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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 10:40

Williams-Sassine_1.jpeg"Au total, ce sont 118 combattants de la culture guinéenne dont « les services les plus éminents rendus à la République de Guinée pour l’émancipation et le développement de la culture guinéenne et africaine » qui viennent d’être reconnus et célébrés au niveau le plus élevé. En réalité, il s’agit de la mise à exécution d’un décret présidentiel signé depuis le 30 septembre 2011, à travers lequel, le président Alpha Condé élève 47 membres des "Ballets Africains" et 71 autres de "L’ensemble instrumental et choral national" au grade "d’officiers et de chevaliers de l’ordre national du kolatier". En plus de cette reconnaissance honorifique, ils ont également eu droit à des médailles et une enveloppe symbolique en guise de primes. Il leur aurait également été promis le versement de primes mensuelles ou trimestrielles de manière régulière. Comme on le disait plus haut, l’acte présidentiel a été pris il y a de cela huit mois... (guineeconakry.info)".

Parmi ces combattants de la culture, qui le sont vraiment, il n’y a pas de plasticien, Mamadou Kallo, primé par l’UNESCO il y a près de 30 ans, peintre trop tôt disparu, qui a fait signer par le Général Conté un décret mettant à la disposition de la culture et des hommes de culture plus de 40 hectares, autour du lac Sonfonia, bradé à des privés (dont moi, mais moi ma parcelle a été salopée par les mêmes salopards, qui y trouveront leur cimetière in châ Allah, mais passons), donc, Marcelin Bangoura est mort abandonné, épuisé, le seul metteur en scène guinéen (métier à ne pas confondre avec le métier de chorégraphe), que je connaisse, en dehors de Siba Fassou, qu’on vient de virer de l’ISAG (Institut des Arts de Guinée), qui a appris son métier à la célèbre Ecole des Arts de Dakar et au Théâtre Daniel Sorano. On n’a pas décoré les musiciens (musique moderne), ni ceux de Bembeya, même pas Demba à ma connaissance, ni Momo Wandel notre Manu Dibango, Balla, Pivi, Manfila.. Passons, trop de génies. Le cinéma ?
 

Le regretté Minot Gilbert, diplômé de USC, (Université of Southern California) où les Coppola, Steven Spielberg, (ce dernier y avait d’ailleurs échoué, qui se rattrapa plus tard après les chefs-d'oeuvres que l'on sait), Minot Gilbert condisciple de Marlon, pas Brando, mais Mamadou (Baldé ?) qui a fait son stage au camp Boiro avant de prendre la poudre d’escampette. Vivant. La dictature ne leur a pas laissé faire un seul film.
 Moussa Kémoko Diakité qui a étudié à Moscou, avec le Malien Souleymane Cissé, auteur de Yélen , a pu faire un chef-d’œuvre, Naitou . Reconnu par tous les festivals, tous les pays. Il gagne sa vie en faisant des documentaires, après avoir été fonctionnaire, comme tous les artistes et sportifs de la Révolution cannibale. On l’a oublié. 

On a même oublié Camara Laye ! (A vérifier)

De quoi peuvent se plaindre
 Monenmbo, Alioune NFan Touré Thierno Djibi Thiam. Qu’ils s’estiment heureux, ils sont vivants.

Sassine ? Génial en tout. Il a passé son temps à sauter des classes depuis le Primaire à Kankan, au Lycée. Allez foutez-moi le camp ! Mauritanie (ou Niger), Côte d’Ivoire, etc. et demi tour quand l’Autre a rendu l’âme. En Guinée, on enseigne ses livres, on lui refuse d’enseigner les maths dans lesquelles il excellait. On lui interdit même d’entrer dans une salle lors d’un symposium sur son œuvre ! Un soir j’étais allé avec lui au "Palais du peuple" , à la Première de l’Alphabête, montée par Fifi Niane, adapté par un certain Kiridi Bangoura. Les soldats nous ont bloqués à l’entrée. J’ai eu beau expliquer que ce nain était l’auteur du texte, rien n’y fit. O miracle, Kiridi, de loin nous apercevant, est venu nous cueillir.

Grands frères, excusez, on ne lit pas en Guinée..

C’est pour cela qu’on tue en Guinée la même personne deux fois. La première fois, c’est pour l’enterrer, la seconde, c’est pour l’effacer définitivement de la mémoire des hommes. Et cela n’est pas seulement le fait de ceux qui ne lisent pas comme le croit Kiridi. Voici un exemple surréaliste :

« Il (Alpha Condé) tente ainsi de proscrire la liberté de la presse qui est un acquis d’une longue lutte menée sous le régime dictatorial de Lansana Conté, par de courageux apôtres pour une presse indépendante que sont
 Diallo Souleymane, Aboubacar Sylla, Assan Abraham Keïta, Thierno Diallo, Abdoulaye Condé, Boubacar Sankaréla Diallo, Célestin, Tibou Kamara, Boubacar Yacine Diallo, Bouyya Fofana, Bebel, Akoumba, les regrettés Emile Tom Papa et Aboubacar Condé, et bien d’autres ».

C’est de qui ? Pour ceux qui savent un peu la naissance de la presse libre, ce morceau de bravoure est à l’image de celui qu’il voue aux gémonies, qui sortirait d’ailleurs grandi si l’on s’en tenait à l’idée que l’on se fait de la culture, de la mémoire, voire de la reconnaissance.

J’ai cherché les noms de
 Ba Mamadou le kamikaze de la presse libre avec "Dinguiraye matin"comme un désignait sa feuille de choux,en ricanant un peu, où tous les soirs sa famille craignait de le voir abîmé dans une chausse-trappe après un flash tombé sur le bureau de Conté. Biram SACKO, Jean-Baptiste Kourouma, qui, avec Bah Mamadou Lamine sont peut-être les deux meilleurs grands reporters que l’Afrique francophone aura connus. Le premier a disparu dans un obscur accident; même chose pour ce surdoué de la plume,Alassane Diomandé (Diallo) fauché par un magbana conduit par un chauffard aussi habile que celui qui conduit le Gbaka guinéen. Il y a des vivants. Ahmed Baba Sylla, surdoué écrasé par l'humilité et la Bêtise (hélas majoritaire, dixit Sassine) méconnu par ses pairs. Le meilleur de tous (dixit Monenembo) qui avait obtenu un 20/20 d'un professeur de français à Abidjan. En classe il y avait les Monenembo, même promotion qu’Abe Sylla, qui avait coiffé au poteau des Ivoiriens et obtenu une bourse pour les USA. On connaît la suite. Baba Sylla, j’espère qu’Abé ne le laissera pas végéter à Radio Gangan. SAKHO Aboubacar qui a failli se faire oublier en tôle pour avoir rectifié un ministre dans son propre champ : le droit. Amadou Sadio Diallo, que tous les habitués de la Toile ont vu ensanglanté, presqu'estropié, un miraculé qui a pu fuir avec femme et enfants en bas âge d’une république qui promettait de nous sortir du Camp Boiro. Je devrais citerJustin Morel JUNIOR , à cause de la fameuse émission culturelle qui me faisait passer la nostalgie, même si en Côte d'Ivoire mon exil semblait doré. Moi-même je ne prétends pas avoir été exhaustif, mais oublier celui avec qui on s'est fait les griffes, Sassine qui était sinon LE, mais au moins une des clés de voûte du groupe le Lynx..

Donc Ben Pepitoto a oublié Sassine. C’est un meurtre.

Un parricide ?

Pas du tout.

Il ne suffit pas de faire pleuvoir des "A fakoudou" sur Goby Condé pour écrire comme Sassine qui assassinait tous les lundis tout ce qui bouge (l'expression est de lui) et qui lui rappelait la Bêtise, du lambda à Lantchana Conté (Sassine), en passant par les hommes politiques, tous partis confondus, pour être digne d’en être le fils spirituel. En tuant Sassine symboliquement, Pépito n’a pas eu la dignité de tuer un père.
 

Juste un acte manqué (1)
 

Sassine faisait du Sassine en buvant sa vie à notre santé. Depuis, nous n’avons pas fini de trinquer. Peut-être qu’en cessant de faire du Ben Pépitoto pour être Ben Pépito tout court, il sera un jour médaillé ou gratifié d'une pépite ou intégré dans une honorable liste d’oubliés de l’histoire ingrate écrite par des amnésiques.

Wa Salam,

El Hajj Saïdou Nour

Photo: Williams Sassine

 

 

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Published by BanabanaNews
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