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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 23:52

mohamed kabaNous commencerons par remercier tous nos compatriotes qui ont réagit à notre dernier article intitulé « Guinée : Du repli identitaire à l’irrédentismeterritorial ». Et surtout les nombreuses réactions par rapport à notre mouvement naissant « Touche pas à mon pays ». Comme le disait Ahmadou Hampate Bâ « De la discussion sort la lumière ». Ceci dit, nous allons dans un premier temps essayer de lever un certain nombre d’équivoques.  Nous rappelons encore une fois l’extrême sensibilité de la notion d’ethnie ou de l’ethnicité dans un débat comme celui-ci. Nous sortons effectivement d’une situation politique minée par la violence ethnique.

 

Nous avions mentionné dans notre précédent article le silence coupable des intellectuels guinéens, un silence qui nous apparaît comme insidieux et donc coupable. Et qui laisse la place à toutes sortes d’élucubrations moins intelligentes dans nos sites internets. Des insultes vengeresses aux incitations de toutes natures, le tout, dans un vacarme aux accents ethniques inouïs.

 

La remarque faite par notre compatriote et grand frère Ibrahima Kyle Diallo dans sont article « Intellos du « Grand Mande » ou étés-vous ? » est quelque peu judicieux. Mais là encore, il nous apparaît clair qu’il faille mettre de côté la notion d’ethnie. Dans une situation comme la notre, il est sage d’arrêter de nous cataloguer « Intellectuels peulhs », mandings, nalous, kissiens, badiarankes ou de toutes autres natures. Dans un cadre national, un débat national, la stigmatisation n’a pas sa place. Ici il s’agit de Guinéen et de la nation guinéenne (nous nous efforçons à la construire).

 

Mr. Kyle devrait savoir que la notion du « Grand Manding » n’existe pas, du moins dans le contexte politique actuel. Culturellement le Grand Manding va de la Sierra Léone, à la Guinée, en passant par la Cote D’ivoire, le Mali, le Sénégal et même la Mauritanie, jusqu’en Gambie. Cela veut dire que, politiquement, c’est un non sens. En tout cas dans le cadre de la construction d’une nation guinéenne, nous ne croyons pas que les « Intellos du Grand Mande » comme le cite M. Kyle, se définiraient tels. Bien sur qu’ils seraient fiers de leurs origines comme tout être humain, mais seraient surtout fiers d’être des guinéens tout simplement. Aujourd’hui, le jeune guinéen est à la recherche de modèles et de repères dans un cadre national plutôt qu’ethnique. Il serait fier de ressembler à Tierno Monenemboà Camara Layeà William Sassineà Alioum Fan Touré, pour ne citer que ceux-là, pour la bonne raison qu’ils représentent des valeurs de notre pays. Il ne va pas cataloguer ces écrivains selon leurs ethnies. De grâce arrêtons la mesquinerie et réfléchissons sur les vrais défis de la nation.

 

Il Faut se rendre à l’évidence, la question de la violence politique contre les peulhs ou malinkés, dont il est le plus question, ne peut se résoudre que dans un cadre national et légal. Il faudrait entreprendre des démarches légales et porter devant les juridictions du pays les forfaitaires, quels qu’ils soient. Cela ne peut se faire que dans le renforcement de nos Institutions. Celles-ci doivent être solides, ceci est une des conditions sine qua non à la bonne gouvernance et à la démocratie.

 

Alpha Condé, a beau être le président démocratiquement élu, reste un homme, donc corruptible. Seules des Institutions fortes peuvent nous protéger contre les éventuelles perversions de notre démocratie naissante. Le rôle par excellence de l’intellectuel est moins dans la harangue ethnique que dans un engagement social et humain.

 

La construction d’une nation nécessite de grandes actions de la part de son élite. Celle-ci a un devoir d’information, d’explication, et d’éducation de son peuple. Suite à ces élections, il est beaucoup question de haine interethnique et de ses origines. Chacun s’emploie à faire une litanie des événements douloureux qui soulèvent les rancœurs. 

 

Ne faudrait-il pas plutôt rappeler les faits qui nous unissent que ceux qui nous divisent ?  Des siècles durant nos populations se sont côtoyées, ont collaboré et se sont brassées sans trop de heurts. Il s’en est suivi une harmonie.  Donc il vaut mieux pour les Guinéens, d’être plus patriotes et de sortir de la prison de l’ethnie pour construire ensemble notre nation.

 

Ceci nous conduit à notre mouvement « Touche pas à mon pays ». Nous remercions encore une fois Mr. Kyle pour sa remarque assez pertinente, par ailleurs, par rapport à la formulation du nom.  Nous pourrions effectivement garder toute la phrase « Ne touche pas à mon pays ». Mais il faudra comprendre ici qu’il s’agit juste d’un slogan. Le slogan est flexible du point de vu de la syntaxe, la phonétique étant l’effet recherché

 

Les sociologues et les spécialistes en communication savent de quoi il s’agit. Ceci dit, nous remercions tous les patriotes qui ont décidé de se joindre à nous pour la mise sur pied d’un mouvement citoyen dont le but essentiel sera la préservation de l’unité nationale, contre l’ethnicité, la corruption, mais aussi le renforcement de la justice sociale, le tout dans un cadre pacifique et légal. Nous réitérons notre appel : Citoyens et patriotes guinéens, rejoignez « Touche pas à mon pays » pour une Guinée pour tous, unique et indivisible.

 

Mohamed Kaba

Historien et journaliste

DenverColoradoUSA.


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Published by BanabanaNews - dans Libre opinion
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