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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 00:27

duel_des_gangs_03.jpgAvec l’avènement du Pr Alpha Condé à la tête du pays, les Guinéens ont rêvé le changement. Car ils souhaitent dans leur majorité absolue une rupture avec le passé surtout que le vainqueur du premier scrutin démocratique du pays en a fait son slogan de campagne. Un slogan toujours actualisé dans tous les discours officiels. Seulement voilà, entre la parole et l’acte, il y a un écart.

 

Depuis la prise de fonction du nouveau gouvernement, nombre d’actes posés sont loin de marquer une rupture avec le passé. Dans la mesure où tout se passe entre errements dans la prise de décision et volonté manifeste de règlement de compte. Ce qui nous amène à faire un survol sur certains dossiers faisant objet de contentieux avec l’Etat et dont la manière de les gérer démontre qu’il y a l’anguille sous roche.

 

Un cas récent et illustratif est celui de GETMAT SA. Dans un courrier adressé, le 9 février 2010, la Présidence de la République par le biais du directeur général  du Patrimoine Bâti Public a demandé à la Société Getma Guinée de procéder au reversement de la somme de 1.080.000 (un million quatre vingt milles) Euros au compte de l’Etat.

 

L’auteur dudit document se disant agir sur instruction de l’Autorité soutient que ce montant représente les loyers des trois dernières années ( 2008, 2009 et 2010) que Getma Guinée, soutient-il « indûment perçu sur la Société SIMFER, filiale du Groupe Rio Tinto dans le cadre d’un bail commercial daté du 31 décembre 2007 portant sur le terrain sis à Coléyah, commune de Matam d’une superficie de 6.779,12 mètres carrés qu’il entaché d’irrégularités ».

 

Dans la même lancée, il avance que ces « irrégularités s’étendent aussi sur les autres baux portant sur le même domaine notamment le bail à construction accordé par l’Etat guinéen à la Société ASTALDI GUINEE en date du 16 février 1996 et le récent bail à construction non daté accordé » à la société Getma par l’Etat guinéen pour la construction d’une base logistique qui existe déjà. Pour mieux enfoncer le clou, le document conclut que « cet avis de paiement doit être exécuté en huitaine ».

 

Quant à notre Rédaction, elle a cherché à savoir le fond de ce dossier. Et nous avons pu mettre la main sur certains documents affectant ce local à la société Getma Guinée. Il s’avère que le 16 février 1996 l’Etat guinéen, représenté par le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat de l’époque, Lt Cl Jean Traoré avec la Société ASTALDI Guinée a contracté un bail commercial pour une durée de 30 ans sur le terrain formant les parcelles N°11 bis, 12, 13 et 18 bis du lot 16 du plan cadastral de Camayenne Sud, commune de Matam, d’une superficie de 6.779,12 mètres carrés.

 

Le 12 juillet 1996, ASTALDI signe avec GETMA SA un contrat d’une cession du bail à construction  portant sur ce terrain. A partir de cette date, selon ces documents, ce terrain revient à GETMA Guinée. Mais le 14 juillet 2009, l’Etat guinéen représenté par Boubacar Barry, ministre d’Etat à la Présidence chargé de la Construction, de l’Aménagement du territoire et du patrimoine bâti public, agissant en tant que bailleur, transfère à la Société GETMA-SA pour une durée de 30 ans le bail à construction du 16 février 1995 portant sur ces parcelles. Au paravent, ledit contrat reconnait que la Société ASTALDI a cédé ce bail à la Société GETMA-SA.

 

Si aujourd’hui, GETMA se voit réclamer le montant d’un million quatre vingt milles Euros que lui aurait versés l’occupant des lieux qu’est la SIMFER filiale de Rio Tinto,  cela ne devrait pas être source des polémiques dans la mesure où le contrat de bail en cours de validité stipule dans son article 5 que « le preneur a le droit de sous-louer le tout ou partie de chacune des constructions érigées sur le terrain à condition qu’il stipule dans le contrat de sous-location que celui-ci est conclu en vertu des dispositions du présent bail à construction et que la durée de la sous-location soit inférieure ou égale à la durée restante de celui-ci ».

 

Ce dossier comme tant d’autres, liant l’Etat guinéen et les investisseurs privés (nationaux et étrangers) sont du moins géré d’une façon qui ressemble simplement à des règlements de compte. Le cas de la ferme de l’opérateur économique, Alseny Barry sise à Dubréka en fait foi. Ce dernier paie les frais d’avoir été un proche du Général Lansana Conté à qui s’opposait l’actuel président de la République et surtout son prétendu soutien à Cellou Dalein Diallo, candidat malheureux de l’UFDG au second tour de la présidentielle qui prend aujourd’hui le levier de l’opposition au régime.

 

Tout comme, le cas de l’hôtel Camayenne que le premier ministre de la Transition Jean Marie Doré avait passé à Michel Charter, patron de Riviera hôtel que l’Etat reprend. Alors que les travaux de rénovation avaient entamés.  L’arrêt sans motif convaincant du chantier de l’Hôtel de l’Unité que gérait Guicopres de Kerfala KP Camara est un autre exemple illustratif.

 

Ces faits inquiétant prouvent que des cadres et autres personnes à des intentions inavouées agissent dans l’ombre et règlent des comptes. Quitte à passer le trafic d’influence en agissant au nom du chef de l’Etat, surtout quand ce dernier n’est pas bien imprégné sur le fond du dossier. Pour légitimer leur mauvaise décision dont eux seuls peuvent en tirer bénéfice, ils n’hésitent pas à manipuler la presse pour se donner une certaine crédibilité.

 

Ces pratiques, héritées de l’ancien système induisent le chef de l’Etat en erreur et créent un climat malsain dans le milieu des affaires. Au moment où la Guinée renoue avec le régime constitutionnel, des tels agissements découragent les investisseurs. Ceux qui sont sur le terrain ne sont plus rassurés. Ils pourraient quitter le pays pour des horizons plus favorables aux affaires. Tandis que ceux qui cherchent à venir, pourront se décourager et aller ailleurs. Dans ces conditions, la Guinée enregistre une double perte. D’où la nécessité pour les nouvelles autorités de ne pas se laisser manipuler par des cadres attirés par le gain facile.

 

Alpha Bah

 

LJ partenaire de BBN


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Published by BanabanaNews - dans Analyse
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