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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 18:11

Après le succès qu’a connu son site Internet radio-kankan.com , Aladji Touré, le PDG du groupe de presse radio-kankan a lancé le 13 septembre 2008, la première radio privée de Guinée qui émet depuis la ville de Kankan, située à plus de 600 kilomètres de la capitale Conakry. Nous l’avons rencontré récemment lors de notre séjour à Kankan.

Pouvez-vous nous parler du groupe de presse radio-kankan dont vous êtes le PDG ?


D’abord, le groupe de presse radio-kankan est un rêve qui est devenu une réalité. Tout a commencé par le site radio-kankan qui était au départ un site essentiellement culturel, car j’ai trouvé sur le terrain mes prédécesseurs, notamment boubah.com et aminata.com qui s’intéressaient plus à la politique qu’à la culture. C’est pourquoi, quand j’ai créé ce site, je me suis directement lancé dans la culture, parce que j’avais remarqué que la musique guinéenne était absente sur Internet. C’est ainsi que j’ai mis en ligne les produits de la musique guinéenne qui étaient auparavant très prisés des internautes. Quelques temps après son lancement, radio-kankan est devenu la première radio Internet du pays. Il faut avouer que ça n’a pas été facile au départ, mais au fil du temps, les internautes se sont habitués à la musique en ligne. Aujourd’hui, on est très connu dans ce domaine. Hormis, le site Internet, le groupe de presse radio-kankan intervient aussi dans l’organisation des concerts en Europe avec les artistes nationaux.


Entant que PDG du groupe de presse Radio-kankan, résidez-vous en Guinée ou en Europe ?


Ecoutez ! Je vis effectivement en Europe, précisément en Allemagne où j’ai ma famille. Tout ce que je connais aujourd’hui en informatique, c’est là-bas que je l’ai appris. Mais depuis cinq ans, je partage ma vie entre la ville de Kankan et l’Allemagne. Autrement dit, je passe quatre mois à Kankan et huit mois en Allemagne. A la longue, quand il y aura de l’électricité à Kankan, je finirai par m’installer définitivement pour que je puisse me connecter à l’Internet au moment voulu.


Comment est venue l’idée de création de la radio Milo FM qui est la première radio privée de l’intérieur du pays ?

Ecoutez ! Après le succès qu’a connu le lancement de la radio Internet que les Guinéens de la diaspora écoutent le plus, je ne me suis dit pourquoi ne pas créer une radio du même nom et qui émet depuis ma ville natale Kankan. On avait des problèmes avec le cahier de charge, parce qu’on voulait appeler cette radio, radio-kankan FM, c’est-à-dire le même nom que le site Internet qui est international aujourd’hui. Mais, ce cahier de charge interdit la création de toute radio qui s’identifierait à une ville, à une ethnie ou à une région. C’est pourquoi, nous avons donné le nom Milo FM, du nom du fleuve Milo qui traverse la ville de Kankan.


Depuis quand la radio Milo FM a commencé à émettre ?


La radio Milo FM a commencé à émettre depuis le 13 septembre 2008. Aujourd’hui, c’est vraiment une fierté pour la population de Kankan et pour moi-même, car, cette radio est la première radio privée de l’intérieur du pays. Les habitants de Kankan l’apprécient beaucoup. Ils disent même en langue malinké « i bara an bô dibirô » ; autrement, « tu nous a fait sortir de l’obscurité ». Je suis très touché par la réaction des populations de Kankan dans ce sens, surtout les sages qui ont fait des bénédictions pour moi et pour cette radio. Malgré toutes ces réjouissances, nous nous fixons pour ambition de travailler, afin d’aller de l’avant. Je vous avoue que la radio Milo FM est très écoutée et appréciée par les auditeurs qui ne cessent de manifester leur satisfaction à nos émissions.


Quels types d’émissions diffusez-vous sur les ondes de votre radio ?


A Milo FM, nous diffusons sur nos ondes plusieurs émissions interactives. Mais, la musique reste la priorité. Nous diffusons également des communiqués qui constituent nos recettes. Il y a aussi des reportages qui viennent parfois avec certains de nos partenaires. Déjà, il y a un partenariat qui nous lie à la préfecture, le gouvernorat et le camp militaire Soundiata Kéita de Kankan. En réalité, tout se passe bien entre notre radio et les autorités administratives et militaires qui nous apprécient beaucoup. Les journalistes de notre radio sont devenus très sollicités dans la ville, parce que dans leurs différentes émissions, ils saluent souvent les auditeurs, en disant parfois leur nom en malinké tout comme en français. A la radio Milo FM, nous sensibilisons également la population en faisant attention à la diffusion des émissions qui ont tendance à troubler l’ordre public et la quiétude sociale. Autrement dit, nous faisons de notre mieux pour éviter que les journalistes dérapent pendant leur temps d’animation. Par ailleurs, notre site Internet (radio-kankan.com) est celui qui a moins de problèmes avec le Conseil national de la communication (CNC). Même les travailleurs de cette institution le disent souvent.


Quels sont les problèmes auxquels la radio Milo FM est confrontée ?


Nous avons effectivement des problèmes ici, surtout avec le personnel dont le nombre est très pléthorique. Car, nous avons un personnel d’une trentaine de journalistes et de techniciens. C’est pourquoi, dans l’avenir nous voudrions essayer de réduire ce nombre. En plus, pour ne pas mettre au chômage tous ces journalistes qui seront remerciés, nous envisageons de créer une autre chose pour eux. Par ailleurs, il y a aussi le problème de formation du personnel, car, la plupart de nos journalistes sont de jeunes DJ qui évoluent dans les différentes boites de nuit de la ville. C’est pourquoi, nous envisageons aussi d’organiser pour tout le personnel, des stages de formation avec des spécialistes venus de Conakry et de l’étranger.


Avez-vous l’intention d’agrandir le champ d’écoute de la radio Milo FM à travers toute la Haute-Guinée ?


Nous avons bien l’intention d’agrandir le champ d’écoute de la radio Milo FM, mais nous sommes contraints de respecter le cahier de charge. L’extension de zone est un rêve pour tous les promoteurs de radios privées du pays. Mais, ces promoteurs sont contraints de se conformer au contenu du cahier de charge qui reste leur boussole. Vu l’engouement que les émissions de Milo FM suscitent chez les auditeurs, les populations de Siguiri aussi veulent nous écouter. Tout en suivant le cahier de charge, nous verrons ce qu’il faudra faire pour satisfaire toutes les populations de la Haute-Guinée et d’autres régions. Dans ce sens, nous avons le soutien de la préfecture et du gouvernorat de Kankan. A Kankan, les habitants n’écoutent que la radio Milo FM, que ce soit à l’hôpital, au marché ou dans les quartiers populeux de la ville.


Comment les habitants de Kankan apprécient vos émissions ?


Pour vous répondre, je vous dirai de vous promener en ville. Vous verrez que les anciens postes radios sont tous réparés grâce à la radio Milo FM. Ces postes de radios qui s’achètent aujourd’hui comme de petits gâteaux, sont même devenus chers au marché. Même les batteries qui s’achetaient moins, sont devenues très précieuses dans les boutiques. Mais avec ce succès de notre station, les grosses victimes dans tout cela, sont des vendeurs de cassettes chez lesquels, les clients se font maintenant rares. Les cassettes ne s’achètent plus parce que dans les cafés, les ‘’grins’’ ou dans les familles, tout le monde reste connecté à la radio Milo FM. Bien que nos journalistes ne soient pas sortis des écoles de journalisme, la population apprécie beaucoup les émissions de notre radio.

Pour preuve, chaque matin, c’est la famille du Sôti Kèmô (doyen de la ville) qui nous apporte le petit déjeuner. En me promenant parfois en ville, nos auditeurs m’arrêtent sur la moto pour m’offrir un jus ou une tasse de thé. C’est beaucoup pour nous. La radio Milo FM ne s’arrête pas seulement à des émissions radiophoniques, nous participons aussi au nettoyage de la ville où nous sensibilisons la population sur les mesures à prendre pour éviter certaines maladies dues au manque d’hygiène. Enfin, nous organisons aussi des concerts qui profitent beaucoup à la radio Milo FM et à la population de la ville de kankan.


Même au niveau des soti-kèmo et les kabila-kounti (chef de grandes familles), nous avons des représentants là-bas qui viennent nous voir s’ils ont des cérémonies pour qu’on diffusent des communiqués concernant leur organisation. Ceux-ci ne payent rien pour les satisfaire, car ce sont nos grands parents. En tant que fils de Kankan, tout le monde me connaît ici. Donc, si les soti-kèmo ou les kabila-kounti viennent ici, on ne prend jamais d’argent avec eux. Nous diffusons gratuitement leurs communiqués. En plus, il y a plein de services qu’on rend à la population avec laquelle nous sommes très souples. Par exemple, les gens viennent nous voir ici pour passer des communiqués sur la perte de leurs enfants ou pour d’autres raisons. Ces populations payent ce qu’elles veulent. Vous constatez qu’à la rentrée, il n’y a même pas de forces de sécurité pour entrer ici. Tout cela prouve que la radio Milo FM est une radio de proximité pour les habitants de la ville de kankan.

Je peux dire que notre politique a vraiment marché aujourd’hui, parce que tout le monde dit : « Milo FM est notre radio ». Aujourd’hui, quand notre radio a un problème, c’est toute la ville de Kankan qui se lève pour la soutenir. Avec ce soutien, on remarque que le courant passe entre notre radio et les habitants. Par exemple, quand un journaliste fait une erreur dans son émission, les auditeurs se déplacent pour venir le voir, afin de lui prodiguer de sages et utiles conseils.

Avec cet intérêt que les auditeurs donnent à notre station, nous ferons toujours des émissions de sensibilisation pour que la population ne se livre plus à casser des édifices publics. La radio Milo FM a redonné de l’espoir à la population de Kankan en général, surtout la jeunesse qui s’intéresse beaucoup à nos émissions.


Vous êtes l’un des ressortissants de Kankan qui s’investissent beaucoup dans le développement socioéconomique de votre préfecture. Alors, quels sont vos projets dans l’avenir ?


Le projet auquel je tenais du prix était la création d’une radio privée à Kankan. Louange à Dieu, la radio est là. Mais, ça ne va pas s’arrêter pas à la radio seulement, parce que nous voudrions avoir une télévision privée pour la région de la Haute Guinée. Malgré toutes ces ambitions, il faut avouer que les moyens nous manquent, car tout vient de moi seul. Mais, je suis très fier de cela, parce qu’il n’y pas quelqu’un qui me met de la pression pour que je puisse changer ma direction. A Milo FM, nous sommes tous des jeunes, puisque tout le monde a moins de 40 ans ici. Dans le futur, nous voudrions avoir une télévision privée tout à fait culturelle, à l’image de MTV pour faire des publicités et donner quelque chose à la musique guinéenne. Vous savez, la ville de Kankan est très culturelle même s’il y a la politique aussi. Mais, la priorité de la jeunesse de Kankan, c’est la culture. En tant que natif du terroir, je savais déjà ce qu’aiment les habitants du Nabaya. C’est pourquoi, à Milo FM, la plupart de nos journalistes sont des jeunes animateurs des différentes boites de nuit de la ville. Donc, ils connaissent la technique et le goût des auditeurs qui aiment essentiellement la musique guinéenne.


Vous avez beaucoup d’ambitions pour le développement socioéconomique de Kankan, mais comme vous le dites, vos moyens sont limités. Alors, quel message avez-vous à lancer aux ressortissants du Nabaya et aux personnes de bonne volonté ?

Je sais que mes moyens sont limités, mais je ne vais pas demander de l’argent à quelqu’un. Je n’ai pas de l’argent en espèce, mais j’ai des amis qui sont derrière moi. J’appelle tout le monde au travail pour qu’on se batte pour participer activement au développement socioéconomique de la ville de kankan. Seulement, je dirai que je n’aime pas de cadeaux empoisonnés. Sinon, j’ai été contacté par-ci et par-là, mais nous avons vu que ces offres ne nous arrangeaient pas. Voilà, pourquoi nous avons décliné toutes ces offres. Aujourd’hui, nous sommes les seuls actionnaires. Mais, si on était en partenariat avec quelqu’un de l’Europe et de l’Amérique, il y aurait eu des problèmes ou il nous aurait imposé des choses qu’on ne voudrait pas.


La première vocation de Milo FM est essentiellement culturelle. Grâce à cette radio, il y a un reaggeaman de Conakry qui a récemment manifesté le désir de venir faire sa dédicace à Kankan. Pour le moment, nous sommes satisfaits de ce que nous offrons à la population de Kankan. Et nous n’entendons pas changer cette allure. Nous souhaitons voir dans le futur des personnes de bonne volonté qui puissent nous aider sans poser de conditions. Je demande aussi aux autres natifs du Nabaya, vivant ailleurs de se tourner vers leur préfecture pour que notre ville devienne un exemple en République de Guinée. Enfin, je remercie beaucoup la jeunesse de Kankan d’avoir eu confiance en moi en m’encourageant à venir investir la première radio privée de Guinée à l’intérieur du pays.


Entretien réalisé par Boua Kouyaté


Source: Le defi

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Published by Amdy's Blog - dans Libre opinion
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