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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 15:26
alfa3La Guinée amorce un difficile dialogue politique sur le processus électoral en vue de finaliser la transition entamée depuis décembre 2008 et à ce propos les Guinéens qui ont élu un président civil en 2010 peinent encore à aller aux législatives.

Pour mieux comprendre les dessous de la pomme de discorde opposant les principaux protagonistes guinéens, les analystes et autres observateurs politiques avertis énumèrent sept raisons majeures.

Premièrement, les Guinéens ont mis la charrue avant les bœufs dans leur processus de finalisation de la transition entamée au lendemain de l'avènement de la junte militaire en décembre 2008. En voulant vite se débarrasser des militaires aux commandes, les Guinéens ont commencé par l'élection présidentielle avant la tenue des législatives, alors que nombreux sont les observateurs avertis qui préconisaient l'inverse.

Ensuite, le nouveau président, Alpha Condé, a dissous dès après son investiture le groupe international de contact composé des émissaires de la communauté africaine et internationale qui ont pourtant facilité le départ des militaires et l'élection du nouveau président.

Conséquence, un dialogue de sourds fait de méfiance et de suspicion s'est instauré entre le nouveau pouvoir et la classe politique et, ce, depuis le départ définitif du groupe international de contact en Guinée.

De polémiques en tiraillements, le climat politique s'est davantage pollué et les divergences se sont multipliées entres les acteurs.

Conséquence, la crise de confiance a atteint point tel que l'opposition guinéenne réclame aujourd'hui la médiation internationale pour en finir avec la transition en cours. Ce à quoi s'oppose énergiquement le nouveau pouvoir en brandissant la souveraineté.

Autres raisons, l'incapacité du pouvoir à organiser des législatives au délai indiqué. Les Guinéens devaient élire leurs députés six mois après la présidentielle de 2010 pour clore la transition entamée depuis 2008. Mais plus de deux ans après la présidentielle, la date des législatives a été reportée à quatre reprises. Une nouvelle échéance est même attendue puisque la précédente fixée le 12 mai 2013 est caduque.

Quatrième raison : la question liée à l'établissement d'un nouveau fichier électoral. Au lendemain de son élection, le chef de l'Etat avait annoncé la reprise intégrale du recensement électoral pour changer le fichier électoral ayant permis son élection, alors que l'opposition guinéenne milite pour une simple révision électorale comme le veut la loi.

La cinquième raison avancée par les observateurs porte sur l'intransigeance du Chef de l'État qui est accusé d'avoir laissé pourrir la situation politique sans avoir réussi à engager un véritable dialogue avec ses principaux adversaires.

En deux ans, Alpha Condé a rencontré les principaux acteurs politiques individuellement ou collectivement, il est vrai, mais leurs conclusions ont été peu appliquées. Un dialogue politique a été initié fin 2011 mais ses conclusions sont dans les tiroirs.

Conséquence, l'opposition guinéenne, n'ayant pas un cadre de concertation, a multiplié les manifestations de rue, les journées ville morte et les marches qui se sont souvent soldées par une répression policière, des morts, des blessés et des interpellations.

Sixième raison : la nouvelle équation jugée épineuse que constitue les futures législatives en Guinée. Nombreux sont les observateurs qui parlent d'un second tour de la présidentielle qui ne dit pas son nom.

En effet, au premier tour de la dernière élection présidentielle de 2010, l'ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo est arrivé premier avec plus de 40 pour cent des voix. Mais curieusement, il a été battu au second tour, même avec le soutien du troisième, par Alpha Condé, qui a pourtant raflé 18 pour cent des voix au premier tour.

Aujourd'hui, Cellou Dalein Diallo avec ses alliés de la présidentielle sont rejoints dans l'opposition par les déçus du système, les uns débarqués du gouvernement et les autres frustrés par le non-respect des engagements électoraux promis par le nouvel élu.

L'ancien Premier ministre Lansana Kouyaté et les anciens ministres Kassory Fofana, Jean Marc Telliano et Boubacar Barry ont pris leur distance par rapport au pouvoir qu'ils ont pourtant soutenus pendant et après le second tour pour rejoindre l'opposition.

Conséquence, les futures législatives constituent un second tour qui ne dit pas son nom. Si l'opposition rafle les législatives, elle aura confirmé sa thèse selon laquelle le nouveau président est mal élu.
En revanche, si le pouvoir en sort élu, il aura réconforté sa légitimité.

La dernière raisons porte sur le rapport jugé exécrable existant entre le pouvoir et son opposition. Cette dernière estime qu'elle est méprisée et ignorée par les nouveaux gouvernants.

Conséquence, les deux parties ont échangé des discours violents et peu courtois. L'opposition émet des réserves sur la légitimité du nouveau président qu'il a pourtant reconnu, doute de sa véritable origine et le traite de "dictateur", de "communiste" et de "stalinien".

En revanche, le nouveau président traite souvent ses opposants "d'aboyeur", des anciens Premiers ministres qui ont "volé et pillé" le pays et qui l'empêchent de travailler.

Le gouvernement guinéen a initié un cadre de dialogue et de concertation le 7 mars dernier sur le processus électoral. Il doit déboucher sur la création des conditions de l'organisation des élections législatives libres et transparentes dont la nouvelle date est attendue.

En décembre 2008, le capitaine Moussa Dadis Camara, actuellement en séjour médical au Burkina Faso, a perpétré un coup d'État, plongeant la Guinée dans une transition.

Deux ans après, ses compatriotes ont "démocratiquement" élu le civil Alpha Condé aux commandes de leur pays. Conséquence, les législatives censées clore la transition en cours et se tenir six mois après la présidentielle de 2010 sont reportées à quatre reprises.

Le pouvoir et l'opposition ne s'entendent pas sur les modalités de l'organisation du scrutin.

Abdoulaye Bah
 
APA

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Published by BanabanaNews
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