce titre, nous n’avons pour force d’appui que notre foi et notre confiance en Dieu, un Dieu clément et miséricordieux, qui se met en route avec nous sur le chemin de l’exode, du pèlerinage vers la terre promise de la vérité, de la justice, du pardon, de la réconciliation et de la paix. Nous ne sommes pas des hommes politiques, nous ne sommes donc animés d’aucune ambition personnelle de promotion politique ou sociale, nous voulons tout simplement, en toute humilité et vérité, conscients de nos propres limites humaines, servir la cause de notre pays, de nos populations guinéennes, sans distinction d’opinion politique, d’ethnie et de religion. Avec vous, croyants musulmans et chrétiens, nous voulons écrire de nouvelles pages dans l’histoire de notre pays en nous libérant des chaînes du passé et en proclamant ensemble, dans cette démarche de foi, que rien n’est impossible à Dieu.

Faut-il rappeler, dès ici, que l’article 2 du décret D/2011/192/PRD/SGG du 24 juin 2011, portant création de la Commission de Réflexion sur la Réconciliation Nationale , affirme l’indépendance de cette commission dans ses activités ? A ce titre, nous pouvons vous donner aujourd’hui l’assurance que nous respecterons scrupuleusement le contenu de ce décret.

Il faut rappeler aussi que les souffrances des guinéens pendant de nombreuses années ont atteint Dieu. Puisque nous sommes ses créatures. C’est pour cela que nous avons choisi le 28 septembre 2011, comme JOURNEE DU PARDON A DIEU. Avant de parler de nous-mêmes, et de chercher à nous réconcilier entre nous, commençons par nous tourner vers Dieu, pour demander sa miséricorde et sa bénédiction. Commençons par nous réconcilier avec Dieu. Telle est l’activité que nous vous proposons, chers compatriotes, avant d’entamer le travail de notre commission.

En vous invitant aujourd’hui à célébrer cette JOURNEE DU PARDON A DIEU, permettez-nous, avant de nous mettre à votre écoute, de vous présenter quelques réflexions pour vous indiquer le sens de notre marche vers la réconciliation nationale.

L’appel à la réconciliation nationale est le cri d’espoir de tous les guinéens. Mais comment en sommes-nous arrivés à cette situation d’urgence de réconciliation ?

La réponse à cette question, n’est-elle pas à chercher dans l’histoire politique de la Guinée , animée par les différents acteurs qui ont assumé des responsabilités dans la gestion politique et administrative du pays ?

Si des crimes horribles ont été commis à certaines étapes douloureuses de notre histoire, n’est-ce pas parce qu’à ces étapes dramatiques, la gouvernance politique et administrative a connu des dérives préjudiciables à la dignité humaine et à la justice sociale ?

Si la responsabilité suprême de ces crimes doit être attribuée à ceux qui détenaient le pouvoir suprême et qui auraient donné des ordres à exécuter, est-ce que des groupes sociaux et des individus n’ont-t-ils pas largement bénéficié des avantages matériels, financiers, économiques et sociaux des différents régimes politiques, sous la protection d’une impunité politique ?

Ces complicités actives ou passives n’élargissent-elles pas déjà le champ d’une responsabilité collective ?

En effet, nous guinéens, dans l’histoire de notre pays, galvanisés par l’idéologie de l’heure, qui prenait parfois des formes d’exclusion et d’intolérance politique, n’avons-nous pas tous crié pendant des décennies, à gorge déployée ; « A bas ! Au poteau ! » en dansant et chantant sous les cadavres des pendus ; des guinéens, dans des tribunaux « populaires et révolutionnaires », des PRL de l’époque, n’ont-ils pas dénoncé, condamné et livré d’autres guinéens, de toutes les ethnies, de toutes les régions, de toutes les conditions sociales, de toutes les religions, à la torture, à la mort, à l’exil clandestin, à l’expropriation des biens, à la dissolution des familles, des foyers, exprimant ainsi une solidarité approuvant des crimes odieux, en vue de préserver leurs propres vies dans une conscience de lâcheté ?

Dans un passé récent, n’avons-nous pas assisté, impuissants ou souvent acteurs, aux événements de juillet 1985, de janvier et février 2007, du 28 septembre 2009?

D’un régime à un autre, malgré l’évidence des situations de violations flagrantes des droits de l’homme, des groupes d’intérêt, n’ont-ils pas été solidaires des tueries successives et des éliminations à caractère racial et arbitraire d’autres guinéens, en tirant profit des « dépouilles des vaincus », du chaos politique, social et administratif ?

D’un régime à un autre, n’avons-nous pas bradé le patrimoine national en hypothéquant ainsi la politique de développement économique et social de notre pays ?

D’un régime à un autre, n’avons-nous pas laissé prospérer les réseaux de trafiquants de drogue dans tous les rouages de la société guinéenne, uniquement préoccupés de nous construire des empires personnels et familiaux de puissance économique et financière au milieu de la pauvreté et de la misère de l’ensemble de la population guinéenne ?

D’un régime à un autre, des guinéens ne continuent-ils pas à se rejeter les uns sur les autres les responsabilités des violences, des injustices sociales et des massacres de vies humaines et de biens, comme pour s’amender d’une responsabilité personnelle et collective ?

Malgré ces évidences de barbarie, de « crime contre l’humanité », est-il salutaire pour la Guinée , chers compatriotes, de remuer la « boue » qui a tâché notre conscience personnelle et collective, et de s’engager, sous la pression instinctive d’une exigence impérative de vérité et de justice, de réparation, dans l’aventure d’une procédure judiciaire qui ouvrirait la porte à des règlements de compte interminables, et rendrait encore plus fragile le tissu social si gravement fracturé ? Qui jugera qui, dans cette situation complexe globale et inextricable de solidarités et de complicités ? Qui prétendra avoir les mains et la conscience pures, quand les bourreaux deviennent des victimes, et quand les victimes deviennent des bourreaux, dans le cercle infernal des vengeances ?

Chers compatriotes, en exprimant cet avis, nous n’entendons nullement donner notre caution à l’impunité, mais pour y parvenir, notre marche vers la réconciliation nationale ne doit-elle pas, au contraire, nous porter à assumer ensemble la responsabilité collective des crimes de ce passé douloureux ? N’est-il pas temps de nous ressaisir, de nous remettre au travail, et d’engager un dialogue de réconciliation sous « l’arbre à palabre » africain, qui conduirait à aménager des dispositions préventives contre l’impunité, contre l’injustice sociale, contre la mauvaise gestion, en un mot contre la mauvaise gouvernance , en vue de crier ainsi ensemble « plus jamais çà », dans une volonté consensuelle, fondée sur la vérité de bâtir une société réconciliée avec les aspirations légitimes de l’homme ?

Nous sommes donc persuadés, à la lumière de notre cheminement politique, que le problème de la réconciliation ne concerne pas les relations entre les différentes composantes de la population guinéenne, si intimement intégrées dans les familles et les pratiques religieuses musulmanes et chrétiennes. L’épicentre de la réconciliation se situe dans la nature des relations entre les gouvernants et les gouvernés souvent manipulés et livrés comme proies faciles aux appétits matériels insatiables de leurs gouvernants et de leurs leaders politiques, car l’acquisition du pouvoir politique et administratif, en Afrique, demeure un tremplin, non pour servir la nation, mais pour s‘assurer une promotion matérielle, économique et sociale, au grand mépris des citoyens naïfs et de bonne foi, sans cesse mobilisés pour le soutien d’un régime ou d’un parti, dont les ambitions sournoises et parfois machiavéliques, sont habilement enveloppés dans un langage et des slogans démagogiques appropriés à cet effet.

Pour quelles raisons, en effet, des guinéens, d’un régime à un autre, ont osé défier tous les risques au prix de leurs vies, sinon pour réclamer, au nom des aspirations inaliénables de l’homme, une meilleure gouvernance politique, administrative et économique ?

Pour quelles raisons encore, des populations africaines, qui vivaient ensemble depuis des décennies se sont-elles réveillées un jour pour se regarder en ennemis, pour devenir des génocidaires, si ce n’est sous l’effet du venin de l’idéologie politique, de la manipulation d’un régime et des leaders politiques, de la mauvaise gouvernance, inoculée dans les veines de ces populations ?

En attendant de nous mettre attentivement à l’ écoute de toutes les composantes de la population guinéenne avant de faire des recommandations concrètes, en vue d’ouvrir des chemins de réconciliation à parcourir ensemble, étape par étape, patiemment et résolument, nous vous demandons de nous accompagner de votre prière fervente et incessante, car le chemin de la réconciliation passe tout d’abord par la conversion du cœur de l’homme, par notre disponibilité sincère à collaborer à la volonté de Dieu, et la volonté de Dieu, c’est de réhabiliter l’homme guinéen dans sa dignité. C’est pour cette raison que nous commençons notre marche par la célébration de la journée du pardon à Dieu.

En nous mettant en route avec vous vers la réconciliation nationale, nous voulons attirer votre attention sur les exigences qui sont attachées à notre démarche commune. Le chemin de la réconciliation sera long à parcourir. Il ne se limitera pas à organiser des ateliers, des séminaires, des journées de concertations, qui n’ont souvent aucun impact sur la vie sociale et sur les relations entre les gouvernants et les gouvernés dans notre Afrique où il y a encore de nombreux analphabètes.

En relisant en effet, les exhortations successives faites à l’occasion des Journées Nationales de Dialogue et d’Initiatives organisées à Conakry du 12 au 14 Août 2008, nous trouvons matière à réflexion pour nous sortir de nos illusions.

Dans le discours de solidarité de la CEDEAO , prononcé au nom de Dr Mohammed Ibn Chambas, nous lisons ces lignes pertinentes : « Permettez-moi, Mr. Le Président, de soutenir que nos archives en Afrique rebondissent de discours, des déclarations et des résolutions. Mais c’est la volonté et l’application qui nous manquent. La Guinée , dont certains parmi nous sont toujours fiers, peut s’en dépasser… Sans doute, la Guinée a une histoire riche, un passé glorieux et un peuple fier. Depuis janvier/février 2007 – le vocabulaire « changement » est devenu un mot que tout le monde connaît en Guinée. Nous avons aperçu notre image, notre réflexion dans le miroir du temps et nous nous sommes rendus compte de la nécessité de changer. Nous avons décidé de changer pour le mieux, pas nécessairement changer d’apparence, mais notre moyen de réagir aux problèmes de croissance et de diriger nos affaires dans tous les domaines, surtout au niveau politique, économique et social… En conclusion, la Guinée peut tirer des leçons de son illustre passé et ses expériences récentes. Pourtant, elle peut aussi éviter le danger de s’attacher trop à son ombre. Un oiseau perché au sommet d’un arbre et qui s’absorbe à admirer son ombre y restera longtemps. Cependant, pour qu’il gagne l’altitude, l’oiseau est obligé d’abandonner son ombre. Ce dialogue, j’en suis persuadé, nous montrera une voie nouvelle pour actualiser les bons rêves de l’indépendance et nos aspirations actuelles. Selon un illustre leader africain très respecté, le feu Président Félix Houphouët-Boigny de la Côte d’Ivoire :. ″ Ce n’est pas la coquille de l’indépendance qui compte ; ce sont les contenus : les contenus économiques, les contenus sociaux et les contenus humains″.»

Le Représentant d’IFES à cette rencontre abonde dans le même sens : « Nous sommes aussi conscients que cette concertation sociale n’est pas la première. Il y a lieu ici de souligner les nombreuses initiatives à cet égard depuis ces dernières années, que ce soient les forums sociaux, le Forum des Forces Vives en 2006, les Tables rondes des Acteurs de Développement et tout récemment le Forum de la Société Civile , et les documents que vous avez reçus en font état.

Nous pouvons affirmer qu’avec ces rencontres, tous les problèmes de la Guinée ont été identifiés et des diagnostics clairs ont été posés. Ces journées devraient permettre maintenant de passer à un cran supérieur, c’est-à-dire la réalisation… »

Notre vigilance a été également alertée par le Coordinateur Résident du Système des Nations Unies en Guinée : « Permettez que je vous rappelle que les braves populations, sur l’ensemble du territoire national, ont émis des préoccupations sérieuses quant à l’issue des Concertations de Proximité.

Elles se sont demandées, et probablement continuent à le faire en se disant : ″ Est-ce la montagne ne va pas accoucher d’une souris ?″. Cette préoccupation interpelle tous les acteurs que nous sommes. Faisons en sorte que ce que nous avons laborieusement mené ensemble au cours de ces trois mois ne soit pas ″une rencontre de plus…″ »

Chers compatriotes, ces paroles que nous venons de réécouter ensemble doivent nous renvoyer à nous-mêmes, à notre responsabilité personnelle et collective, à notre amour sincère de notre patrie. Que chacun de nous et tous ensemble, nous nous posions la question suivante : « Est-ce que je suis sincèrement disposé à me réconcilier avec mes frères et sœurs guinéens ? Est-ce que je suis disposé à adhérer de tout mon cœur, de tout mon esprit, de toutes mes forces et de toute mon âme, aux conclusions auxquelles nous parviendrons ensemble, au bout de notre longue marche ?

Qu’il nous soit permis également de soumettre à votre respectueuse attention deux remarques fondamentales.

La première concerne la pédagogie que nous proposerons pour guider et éclairer notre marche.

Elle n’épousera pas nécessairement nos pratiques habituelles, car elle sera fondée essentiellement sur le concept culturel de notre vivre ensemble dans nos sociétés africaines. Ne faut-il pas reconnaître, à cet égard, que nous nous complaisons trop facilement, depuis l’avènement du souffle démocratique en Guinée et en Afrique, dans des concepts totalement étrangers à nos traditions, à nos coutumes, répétant des slogans, des idéologies fabriqués ailleurs et réajustés techniquement et mécaniquement, comme des logiciels, à notre situation particulière ?

Que signifie, par exemple, pour la majorité des guinéens analphabètes, les concepts de « démocratie », de « gouvernance », de « Société Civile », de « mouvement citoyen », de « forces vives », de « leaders d’opinion », etc. ? Quelles sont les valeurs sur lesquelles reposent la régulation de nos sociétés africaines, dans la conception d’une démocratie africaine consensuelle qui se construit sous l’ « Arbre à palabre » ? Que chacun de nous soit renvoyé aux traditions, aux coutumes, aux usages de nos différentes ethnies dans les diverses situations sociales, pour y découvrir les valeurs fondamentales et séculaires de la vie commune africaine.

Nous privilégierons donc les sentiers culturels dans notre pédagogie de la marche vers la réconciliation. Cette attitude n’est pas une fermeture à l’accueil des valeurs de la « mondialisation », à l’écoute de toute institution de bonne volonté désireuse de nous accompagner sur le chemin de la réconciliation nationale. Les portes de la Commission provisoire de réflexion sur la Réconciliation Nationale sont ouvertes pour l’écoute de toute initiative et expérience.

La deuxième remarque concerne la place de nos sages dans la régulation de la vie de nos communautés, des sages dont le rôle est souvent réduit à des apparitions folkloriques pour les besoins de la cause politique. Nous voulons les réhabiliter dans leur dignité et leur vocation fondamentale de dépositaires de la sagesse africaine, qui a permis de préserver notre identité culturelle. Nous voulons qu’ils occupent une place particulière dans la collaboration à l’entreprise de réconciliation nationale, dans la transparence de la recherche de la vérité, de la fidélité à nos valeurs culturelles, échappant aux manipulations politiques, résistant à la tentation matérielle et à la corruption morale.

Avant de terminer, nous tenons à lancer un appel à tous les organes et organismes nationaux et internationaux de pression médiatique, associative, politique, institutionnelle et culturelle, afin qu’ils nous facilitent le travail, dans la discrétion, le respect de notre pédagogie et de notre stratégie qui s’articulent sur quatre temps :

le temps de la prière pour implorer la lumière de Dieu sur notre route, le temps de l’écoute de toutes les composantes de la population guinéenne sur le terrain, le temps de la réflexion sur la récolte de l’écoute, le temps des recommandations finales, en vue d’une mise en application concrète des orientations scellées par un consensus national. Nous leur demandons de s’abstenir de préjuger de nos intentions en créant ainsi un climat de suspicion et d’intoxication défavorables à l’accueil de notre mission de réconciliation.

Nous souhaitons vivement que s’instaure une sorte de période de trêve nationale, qui fait éviter toute parole et comportement de provocation, toute démarche, à travers les mouvements de soutien, les meeting officiels des partis politiques et du gouvernement, qui contribuent à aviver les frustrations ou à véhiculer des idéologies néfastes pour notre détermination de bonne volonté au dialogue de réconciliation.

Chers compatriotes, c’est en votre nom de croyants musulmans et chrétiens que nous sommes mandatés pour cette mission historique de réconciliation nationale. Le défi est donc lancé à la capacité de la religion dans notre pays à être un facteur déterminant de rassemblement dans la construction harmonieuse de notre société guinéenne, dans la vérité, la justice, la solidarité, la paix et l’amour du prochain.

Que Dieu accorde sa bénédiction à notre marche vers la réconciliation nationale, Amen !

Elhaj Mamadou Saliou CAMARA, Imam de la Grande Mosquée Fayçal de Conakry

Son Excellence Monseigneur Vincent COULIBALY, Archevêque de Conakry


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Published by BanabanaNews
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